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rente, indiquait à peinela trace de la tumeur sur la lèvre non déprimée. Chez ce malade, il s'agissait bien d’un épithélioma. Avant le traitement radiothérapique, il existait un ganglion sous-maxillaire qui ne disparut pas sous l'in-
fluence du radium (Rehns, Salmon, Lehmann).
MM. Pozzi et Zinamern ont également cité un cas d'amélioration dans un épithélioma de la face chez une malade qui avait subi une réfection autoplastique du nez pour tumeur néoplasique de cet organe. La récidive s'était produite, elle fut soumise à des séance s de radiothérapie dont M. le Professeur Curie voulut bien prendre la direction. Après trois séances de dix minutes chacune, on put constater un aspect grave, velvétique de la lésion, et comme une tendance à la réparation. Cette zone «paraissant très douloureuse à la pression, au frôlement, était devenue insensible. Un accident survenu au tube empêcha de poursuivre l'essai commencé. Le traitement fut repris . un peu plus tard. Les séances furent faites de. plus longue durée. La réparation ne fut pas très active. Au contraire la destruction parut se faire plus rapidement, les douleurs spontanées se montrèrent plus vives. L'état général parut commencer à décliner. Le traitement fut alors suspendu. Depuis lors l’état général de la malade s’est amélioré, les douleurs se sont calmées; le néoplasme parait s'être arrêté pour le moment dans son extension. Les premières séances (courtes) semblent avoir produit un effet plutôt
favorable, tandis que les séances longues paraissent avoir précipité la marche en avant de l’ulcus.
Repmann, dans un cas d’ulcération de l'angle interne de l’œil droit, d’origine cancéreusé, appliqua du bromure de radium placé dans une boîte en ébonite à couvercle de mica. Au début les séances étaient hebdomadaires. Plus tard elles furent répétées deux fois, puis trois fois par semaine. L’ulcération qui pendant cinq années s'était montrée tout à fait rebelle à tous les traitements, finit par guérir complètement.
Krylor, de Saint-Pétersbourg, soumit au radium un ulcus rodens de l’angle interne de l’œil, rebelle pendant plus de trois ans à tout traitement. La première séance fut d’une heure de durée ; la deuxième et la troisième, à cinq jours d'intervalle, furent de trois quarts d'heure: l’effet thérapeutique s’est manifesté dès la première séance. Les bourgeons charnus, de pâles qu'ils étaient, étaient devenus framboisés.
Le lendemain l’uléère était couvert d’une membrane qui était tombée après quatre jours. Les bords de l’ulcère étaient entourés d’une cicatrice mince. Après la troisième séance l’ulcère était à moitié cicatrisé.
Nous devons également citer les essais de Braunstein qui employait une eau d’émanation en injection parenchymateuse dans les tumeurs.
Dans les cas où l'injection était impossible, il se servit du bismuth rendu radioactif pour saupoudrer la tumeur. Dans des cas de néoplasmes du larynx.
de l’æsophage et de l'estomac, chez huit cancéreux, les tumeursont diminué de volume ; et chez un malade le néoplasme gros comme un œuf de pigeon se liquéfia. La peau de la tumeur resta intacte. D’après London et Goldberg, l'émanation sur la peau est identique à la radiation directe.
L'émanation dissout les leucocytes et les gonocoques. Les injections parenchymateuses deau et d’émanation agissent dans la profondeur des tumeurs, L’émanation n’a pas d'influence nocive sur les tissus sains ; pas d’ulcération de la peau, pas de difficulté dans les cas de cancer du. larynx, œsophage, estomac, inaccessibles au radium.
Heineke a traité un cas très douloureux et incurable d’ulcère cancéreux de l'oreille s'étendant depuis deux ans et rongeant le bord supérieur. Les résultats furent satisfaisants : une cicatrice à peu près parfaite fut obtenue chez ce malade. Ce cas particulier est intéressant en ce sens qu’il fut combiné au traitement par les rayons X ; une partie de la tumeur était exposée au radium et l’autre aux rayons Rœntgen.
La guérison fut rapide dans les deux méthodes. A la sixième application le radium était en tête par ses effets. Non seulement sur les tumeurs superficielles, mais encore dans des tumeurs profondes, le radium a donné des résultats. Son emploi au traitement des tumeurs profondes est facilité par l'avantage qu’on éprouve à le transporter dans les différentes cavités.
Exner a traité au moyen d’un tube de radium six
cas de rétrécissements carcinomateux de l’œsophage en introduisant le tube au moyen d'une sonde. Dans cinq cas il a obtenu une dilatation suffisante et persistante.
Einhorn, de New-York, a eu de son côté l’idée d'appliquer un traitement identique chez quelques sujets atteints de rétrécissement cancéreux de l’œsophage. Sur six malades il a obtenu, comme Exner, une dilatation marquée dont il a pu se rendre compte aisément au moyen de la sonde œsophagienne et aussi par le fait de la déglutition devenue plus facile.
Sur trois autres patients l'amélioration constatée fut nulle ; il avait été impossible de les traiter de façon méthodique et prolongée. Il est à noter qu’il n’y a jamais eu de déchirure de l'organe, accident qui s’est produit maintes fois dans la dilatation par lélectrolyse.
Dans le cancer du col et du corps de l'utérus les essais ont été faits par MM. Pozzi et Zimmern :il s’agissait d’un cancer végétant du col et du corps de l'utérus, prolabé dansle vagin. Chez cette malade les auteurs n’ont pas noté de modification appréciable.
Trachôme. — Le radium a également été employé dans une affection de durée assez longue : la conjonctivite granuleuse. C’est Cohn de Breslau, qui, après les essais de Lassoneet d’autres auteurs démontrant l’action favorable du radium sur les diverses tumeurs, eut l’idée de faire des applications sur les granulations conjonctivales, pensant qu'elles pour-
raient être considérablement améliorées. Le sel de radium pur était contenu dans un tube de 3 centimètres de long et large de 2 millimètres. Les granulations du trachôme et du catarrhe folliculaire étaient touchées les unes après les autres avec l'extrémité du tube aussi bien à la paupière supérieure qu’à la paupière inférieure, et cela, tous les jours, pendant dix à quinze minutes. Ces granulations disparaissent avec une rapidité surprenante alors qu’elles avaient été traitées pendant des mois avec des médicaments douloureux. L'auteur ne rapporte que trois cas n'ayant eu que très peu de granuleux à soigner, sachant aussi qu’il ne peut tirer de ce traitement des conclusions générales. Ces cas ont guéri si vite, sans la moindre douleur et sans aucune complication du côté des paupières ni de l’acuité visuelle, qu'il y aurait lieu de recommander cette méthode dans les services où se trouvent beaucoup de trachomateux à soigner. Le radium devrait être essayé d’une manière locale, particulièrement légère.