DRUIDES ET DEVINS (VATES
Diodore de Sicile (livre V), Strabon (livre IV) et Ammien Marcellin (livre XV disent que les devins étaient d'autres personnes que les Druides, qu’il y avait distinction entre eux, mais Jules César, Cicéron et beaucoup d’autres disent le contraire. Jules César leur
s6 TRAITÉE DES DRUIDES
attribue la divination lorsqu'il dit qu’ils présidaient aux choses divines comprenant les sacrifices de la divination, et Q. Cicero, lorsque disputant contre son frère Marcus au IV° livre De la divination, il dit qu'en la Gaule il y a des Druides entre lesquels il dit avoir connu Divitiac d’Autun, hôte de Cicéron, son frère, qui avait coutume de lui donner des louanges, qui se vantait de savoir tout l’ordre de la nature, et de connaître soit par les augures, soit par les aruspices, toutes les choses futures. Tacite, au IV° livre de ses Histoires, rapporte un témoignage de la divination des Druides lorsqu'il écrit qu'après la mort de Vitellius et de Sabinus, l’embrasement du capitole s'étant fait par quelque remuement dans les Gaules dont il parle, ajoute que les Druides, par une vaine superstiion, chantaient et prédisaient que l’empire de la terre devait appartenir aux peuples d’au delà les monts. Le sophiste Dion Chrysostôme (oraison 49) dit que les lettrés appelaient Druides ceux que l’on appelait parmi eux vates, les devins et les philosophes. Pline (ivre XXX, chap. 1°”) les appelle aussi vates, Cicéron et Madenus avec Pomponius Mela (livre IIT, chap. 11) disent qu'ils faisaient profession et se vantaient de savoir quelle était la volonté des dieux. S'1l est permis de se servir de témoins et d’auteurs moins considérables et qui soient de la cinquième classe, on peut ajouter qu’il y avait aussi des femmes druides, devineresses comme on le peut remarquer dans Lampride en la Vie du grand empereur Alexandre, et dans Flavius Vopiscus en la Vie d’Aurélien, et Aurelius Victor en la Vie de l’empereur Claude, Annonius Monacus, au livre premier de son Histoire, chap. 1” qui sert de préface, et Bartholin, qui n’est pas un mauvais faiseur de vers, en son Austriade. Pour ce qui est de Strabon, Diodore de Sicile et Ammien, grands personnages, ils se détruisent eux-mêmes et se coupent la gorge de leur propre couteau, comme le connaïtront ceux qui les liront avec attention.