ANN. SC. NAT. BOT
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appelle celle force d’aspiralion, au moyen d’une poire en caoutchouc remplie d’eau el de graines mise en rapport avec un lube où du mercure est aspiré.
M. Gréhant (1) a aussi cherché à mesurer celle pression à l’aide (fig. 30) d'une marmite très épaisse d’une capacité de 800 centimètres cubes et fermée par un couvercle de fer solidement vissé. Ce couvercle est percé de deux trous : dans un passe un {ube de cuivre, dans l’autre un autre tube terminé en haut par un manomètre et en bas par une ampoule de caoutchouc qui plonge au milieu des graines. Par le premier tube on fait arriver de l’eau qui s'écoule au fur et à mesure par l'orifice où passe le {tube manomélrique. L'appareil étant rempli de graines, celles-ci se gonflent et pressent sur l’ampoule qui transmet sa pression au manomètre. Les chiffres oblenus par M. Gréhant sont variables avec une même espèce de graine. J'ai répélé quelques-unes des expériences de M. Gréhant et j'ai {trouvé des résullats non moins variables. À cet égard, on ne peut donner aucun chiffre absolu : tout ce qu'on peul dire, c’est que certaines semences, celles de Lupin blanc par exemple, donnent des pressions plus fortes que d'autres, telles que celles de Maïs par exemple. La variabilité des résultats obtenus ne doil pas d’ailleurs nous étonner, car cette pression dépend de la position des graines les unes par rapport aux autres et des vides qu’elles laissent entre elles. D'autre part, les chiffres obtenus ne mesurent pas la pression maximum que les graines peuvent effecluer, car, ainsi que Je l’ai constaté, celles-ci ne sont pas saturées quand la pression ne monte plus, ce qui se comprend d’ailleurs, étant donnée l’inexlensibilité de l'enveloppe solide dans laquelle elles sont enfermées et le tube d’arrivage de l'eau qui ne tarde pas à se boucher et à empêcher celle-ci d'arriver.
Ainsi que l'a fait remarquer M. Régnard (2), ce qui aug-
(4) N. Gréhant, Sur la pression exercée par les graines qui se gonflent dans l'eau. Trois communications. (Bull. de la Soc. de biologie, 1889.)
(2) L. Régnard, Note à propos de la pression exercée par les 9 DEAR qui se gonflent. (Soc. de biologie, 1889.)
mente dans l'appareil, ce n’est pas la pression intérieure, c'est une simple compression locale qui s'effectue sur les parois de l’ampoule. Pas plus que dans l'expérience du crâne, il ne peut y avoir augmentation de pression, puisque le récipient communique avec l'extérieur (1).
Mais si le récipient contenant les graines et l’eau est fermé de toute part, il peut y avoir aussi, el il y a même toujours, des modificalions dans la pression totale.
Pour le démontrer, prenons un vase à parois résistantes (fig. 31) que nous remplirons au liers avec des graines de Lupin ou de Haricotel que nous achèverons de remplir avec de l’eau. On ferme le récipient avec un bouchon, traversé par un tube ouvert en haut el porlant en bas une ampoule de mer-
cure, ampoule qui plonge dans l’eau. Celle-ci contient du mercure qui s'élève un peu dans le tube. Par un autre orifice peut passer un agilateur. Quand tout est en place, on enfonce ce dernier de manière à avoir une fermeture hermétique. On plonge tout l'appareil dans l’eau, pour éviter les changements de température. Les graines se plissant, le vo-
Fig. 31. — Dispositif montrant les changements de pression du volume total des graines etdel'eau.
— À, vase résistant; B, agitateur; C,bouchon; D, tube manométrique; E, mercure; F, ampoule de caoutchouc ;
lume Lotal de l'eau et des graines augmente el il se produit une pression sur l'ampoule.
Le mercure monte de quelques centimètres.
Au bout d’un certain Lemps, le mercure redescend et vient même au-dessous de son niveau initial. En un mot, on
G, graines de Lupin ; H, eau.
(1) M. Régnard emploie une comparaison très jusle : « Supposons, dit-il, que, dans une chambre, une barre de fer se trouve tendue entre les deux murs. Supposons que cette barre s'échauffe, elle augmente de longueur, elle presse sur un point limité des murs, elle pourrait les renverser. Si entre le mur et le bout de cette barre on met une ampoule de caoutchouc pleine de mercure, la barre pressera sur le mercure et le fera remonter à une grande hauteur. Pourtant, on ne pourra pas dire qu'il y ait eu augmentation de pression dans la chambre. »
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observe une courbe analogue à celle de la figure 16. I y a d'abord augmentation de pression, puis dépression. Prenons d’autre part un appareil différent (fig. 32) : un tube deux fois recourbé plonge d'une part dans l’eau du flacon, d'autre part en dehors, dans un vase contenant du mercure. Ce lube est rempli d’eau. En mettant dans l'appareil des graines de Ricin ou de Maïs, on voit le mercure monter de quelques centimètres dans le tube, et cela progressivement. Il y à donc dépression (1). On ne peut pas poursuivre l'expérience longlemps, car les graines, enlassées les unes sur les autres, effectuent sur les parois du vase la compression dont il est question plus haut (2).
On peut d’ailleurs montrer, d’une Fig. 32. — Autre disposi- façon irès nelle, cette dualité des tif maintenant les chan- Lhénomènes de pression. Pour cela, à gements de pression du / E volume total des graines l'appareil de la figure 32, on ajoute le Ë Ca Nes tube à mercure de la figure 31, mais 4 re Pr de manière que l'ampoule soil placée F. cuvette de mereure: 4 milieu des graines (fig. 33), les- Gcoonne de ete quelles devront occuper les deux tiers du flacon. On assiste alors à un phénomène extraordinaire en apparence : le mercure monte dans le tube I, ce qui indique une dépression, et monte dans le tube N, ce qui semble indiquer une augmentation de la pression du volume tolal, mais ce qui n’est produit, en somme, que par une compression locale.
Les choses se passent comme si une main enfermée
(1) Cette expérience avait été déjà faite par M. Régnard, mais d’une manière inexacte : avec des Haricots et des Lentilles, il aurait dù voir, en effet, l’eau du tube s’écouler et passer sur le mercure.
(2) Ayant voulu un jour noter la température de graines se gonflant, j'ai vu mon thermomètre écrasé rapidement.
dans le vase B venait comprimer la poire du {ube E; dans ce cas, il y aurait ascension du liquide dans H et aucune
dans I. Mais si la main était enduite d'une couche d’amidon, la compression produite par la main ferait monter le liquide en H et la contraction due à lhydralation de l'amidon ferait diminuer le volume du liquide de I et produirait par suite l'ascension du mercure en J.
Nous conclurons donc que /e volume total des graines et de l'eau est soumis, pendant toute la durée du gonflement, à des changements de pression, d'ailleurs très faibles.
1° Il y a d'abord une augmentation de pression, puis une dépression, avec des graines qui se plissent.
2° Il y a toujours une dépression avec les graines qui ne se plissent pas.
3° Toujours, quand les graines sont entassées les unes sur les autres, il y à au milieu d'elles une compression énergique qui provient de leur attraction pour l'eau.
Celle compression est un simple
des graines.
Fig. 33. — Dispositif destiné à
montrer la dualité des phénomènes de pression des graines qui se gouflent. — A, eau; B, vase; C, tube manométrique ; D, graines ; E, ampoule de caoutchouc; F, agitateur; G, tube manométrique; H, mercure; 1, tube rempli d’eau; J, colonne mercurielle; K, cuvette de mercure.
fait de l’entassement