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III0 OBJETS DIVERS

1° La partie inférieure d'un héliotropion ou cadran solaire. Il reste les deux supports et une petite partie de l’hémisphère. Sur ces deux pieds, de structure fort simple, s'élevait un cadran presque vertical, comme l'hémisphærium de Ravenne1 2 et les nombreux cadrans solaires du musée de Naples. C’était un de ces cadrans à coquille inventés, dit-on, par Bérose 3.

1 II est seul nommé dans l’inscription déjà citée, publiée par M. Eustratiadès.

* Rich. Dict. ant ., article hemisphœnum.

3 Ils furent remplacés plus tard par des cadrans en forme de cône tronqué, d’une structure plus savante. On peut en voir au musée du Louvre, un, que M. Rayet a découvert en Asie mineure.

2° Une sorte d’auge en pierre, trouvée dans l’un des canaux de la citerne, et quelques pierres creusées, mais trop mutilées pour que l’on puisse en déterminer l'ancien usage.

3° Plusieurs autels. L'un d'eux, presque cubique, ayant des acrotères, ne mesure que 0 m. 15 de haut sur une longueur de 0 m. 12. Deux grands autels, ornés de têtes de bœufs, se trouvaient à quelque distance du temple, et portaient chacun une inscription que nous donnerons plus loin.

4° Stèles nombreuses, rondes ou carrées, avec ou sans inscriptions.

5° Plusieurs pieds de consoles ou de sièges sacrés, fort bas. L’un d'eux est terminé par une patte de lion. Il est en marbre commun. Deux autres portaient des inscriptions dont une seule est conservée. Nous la donnons plus loin.

5° Plusieurs morceaux d'une cuve sacrée, en pierre rougeâtre et dure. Cet appareil avait un peu plus de 0 m. 50 de rayon. A Korsiæ et près du bord de la mer, entre Creusis et Ægosthènes, on trouve deux bassins en pierre qui ont à peu près ces dimensions. Ils ne portent pas d'inscription. Sur le rebord de la cuve trouvée à Délos courait une inscription qu'il nous sera facile de restituer en partie.

Un intérêt spécial s’attache à plusieurs de ces objets: ils nous renseignent en outre sur l’âge du temple et sur les événements qui ont dû se passer au sommet du Cynthe. Le plus ancien de ces fragments est la tête du dieu qui semble être Apollon. Elle ne peut être ni antérieure ni de beaucoup postérieure au ive siècle avant

DÉLOS

J.-C., comme les fragments de la petite chapelle dorique, comme une inscription que nous allons donner. Cette tête, cette chapelle, la plaque de cette inscription sont en marbre de Paros, et peuvent avoir fait partie d’un même édifice.

Le débris le plus moderne est la petite colonne d’architecture corinthienne, presque byzantine. La date en doit être placée entre le second et le quatrième siècle après J.-C.

Tous les autres fragments appartiennent aux époques intermédiaires, surtout au premier et au second siècle avant l’ère chrétienne.

Ces fragments sont dé formés et de provenances très-difîerentes ; mais il est probable qu'ils ont été recueillis, la plupart, sur le sommet du Cynthe, chargé de stèles, de statues, de petits sanctuaires.

Ils furent dévastés une première fois avant la fin du paganisme, puisqu'ils ont servi à former l’enceinte dans laquelle on a enfoui plus tard les restes des sacrifices.

Le plus considérable de ces sanctuaires était le temple dédié, comme vont le prouver nos inscriptions, à Jupiter Cynthien et à Minerve Cynthienne. Avec les débris qui restent en place, on pourrait presque en essayer la restauration.

La citerne sacrée et surtout les débris des sacrifices occupent un grand espace. Sans doute les processions qui montaient par les trois voies sacrées ne venaient pas seulement pour adorer Jupiter et Minerve dans leur petit édifice. On s’y rendait aussi pour célébrer les mystères de Délos : nous le prouverons tout à l’heure.

L’époque chrétienne n’a presque pas laissé de traces sur le Gynthe.

Les inscriptions que nous avons recueillies permettront de fixer quelques dates à l’histoire de ce temple. Nous en donnons le catalogue. Il renferme d’abord toutes les inscriptions qui ont certainement appartenu au temple de Jupiter et de Minerve (de I à XIV); ensuite des inscriptions trouvées sur le Gynthe, mais dont l’attribution n’est pas certaine. On verra à la fin deux inscriptions inédites, que j’ai recueillies près du stade décrit par Ross, à côté des Galy via où les bergers viennent, au printemps, remiser leurs troupeaux.

§ IL — Catalogue des inscriptions recueillies au sommet du Cynthe .

Slosaïqsie de la citerne.

AIIKYN0I6)KAIA0HNAKYN0IA AnQAAC*)N!AHC©eoreiTONOC AA0AIK£YCYn£P£AYTOYKAI TCON£T AlPtONTOKAT AKAYC TON£n!!£P£ù)CAP!CT0MAXOY IAKOP£YONTOCNIKHOOPOY £niA££niM£AHTOYKOINTOYAlH

- i i i 1 il il 1 i i i i i i i i i i i i i i i -

DÉLOS

H. du cadre, 0 m. 62.

H. d'une lettre, 0 m. 04.

Ad K vv9i(i) val A Qr,yd Ki)v9ca ’ A ttoXÀ wvt'orç 0soyeiroyo; Aao&y.eù;, VTiep iavzoîi zal twv Iraîpcoy, to v.az avivez ov , Ittl Upiotiç ’ApLGzoua%ov, ÇazopeuoyTo; Nutycpopou, Ittl $s èmpLeTiYZov K o ty tou A Çy viéwç .

A Jupiter Cynthien et à Minerve Cynthienne, Apollonidès, fils de Théogiton de Laodicéè, en son nom et en celui d ses compagnons, a dédié ce réservoir, Aristomaque étant prêtre, Nicéphore étant zacore et Quintus d'Asinie, épimélète.

Le mzdaùvazov (gloss, v.az avivez pov) était un réservoir qui recevait sans doute les eaux pluviales. L'eau descendait sur cette mosaïque par la double rigole que nous avons découverte. Gomme ce fond repose sur une des parties les plus élevées du plateau, il est presque sûr que le toit du temple dominait la citerne où se déversaient ainsi les pluies tombées sur l'édifice. Cette eau servait probablement aux sacrifices.

Ad KvyQi'cp val ’A8r<vâ KwOfy. Jupiter et Minerve sont souvent associés, quelquefois aussi ils portent la même épithète. On trouve par exemple à Athènes, Jupiter Soter et Minerve Soteira \ Jupiter Boulaios et Minerve Boulaia 2, etc. Jupiter Cynthien était déjà connu par une inscription que nous avons citée 3. Nous en parlerons plus loin avec quelques détails .

1 LeBas, Inscr. ait. 405, 406, 407.— ?Ecp. dp^., 4042, 4107, etc*

* ’Ecp. àpy. 3786.

3 Eustratiadès, ’Ecp. àp^.? loc. cit.

LE SOMMET DU CYNTHE 141

D’après la forme des lettres, il faut chercher la date de cette inscription entre l’époque de la conquête de la Macédoine par les Romains et le second siècle après J. -G. Les a, les s, les &>, sont tous lunaires. On trouve ces formes dès la 158° ol. Mais elles ne sont que plus tard d’un usage général h

La forme du Ç est ancienne., mais elle a persisté dans les inscriptions les plus récentes.

Les noms des personnages cités dans cette inscription ne nous en donnent pas la date précise. Le nom d’Aristomaque n'est pas rare 1 2. Un Quintus fut archonte éponyme d'Athènes, l’an 56 3. Il est probable que l'épi mélète de Délos appartenait à la même famille, car Athènes choisissait volontiers les épimélètes de Délos parmi ses anciens archontes.

ZaxopevovToç. V. l’inscr. n°2.

’ETriye/JiTov. V. l’inscr. n°9.

Sur une petite base (long. 0.40, h. 0,25, h. d'une lettre O, OS.)

€niiePe(jüCAPICT(jüNOCTOYnAATOPOC

KH0ICKCüCnOC€IACONIOCnOaiA(jL)NIOY

CKAMBC0NIAHNKA6IAOYXHCACAIIKYN

OICOIKAIAOHNAKYN0IATHNTPATTÉ

ZANKAITACCTIBAAACKAITAXPHC

THPIAZAKOP€YONTOCNIKHOOPOY

6BA0M0NKAITPIAK0CT0N

1 Franz, Elementa epigr . grœcæ , p. 231 et 244.

* Cf. Ross, Dem. att ., 181. — Meier, Ind. Schol. , 1851, n 59e.

3 Dumont, Fastes éponymes . Voir son catalogue.

DELOS

EtÙ ispicoç ’Apîaiwvo; zov ÏIXaTôpoç, Kr^taiÉwç, IÏogsi$u>vioç I Iogsi&oviqu 2'/,a[j£rjùvidriV (lire 2x,ayêQ jvt3Viç) x)vSi&)U^0aç Ait Ki»v0/&j Hat AQyjV<x KuyOtct z r,v zpÿ.r.zt/j-v zai xàç onÇadlc, (lire oiiêaJac) sial Ta ypwzrtpiy., Çazôpg^ovTo;

Nw/îc^opou ëoJofJLOV Z«l TptaZOGTOV.

Ariston, fils de Plator, de Képhissia, étant prêtre, Posidonins, fils de Posidonius, Scambonide, ayant été cleiduque, a consacré à Jupiter Cynthien et à Minerve Cynthienne, la table, les jonchées et les ustensiles. Nicéphore étant zacore, la trente-septième année.

Les noms que cette inscription renferme sont athéniens. C'étaient donc des Athéniens qui avaient l'administration religieuse de ce temple, comme celle de tous les autres sanctuaires déliens à partir du premier siècle avant l’ère chrétienne.

KleL$ov%‘/;azç9 v. l’inscr. n° ix.

ZaxopsuovTo; 4, exerçant les fonctions de zacore. Le zacore, ædituus, était d’abord chargé de balayer le temple (z opeîv, dans le dialecte attique, signifie axipeiv, balayer)1 2. Les femmes étaient admises à ces fonctions.

On donne au zacore tantôt le nom de serviteur (yrar p zzyiz), tantôt celui de prêtre 'I&peu;.). Plutarque cite des zacores en même temps que des prêtres 3.

Cela nous porte à croire que leur ministère devin assez relevé. Chargés d’abord de balayer le sanctuaire,

1 Cf. Sur les Zacores, Dindorf, lex. — Eckhel, Doctr.numm . ’ IV, 289. — Pauly, Dict. étym. — Hesych. — On trouve dans Pape la forme zdxovoç, intermédiaire entre Zacoros et Diaconos.

2 Cf. Dind. loc. cit.

3 Plut., Cam ., 30.

LE SOMMET DU CYNTHE

puis de l’orner et de l'entretenir, ils est probable qu’ils eurent plus tard une certaine part dans la gestion de ses revenus, comme les néocores (v£w/6poi), d’abord balayeurs, puis intendants et administrateurs des temples : en effet, les fonctions des zacores et celles des néocores se ressemblent tellement qu’Hésychius paraît les confondre. Les termes de Zaxopoi et de Ns&>y.opoi sont pour lui deux synonymes. Ailleurs, ces fonctions nous apparaissent comme distinctes, mais voisines; un zacore remplit l’office de néocore L Nos deux inscriptions mentionnent un zacore, probablement le même, Nicéphore. Dans la première, on offre au temple une citerne, dans la seconde divers objets sacrés. L’intendance de ces biens n’étant pas tout entière dévolue au prêtre, il est fort probable que le zacore en était plus spécialement chargé. Or notre seconde inscription ne porte que deux noms, outre celui du donateur, celui du prêtre et celui du zacore. — Inscrit entre un prêtre et un épimélète, le zacore était sans doute un personnage assez considérable. De bonne heure ces fonctions de serviteur du temple devinrent importantes , et il y eut les zacores en sous ordre (uïroÇaîtopoty.

Ces fonctions, d’abord annuelles, furent ensuite occupées longtemps par un même personnage. Sous l’empire romain, d’autres fonctions, par exemple celles des pædotribes dans les gymnases, tendent à se perpétuer ainsi. Nicéphore était zacore depuis trente-sept ans ;

1 Dindorf, loc cit.

2 Hésych.

DÉLOS

sans doute il en tirait quelque gloire. Cette inscription est la première, à notre connaissance, où soit faite pareille mention.

TparreÇa. Table, le plus souvent en marbre, servant à placer les vases et les offrandes, ou bien le repas offert aux dieux.

Fragment «le marbre.

NTONAPI2

EAT.ENOMEN

HNA2KYN

APX

vtov ’Apiff tspsa yevoptevov Atoç KuvOtou xat

AO/iVâç KuvQtaç. «px«

Il manque, dans les trois premières lignes, le commencement du nom du personnage, la fin du nom du père et celui du dème.

IY.

Fragment. Petits caractères irréguliers.

KYN0I

GHKEN

OPEYONTOZ

TEITONO

PONTArM

LE SOMMET DU CYNTHE

Un zacore était mentionné dans cette inscription. Elle semble porter aussi le nom de Théogiton, trouvé sur l’inscription n° 1. Peut-être est-elle de la même époque. Quoi qu'il en soit, ce fragment offre peu d’intérêt.

Longue pierre plate.

Al

YI.

Sur le pied d'une table ou d'une console sacrée.

AIIKYNOin

EniiEPEni

NIKOKPATOY

lOYNIEOI

Ait KtjvQi'w, lîii tep s'coç Nwoxparou, Zovvi sa>ç.

A Jupiter Cynthien, Nicocrate de Sunium, étant prêtre.

A côté de ce pied j’en ai déblayé un autre tout-à-fait semblable; mais le marbre s’étant écaillé, il ne restait plus trace d'inscription. Il est probable qu'il a porté une dédicace analogue, en l’honneur de Minerve. Les bases de ces deux supports sont brisées.

DÉLOS

Sur le rebord de la cuve sacrée.

Premier fragment,

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