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LEUR DESTRUCTION

titre 12 de l'office des Druides, qui n’ont pu être entièrement abolis et chassés des Gaules, eux et leurs inhumains sacrifices, que par la lumière de la foi chrétienne ; ils se retirèrent en Allemagne où il reste beaucoup de leurs vestiges, de leurs armoiries et de leurs caractères.

Il ne faut pas manquer de remarquer en cet endroit qu’en l’an 1578, le jour de la fête des Trépassés, 2 novembre, un vigneron et ses deux fils travaillant après le sermon dans une vigne à demiquart de lieue de Dijon, creusant pour faire une fosse, découvrirent le dessus d’une grosse pierre ronde et, continuant à fouiller et à Ôter la terre, reconnurent que cette pierre blanche en couvrait une autre de pareille rondeur. La première pierre levée ils s’apercurent que la seconde était creuse et que dans cette pierre il y avait un vase de verre, plein de cendre et d'ossements apetissés et diminués par le feu, de la figure d’une boîte haute d’un pied de roi et autant de diamètre, taillée en rond et ciselée grossièrement à l’entour de ses extrémités, ayant au milieu par dehors deux lettres X. V., à l’un des bouts qui touchait la terre, après avoir été nettoyée, parut une inscription grecque autour d'un rond en forme de couronne prenant son commencement large et profond et finissant par un contraire circuit à l’entour d’une mortaise carrée large de quatre doigts et profonde de trois, qui se voit au centre du rond, comme si elle avait été faite exprès pour soutenir le tombeau en l’air, afin de lire plus commodément son inscription qui portait en caractères grecs ces mots : « Dans le bocage de Mithra ce tombeau couvre le corps de Chindenax grand prêtre, méchant sors, les dieux savants le gardent de dommage » ; l’autre bout de cette même pierre regardant en haut est sans inscriptions et de même largeur, ayant toutefois le ventre plus gros que la bouche qui n’est que de cinq pouces de diamètre, le pied n'est que de quatre, beaucoup plus étroit et matériel en ces deux parties qu'en tout le reste du corps, contre l'ordinaire des autres vases ; au reste godronné tout à l’entour par dix-huit lignes en lèvres et de grosseur proportionnée commençant au-dessus de son ventre et finissant en apetissant au bas avec une distance d’un bon pouce égale partout. Ce qui est beau à voir en ce vase, c'est qu'étant exposé à l’air 1l paraït avec la

diversité des couleurs que représente l’arc-en-ciel ou la gorge de pigeon, ayant le pied semblable à la nacre de perle, fort agréable à la vue, et qui toutefois ne peut être du naturel de verre, ce qui lui peut être arrivé par une certaine espèce de rouille contractée parle grand nombre d'années qu’il a demeuré en terre où il a été conservé au moyen de la pierre solide qui le couvrait, laquelle était aussi taillée en rond, de la hauteur de dix pouces, plate du côté de l’assiette et relevée en bosse par le dessus pour avoir le poids et la force de garantir ce sépulcre contre les injures du temps.

Jean Gruterus, en son Trésor des inscriptions antiques, a inséré linscription de ce tombeau à la page 1359, sans faire mention de la figure du tombeau, ni du vase trouvé dedans qui contient les cendres de celui à qui il a été destiné, mais cette inscription est pleine de fautes dans Gruterus qui l’avait eue par le moyen de M. de Thou, non seulement au sens de l’inscription, mais aussi en la forme du caractère et en la figure des lettres, toutes les lettres même en étant perverties, et cet auteur en a été si mal informé à Autun que, quoi que ce soit à Dijon, il met qu'il a été trouvé à Autun.

Ce Chindenax était le prince des prêtres, ce qui ne se peut entendre que des Druides prêtres gaulois, qui étaient les juges, les jurisconsultes et les philosophes des Gaulois et s’appelaient saronides, eubages, bardes, vates. En considération que ces bardes étaient des poètes qui habitaient en Bourgogne, ou de leur nom, il y avait une montagne qui s'appelait mons bardorum, maintenant Montbard.: Chasseneux dans Catalogus gloria mundi, partie 12, ditplusieurs choses d'eux, comme fait Pline, livre xvi, chap. dermier, Eusèbe, Lactance, Tiron, Denis d'Alexandrie, Justin, Ammien Marcellin, Gaguin, parlent des Druides, Mont des Druides ou Mons Druis, près Autun.

Nora. — Ce traité des Druides a été dicté par M. Théodore Marcille, professeur du roi en la langue et en l’éloquence latines en l'Université de Paris, l’an 161$ ou 1616 où je lai écrit sous lui. Quoi qu’il contienne tout ce qui se peut dire des Druides, je pense qu'on ne trouvera pas désagréable de voir en outre l'ouvrage que

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