CONCLUSIONS GÉNÉRALES
Après avoir exposé les données de notre travail, 1l convient de jeter un coup d'œil sur les principaux résultats obtenus.
Nous avons d’abord établi qu'au point de vue de la morphologie du gonflement, les graines peuvent se ranger en deux catégories, celles qui se plissent et celles qui ne se plissent pas. Celle division est intéressante en ce qu’elle concorde avec les phénomènes principaux du gonflement des graines qui ont élé étudiés dans la seconde parlie de ce travail. Quant au processus même de la pénétration de l'eau, nous avons établi que l’eau ne peut passer de l'extérieur à l'embryon que par le contact du léqument; Veau ne se déverse pas à l'intérieur de ce dernier.
La mesure des dimensions des graines, sèches et humides, nous à amené à conclure que les graines plongées dans l'eau ne se dilatent pas également dans tous les sens; la forme générale des graines humides n'est pas, par suite, la même que celle des graines sèches.
Le pouvoir absorbant des graines a été déjà très étudié; nous avons élé amené à appeler l'attention sur les faits suivants : /e pouvoir absorbant des graines d'une même espèce est extrémement variable; la pénétration de l'eau dans les graines, quant à son début et à sa marche, es! aussi très variable.
Un fait important et qui semble avoir échappé aux physiologistes, c’est que dans un certain nombre de graines gonflées, il y a de l'eau libre qui n'appartient ni au téqument, ni à l’'amande. Des pesées nous ont montré que cette eau libre, dans les graines saturées, représente une quantité, différente suivant les espèces, qui, dans nos expériences, a varié de 1/8 a 1/30 de l'eau totale absorbée. La proportion d'eau libre, rapportée au poids total de l’eau absorbée par la semence, est maximum au moment de la saturation; elle est moindre chez les graines non saturées et chez celles qui sont saturées depuis un certain temps. Cette proportion est beaucoup plus considérable chez les graines endormies par les anesthésiques.
Nous avons éludié ensuile un certain nombre d’influences extérieures sur le pouvoir absorbant. Voici les principales conclusions que nous avons tirées de ces recherches :
Les graines endormies, dans la majorité des cas, absorbent autant d'eau que les graines vivantes; ce n'est que rarement qu'elles en absorbent une plus grande quantité.
L'augmentation de pression retarde notablement la pénétraion de l’eau.
La température n'influe pas sur le pouvoir absorbant des graines ; elle ne fait qu'augmenter la rapidité de la pénétration de l'eau. Celle augmentation de vitesse est d'autant plus sensible que le téqument est plus mince.
Une blessure dans le tégument augmente dans des propor-
tions considérables la vitesse de la pénétration de l'eau; elle n'a pas d'influence sur le pouvoir absorbant maximum.
Dans ce qui précède on n'avait en vue que l’absorplion de l'eau par les graines plongées entièrement dans le liquide. Il était nécessaire d’éludier comment se comportaient les graines plongées parliellement dans l’eau. Les graines à tégument mince plongées dans l'eau suivant une large surface arrivent presque au même degré de saturation que les graines immergées entièrement. Les graines plongées dans l'eau par une région très restreinte de leur surface n'arrivent jamais au même point de saturation que les graines immergées entièrement; dans ces conditions, la quantité d'eau absorbée n'est d'ailleurs pas suffisante pour provoquer la germination.
Le chapitre qui suit est consacré à une question encore très mal connue, l'absorption de la vapeur d’eau. Après avoir mis en évidence que celle vapeur, salurée où non, est absorbée directement par les graines, nous donnons les valeurs d’une quantité nouvelle, le pourvoir absorbant pour la vapeur d'eau, el nous les comparons au pouvoir absorbant pour l’eau. Nous montrons ensuile les fails suivants : l’embryon absorbe une quantité de vapeur d'eau plus considérable que le téqument. L'intégrité du téqument diminue le pouvoir absorbant des graines pour la vapeur d'eau. Il y a de grandes différences individuelles relatives au pouvoir absorbant des graines par la vapeur d'eau. La vitalité de la graine influe d'une manière considérable sur l'absorption de la vapeur d'eau.
Enfin nous terminons la première partie par l’élude de la ruplure du tégument au début de la germination. La déhiscence du téqument n'est pas produite par l'augmentation du volume de l'amande qui absorbe de l'eau. L'amande gonflée ne produit même pas une tension sur le téqument. La radicule, par la simple force qu'elle développe en croissant, est incapable de percer le téqument. Il est probable qu'elle sécrète une diastase, laquelle diminue la résistance de ce dernier en dssociant les cellules.
Avec la seconde partie nous abordons un phénomène très
général : dans une graine plongée dans l'eau, le volume total n'est jamais égal à la somme des volumes de la graine sèche et de l’eau absorbée. Tantôt ce volume est plus grand et l’on dit alors qu'il y a eu dilatation, tantôt ce volume est plus pelil et on dit qu'il y à eu contraction.
L'étude de ces varialions de volume est {rès délicate à cause de leur faible amplitude et des variations considérables que l’on observe entre les graines d’une même espèce. Après de nombreuses recherches, nous avons établi que, en ce qui concerne les variations du volume total des graines et de l'eau qu'elles contiennent, la condition pour oblenir des résultats toujours identiques, consiste à ne prendre que des graines indemnes de toute blessure (ce qui d’ailleurs est fort difficile) et se gonflant en même temps el de la même facon.
A l’aide d’un appareil inscripteur, nous avons pu établir les points suivants :
Il y a dilatation, puis contraction chez toutes les graines à téqument mince et qui se plissent.
Il y a contraction chez les graines à tégument dur, les graines où le téqument est adhérent à l’amande, les akènes et les graines blessées.
Recherchant les causes de ces varialions de volume, nous avons été amené à conclure ainsi :
La contraction est due à la diminution de volume qui accompagne la combinaison chimique des matières de réserve avec l’eau.
La dilatation est produite par l'imhibition rapide du téqument qui se plisse et s'éloigne de l'amande, créant ainsi audessous de lui un espace où les qaz sont raréfiés. A ces qaz semblent s'ajouter des qaz venus de l'embryon.
Pendant que ces modificalions de volume se produisent, il y a des changements de pression totale. Le volume total des graines et de l'eau est soumis pendant toute la durée du gonflement, à des changements de pression, d'ailleurs très faibles. I y «a d'abord une augmentation de pression, après une dépression, avec des graines qui se plissent. Il y a dès le
début une dépression avec les graines qui ne se plissent pas.
Il ne faut pas confondre cette pression avec la compression énergique qui se mamfeste au milieu de graines entassées el qui provient de leur affinité pour l'eau : ce sont là deux phénomènes absolument distincts.
Dans la troisième partie de ce travail, nous avons élabli que les graines, en mürissant, se dessèchent par transpiration el non par simple évaporation.