CHAPITRE XI
ABSORPTION DE L'EAU PAR LES GRAINES PLONGÉES PARTIEL- LEMENT DANS L'EAU.
La question de l'absorption de l'eau par les graines plongées partiellement dans l’eau a déjà été abordée par divers physiologistes et notamment par Bæhmer, de Candolle, et en dernier lieu par MM. Van Tieghem et G. Bonnier, mais surtout dans le but de savoir en quel point des graines se fail l'absorption. Il était intéressant de connaître l'influence de l'immersion partielle sur la valeur du pouvoir absorbant el de savoir notamment si les graines arrivent au même point de saturation que lorsqu'elles sont entourées d’eau de toute part.
Pour effectuer des expériences dans cet ordre d'idée, on conseille parfois de recouvrir la partie de la graine que l’on veut laisser à sec de verms, de bitume, de collodion ou de cire, el de plonger la graine tout entière dans l'eau. Ce procédé est absolument à rejeter, car la graine, en gonflant, fait éclater la couche soi-disant protectrice.
Il est bien préférable de plonger les graines imparfaitement dans l’eau. Pour cela, on peut les suspendre à un filet faire affleurer la partie que l’on veut humidifier dans l’eau. Ce procédé à un inconvénient : l’eau du récipient, surtout en été ou dans l’éluve, s’évapore très vite et les graines sont bientôt à nu; il faut la renouveler constamment.
Il est bien plus simple d'employer le procédé suivant. Ce procédé consiste à prendre une carte de visite, à la percer de trous et à y introduire les graines à force, en mettant vers le bas la partie que l’on désire mouiller. Il suffit ensuite de faire flotter la carte sur l’eau. Celle-ci peut s'évaporer
sans crainte; les graines et leur support descendent au fur el à mesure; elles sont toujours dans les mêmes conditions. Ceci dit, voici quelques expériences qui répondent à la question que nous nous sommes posée au début : a) Graines de Lupin blanc plongées dans l’eau chloroformée de manière que la région hilo-micropylaire ne soit pas mouillée :
Poids initial. Poids maximum, Eau absorbée (Grammes.) (Grammes.) p- 100.
1 BAIE ere 0,42 0,86 104 D TEE 0,4! 0,87 112 OUR ELA ES RER IS LL 0,36 0,70 94
b) Graines de Lupin blanc plongées dans l’eau ordinaire, de manière que la surface de l’eau passe entre les deux cotylédons. Poids initial (5 graines) : 25,160. Poids maximum : 48,300. Eau absorbée pour 100 : 101.
c) Graines de Lupin blanc mises dans l’eau verlicalement, de manière que la région hilo-micropylaire soit seule mouillée :
Poids initial. Poids maximum. Eau absorbée (Grammes.) {Gramimes.) p. 100.
1Elgraine.eLe len Lie 0,36 0,83 130 NE DNA ARR 0,24 0,55 119 7) ENS, D RARE 0,35 5,80 142
La conclusion de ces expériences est que les graines à tégument mince plongées dans l’eau suivant une large surface arrivent presque au même degré de saturation que les graines immergées entièrement. On constate aussi que la quantité d’eau absorbée est suffisante pour provoquer la germination.
Mais en est-il de même lorsque la région immergée est très petite? Pour le savoir, J'ai mis des graines en contact avec du papier joseph humide par une région très restreinte de leur surface :
A. Lupin blanc, le long de la radicule.
B. Lupin blane, en un point (2 à 3 millimètres) autre que la région hilo-micropylaire.