‹ Recherches sur l'acétonurieChapitre 14 sur 33 · RUES · texte numérisé non relu

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particulière à l'espèce humaine, mais se retrouve au même degré chez les animaux.

J'ai examiné les urines d’une vingtaine de sujets en parfaite santé et J'y ai constamment trouvé de l’acétone. Je me suis servi pour cette recherche non seulement du réactif de Lieben, mais aussi de la phénylydrazine pour me mettre à l'abri des critiques que l’on a adressées aux travaux de Jaksch. Bien plus, au début de mes recherches, alors que je n'avais pas connaissance des travaux si remarquables de Markownikow, et que j'en arrivai à douter de la réalité de l'existence de l’acétone urinaire, qui n’avait été prouvée que par des réactions d’une certitude contestable, je soumis à la distillation fractionnée environ 60 litres d'urine fournie par un sujet en bonne santé et après quelques distillations successives, j'étais en possession de quelques centimètres cubes d'un liquide qui donnait toutes les réactions de l’acétone et aussi celles des aldéhydes, à un faible degré il est vrai. Sur ce liquide je fis agir la solution acétique de chlorhydrate de phénylhydrazine et J'obtins ainsi quelques décigrammes d’un précipité d’'hydrazone. Restait à savoir Si la composition centésimale de ce corps correspondait bien à celle de l'hydrazone de l’acétone, qui répond comme on sait à la formule :

(GHS)2 C0 Az =— AzHACS HS ) Mon excellent maître, le professeur A. Muller. voulut bien se charger de l'analyse élémentaire assez

délicate de ce produit et voici les résultats auxquels il est arrivé dans ses deux déterminations successives :

Elément à [Composition centésim. trouvée! Calculée pour doser 1re détermin. | 2° détermin. C9 HA? A7? C 72,43 72,24 7297 | H 8,47 8,50 8,11 AZ » 17:96 18,98

Le dosage de l'azote a été fait par la méthode de Kjeldahl : la première analyse de cet élément n’a pas donné de résultat à cause d’un accident d'expérience.

Les nombres trouvés pour le carbone et pour l'azote sont un peu trop faibles et ceux trouvés pour l'hydrogène sont un peu trop forts, mais on sait que c’est bien dans ce sens que se produisent les erreurs inévitables dans les analyses élémentaires et d’ailleurs le produit en expérience renfermait des impuretés dont nous n’avions pu le débarrasser complètement, notamment de l’eau et une petite quantité d’aldéhydehydrazone de composition très voisine de celle de l’acétone hydrazone, mais plus riche en hydrogène que ce dernier corps.

Pour avoir 60 litres de l'urine d’un même individu, Je soumettais le liquide à la distillation au fur et à mesure que le sujet le fournissait, recueillant chaque fois environ le premier cinquième et ce sont ces dis-

tillats, qui eux ne fermentaient pas, dont l’ensemble était soumis à la distillation fractionnée.

Lorsque jJ'entrepris ce long travail, j'ignorais, je e répète, les recherches de Markownikow, qui lui était parvenu à extraire l’acétone en nature des urines en opérant sur de très grandes masses. Mes expériences à ce sujet m'ont donc conduit à une simple vérification d’une vérité déjà démontrée.

Il me fallait encore étudier quantitativement l’excrétion de l’acétone par l’organisme normal,

Von Jaksch en 1885 et KEngel en 1892 avaient, dans des mémoires que J'ai analysés dans les chapitres précédents, déterminé d’une façon approximative la valeur de cetteexcrétion; mais, ainsi que nous l'avons vu les procédés par trop sommaires de dosage auxquels ces auteurs avaient eu recours rendaient nécessaires, à mon avis, des recherches plus précises et plus complètes.

J'ai donc appliqué mon procédé au dosage de l’acétone dans les urines de dix sujets bien portants, hommes et femmes et voiciles résultats que]j'ai obtenus.

Ainsi que je l'ai dit plus haut, J'ai reconnu la présence de l’acétone dans loutes les urines que j'ai examinées. Le poids de ce corps par litre d'urine variait suivant les sujets de 0005 à 0033. La moyenne est de 0:017. Ce poids moyen est sensiblement plus fort que celui qu’admettait Jaksch (0:01) et se rapproche beaucoup du poids trouvé par Engel (0018).

PTE

Il est juste de remarquer ici que, quelque soin qu’on apporte à l’opération, les résultats fournis par des dosages exécutés sur des liqueurs si pauvres en acétone ne sont qu'approximatifs à cause de l’importance de l'erreur relative qui peut-être ici de 1/6 ou 1/5. Mais malgré tout ils se prêtent suffisamment à l’interprétation et d'ailleurs il me parait jusqu'ici impossible d'atteindre une plus grande précision.

En même temps que je dosais l’acétone dans ces urines, j'en notais, pour être complet, les qualités de transparence, de couleur et de densité, et de plus, cherchant à vérifier la relation énoncée par Jaksch entre la formation de l’acétone et la destruction des albuminoïdes, je dosais simultanément l’urée et l’acide urique. Ainsi qu'on le verra dans le tableau que Je reproduis plus loin, il n’y a aucun rapport entre l’excrétion de l’acétone et celle de ces deux produits excrémentitiels. Cela n’infirme pas les conclusions de Jaksch relativement à l’origine de l’acétone, mais tend seulement à faire croire que la présence de ce corps est l’expression d'un mode particulier de dédoublement des albuminoïdes, probablement d'une désintégration moins complète que celle dont un des produits ultimes est l’urée. Je reviendrai d’ailleurs sur ces faits et sur leur signification dans le chapitre que je consacre au mécanisme de la production de l'acétone.

Je me borne dans le tableau des résultats d'ana-

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