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DES DIGNITÉS

évêque, on ne Jugea pas indigne d’Aventin de le faire archidiacre de Dunois, c'est-à-dire évêque secondaire suivant l’expression de Sidonius. Le roi Sigebert, au rapport de Grégoire de Tours, ayant fait Promotus évêque de Dunois, au préjudice de Pabulus alors évêque de Chartres, Promotus, au décès de ce roi, fut contraint de quitter le titre d'évêque pour celui d’archidiacre de Dunois, prélature de second ordre. Yves de Chartres, en son épitre 214, écrit que la Maladrerie qui est près de la Madeleine à Châteaudun, est en la sauvegarde de l’église de Chartres.

ARCHIDIACRE DE PINSERAIS. — Il prend son nom de Poissy, petite ville sur la Seine, où les rois de France avaient autrefois une maison royale, ainsi que Helgaud, abbé de Fleury-sur-Loire, le rapporte en la vie du roi Robert: « Pisciacum sedem regalem supra Sequanam regibus satis opportunam. » Le roi y fit rebâtir l’église de Notre-Dame, l’orna de beaux bâtiments et y établit des prêtres pour y célébrer le service. Nicolas Gilles attribue la fondation de cette église à la femme du roi Robert, nommée Constance, qui y mit des moines de Saint-Augustin, et dit que, depuis, Philippe le Bel y fonda un monastère où il mit des religieux de l’ordre de Saint- Dominique. Gilles peut s'être mépris parce que, s’il est exact que Philippe, vers 1302, fonda ce monastère en l'honneur de saint Louis son aïeul, il est différent de l’église Notre-Dame. Le roi saint Louis avait beaucoup d'affection pour Poissy, où 1l avait été baptisé, et pour cette raison se faisait appeler ordinairement Louis de Poissy. Charlemagne estimait beaucoup cette ville et y fit assembler un concile en 804, 36° année de son règne, dans la relation duquel elle est appelée Piste, quasi Pisciatæ, parce que c'était la piscine de la France. En ce lieu fut tenu le fameux Colloque de Poissy où on s’employa à la réunion des partis protestants et catholiques, dont la relation est donnée par plusieurs de nos historiens. C’est également en ce lieu que notre compatriote Claude de Sainctes commença à se faire connaïtre.

ARCHIDIACRE DE BLois. — Rouillard remarque qu'il existait dans le collège Mignon, à Paris, une inscription portant que

M" Jean Mignon, autrefois archidiacre de Blois en l'église de Chartres, avait fondé ce collège en 1343.

ARCHIDIACRE DE DREUX. — Dreux tire son nom des Druides dont il reste, dit-on, des vestiges en ce pays, cependant de nombreux auteurs, comme Raoul Glabert, en l’histoire du roi Robert, l’appellent Drocas. ;

Robert de Dreux, auquel le roi Louis le Gros, son père, avait donné, en mars 1180, ce comté en apanage, octroya aux habitants le droit de commune, ou d’avoir un hôtel de ville, et un conseil public. Ce comté ayant fait retour à la couronne, Charles V le bailla, par forme d’antichrèse ou engagement, à Jean d’Albret, pour son mariage avec Marguerite de Bourbon, sa belle-sœur, pour en jouir jusqu’au remboursement des 6 000 livres de rente en fonds de terre qu'il lui avait promise par son contrat de mariage de 1368. Marguerite d’Albret, issue de ce mariage, le porta en dot au prince de Clèves. En1$51, le roi Henri IT ayant voulu reprendre ce comté par rachat, pour le réunir à son domaine, la cour le lui adjugea, malgré la longue possession qu'en pouvait invoquer le duc de Clèves. Ce qu’on peut dire de plus glorieux pour cet archidiaconé, c'est qu'il a été possédé par le bienheureux Pierre de Luxembourg, qui était chanoine et archidiacre de Dreux en l'église de Chartres.

ARCHIDIACRE DE VENDÔME. — Louis IT, comte de Vendôme, s'était déclaré homme et vassal de la Vierge, étant nu en chemise, et tenant en main une torche ardente, comme on le voit dans une charte de 1413. Geofroy Martel, comte d'Anjou, d’après les chroniques d’Anjou, fonda à Vendôme en 1029 ou 1047, l'abbaye de la Trinité en laquelle se garde la larme de Notre-Seigneur. En cette ville se tint l’assemblée des princes et des pairs de France, pour juger le comte d’Alencon sous Charles VIT.

PRévôrs. — Par le concile de Chalcédoine, dont le décret est rapporté au canon Quia, distinct. 89, il fut enjoint aux évêques d’avoir des économes pour dispenser le bien temporel des églises. Il est fait mention de ces économes en diverses lois du Code, au

CHALLINE. — Recherches. 27

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titre De sacrosanctis ecclesiis. La glose de ce canon dit que l’administrateur du bien d’un évèché est appelé vice-dominus, vidame. Saint Grégoire, en son épitre à la Patrice Clémence, rapportée au canon diaconum, de la même distinction, la prie de l’excuser s’il ne lui envoie pas son diacre Anatolius, parce qu’il l’a établi son vidame, vice-dominum constituimus, c’est-à-dire nous lui avons donné la charge de payer et de gouverner le revenu de notre évêché.

Le gouverneur et l’intendant du revenu du chapitre se nomme, dans le droit canon, prepositus prévôt, comme au chapitre ex parte, le second adressé au prévôt de Valières de clericis non residentibus. C’est en ce sens qu'est pris le mot de prévôt et de prévôté par le canon Salvator, adressé par le pape Urbain au prévôt de l’église de Saint-Vincent, cause 1, question 3. Ainsi que dans l’église de Chartres il y a un économe établi pour le gouvernement et la conservation du bien de l’évêque, de même le Chapitre a quatre prévôts nécessités par son grand revenu, le grand nombre de ses chanoines et des autres personnes nécessaires au service de cette célèbre église, à la subsistance desquels il faut pourvoir.

Les prévôts ayant à gouverner un bien important, sans contrôle, ne tardèrent pas à devenir puissants, aussi les titres qu'ils portaient au début de prévôts de Nogent, de Fontenay, d’Amilly et de Beauce, furent-ils changés en d’autres qualités. [ls devinrent si magnifiques et si superbes qu'ils se rendirent insupportables, et se maintinrent en leur autorité jusqu’à l’épiscopat d’Odon, 54° évêque de Chartres, vers 997 sous le règne de Robert. Cet évêque obligea les moines de l’église de Chartres à prendre le nom de chanoines, confirmant ainsi ce qu'avait décidé, vers 71$, Hadon, l’un de ses prédécesseurs. On peut remarquer que les clercs de l’église de Chartres ont pris le titre de chanoines les premiers, ce qui ne fut généralisé en France que vers 779, et en Allemagne bien depuis, vers 966 à Spire, Worms et Mayence, ainsi qu'une chronique du pays le rapporte. |

Ce changement de titre n'avait diminué en rien l'autorité des prévôts, car bien que chaque chanoine ait sa prébende et sa portion déterminée, ils ne la recevaient qu’à grand'peine des prévôts, ce qui donna lieu à des plaintes qui furent portées si haut que Yves

de Chartres, dont le courage était à la hauteur de la doctrine, en fut si sensiblement touché que, à sa demande, le pape rappela les prévôts à leur devoir, leur faisant défense, sous peine d’excommunication, de troubler les chanoines en la jouisance de leurs prêtrières. Deux des prévôts, après avoir consenti à donner satisfaction au Chapitre, se ressaisirent, persuadés qu'ils furent par les deux autres prévôts que la diminution de leurs attributions serait leur perte, et s'adressèrent alors conjointement au roi, escomptant le grand crédit et les nombreux amis qu’ils avaient à la cour et ailleurs. Yves et le Chapitre, qui veillaient, soutinrent leur cause devant le roi et la lui firent trouver si bonne, que Sa Majesté fit défense aux prévôts d’abuser de leur pouvoir et de traiter les chanoines autrement qu'avec justice 1. Ces défenses du roi furent confirmées par le pape Paschal qui, ensuite, devant leur désobéissance, envoya aux chanoines, en 1116, 16° année de son pontificat, une lettre par laquelle il leur promettait la jouissance de leurs prébendes et en interdisait l'administration aux prévôts à peine d’encourir les censures de l’église. Leur ambition démesurée et leur avarice sans bornes ayant prévalu encore, Goslin, successeur d'Yves, en présence de leur désobéissance irréductible, fut obligé de décréter contre eux et de leur faire leur procès. Nullement mis en émoi par les foudres pontificales, ils le furent moins encore par les décrets de leur évêque, qui mourut vers 1187, laissant en suspens cette affaire que les évêques ses successeurs ne parvinrent pas davantage à terminer.

En 1174 seulement, Guillaume de Champagne, oncle de Philippe-Auguste, qui avait pris connaissance de cette affaire et entendu les parties, pendant la durée de son épiscopat à Chartres, put faire enlever aux prévôts leur juridiction et la faire attribuer à chacune des prébendes et des prêtrières. Lorsque Regnault de Bar, neveu de ce Guillaume, parvint à l’épiscopat, les prévôts l’implorèrent, comptant sur son secours, parce qu'il avait été luimême prévôt, mais connaissant par expérience leurs abus d’autorité, il prit au contraire la résolution de les abolir entièrement et remit

1 Ci épitres 26, 51, 73, 81 et autres.

entre les mains du doyen et des chanoines toute l'autorité, l’administration du bien du Chapitre et toute la juridiction dont jouissaient les prévôts. Le légat du Saint-Siège cardinal de Saint-Pierre et Saint-Paul, de passage à Chartres, avait approuvé le jugement de Regnault, et le roi Philippe-Auguste, bien qu'ayant de l’amitié pour des personnes auxquelles la suppression de ces charges n'était pas agréable, ne laissa pas de l’autoriser. Enfin Célestin III, par ses bulles de 1196, donna la dernière perfection à cette affaire.

Cet accommodement fut fait en laissant aux quatre prévôts quatre prêtrières des plus considérables qui leur sont demeurées avec le titre de: prévôt d’Ingray, de Normandie, de Mazangé et d'Auvers; sans autre autorité et juridiction que n'en comportent d’elles-mêmes les prêtrières qui en dépendent, ce qui rend intelligible ce que dit Innocent IV à la fin du chapitre De multa prœhendi, que les prévôts des églises de Chartres et de Tours ne sont point dignités. Ce ne sont en effet que des chanoïnies et des fantômes si l’on considère l’autorité, la grandeur et la puissance dont elles sont déchues. Elles ont néanmoins rang parmi les dignités de l’église et ont conservé quelques prérogatives avec un revenu supérieur à celui des simples chanoines. La prévôté de Normandie possède à elle seule autant et plus que les trois autres ensemble comme prébendes et prêétrières.

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