‹ Recherches sur l'acétonurieChapitre 33 sur 33 · CH° CH · texte numérisé non relu

CH° CH

CH — AzH? CH —-OH - | +H0=| +AzH

Res |

* CO?H . CO’H Acide $ amido-butyrique A. 6 oxybutyrique

Si j'admets que cette hydratation se fait ainsi, au lieu de penser qu’elle a lieu suivant le mécanisme plus complexe exprimé par l'équation ! M c’est qu ’elle a sur cette dernière l'avantage d'expliquer d'une façon satisfaisante deux faits importants.

Le premier de ces faits est que la production de l'acide oxybutyrique et conséquemment celle de l’acétone ne suivent pas nécessairement les variations de l’urée. J'ai insisté à plusieurs reprises sur cette observation et je ferai remarquer ici qu’elle est difficile à concilier avec l'existence d’une réaction dans laquelle la production de l’urée serait corrélative de celle de l’acétone.

Le second fait, très remarquable celui-là, est qu’on à constaté une augmentation considérable de l’ammoniaque urinaire dans les états morbides qui entraînent une hyperacétonurie. Cela résulte sans

Sa contestations possibles des expériences de Hallervorden qui a non seulement signalé mais déterminé quantitativement cette augmentation, dans les pyrexies graves, dans la leucocythémie, et a montré qu'elle était surtout marquée dans le diabète.

Wolpe, en collaboration avec Naunyn et Minkowski, a repris ces expériences et a montré un parallelisme remarquable entre la production de l’ammoniaque, de l'acide oxybutyrique et de l’acétone chez les diabétiques.

Je signale en passant que les partisans de là théorie de l’intoxication acide dans le coma diabétique ont vu dans cette production exagérée d’ammoniaque un mode de défense de l'organisme.

Reste à expliquer, l’origine de cet acide & amidobutyrique dont nous avons considéré comme probables la présence et les transformations. Le mécanisme de sa production sera évidemment celui des autres acides amidés que l’on rencontre dans l'organisme, et pour le mettre en lumière il me suffira de rappeler l'exposé si clair que M. A. Gautier a donné dans son Cours de chimie biologique des mémorables expériences de M. Schutzenberger sur les dédoublements par hydratation des albuminoïdes. Celui-ci a en effet montré, dans l'édifice moléculaire si complexe de Ÿ albumine d'œuf l'existence de chaînons tels que :

mr re

— CO — (CH) CHE ÂzH CH CH COR

| CH? — AzH — CH — CH°

unis aux radicaux de l’oxamide et de l’urée.

Sous l'influence de l’hydratation ces chainons se dédoublent, la disjonction moléculaire se faisant entre le premier groupe Az H — et le reste — CH? — qui lui fait suite. Le premier groupement résultant de ce dédoublement fixe les éléments d'une molécule d’eau et donne de la leucine. D'autres acides amidés, homo- .logues inférieurs de la lencine, proviennent, par un mécanisme analogue de matières protéiques de constitution plus simple que l’albumine d'œuf. C’est ainsi qu'on fait dériver le glycocolle de i’hydratation de chainons plus simples que ceux que j'ai figurés d’abord mais tout à fait analogues, tels que :

= CO — CH — AzH —

qui existent par exemple dans les matières collagènes. C’est par un mécanisme analogue se produisant au cours de la désintégration de matières albuminoïdes à poids moléculaires compris entre ceux de l'ovalbumine d'une part et des matières collagènes d’autre part, que J'explique la formation de l'acide amidé à 4 atomes de carbone dont l’hydratation ultérieure donnera l’acide & oxybutyrique,

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Nous voyons donc que la formation de l’acétone est le résultut d’un mode particulier d’hydratation des acides amidés qui prennent naissance dans la désintégration des matières protéiques ; que cette hydratation donne de l’ammoniaque et de l'acide & oxybutyrique dont l'oxydation nous conduit à l’éther acétylacétique ; à son tour et en dernier lieu, la saponificaton de cet éther nous donne l’acétone et l'alcool.

Cette manière de voir, qui, je me hâte de le dire, n'est pas entièrement nouvelle, relie entre eux d’une manière assez heureuse un grand nombre de faits constatés isolément par les auteurs. Elle explique bien cette remarquable corrélation constatée entre la production des corps intermédiaires qui des albuminoïdes conduisent à l’acétone et montre comment cette suite de réactions, portant à l’état normal sur une si infime proportion des matériaux qui constituent nos tissus, peut prendre. sous l'influence d’une perturbation générale de la nutrition, une importance considérable et modifier dans une certaine mesure l'ordre et la nature des réactions bio-chimiques qui caractérisent la vie des tissus.

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