CHAPITRE XXI DES GAZ LIBRES DANS LES GRAINES QUI SE GONFLENT
Lorsque le tégument s'imbibe d’eau, il s'éloigne comme nous l’avons vu de l’amande. Il se forme au-dessous de lui un vide partiel, une raréfaction des gaz contenus entre le
suffit de donner de petits coups à la table qui supporte l'appareil, pour le faire marcher. — Quand la raréfaction se produit, ilest facile de démontrer que la cavité du tube communique bien avec l'intérieur de la graine : en pressant celle-ci entre les doigis on refoule l'index vers l'extrémité ouverte du tube.
tégument et l’'amande. On comprend qu'au début le tégument peut résister à la faible pression qui pèse sur lui. Mais il est évident que la dilalalion continuant sans que l’eau pénètre aussi, le légument ne pourrait vaincre la pression extérieure. À priori donc, on peut dire que l’espace qui augmente constamment entre les cotylédons et le tégument se remplit de gaz venant des gaz internes de l’amande. Pour vérifier celte idée préconçue, 11 y avait un moyen simple de le savoir: c'était de mesurer la quantité totale de ces gaz libres dans les graines. Voici le dispositif que nous avons adopté :
Une éprouvelte graduée, de très faible calibre, est remplie d’eau et repose sur la cuve à eau. Remarquons à ce propos qu'on ne peut malheureusement pas employer la cuve à mercure, car il est nécessaire de vos ce que l’on fait. Au-dessous de l’orifice de l’éprouvette, on dispose un entonnoir très évasé, plongeant tout entier dans l'eau et dont la partie effilée pénètre dans l’éprouvette.
Ceci étant fait, on prend une graine, de Lupin je suppose, on la plonge dans l’eau et en la frottant avec les doigts, on enlève tout l’air extérieur qui peut être retenu à la surface. Quand cela est terminé, la prenant de la main gauche, on la place au-dessous de l’entonnoir. Avec une pince coupante que tient la main droite, on pratique une entaille dans la graine : aussitôt, on voit se dégager de petites bulles de gaz qui montent dans l’éprouvette. On pratique ensuite une deuxième entaille, puis une troisième, de manière à faire partir tous les gaz libres. On isole ainsi le tégument qu'il faut avoir soin de presser dans tous les sens, de frotter avec les doigts, pour enlever toutes les traces de gaz qui peuvent y rester attachées. En recommençant ainsi un grand nombre de fois, autant que possible avec des graines de même grosseur, on à une quantité suffisamment grande de gaz pour pouvoir en mesurer le volume, grâce à la graduation de l’éprouvelte. |
On répète exactement la même opéralion avec des graines plongées dans l'eau depuis des temps divers,
Les résultats que l’on obtient sont très nets. Voici les chiffres que nous avons oblenus avec des graines de Lupin sèches :
Volume du gaz en centimètres cubes.
DRURT AIRES : fr na tetes af a a A RM 0,5 1 NSP Fn EMTIRnEs 0,6 RL es A) PPDA ATEN ERP SEE RUN 0,55
Les différences, en somme {rès minimes, que l’on observe tiennent à la différence de volume des graines, les petiles contenant moins de gaz que les grosses.
En prenant la moyenne des résultats, on trouve 0,65 de gaz pour 40 graines sèches.
Or, avec des graines plissées plongées dans l'eau depuis 1%,15', on trouve que 40 graines contiennent 0,8 de gaz, chiffre notablement supérieur à celui des graines sèches.
Avec 40 graines plissées, plongées dans l’eau depuis 2°,15", on trouve 0,75 de gaz.
Ces nombres ne sont évidemment pas absolus, car 1l y a, dans les expériences, de petites causes d'erreur. C’est ainsi que, malgré le très grand soin que j'ai pris, il reste cependant des traces de gaz adhérent aux colylédons ou au tégument. D'autre part, pendant l'ascension des bulles, ainsi que, dans je gaz arrivé au sommet de l’éprouvelte, une faible quantité se dissout dans l’eau. Mais ce sont là des points presque théoriques et qui ne peuvent fausser notablement les résultats (1), car ils se présentent d'une manière à peu près identique dans les diverses expériences : les chiffres relatifs sont donc exacts: ce sont les seuls qui nous intéressen£.
Reste à savoir maintenant d'où proviennent les gaz en question. Viennent-ils de l’eau ambiante ou de l'embryon? Rien n’est plus facile que de répondre à cette question. En met-
(4) D'autant plus que les différences provenant des variations individuelles des graines sont beaucoup plus considérables que celles qui proviennent de ces causes d'erreur.
lant des graines dans de l’eau privée de gaz, par l’ébullition, on observe la même augmentalion de gaz au-dessous du tégument. Ces gaz ne peuvent donc provenir que de l’amande.
Nous conclurons donc que, chez les graines déjà plissées depuis un cerlain temps, \ semble y avoir apparition entre l'amande et le tégument de gaz qui se sont déqagés de l'embryon par suile de la raréfaction produite par la dilatation du téqument.
Pour terminer ce chapilre je donne ci-après les résullats d’un cerlain nombre d'analyses des gaz contenus dans les graines, analyses que j'ai failes à l’aide de l'appareil si pratique de MM. Bonnier et Mangin :
a. Gaz contenu à l'intérieur de graines de Lupin blanc plongées dans l’eau ordinaire depuis vingt-deux heures :
COLME. REA MEN ENTEE 3,4 (OR SR Et Ne ENT ee 3,4 Aer 8 eo nn TES à 93,2
b. Gaz contenu à l’intérieur de graines sèches de Lupin blanc :
COS: ZE sc n SR MEEE (D (D RAR ne RÉ 21 AN AMENER RTE 79
c. Gaz contenu à l’intérieur de graines de Lupin blanc plongées dans de l’eau chloroformée depuis vingt-quatre heures :
COLE ANA ANNEES 0 OR Le RÉ OENEE 3, ÉDIS 0 ee OR ES 96,2
d. Gaz contenu à l’intérieur de graines sèches de Fève, où il est très abondant, surtout dans le voisinage de la région hilo-micropylaire :
CO me es LOS traces D:SES CEE APR eu POLE 19,4 DATE 0 00 AO 0: à à 80,6
Avec des graines provenant d’un aulre paquet, plus ancien, j'ai (rouvé:
CAE TR A ER ee Pete 8 Ou: HU MN re à 14,8!