INFLUENCE DE LA PRESSION SUR LE PLISSEMENT DES GRAINES
Les raisons qui m'ont fait étudier l'influence de la pression atmosphérique sur le plissement des graines ont été les suivantes : Comme nous l’avons démontré dans les pages précédentes le tégument, en s’imbibant d’eau, qui s'éloigne de la graine, crée au-dessous de lui un espace qui n’est pas à la pression atmosphérique, mais à une pression moindre ; il est donc obligé d'effectuer un certain travail, de vaincre la pression atmosphérique qui tend à l'appliquer contre les cotylédons. Mais si ce que nous disons est juste, il doit exister une certaine limite à cette force. Faisons donc augmenter la pression atmosphérique pour voir comment se comporte le plissement.
L'appareil dont je me suis servi est celui qui à élé imaginé par M. G. Philippon (1) pour étudier linfluence de l’air comprimé et de sa décompression brusque sur les animaux. Il se compose essentiellement de deux parties : 1° d’une pompe aspirante el foulante de Golaz; 2° d’une éprouvette de verre mastiquée à un manchon métallique, sur lequel peut fortement se visser, au moyen de deux clefs à main, une pièce de bronze creusée d’un canal à robinet; ce dernier canal lui-même se visse au tube de refoulement de la pompe; un manomètre communique avec l'intérieur de l’éprouvette. Grâce à ce dispositif, en mettant dans celle-ci de l'eau et
(41) G. Philippon, Effets produits sur les animaux par la compression et la décompression. Thèse Paris, 1894.
des graines, on peut suivre toutes les phases du plissement. D'autres graines sont placées dans l’eau à la pression atmosphérique; elles permettent de voir la différence des deux phénomènes.
Des graines de Lupin blanc sont pesées. On mesure leur volume, On effectue une pression de cinq atmosphères. L'expérience est commencée à 1 h. 55 m.