‹ Recherches sur DélosChapitre 36 sur 81 · EY · texte numérisé non relu

EY

1 Eustratiadès, op. eu., inscr. cit.

2 Dumont, E'pkédie attique , p. 230.

3 II porte en outre le titre de Nomothète, et celui, plus rare, de àptTCOÇ Ttôv EXX^VGÙV. •

LE SOMMET DU CYNTHE

loi

Z, 'yoûv:* Z/vtovoç, tâtiOoT/'faxy-lX H?! [TryJOa't^T^v ,èv [. A9/<v]*r;? [*bd Lpla Atô$ 2&)?$p<x; xat rzç] ’A9n [v£s r/5ç]

AcoT£ip[aç yevouevov] tov vlw A9wà

K(y v9zV]-,.,.# ot ’AG/waToi. — Plus bas, le nom du sculpteur.

Il rry a guère que les deux premières lignes qui soient bien lisibles. La fin du mot kvQzïsvàv est aussi fort nette et nous a permis de suppléer le commencement.

KleidovyjjGMza. On a peu de renseignements sur les cleiduques (yhi$oïyoa, att. yl/Aofi^&s , claviger, œdi tuus) . Ils ont été les gardiens du temple et les possesseurs de sa clef. C’était une charge temporaire, surtout honorifique. Il ne faut pas confondre les cleiduques avec les porteurs de la clef d’Hécate. Sa clef sacrée était promenée en procession solennelle par la prêtresse appelée xÀ£tclo©ôpoJ.

r JyQzïozy.y. Les Pythaistes 1 2 appartenaient à une ancienne famille désignée par un oracle. Ils restaient trois [jours et trois nuits sur le rempart d'Athènes, entre les temples de Jupiter Olympien et d’Apollon Lycien, devant l’autel de Zens Astrapæos d’où iis observaient Yaoy.v., le pic qui domine Philé dans le Farnès. Le premier éclair qu’ils apercevaient donnait le signal du

1 Cf. Newton, Halicarnasse, Cnide et les Branchides , t. II, append., III, n° 96.

® Foucart. Mém. sur Delphes, p. 178-179. (Archives des missions scientifiques. 20 série, t. II.) — Strab., IX, 2, 11. — Philochore, Fragm ., 158. — Steph. Byz., meo. — H. Valus. In Harpocr. lex ., ônV.acrrat.

DÉLOS

départ, et la Théorie se dirigeait alors vers Delphes h Une famille athénienne observait aussi les présages dans la plaine de Marathon

Ainsi les Pythaïstes comme les Déliastes, appartenaient à des familles privilégiées qui conduisirent des Théories, les Pythaïstes à Delphes, les Déliastes à Délos.

Les prêtres athéniens établis à Délos pouvaient être eux-mêmes Pythaïstes. Nous savons par une inscription déjà citée 2 que des prêtres, qui avaient leur temple à Délos, envoyaient au dieu de Delphes, à titre de prémices, chacun une somme fixée selon la charge qu’il remplissait. Cet usage est attesté par une autre inscription de l’Attique 3.

On lit dans Tinscription publiée par M. Eustratiadès plusieurs passages qui intéressent Phistoire de Délos4. Il nous faut donner ici quelques détails.

1 Peut-être la Théorie qui alla d’Athènes à Delphes, ou même de Délos à Delphes, fut-elle instituée à cause d’une légende qui faisait voyager Apollon de Délos à Athènes et à Delphes, ou bien de Délos à Tanagre et à Delphes. Cf. Pindar., éd. Bœckh , part. 2, t. II, p. 629 et la scholie ÜÆsch. Eumen.

2 Eustratiadès, Op. cit. loc. cit.

3 Le Bas, Inscr. AU ., 427.

4 Pour les autres passages, nous renvoyons au commentaire de M. Eustratiadès. Cette restitution a été modifiée par M. Foucart, au Collège de France (Leçon du 13 juin 1874).

1°M. Eustratiadès, supposant un vide considérable avant le commencement de la première ligne, l’avait restituée ainsi: Toü Ttov A0ï|va£iov ô xs^eipo- tovïi }iivoç sitl t^v èS-a^roaTO — 7r|V t tov

TT'jOtdôwv. Mais les Pythaïstes n’étaient pas élus parmi le peuple d’Athènes, puisqu’ils appartenaient à une famille spéciale. Si le dignitaire de l’inscription est « choisi à main levée », c’est

LE SOMMET DU GYNTHE

Les principaux magistrats d’Athènes, parmi lesquels tous les archontes et seulement quelques stratèges, Tépimélète du Pirée, l’épimélète de Délos et les épimélètes de la banque et du marché, probablement à Délos, contribuent aux dépenses de la première ennéétéride pythienne.

Avec ces magistrats contribuent plusieurs prêtres. Il est probable qu'ils avaient tous leurs temples à Délos. On peut l’affirmer pour sept d’entre eux : ceux de Jupiter Gynthien *, d’Apollon à Délos, d’Artémis « dans l’îie » (de Délos), de la chaste déesse à Délos (Proser-

sans doute parmi les Pythaïstes eux-mêmes pour être leur chef. Or, un inventaire du temple d’Apollon Didyméen porte avec la mention des offrandes consacrées par les Théories de plusieurs villes, le nom de l’archithéore, de la ville ou du roi qui les a envoyées. On est donc autorisé à croire que ce personnage élu est l’archithéore.

2° La seconde ligne établie par M. Eustratiadès contient une tournure un peu embarrassée : èiri x^v èÇonroaTo^v twv 'irjOiàSwv xoJ èic\ xotç ànapxàç, etc. En outre, l’espace vide laissé par le marbre entre èÇairorroXr.v et onrap^à; n’est pas suffisamment rempli. M. Foucart propose donc O àp^iOîcopô; toG frilfAou tmv AOrivatav ô xe^sipotovY) |j.évo; èit\ xr1v]è^a-3T:oo,TO>vriv tujv Oswpwv twv cpspo'vxtov (ou àyo'vxwv) xocç àirap^à; èv. etc. Cette restitution est indiquée par un texte d’Hésychius ; ©ewpobç S’èxdXojv xoù; xoi; ôîoïç toi; dbrap^àt; àTTocyovxa;. L’argent recueilli ne servait donc pas aux frais de la Théorie ; il était destiné à une offrande consacrée au dieu de Delphes.

3° Enfin, à la ligne suivante, àTté\tàt est plus probable que àvaypa'fst; et il faudrait lire: dicAotôs TWV tepétov xal, etc. — Nous ne connaissons pas la longueur exacte du fragment qui manque. Peut-être la première ligne ne contenait-elle pas la formule AyaOÿi Tujfll- — ’Ap^iGétopo; peut avoir été écrit : àpxeOéupoç. Cf. Le Bas, Inscr. ait.. 413.

1 Cette inscription nomme trois prêtres du temple de Jupiter Cyntbien (et de Minerve Cynthienne) : Zénon de Képhissia, Démétrios, Théobios,

DÉLOS

pine), de Dionysos i) de Sarapis (dont nous connaissons le temple à côté du Cynthe : jusqu’ici on attribuait ce temple à Isis), enfin d’Anios. Vient ensuite un prêtre de Rome divinisée. Son temple était sans doute à Délos, puisqu’il est cité parmi d’autres sanctuaires tous déliens et que nombre de Romains habitaient Vile à l’époque où cette inscription fut gravée 2.

La somme versée par chacun de ces magistrats et de ces prêtres, suivant un décret, parait avoir été fixée d’avance. Sur toutes les listes, une même somme est fournie par le même magistrat ou par le prêtre du même temple. Quand l’un d’eux (un certain Médeios) remplit à la fois plusieurs emplois, il donne, pour chacun de ces emplois, une somme fixe.

Ces sommes portent le nom de cùrap yxi, prémices. Les dîmes s’offraient aux temples après une faveur exceptionnelle ; les prémices se présentaient à des époques régulières pour remercier les dieux des bienfaits qui se renouvellent toujours. Les àit*p sont des sommés d’une valeur souvent déterminée à l’avance, mais qui se consacrent sous forme de présent, devase* de statue de trépied 3.

1 Cf. G. I. Gr., 2270, 1. 19. Il y a un prêtre de Dionysos à Délos désigné par le sort.

- D’après Alb. Dumont, cette inscription date de 117 à 111 av. J. -G. Les noms des sept archontes athéniens qu’on y trouve et dont la date peut être déterminée sont : Echécrate, Médéios, Théodosios, Proclès, Argéios (2 fois), Héracleitos. — Gf. Alb* Dumont, Fastes éponymiques d'Athènes, Tliorin, 1874. — Sur Héracleitos, Cf. Alb. Dumont, Essai sur la chronologie des archontes athéniens , Paris, Didot, 1870, p. 31, et le journal la Minerve, Ephém. archéol ., n° 4041.

3 Gf. Le Bas, J user, ait., nos 2 et 40.

LE SOMMET DU CYNTHE

Différents magistrats et d’autres Athéniens, prêtres à Délos, envoyaient donc régulièrement des prémices à Delphes. La cité athénienne subvenait aux frais de la théorie 4.

Cette « première ennéétéride» pythienne n'est pas la première qui soit allée d’Athènes à Delphes, ni la première pour laquelle les frais aient été faits parles particuliers 2. Un passage de Plutarque suggère une explication plus simple. Plutarque 3 cite les trois ennéétérides de Delphes. La première est le steptérion en l'honneur de la victoire d’Apollon sur le dragon ; la seconde célèbre Sémélé, mère de Bacchus ; la troisième est relative à des traditions locales. Donc la « première ennéétéride » était seule consacrée spécialement au culte d’Apollon ; et c'est très-probablement de cette « première ennéétéride » qu’il s’agit dans cette inscription.

Il serait bien intéressant de savoir si les prêtres déliens ont consacré des offrandes au dieu de Delphes avant l’occupation de Pile par Athènes.

Disons, pour en revenir à notre inscription, qu’il est fort naturel de voir figurer un pythaïste sur une stèle dédiée à Jupiter Gynthien. — Ce pythaïste s’appelle Zénon. Il peut être le même que le Zénon de Képhissia qui fut prêtre de Jupiter Gynthien un an avant l’archontat d’Echécrate, c'est-à-dire Pan 116 avant Jésus-Christ, ou tout au moins avoir appartenu à la même famille.

4 Cf. Corp. inscr. ait ., 158.

* Cette hypothèse a été soutenue par M. Eustratiadès et infirmée par M. Foucart.

3 Plut., Quœst. gr., 12. — Ephore, Fragm. 70. (Fragm. hist. gr. coll. Didot, 1. 1. p. 255).

DÉLOS

Sur une stèle dont la partie inférieure est brisée.

SAPAninNSflTAÀOYAiriAIEYS

lEPEYirENOMENOXAIOXKYNOlOYKAI

AGHNA2KYN0IAIENTniEninPOKAEOY2

Zapam'ooy i A iy&itvç, ispsùç yevopievoç Atoç

KuvGiov xal Aô/jvâç KuvStaç ev tco sttI ITpo/Jiovç (àpyovToç ivt$o>Tto). ..

Sarapion, fils de Sotade, d’Ægiliée, devenu grandprêtre de Jupiter Cynthien et de Minerve Cynthienne l'année del’archontat de Proclès.

Proclès. Cet archonte cité sur la liste qu'a publiée M. Eustratiadès 4, appartient à l’année 114 avant Jésus- Christ.

Un autre Sarapion, de Mélite, qui fut épimélète de Délos, figure sur la même liste.

Sur un marbre, h. O ni. 30 ; 1. 1 m. 01 ; b. d’une lettre, O m. 03.

BA2iAEAnT0AEMAI0N2nTHPA BAIlAEninTOAEMAlOYTOYAEYTEPOY EYEPrETOYAPEIOSfTTOAEMAlOYAÀEEANAPEYS TflNnPnTnNcDIAnNTONEAYTOYEYEPrETHN AIIKYNQiniKAI A0HNAKYN0I A

Cf. l’insc, n° 9.

LE SOMMET DU CYNTHE 157

B y.aù.zz U zoleymw BaatXsoaç IlToXejxaiou toû

^Eurépou sûspyéirou, ^Apsioç nroAs^aiou A .Xg£av$peùç twv ITpwtcov c^Xcov tov sauroû eûepyérrjv, Ati KuvQta) zat A 0r,vâ KuvGéx. (L1 dans le texte n’est adscrit qu'à KuvGtw).

En l’honneur du roi Ptolémée Soter, fils du roi Ptolémée Evergète II, Arius, fils de Ptolémée, d’Alexandrie, compté parmi les premiers amis du roi, en l’honneur de son bienfaiteur : à Jupiter Gynthien et à Minerve Cynthienne.

Il s’agit d'une statue consacrée par Arius à Ptolémée, et l ace. B xailéx s’explique par àvéhxev sous-entendu.

Ce Ptolémée Soter est le second du nom. Suivant Clément d'Alexandrie, il avait été surnommé Lathyre (. Strom ., 1,396). Eusèbelui attribue le surnom dePhyscon; mais c'est probablement une erreur ( Chron ., p. 148-150). Le nom qu’on lui donne sur les monuments égyptiens est « Ptolémée Philométor II, Soter IL » (Leipsius, Plot., t. III.)

Ptolémée Soter II régna de 117 à 81 av. J. -G.; mais l’Egypte resta au pouvoir de son frère Alexandre de 107 à 88. Soter II tantôt, gouverna l’île de Chypre, tantôt livra des batailles sanglantes pour remonter sur le trône.

Arius se dit « un de ses premiers amis. » C’est un titre honorifique, donné aux membres du Conseil royal l.

On trouve à Délos quelques inscriptions en l’honneur de Ptolémée Philadelphe 2, et du Ptolémée qui est généralement surnommé Physcon 3, père de Soter IL

1 G. I. Gr., 4677, 4698 et t. III, p. 289, b.

2 C/I. Gr., 2267, 2273.

3 G. I. Gr., 2285 a. — D’Orville, op. cit., p. 49.

DELOS

Fragment de marbre1.

IXKATAnPOITA ErPAyENTHNTTPOI IENAIEIZTOIEP AIOZTOYKYNOIOY 2A0HNAZTHZKYN0I ZONKAIVYXHKAOA XONTA2E20HTAAEY FTOAETOY2 ArN AIKOZKAIKPEIflZ E 1 2

te, xa~à np6sia[yfÂa]i n ë.fpàÿey vhv Trpoofo^ov] [el6](évat sïç T o ko[ôv toO Ato; toû Ki jvBvjv [x,at zvj]q ASr,vdç ryjç Kttjiô't'faé]

— cov y- ai *a^[poijç, 'szB'/jzct /su|y4v» &>v]7ToJetov;, «yv

— çhy.oç xat xpEioûç — - et?.

Cette inscription nous apprend que les processions qui, sans doute, gravissaient le Cynthe avant d’entrer dans le temple de Jupiter et de Minerve, devaient se conformer à des prescriptions fixées d’avance. Purifiés moralement; les fidèles devaient en outre revêtir un costume blanc et marcher nu-pieds. De pareilles prescriptions étaient établies dans les temples où Ton célébrait des mystères.

M. Foucart, dans son commentaire sur l’inscription

Copié par M. Stamatakis.

LE SOMMET DU CYNTHE

d’Andanie i, cite, outre cette inscription 2 3, deux monuments de la même nature 8, par lesquels il est exigé que les fidèles, avant de paraître devant le dieu, soient aussi purifiés moralement ; qu'ils marchent pieds nus, que leurs vêtements soient blancs. La même formule est employée dans ces différentes inscriptions, et, par conséquent, est relative à la célébration des mystères.

Un texte de Jamblique nous apprend, du reste, que Délos avait des mystères. Pythagore, dit-il, se fit initier aux mystères d'Eleusis, d’Imbros* de Samothraceet de Délos4. Notre inscription, rapprochée de ce texte, prouve qde ceux de Délos se célébraient* au moins en partie, dans le temple de Jupiter et de Minerve.

Autel.

IOIKAI

AlOAnPOIAIIKYNGin

KAIAOHNAKYNÔIA

EYXHNE0IEPEO2

AIOOANTOYTOY

nAPNAIOYKHOSIEni

io; xai AtocLopoc, Au EyvSt'a) zai ’ASrjveji KuvQisfj

eq » tspÉcoc Aïoœayrou tou IJypyseaot}, t i - i r 7 »

1 Le Bas, C. inscr .. Messénie, VI, 326, a.

3 L’inscription consacrée à Men tyrannos (Cf. Foucart, Associations religieuses chez les Grecs , p. 119 et 21 9) et une inscription de Lindos, encore inédite.

4 Jamblique, Vie de Pythag., XXVIII, 151.

DÉLOS

... et Diodore à Jupiter Cynthien et à Minerve Cynthienne, pour s’acquitter d’un vœu, Diophante, fils de Parnasos, de Képhissia, étant prêtre.

Pierre longue ayant cette forme ;

XÀPMIPOIAINHXIOY

KIKYNNEY2IEPEY2rEN0MEN02

AIOXKYN0IOYKAIA0HNAI

KYNOIAXANEOHKEN

TOZOANON

Xapytpo; A ivr,otov9 Kwwvivz, tspsùç yei/opievoç Aïoç Kvy- 0tbu xa t A Oyjvàç KiwQiaç, àyiQrtY.ev to <î6o(.vov .

Charmiros, fils d’Ænésias, de Cicynne, devenu prêtre de Jupiter Cynthien et de Minerve Cynthienne, a élevé cette statue de bois.

Je crois lire Charmiros. Peut-être est-ce Xappivo c, seule leçon donnée par le dictionnaire de Pape.

Une statue de bois a été consacrée à l’époque, assez voisine de l’ère chrétienne,, où cette inscription fut gravée. Le fait mérite d’être signalé.

LE SOMMET DU CYNTHE

XY

Inscription en caractères de O ni. 03.

KVNNEY

NNAON

AIIKYN0I

HNAIHNKA

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