‹ Recherches sur l'action du courant électrique sur certains métalloïdes et quelques-uns de leurs composés en dissolution dans l'eauChapitre 8 sur 12 · II · texte numérisé non relu

II

Le cinquième jour

Il y a donc constamment absorption d’une forte proportion de l’hydrogène.

Le sens de cette décomposition m’a semblé si net, que je n’ai pas cru devoir la continuer plus longtemps; la liqueur conduit si faiblement, qu’il eut fallu un temps très-long pour l’achever.

L’azotate d’ammoniaque soumis à l’action de la pile absorbe donc de l’hydrogène et se change en ammoniaque. La transformation de l’acide en alcali est-elle complète, et l’acide nitrique disparaît-il en entier?

Non , car si l’on soumet au courant une solution d’ammoniaque, il se reforme de l’acide nitrique, et par conséquent lorsque la liqueur contiendra une forte proportion d’ammoniaque le phénomène changera de sens, l’hydrogène se dégagera en entier, et l’oxygène sera absorbé.

On a soumis à l’action du courant une solution d’ammoniaque, et elle a présenté les résultats suivants :

On a commencé à 2\50.

Le lendemain, à 8"

Le troisième jour, à 8 h

Le quatrième jour

La liqueur évaporée fournit encore des cristaux d’azotate d’ammoniaque. Si l’on place un voltamètre dans le circuit, on trouve sensiblement la même quantité d’hydrogène dans l’un et l’autre appareil, mais il y a né-

cessairement moins d’oxygène dans l’ammoniaque que dans le voltamètre. C’est probablement parce que j’étais arrivé à ce point en décomposant l’acide nitrique, que je ne trouvais pas, comme Faraday l’annonce, la même quantité d’oxygène que dans le voltamètre. A un certain moment , l’absorption de l’hydrogène cessant et celle de l’oxygène commençant, ce n’est plus l’oxygène qu’il faut recueillir mais l’hydrogène, pour constater si l’eau est seule décomposée, dé fait serait ixexplicable si l’on admettait simplement que l’eau fournit son hydrogène pour changer l’acide nitrique en oxydes inférieurs, mais se comprend aisément, au contraire, quand on tient compte de la formation de l’ammoniaque et de sa décomposition subséquente.

On se rappelle les belles expériences de M. Kuhlmann, dans lesquelles ce chimiste obtient de l’ammoniaque avec l’hydrogène et l’acide azotique, et prépare de l’acide azotique inversement au moyen de l’oxygène et de l’ammoniaque, en ayant soin de faire passer les matières sur du platine en éponge.

Ce qui se passe ici est identique. Le même appareil fournit à volonté l’hydrogène et l’oxygène, et comme ils sont à l’état naissant, le corps poreux et condensateur est inutile; s’il y a de l’acide azotique dans la liqueur, l’hydrogène réagira sur lui sans que l’oxygène l’attaque; de l’ammoniaque y a-t-elle été placée, ou a-t-elle pris naissance, l’hydrogène deviendra inactif et l’oxygène interviendra pour reconstituer l’acide azotique, etc. La réaction a lieu à froid et dans le même vase.

L’acide azotique est plus facilement décomposable que l’ammoniaque : en effet, le courant électrique dirigé dans l’azotate d’ammoniaque, c’està-dire dans le corps où les propriétés basiques et acides sont aussi neutralisées que possible, décompose, non pas l’ammoniaque, mais l’acide azotique, puisque nous avons constaté que la liqueur devenait aussitôt alcaline.

Les azotates fournissent des résultats identiques; car l’acide azotique qui se rend au pôle positif fournit bientôt de l’ammoniaque. Il suffit de quelques instants pour qu’on puisse déceler la présence de l’ammoniaque dans la liqueur au moyen d’un alcali fixe et de la chaleur par exemple.

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