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PHYSIQUE DES DRUIDES

au froid, ce qu'il dit contribuer à la santé, fort utile à ceux qui veulent porter les armes et s’employer aux exercices de la guerre, aussi Aristote et Galien disent-ils que comme le fer chaud mis dans l’eau froide s’endurcit, ainsi ils faisaient une épreuve de la vigueur naturelle de leurs enfants en leur fortifiant le corps par cette immersion. L'empereur Julien dit encore qu'ils les mettaient sur un bouclier qu'ils posaient sur la rivière afin de connaître s'ils étaient bâtards ou légitimes, tenant que ceux qui allaient au fond de l’eau étaient 1llégitimes et ceux qui flottaient sur l’eau légitimes.

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Ils tenaient ce paradoxe : que le monde ne devait point finir, ou devait périr par l'eau et après par le feu, ce qui s'accorde fort bien avec notre philosophie et notre théologie, ce que Pline rapporte d'eux et attribue à la magie et se doit plutôt attribuer à la nature, comme quand 1l dit qu'en leurs sacrifices et pour cueillir des herbes ils se servaient de la main gauche plutôt que de la droite, ce qu'ils faisaient à beaucoup d’autres cérémonies, comme en cueillant le sélage, le samole, le gui du chêne et l’œuf des scorpions. Il est certain que la main gauche, non seulement aux opérations magiques, mais aussi aux naturelles, a quelque vertu particulière plus avantageuse que la main droite, car chez les malades de la goutte aux pieds et aux mains, la main gauche est la dernière attaquée et principalement le doigt où l’on met l’anneau ; en effet, lorsque ce doigt commence à en être atteint, qu'il vient à enfler et à avoir des nœuds, c'en est fait de la vie du goutteux, comme le disent les plus excellents médecins, parce qu’à ce doigt-là il y a une artère qui va au cœur, ce qui se peut bien reconnaïtre en le touchant aux femmes qui travaillent pour accoucher, aux personnes lasses et à celles qui ont mal au cœur. Voilà pourquoi Levinus Lemnus dit que ceux qui sont en cet état doivent avoir un anneau à ce doigt et y appliquer du safran.

Les Druides enseignaient aussi que la graisse était très incommode aux enfants, de sorte que, pour qu'ils ne deviennent pas trop

gras et n'aient pas un gros ventre, ils devaient travailler beaucoup. Quand un enfant devenait si gros que la ceinture qu’on lui avait donnée ne lui pouvait plus servir, il était condamné à une amende. Doit-on attribuer à la magie ou à la nature ce que les Druides disaient de l’œuf des serpents ? Il est malaisé de dire ce que les Druides en pensaient, et ils ont enseigné ce qu’ils pouvaient avoir observé dans les forêts et les cavernes où ils habitaient. Plusieurs serpents entortillés, enveloppés et collés ensemble par le moyen de la salive qui sortait de leur gueule et de l’écume de leurs corps, pouvait faire comme une forme d'œufs, et, pour éprouver cet œuf, le placaient sur l’eau, afin de remarquer s'il montait contre le cours de l'eau, bien qu’il fût hé avec de Por. Un chevalier romain avait un de ces œufs de la grosseur d’un petit corbeau, qui était enveloppé d’une peau cartilagineuse. Pline dit avoir vu un de ces œufs. Il est certain que les Druides avaient un de ces œufs dans leurs armoiries et dans leurs enseignes et étaient persuadés qu'il servait à faire obtenir des victoires. Cet embrassement de serpents, cette concorde et cette union que les serpents avaient les uns avec les autres, était cause que Mercure avait son caducée de la figure des serpents, lorsqu'il allait pour porter la paix.

Un auteur moderne dit que les Druides ornaient de miroirs l’école où ils enseignaient leur discipline, mais aucun auteur digne de foi ne le rapporte. [ls avaient coutume de deviner par des sorts, par le chant et par le vol des oiseaux, mais tout cela étant vague on ne peut distinguer les choses véritables de celles qui sont vaines. Par exemple Dejotarus, dit Valère Maxime (livre [*°, chap. 1v), qui était roi des Gaulois habitant en Asie, qui ne faisait rien sans auparavant avoir consulté le vol des oiseaux, revenant de dehors dans sa maison, fut averti par le vol d’un aigle de n’entrer pas dans une maison, où il devait coucher, qui, la nuit suivante, fut renversée de fond en comble ; ce qui fait croire que les augures, et la divination qui se fait par la vue des animaux, ne doit pas toujours être méprisée, car il est certain que les cygnes quittent une maison prête à . tomber, et on assure que les mouches à miel quittèrent une ville suisse, qui, la nuit suivante, fut entièrement ruinée par la chute d'une montagne qui l’ensevelit.

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