DÉVELOPPEMENT DE LA MÉMOIRE
Les Druides gardaient en leur mémoire toute leur philosophie, qu’ils avaient comprise en des vers ou en des carmes, qu'ils fai- / saient apprendre par cœur aux jeunes hommes qui se mettaient sous leur discipline pour en être instruits. Ils en usaient de la sorte pour deux raisons remarquées par Jules César, la première afin que leur science ne devint pas commune au peuple, la seconde afin que leurs disciples, ne se reposant pas sur leurs écrits, s’étudiassent à cultiver leur mémoire. Les raisons de cette pratique sont très justes et très recevables, les philosophes et les théologiens de toutes les nations du monde ayant l’habitude de couvrir et de cacher, sous des notes et sous certains signes particuliers, toutes-leurs connaissances et toutes leurs sciences. Clément d'Alexandrie remarque que les Hébreux observaient cette méthode, Pythagore en usait de la même sorte, comme aussi les Égyptiens qui cachaient, sous des notes et figures hiéroglyphiques, leurs plus belles connaissances, et les jurisconsultes romains pratiquaient aussi la même chose, dans leurs formules et dans les notes, par lesquelles 1ls signifiaient plusieurs choses du droit romain. L'autre raison qu’avaient les Druides était qu'ils estimaient que les lettres et l’écriture nuisaient à la mémoire, comme Platon le reconnaît dans son Phédon et son Timée, et Quintilien (livre IT, chap. 11) de ses Instituts, et ce stoïque ou plutôt épicurien romain Sénèque (ép. 4 et 28), et Euripide d’après Antoine le moine in Melissa (part. 1, lecon so),