‹ Recherches sur l'Action thérapeutique du RadiumChapitre 14 sur 26 · PARLES · texte numérisé non relu

PARLES

Comme complément à l'action des substances radioactives dans le lupus tuberculeux, nous pouvons citer les essais d'emplâtre de thorium expérimentés par M. Rehns et nous-même. Les résultats n’en ont pas été extrêmement probants, mais entre les mains d'autres auteurs le thorium semble avoir produit quelques effets.

M. Bouveyron, à l’Antiquaille de Lyon, a traité un lupus du bras large comme une pièce de 5 francs et résistant depuis un an et demi aux interventions les plus diverses : pointes de feu, photothérapie, ablation sanglante. I] a procédé à l'application continue d'une substance à très faible pouvoir radioactif, le nitrate d'uranium. Vingt jours après, les tubercules avaient disparu : on ne constatait plus que quelques réactions chéloïdiennes autour de la cicatrice. La guérison était complète un mois après le début du traitement ; au quarantième jour on ne constatait plus qu’une cicatrice fine et lisse dans toute son étendue.

Syphilis. — Dans les affections syphilitiques, gommes, ulcères, les applications de substances radioactives n’ont pas été faites systématiquement, attendu que souvent les lésions tertiaires rétrocèdent rapidement sous l'influence du traitement mercuriel.

Il n’est pas nécessaire de recourir à un autre mode thérapeutique. La leucoplasie linguale, très fréquente chez les anciens syphilitiques, accompagne souvent la production des néoformations épithéliales. Nous

avons eu pour notre part à lraiter ae tumeur de

cette nature reposant sur une base de leucoplasie. Voir au chapitre « Epithéliomes ».

M. Rehns a fait disparaitre en trente minutes d'application sur la langue des leucoplasies tenaces.

Dermatoses non parasitaires où supposées telles.

Eczéma. — Une première affection dans laquelle le traitement radiothérapique a été instilué souvent avec succès, c’est l’eczéma. Le traitement consiste surtout en application de rayons X. Dans le cas de substances radioactives nous n'avons pas encore de cas intéressant à signaler. Cependant les applications radiothérapiques ont amélioré dans beaucoup de cas les troubles de la sensibilité nerveuse, les prurits qui se présentent très souvent au cours de cette affection. Ces améliorations constatées grâce aux Rœntgen permettraient de croire à une action identique de la part des substances radioactives.

Psoriasis. — Le psoriasis a également fait l’objet de recherches des radiothérapeutes. Les guérisons par les rayons Rœntgen sont assez nombreuses aujourd'hui. Le radium également présente à son actif quelques améliorations suivies de guérison. Il serait nécessaire de faire des applications de durée très courte, la tache psoriasique se montrant hypersensible à l’action des radiations. La durée d'application ne doit pas excéder trois minutes ; une minute peut suffire pour obtenir une réaction évidente.

D'après MM. Rehns et Salmon, la quantité de bromure de radium utilisée par eux dans leurs essais

a donné sur la peau saine une réaction visible après cinq minutes. ù

La plaque psoriasique étant très sensible, une seule séance peut être suffisante et amener la disparition de la lésion au point où on a placé le radium. La réaction curative est limitée exactement aux dimensions de la boîte contenant la substance radioactive, et plus exactement à la grandeur de la rondelle de mica séparant le radium de la peau. Vers le huitième jour qui suit l’application du radium la tache psoriasique prend une couleur vermillon qui contraste nettement avec les taches non traitées dont la teinte est moins vive. Vers la troisième semaine la lésion tend à disparaître; une tache psoriasique est guérie quand la teinte rouge n’est plus visible et quand la squame ne se reproduit plus.

Pendant quelque temps la situation de la tache psoriasique reste marquée par une pigmentalion plus ou moins prononcée. Cette pigmentation finit par disparaître à la longue en deux ou six semaines au plus tard ; rien de plus facile en tout cas dans une région de la peau où coexistaient de nombreuses lésions que de distinguer les unes des autres les plaques non traitées et les plaques soumises à l’action du radium. Les unes sont pâlies, à peine indiquée par une teinte brune et sans desquamalion ; les autres sont rouges, recouvertes d’unecroûlelle épidermique. Les auteurs(Rehns et Salmon) n’ont jamais provoqué de cicatrice blanche, définitive, grâce au temps d'application très court. Ceci est en faveur du radium, plus maniable, plus

réglable pour ainsi dire que les appareils à rayons Rœntgen. En cas de lésion discrète, de tache de psoriasis à petits éléments, les appareils sont mieux utilisables. Cerlains malades étant aussi atteints de lésions très étendues, et à larges éléments nécessitant des séances longues et répétées de radium, les auteurs ont essayé le traitement au moyen de vaseline radioactive, dont la préparation a été indiquée plus haut. Mais dans ces cas les patients n’ont pas bénéficié d'une grande amélioration. En résumé la plaque psoriasique est nettement influencée par une application locale de radium et cette application peut avoir une durée très courte, environ deux à trois minutes pour 30 milligrammes de radium répartis sur une surface de 5 milimètres carrés. La réaction produite reste exactement limitée au point d'application, pour, finalement, amener la disparition de la rougeur et de la desquamation. Tels sont, dans leurs grands traits, les procédés de technique préconisés dans l'emploi du radium appliqué au traitement du psoriasis.

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