CLOITRE DE L'ÉGLISE
Par ce jugement les officiers de la comtesse, le maréchal et le prévôt devaient comparaître en personne dans l’église de Chartres, et là, devant le doyen, en présence des autres ecclésiastiques et laics, dire et confesser savoir : le prévôt pour lui et pour le peuple, et le maréchal pour lui et en son nom, avoir fait tort et injure au doyen en violant la liberté du cloitre, avoir ruiné sa maison et celle des autres chanoines et les avoir pillées, duquel pillage et volerie ceux-ci seraient crus sur serment. Le tout devant être réparé et les maisons rebâties à la poursuite et diligence des maréchal et prévôt, qui donneraient caution suffisante, ce qu'ils firent en la personne d’un Regnault, comte de Boulogne et de Dammartin.
L’exécution de cet arrêt fut commise à des personnes considérables du conseil. Avant cette exécution les doyen, chanoines et Chapitre ordonnèrent une procession générale, à laquelle le peuple en larmes assista, l’excommunication fut levée et l’église rétablie en son premier état.
Le maréchal et le prévôt ayant refusé de satisfaire à la réparation ordonnée, le roi fut saisi d’une nouvelle plainte du Chapitre et de l’évêque Regnault, qui lui remontrèrent que la douceur du premier jugement n'avait servi qu'à porter les officiers de la comtesse à redoubler le mépris et l’injure qu'ils avaient faits à l’église, que leur contumace ne devait pas être soufferte, qu'il y allait de l'intérêt de Dieu et de la religion de ne pas laisser impuni un scandale si grand qu’il déshonorait l’église et ses ministres. Justement irrité, le roi, par un nouveau jugement, condamna les coupables nommés au procès, en trois mille livres parisis d’amende, dont $oo en faveur de l’évêque, 1 $oo du Chapitre, qui en abandonnerait 600 au doyen, et 1 000 au fisc royal. L’arrèt condamnait en outre les coupables et leurs complices, qui seraient nommés par le doyen et le Chapitre, à assister nus à une procession générale qui serait faite en l’église, portant chacun en leur main une poignée de verges, qui, au retour de la procession feraient, en présence de tous, amende honorable devant l’autel de Notre-Dame, où 1ls crieraient merci à Dieu et à la sainte Vierge, puis seraient fustigés avec les verges mêmes qu’ils avaient portées, ce qui fut exécuté.
À la suite de cette satisfaction, la concorde régna jusqu’à environ
l'an 1252, sous le comte Jean d’Amboise, où un conflit éclata entre les officiers du Chapitre et ceux de la comtesse veuve. Une transaction réglant toutes ces contestations intervint la même année. Néanmoins le doyen et les chanoines, de crainte de retomber dans le trouble dont ils étaient à peine remis, obtinrent, vers 1253, des bulles du pape Innocent IV leur permettant de se transférer à Mantes, si les officiers de la comtesse ou les habitants se permettaient envers eux une nouvelle injure.
Afin d’être plus en sécurité, les chanoines acquirent, sous le comte Jean de Châtillon, plusieurs maisons, en vue de procéder à la clôture de leur cloître. Opposition des habitants à laisser, en opposition avec leur sécurité et celle de leurs biens, se créer dans la ville une autre ville qui pourrait loger un grand nombre de gens de guerre. Opposition des officiers du comte, sous prétexte que l’asile de ce cloïître servirait de retraite aux méchants et anéantirait leur justice et leur juridiction. Sans avoir égard à ces oppositions, saint Louis, par arrêt de son parlement, ordonna la clôture du cloître et commit deux conseillers pour en réglerl’étendue et les limites. Les habitants firent encore opposition à ces travaux et demandèrent que les chanoines fussent tenus d’entretenir une horloge dans un des clochers dont le timbre servirait à sonner le guet et les alarmes et avertirait en cas d’incendie dans la ville, ce qui leur fut accordé. À cet effet le. Chapitre entretient deux guetteurs de service, l’un, de huit heures du soir à minuit, et l’autre, de minuit à quatre heures du matin, qui préviennent, au moyen de la cloche, de l’approche des ennemis en temps de guerre, et des incendies. Ce guet, de nos jours encore observé, est de très grande importance, personne ne pouvant approcher de la ville, de quelque côté que ce soit, sans être apercu de plusieurs lieues et entendu de nuit, si c'est un cavalier, d’une distance assez éloignée.
En temps de guerre, lorsqu'on monte la garde, les chanoines sont tenus d'entretenir nuit et jour des hommes, pour fermer et ouvrir les portes du cloître pour la communication de tous les quartiers de la ville entre eux.
En outre des oppositions relevées ci-dessus, le vidame Mathieu voulut empêcher que sa maison, située près l’église et joignant le