ANN. SC. NAT. BOT
A ce propos, 1l faut ici rappeler que MM. Van Tieghem et G. Bonnier ont étudié ce qu’ils appellent la quantité d’eau minimum nécessaire à la germination en plaçant les graines dans une atmosphère saturée et en notant leur poids au moment de la sortie de la radicule. Ils donnent les résultats obtenus pour la Fève. Cette question est d’ailleurs fort difficile à étudier en raison des moisissures qui envahissent les matériaux d’études et les détruisent : il est extrèmement difficile d’'obtenir des germinations dans ces conditions. Pour nombre de graines ou d’akènes, 1l m'a élé impossible d'en avoir, bien qu'elles aient été placées dans une atmosphère assez spacieuse, à la température oplimum, et que j'aie pris soin d'enlever les moisissures au fur et à mesure de leur apparilion. Il faudrait opérer dans une atmosphère exempte de germes et avec des graines sans spores de champignons à leur surface ou à leur intérieur. Ce sont là des conditions fort difficiles, sinon impossibles, à réaliser.
J’ai étudié l'absorption de la vapeur d’eau par les graines, non au point de vue physiologique de la germination, mais seulement au point de vue physique. Pour cela, sauf dans les cas qui seront indiqués, j'ai placé les graines dans une atmosphère humide et chloroformée (1). De cette façon, le développement des moisissures était entièrement entravé. Les cloches étaient placées dans une étuve Roux à température constante, 28° en général. L'absorption se faisant lentement, les expériences sont fort longues, et, dans l’étuve, l’eau du récipient sur lequel repose la cloche se dessèche rapidement. Comme il peut arriver que, par suite d’une absence involontaire d’un jour ou deux du laboratoire, cette eau disparaisse el vienne troubler les résultats d’une expérience en marche depuis plusieurs semaines, J'ai adopté le dispositif représenté par la figure 7 qui n’a rien de bien nouveau, mais qui est très pratique. Il se comprend facilement : c’est un verre rempli d’eau retourné sur une assiette
(4) On peut aussi prendre des graines tuées par la chaleur, mais celle-ci a le tort d'enlever une partie de l’eau de constitution des semences.
également pleine de liquide. Si ce dernier se dessèche, l’eau du verre s'écoule et vient le remplacer. On place le chloroforme dans un petit récipient à part. Mais le plus simple est, après chaque pesée, d'en enduire la face interne de la cloche.
Tout d’abord, on constate ces deux faits très nets et sur lesquels je n'aurais pas insisté si l’on n'avait émis des doutes sur leur réalité :
1° Les graines sèches plongées dans une atmosphère saturée absorbent directement la vapeur d'eau sans qu'elle ail besoin de se résoudre en gouttelettes liquides.
2° Les graines sèches plongées dans une atmosphère humide, mais non saturée, absorbent la vapeur d'eau dans les mêmes conditions.
Ces deux faits sont d’ailleurs évidents a priori, puisque la plupart des matières querenferment a nd le AA les graines sont hygrométriques. par les graines. — À, verre re-
Ondipeuténoter aussi que es (nat, ce 6 rare de graines à légument mince ne se Er PRE GbIR; plissent pas en absorbant de la vapeur d'eau, comme elles le font quand on les plonge dans l'eau.
Une graine plongée dans une atmosphère humide absorbe done de l’eau progressivement jusqu'à un moment où son poids n’augmente plus. À ce moment, elle est saturée. La quantité de vapeur d’eau absorbée rapportée à 100 de graines est ce qu'on peut appeler le pouvoir absorbant pour la vapeur d'eau. Malgré son intérêt, cette valeur n'a Jamais élé étudiée; j'ai essayé de combler cette lacune pour treize espèces de graines. Pour cela, les graines étaient placées dans une atmosphère saturée et chloroformée. Le tableau représente donc la valeur moyenne du pouvoir absorbant des graines #ortes pour la vapeur d’eau. Ces graines sont restées près de trois mois en contact avec la vapeur d’eau; des
pesées ultérieures ont montré que le poids maximum était bien atteint à cette époque. La température était de 28°. Avant, pendantou après la saturation, il n'y «à jamais eu trace d'eau libre entre le téqument et l'embryon.
| NOMBRE POILS DES POIDS DFS POUVOIR des NOMS DES GRAINES GRAINES SÈCHES | GRAINES SATURÉES ABSORBANT GRAINES | (Grammes.) (Grammes.) (p. 100.) D ————— | ————— | 3 d'HATICOMDIENC AE VEOMERENS | AR 4,05 23,89 RIM SANE UNE: Er LCL À 1,50 | 1,89 26 AO DIN DIAnC EE ARC UE | 1203500200 27,82 5h ICouTRen LR RETENUE |, 110,94 NNIO-07 6,70 BY MAIS EEE ER EEE ec LUE 2,18 10752 15,59 D MNT 2h ee ne De se 8,53 10,39 21,80 1 AOrce äldeuxiranss.-:.7. | 0,40 HD ET 17,50 8 -|Sarrasimtakènes)..:...1:7. 0,17 ENG-D 17,64 171 Chanvre akenes). 77-200 0,305 0,38 24,59 7 {Grand Soleil ‘akènes)...... 0,79 0,95 20,25 6 OlENTILIO RER eee rene 0,61 0,77 26,22 D 'MIPOIS RELMRERS TEL ee ROLL 0,905 1:13 24,76 LOMMIPIÉ RSR RE Lean cree 0,49 0,57 16,32
On voit tout de suite par ce tableau que le pouvoir absorbant des graines pour la vapeur d'eau est considérablement moins élevé que le pouvoir absorbant pour l’eau liquide.
On voit aussi qu’ n'y a pas de relation entre la valeur du pouvoir absorbant et la nature des réserves.
Une question se pose : Y a-t-il une relation entre la puissance du pouvoir absorbant pour l’eau et celle du pouvoir absorbant pour la vapeur d’eau? C’est ce à quoi répond le tableau ci-dessous où l’on à indiqué ces deux valeurs moyennes el leur rapport :
Nom de la graine Pouvoir absorbant Pouvoir Rapport ou pour Îa absorbant pour P' de l'akène. vapeur d'eau (P). l'eau (P'). DE HAMCOl eee 23,85 110 4,9 Ricineéc testés 2 26 34,6 1,33 Lupin 2-22 27,82 105 3,8 CDUTBE-Re 22 rare 6,70 132 9,5 Mes eu NPLLLIOUE 15,59 38 2,4 HÔve, Lever 21,80 118 0,4 Dee Ne 17,50 48,2 2,8
SArTaSINE MUR UE 17,6% 46,9 2,4
Chanvre . 23... 24,59 43,9 1,8 Grand Soleil..... 20,25 56,5 2,7 Lente. 26,22 93,4 3,5 BOIS Se ME ou e 24,76 100,8 4,06 BE eh an SENCE 16,32 #7 2,8
Bien que ces chiffres soient tous approximatifs, on peut cependant en déduire qu'#/ n'y à pas une relation élroile entre les deux pouvoirs absorbants pour l'eau el la vapeur d'eau.
On peut encore faire une remarque. Dans le lableau cidessous on a indiqué les valeurs précédentes, mais en les dis-
LA
a 4 posant de manière que le rapport — aille en croissant
P P' Pouvoir absorbant P pour l'eau (P').
HICID Rte Re et ee te: 34,6 PLEIN EEE 1,8 43,9 MR MR RENE ARRET 1 2,4 38 SALLASINR ER ee LR Lien DT 46,9 se A OT PU EE 2,7 56,5 DR ee cine de à 2,8 48,2 EEE PRET 9 Le PME RES 2,8 47 LU SNRERNeEA PREUES a 93,4 | LEE TERRE SE AR ERS 3,8 105 EM LORS: 4,6 100,8 NT PP OT CRT OR 4,5 110 AL ee 2 er EURE FRA 5,4 118 CAMBOUT. PROMIS AT 419,5 132
Il n’y a aucune loi nette à Llirer de ce tableau, mais on peut remarquer cependant que les valeurs de P' semblent
CN] Q hi ?
grossièrement aller en croissant avec le rapport, en d’autres
termes que plus le rapport = est élevé, plus P'est grand, et réciproquement.
Au contraire, il n’y a aucune relation entre P et5.
Ayant éludié le pouvoir absorbant des graines entières pour la vapeur d’eau, j'ai voulu connaître la même valeur pour leurs parlies isolées. Toutes les expériences ayant
abouti au même résultat, je n’en donne qu'une, à titre d'exemple. Elle est relative au Lupin blanc :