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ADSORPTION DES SELS MÉTALLIQUES PAR UNE PAROI DE VERRE

La nature des solutions de matières colorantes employées dans les expériences précédentes est mal connue. Il se peut que ce ne soit pas de véritables s0lutions, mais des solutions colloïdales à micelles très fines. 1l était donc intéressant de déterminer l’adsorption de véritables solutions, non suspectes à cet égard.

Nous avons vu, d’après les résultats obtenus avec les matières colorantes, que les quantités de matière adsorbée par centimèlre carré sont extrêmement faibles. Pour les meltre en évidence, il est nécessaire de se servir de solutions extrêmement étendues, or, le titrage des solutions de sels métalliques aussi diluées est difficile et ne peut être réalisé que dans quelques cas.

22. Choix du sel. — J’ai choisi des sels métalliques dont je pouvais titrer des . solutions extrêmement diluées : seule la possibilité du titrage a guidé mon choix dans les sels employés.

IL n’est guère possible de s'adresser à des sels métalliques colorés et d'opérer le titrage par colorimétrie, comme pour les matières colorantes ; aucun sel métallique ne possède un pouvoir tinctorial aussi élevé que les matières colorantes que j'aiemployées.

L'un des sels métalliques dont les solutions sont les plus colorées est Le permanganate de potasse. La coloration d'une solution de quelques milligrammes par litre de permanganate de potasse est encore nettement appréciable. Malheureusement, ce sel a des propriétés chimiques très actives, et j'ai vérifié qu’au cours des manipulations, la coloration d’une solution très étendue de permanganate de potasse varie. La cause doit probablement en être recherchée dans l'oxydation d’une très faible quantité de matières organiques amenées par l’air. Je n’ai donc pu faire d'expériences avec ce sel.

J'ai songé à employer des sels métalliques, dont les solutions peuvent donner, par l'addition d’un réactif convenable, un composé très coloré, qui permettrait le dosage au colorimètre. Dans ce cas se trouvent les sels ferriques qui donnent par addition de ferrocyanure de potassium une coloration bleue intense permettant une comparaison colorimétrique. J'ai incidemment remarqué que le dosage avec le ferro cyanure était plus commode et plus précis que le dosage avec le sulfocyanure. /

J'ai également tenté d'employer des sels de plomb. IT est facile, par addition de très faible quantité de sulfure alcalin, de provoquer la formation de sulfure de plomb à l’état extrêmement ténu, dont le dosage au colorimètre est possible. Les résultats obtenus sont d’ailleurs peu précis, car il semble difficile de provoquer dans les deux solutions à comparer, un précipité de sulfure de même état physique.

23. Dosage de chlorure de sodium. — J'ai employé dans les expériences suivantes des solutions extrêmement étendues de chlorure de sodium. Si, dans ces solutions, on ajoute un peu de solution étendue de nitrate d'argent, on provoque la formation d'une louche, qui reste pendant assez longtemps en suspension dans la solution. La formation de ce louche demandant un certain temps, on peut mélanger soigneusement par agitation les solutions de chlorure de sodium et de nitrate d'argent. En provoquant la formation de chlorure d'argent dans plusieurs échantillons de solution, on constate que le louche formé a bien le même aspect.

Pour doser la quantité de chlorure d’argent formée, je me suis servi d'un néphélémètre dont l'emploi avait été indiqué par Ricaaros (Am. Chem. Soc. XXXI 1904). L'appareil, dont je me suis servi, avait été monté en se servant d'un colorimètre de Dubosq dont j'avais remplacé les godets par d'autres, formés d'un fond et de 3 parois opaques, et dont la paroi antérieure est constituée par une glace.

Les deux godets étaient éclairés par un faisceau horizontal de lumière, j'observais dans le colorimètre la lumière diffusée dans la direction verticale par les solutions troubles. Je pouvais déplacer devant la paroi antérieure en glace, un volet, qui permettait d’éclairer une hauteur plus ou moins grande de liquide. Dans les limites de précision des expériences, et dansles conditions de ces mêmes expériences, on pouvait admettre la proportionnalité de la concentration à l'inverse des hauteurs de solutions éclairées diffusant la même quantité de lumière. J'avais vérilié d'ailleurs qu’en prenant des solutions, dont le loucheétait intense, cette proportionaalité n’était plus exacte, mais alors, il n'est plus possible de se servir du néphélemètre pour faire un dosage. 11 semble que, dans le cas de louche de chlorure d'argent, on puisse obtenir dans les cas les plus favorables, une précision dans la comparaison des solutions qui est du même ordre que celle obtenue dans des mesures colorimétriques.

J’ai donc déterminé l’adsorption du chlorure de sodium en solution aqueuse sur des surfaces de verre, en mettant des solutions extrêmement étendues de chlorure de sodium en contact avec une surface connue de verre, et en les titrant au néphélémètre après addition, à la solution primitive et à la solution en expérience, d’une même quantité de solution étendue de nitrate d'argent, de façon que le nitrate d'argent fut en gros excès par rapport au chlorure de sodium'à précipiter. La comparaison au néphélémètre devait se faire quelques minutes après le mélange des solutions, et l’on voyait très nettement le louche augmenter d’iutensité pendant les trois premières minutes, qui suivaient le mélange et l'agitation des deux solutions. Par contre, il ne fallait pas attendre trop longlemps pour faire la comparaison, car les précipités de chlorure d'argent se déposaient par suite

de la croissance progressive des flocons. Je prenais toujours la précaution de faire exactement en même temps l'addition de nitrate d'argent dans les deux solutions à comparer, j'agitais ensuite de la même façon, et je comparais 3 ou 4 minutes plus tard.

Il est évident qu’on ne peut opérer avec des solutions extrêmement étendues, car La solubilité du chlorure d'argent intervenait d’une façon suffisamment appréciable pour empêcher toutes mesures. J'ai même pu, en opérant avec des solutions de plus en plus diluées, déterminer approximativement la solubilité du chlorure d’argent, et retrouver les nombres indiqués dans les tables de solubilité. Je ne pouvais pas non plus opérer en solutions très concentrées, par suite de la formation immédiate de flocons de chlorure d’argent empêchant le dosage au néphélémètre.

24. Résultats. — Les résultats expérimentaux sont résumés par la courbe suivante :

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