LIEUX CÉLÈBRES SITUÉS A DÉLOS
KoXcovo;. — (G.I. Gr. 158). Le temple d'Apollon possédait une maison dans un lieu de Délos appelé Colone, et dans rîle plusieurs autres propriétés ; parmi lesquelles une tuilerie dans la plaine et une forge.
KuvQoç. — Le Cynthe, montagne de Délos, haute d'environ 106 mètres.
5lyw7rôç. — L'Inopus, ruisseau à Délos. Vid. infra.
Melos. — Servius, [ad Virg. Eclog., VIII, 37) raconte qu'un certain Mélus, né à Délos, puis associé au sort d’ Adonis, fut métamorphosé en pommier. Il eut un fils du même nom qui vint fonder à Délos une ville de Mélos. — Il est à peu près sûr que Servius s'est trompé de nom, et que cette ville de Mélos ne fut pas fondée à Délos, mais dans l’île de Mélos.
Tpsywy . Trémon . — (Tzetz . ad Lycophr. ,387,402, 1 141. Eustath., ad Dionys. perieg ., 528. — Cf. Schlaeg-er, Paaca quœdam de rebus Dell , Mittau, 1840, p.23).
C'est à Trémon, localité délienne, que se trouvait le tombeau d'Ajax \ On lit en effet dans Tzetzès : « vAisa-
1 Ce tombeau a été à Mykonos, suivant une épigramme d’Aristote (. Anthol . Bergk, p. 120).
DÉLOS
t c/.... 'h 0£Tt; 0a^etTT£pi zbv Tpsyovra, ^coptov z rjç ArXov, et dans le Scholiaste t Tpsycov cfë ovofAaotMÛç yzIîï y^ptoy nxp % vn A fX<ù9 ïyQoc 6 Aïxç, zéQanzcu, SLwfreoç <3s outw; vï^nzzi diz to azisaQzi Ttzkzi zrv Ayjïov... Et plus loin ’ iv tg) Tplyovri yàp, ^ajpicp Av^AO'j, 6 Ata; A oÿ-poç xeîrai, nh laiov Tivoli xaî Mu/wyou.
Le tombeau d'Ajax était donc situé près de la ville, dans la partie nord de l'ile qui regarde Tinos et Myconos.
L'hypothèse par laquelle l’auteur suppose que ce lieu dut son nom à un ancien tremblement de terre, est gratuite. N’oublions pas cependant que Délos, à laquelle les dieux avaient promis l’immobilité la plus complète, a été agitée par de nombreux tremblements de terre. Quand les Perses envahirent la Grèce, Délos trembla pour la première fois, et ce présage annonçait de grandes guerres étrangères ou civiles. Hérodot. , YI, 98. — Thuc., II, 8. — Elle trembla quand le trésor de Delphes fut pillé (Macr., Sat., III, 6). — Sénèque, Quœst. natur YI, 26, rapporte, d'après Callisthènes, que le tremblement de terre qui renversa Hélicé et Bura ébranla Délos (ol. G I, 4); et Pline (H. N . IY, 22), cite un passage de Mucien d'après lequel Délos avait tremblé à l’époque de Yarron. Tertull., Apologet ., 40, raconte qu'un tremblement de terre, survenu avant le règne de Tibère, bouleversa Hiéra, Anaplié, Délos, Rhodes, Gos. (Gf. Tacit., Annal. y II, 47.) Les épigrammes d’Antipater de Thessaîonique, d'Apollonide et d’Alphée semblent faire à cet événement une allusion voilée. (Cf. Schlaeger, op. cit.y p. 20 et suiv.). Les anciens avaient affirmé que Délos, protégée par Neptune qui
NOMS ANCIENS
ébranle la terre, ne tremblerait jamais ; aussi, quand Délos tremblait, en tiraient ils de funestes présages, et le consignaient-ils dans leur histoire. Nous devons à cette circonstance de savoir que Délos a tremblé nombre de fois. Kiv/jaw zal AljXov àUû/rizov rcsp iovaccy, a dit l’oracle. Hérodot., VI, 98.
Tymbra. — Un certain endroit de l’île a dû porter ce nom, si l’on en croit Servius (Comment. ad Virg. Æneid., III, 85 et Georg.,TV , 31). Alii Tymbram locum in Delo consecratum Apollini tradunt. Peut-être faut-il lire Thymbra, car on voit dans Apollodore ( Bibl . gr ., I, 4, 1) que Pan, fils de Thymbris, apprit à Apollon Part divinatoire. Cet Apollon est nommé par Virgile Thymbréen, soit qu’il vienne de son sanctuaire de Thymbra en Troade, soit qu’on ait en effet connu à Délos un lieu nommé Thymbra. En ce cas, ce lieu a été situé sur le versant occidental du Cynthe (Vid. infra).
lTle d’hécate.
Deux îles situées dans le canal qui sépare Délos de Rhénée sont nommées aujourd’hui, à cause de leur position, psvuxrixpix, les îles du courant. La plus grande, où Ton trouve des fragments en marbre qui ont appartenu à un autel et peut-être à un temple, s'est appelée autrefois Pile d’Hécate ÇEzxzrjc vyjaoc) parce que les femmes déliennes y venaient offrir des gâteaux à cette divinité (Suidas ad verb.). Elles en consacraient également à Iris. (Athen., XIV, 645). Cet îlot portait aussi le nom de tyagirn ou ÿzupizfyr, parce que les gâteaux offerts à la déesse se nommaient ùdcuuzu . (Har-
DÉLOS
pocratton, — Sémus, cité par Athénée, 14, 637, écrit § III . Géographie de Vîle,
L’ile de Délos n’a pas plus de six kilomètres de long sur trois de large; son point culminant, la plateforme du Gynthe, s’élève à cent six mètres environ au-dessus de la mer, et cependant les ruines dont elle est couverte sont tellement nombreuses qu'il faudrait, non pas des semaines, mais des mois pour en dresser le plan et pour les restaurer par la pensée ou par le dessin. Le concours d’hommes spéciaux est nécessaire .
Sauf M. Terrier, les explorateurs qui m'ont précédé n’ont pas eu le temps d’étudier l’île ; à peine ont-ils trouvé celui d'en visiter les raines principales, et aucun ne me paraît l'avoir parcourue toute entière. Par conséquent, la description que j'en donne est due à mes observations personnelles, fortifiées et complétées par le mémoire, les cartes et les dessins inédits que M. Terrier a mis généreusement à ma disposition. Ma description est sommaire. J’ai moins songé à étudier ces débris innombrables qu'à donner sur les principaux monuments de l’île quelques idées nettes, utiles aux futurs explorateurs.
La carte qui éclaire toutes ces indications est due à Tournefort. Je l’ai modifiée, profitant de mes observations personnelles et de corrections nombreuses, faites auparavant par M. Terrier.
GÉOGRAPHIE
Pour faire comprendre et la forme de l’île, et sa position entre Rhénée et Mykonos, je reproduis en même temps une petite carte de Pile et de ses environs. J’y fixe la place de l’ancienne ville de Rhénée .
Ces explications fournies, il ne me reste plus qu’à publier la carte avec un commentaire.
Les ports de l’île sont au N. E. [41] une crique mal abritée ; à l’Ouest : 1° Panse ou Calanque de Scardana, défendue contre les vents du nord, qui sont dangereux, ouverte à tous les autres. Elle porte des traces de quais et de colonnes aujourd’hui submergées; 2° Le por central, protégé par la petite île de Rhématiari et une digue ancienne. Ce fut autrefois le port principal. Il est ensablé ; 3° Le port de Fourni, plus profond aujourd’hui et mieux abrité. Un quai et une colonnade longeaient la mer entre ces trois ports.
La ville s’étend depuis la Calanque de Scardana jusqu’au port de Fourni. Elle monte au pied du théâtre [n° 4]. Les maisons datent généralement de l’époque romaine : petites et très-agglomérées sur le promontoire qui sépare Scardana du port central, plus grandes et souvent ornées de jardins entre le port central et le théâtre. Les murs sont en pierre de Pile, c’est-à-dire en schiste et en granit. On rencontre des moellons couverts de trois couches d’enduit, les deux premières sont grossières, la troisième est un stuc très-fin. Il n’existe à Délos d’autre construction moderne que trois ou quatre étables 1 près du gymnase découvert par Ross. [n° 22].
1 Ces étables (calyvia) ne sont habitées que deux ou trois
DÉLOS
Hors de la ville, il y avait encore des maisons et des temples [17, 18, 40]. On trouve dans l’île quelques petits ruisseaux qui tarissent en mai. Elle est couverte de citernes. Elle est sillonnée par un grand ravin [6] et, au sud de ce ravin, par une succession de pentes et de marais [7]. Elle renferme en outre une source abondante [20] et un puits rempli d'eau vive [26]. Un marais au pied du Cynthe [5] sert de bassin principal au partage des eaux. Nous reviendrons sur cette topographie.
Voici tous les points remarquables de l’île :
1 . Plateforme du Cynthe. Une gorge étroite la relie à un sommet un peu moins élevé, couronné par une petite enceinte [2].