CHAPITRE VI
Acétonurie pathologique
L’excrétion de l’acétone, qui, nous venons de le voir, est un phénomène constant chez l’homme sain est susceptible d'augmenter considérablement sous l'influence de certains états pathologiques.
Von Jaksch a observé cette augmentation d’une façon constante et très marquée dans les fiévres continues et dans quelques-nns de cas il a trouvé jusqu’à 5 décigrammes d’acétone par litre d'urine. Nous savons que cet auteur regarde l'acétonurie comme un signe de la destruction active des albuminoïdes et, dans son esprit, il est très naturel d'observer une hypersécrétion d’acétone dans les maladies fébriles. Il admet même que l’acétonurie varie comme la température.
Celte dernière conclusion est contredite par les expériences plus récentes el plus précises de Engel et aussi par un certain nombre de mes recherches personnelles. Quoi qu’il en soit l'existence d’une acétonu-
rie fébrile ne fait de doute pour personne et elle à été souvent constatée par Romme, Minkowski, Bagins- Ky, etc.
Mais c’est dans le diabète, au moins dans certains cas, que l’excrétion de l’acétone atteint des proportions considérables, telles que les premiers auteurs qui ont signalé le phénomène ont pu démontrer la présence du produit au moyen des réactions les moins sensibles. Cest aussi dans le diabète que cette excrétion a été le mieux étudiée et cela à cause du rôle qu'on a fait jouer à l'acétone dans le coma diabétique. Pour Jaksch, cependant, une richesse exceptionnelle en acétone n'est pas un fait constant pour les urines diabétiques et: il n’est pas rare, d’après lui, d'observer des cas ou cette richesse ne dépasse pas celle qu’on constate à l’état normal. Ces conclusions du professeur berlinois ont été récemment confirmées par les recherches d'Hirschfeld.
Indépendamment de ces deux états pathologiques, fièvres continues et diabète, on a signalé ane hypéracétonurie plus ou moins marquée dans un assez grand nombre d’affections. Mais ici les résultats sont loin d’être constants et les auteurs divergent souvent totalement d'opinion. Passons rapidement en revue les cas dans lesquels l'excrétion de l’acétone a paru augmentée : et d’abord ce fail a été signalé par Jaksch dans certains carcinomes. Admis par Le Nobel, Frérichs, il est considéré par Hirschfeld comme insuflisamment démontré. L’acétonurie a été consta-
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tée dans la grossesse par Vicarelli qui la regarde comme un signe de la mort du fœtus ; cette conclusion assez étrange s’est vérifiée d’après l’auteur 9 fois sur 135 fommes grosses ; il ajoute que cette acétonurie est passagère et disparaît constamment dans les 4 jours qui suivent l’accouchement.
Engel a remarqué une augmentation notable de l’acétone dans les intoxications par la morphine, l’antipyrine et le plomb.
Enfin Jaksch a signalé une acétonurie plus marquée qu’à l’état normal dans linanition, dans les psychoses avec excitation, dans la syphilis. Ses conclusions, au sujet de cette dernière maladie sont combattues par Fisichella et Modica qui n’admettent pas l’excrétion de l’acétone chez les syphilitiques, pas plus d’ailleurs que chez les sujets sains. Quant à l'acétonurie qui accompagne l'inanition, Hirschfeld en a récemment repris l'étude et a montré qu’elle était due à la privation d’hydrate de carbone, les animaux privés de nourriture devant être assimilés à ceux qui sont soumis au régime carné exclusif.
On voit, par ce court exposé, que les recherches touchant l’acétonurie pathologique sont, en dehors du diabète assez peu étendues. De plus les contradictions entre les auteurs sont fréquentes et la cause n’en est pas difficile à trouver : chacun d’eux en effet se servait d’un des nombreux réactifs de l’acétone, à l'exclusion des autres et nous avons vu que leur
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inégale sensibilité fait que les uns peuvent faire conclure à la présence de l’acétone dans un liquide où les autres ne peuvent mettre ce corps en évidence.
Dans mes recherches sur le même sujet J'ai essayé d'établir de quel côté était la vérité en étudiant l’acétonurie dans les maladies où cette excrétion avait paru augmentée. Pour cela j'ai caractérisé et dosé l'acétone dans les urines de 36 malades, en même temps que je dosai l’urée et que je mesurai la densité de ces mêmes urines afin qu’il soit permis de se faire une idée des échanges organiques chez les individus observés ; en même temps je signalai, à l'occasion, la présence des produits anormaux tels que la glucose ou l’albumine. J'ai étudié successivement l’acétonurie dans le diabète, dans les maladies fébriles, dans les tumeurs malignes, dans le rhumatisme, etc., sans avoir l'intention de faire une véritable classification mais seulement pour apporter un peu d'ordre dans l'exposé des faits.
Acétonurie dans le diabète. — On sait l’importance de ce fait, à cause du rôle qu'un grand nombre d'auteurs ont fait jouer à l’acétone dans la production des phénomènes du coma diabétique. J'ai rappelé, . dans le premier chapitre de ce travail les observations des auteurs et leurs théories sur la pathogénie de cette redoutable complication, je n’y reviendrai pas. Jen'apporte pour ma part aucun fait nouveau permettant de modifier les idées admises à ce sujet : aucun des
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diabétiques qu’il m'a été donné d'observer n’ont en effet présenté ces phénomènes et jai dû me borner à l’étude de l’acétonurie dans le cours du diabète. Aussi n’essaierai-je pas de trancher la question pour ou contre le rôle pathogène de l’acétone, bien que ma conception du mode de production de ce corps me fasse plus volontiers pencher vers la seconde de ces propositions. Je reviendrai d’ailleurs à ce sujet dans le chapitre suivant.
Ceci dit, voici ce que J'ai noté dans les quatre cas
de diabète que j'ai observé :
Î. — H... Elie, salle Broussais, n° 34, 30 ans : Diabète sucré.
RIRCO DORE a. : La tes Louis Dot L URSS A ER un Spam à dr dite e eve 6 LR. T Qi 24 25 ve AIRE ECS PR PR DSarLTG Volume émis dans les 24 heures ..... 6 litres.
Le malade a succombé à une broncho-pneumonie.
Il. — C... Rose, salle Claude Bernard, n° 9, 45 ans : Diabète sucré.
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