‹ Recherches sur l'anatomie comparée et le développement des ixodidésChapitre 3 sur 31 · Ornithodoros turricata Alf. Duges — femelles, nymphes · texte numérisé non relu

Ornithodoros turricata Alf. Duges — femelles, nymphes

1 1. Argas reflextts Fabrigius — mâles, femelles, nymphes, larves.

Malgré la variété de ces types comprenant sept genres différents, la structure générale est constante surtout chez les » Ixodinœ. J'ai fait la description des organes et l'étude histologique des tissus d'après Ixodes hexagonus^ pour les femelles, et d'après Hyalomma syriacum et //. œgyptium, pour les mâles ; dans le cas où des particularités histologiques étaient propres à certains genres, je les ai indiquées d'une manière spéciale.

L'étude du développement de l'œuf et du développement post-embryonnaire des Ixodes et des Argas^ chez la larve et chez la nymphe, au point de vue des modifications que subissent les organes durant celte évolution, fera l'objet de la seconde partie de ce travail et complétera l'ensemble* de mes recherches.

J'ai récolté en très grande partie mes matériaux d'observation sur des Chiens, des Tortues, des Hérissons et des Bœufs envoyés d'Algérie aux abattoirs de Lyon. Je dois à l'obligeance de plusieurs personnes un assez grand nombre d'échantillons ; malheureusement, plusieurs d'entre eux, simplement conservés dans l'alcool faible, insuffisamment fixés ou trop longtemps gardés en captivité à jeun, me sont arrivés en assez mauvais état.

Si certains Ixodes adultes sont très fréquents, les larves et les nymphes ne se trouvent qu'exceptionnellement en, raison même du mode de vie de ces animaux.

Les larves et les nymphes changent d'hôte au moment de leurs principales mues et vivent un certain temps à terre, fixées sur les herbes (je n'ai pas réussi à en ramasser avec un filet fauchoir comme le conseille Pagenstecher) ; les mâles et les femelles vivent souvent sur des hôtes différents : ainsi la» nymphe d'Ixodes hexagonus se rencontre principalement sur le Hérisson, tandis que l'adulte vit sur le Chien; les Hyalomma femelles parasitent principalement les Bœufs, les mâles surtout les Tortues.

Ce n'est qu'au moment de ^accouplement que les mâles vont rejoindre les femelles ; après Taccouplement, qui peut durer trois à quatre jours, la femelle tombe à terre et la ponte a lieu. Le mâle meurt peu de temps après Taccouplement ; je ne l'ai jamais vu féconder deux femelles (le cas se produit, paraît-il, dans les pays chauds) ; la femelle pond pendant trois à quatre jours consécutifs, puis meurt sur place dans un état de complète dessiccation.

Afin d'étudier plus facilement le développement des Ixodes, j'ai fait quelques essais d'élevage ; malheureusement, ces tentatives ont échoué. Des larves et des nymphes à'Ixodes hexagonus laissées en place sur des Hérissons que j'avais au laboratoire, n'ont pas continué leur développement; elles se sont détachées d'elles-mêmes et sont mortes ; des nymphes placées ^ sur des Chiens n'ont pas voulu se fixer ; j'ai dû, à mon grand regret, abandonner ces essais et me contenter des matériaux recueillis à divers stades de développement. Il faudrait, pour obtenir un élevage pratique, opérer dans des conditions tout à fait normales et sur un grand nombre d'animaux à la fois ; mais il resterait toujours un point délicat au moment des changements d'hôtes et pendant les stades* de vie libre, lorsque la larve se transforme en nymphe et la nymphe en adulte.

J'ai également essayé de placer de jeunes larves de Hyalomma sortant de l'œuf sur des Hérissons, des Furets, des Cobayes et des Chiens, mais .ces larves n'ont pas voulu se fixer. Pour le développement des œufs, j'ai obtenu de bons résultats en plaçant ceux-ci dans des verres de montre maintenus dans une atmosphère humide entre 18 et 20 degrés.

Je crois être arrivé à plus de clarté dans l'exposition de ces recherches en ne faisant pas à part la bibliographie générale, mais en indiquant, chapitre par chapitre, les fait déjà connus et en signalant, au fur et à mesure, les relations que présentent les Ixodes avec les groupes voisins.

J'ai placé à la fin de chaque chapitre un résumé des faits exposés, ce qui me dispense défaire, sous forme de conclusion, un résumé général en terminant ce travail.

Ces recherches ont été faites au laboratoire de zoologie de la Faculté des sciences de Lyon oii j'ai fait mes premières études de zoologie sous la direction de M. le professeur Kœhler ; qu'il me soit permis ici de le remercier de toute la bienveillance qu'il m'a toujours témoignée et de tous les conseils éclairés qu'il a bien voulu me donner.

Je tiens également à exprimer ma gratitude à M. Darboux, actuellement professeur à la Faculté des sciences de Marseille, et principalement à M. Vaney, maître de conférences de zoologie à la Faculté des sciences de Lyon, et à M. Conte, chef de travaux à la même Faculté. C'est à M. Vaney et à M. Conte que je dois mes connaissances techniques; ils ont bien voulu m'initier aux travaux de l'histologie et examiner quefquesunes de mes coupes; je les en remercie sincèrement ainsi que des indications bibliographiques qu'ils m'ont fournies.

M. Giard, membre de l'Institut, M. Bouvier, professeur au Muséum de Paris, et M. Neumann, professeur à l'Ecole vétérinaire de Toulouse, m'ont indiqué plusieurs points d'anatomie non encore étudiés, et m'ont donné de nombreux renseignements bibliographiques ; je tiens à leur en exprimer toute ma gratitude.

Je sais enfin beaucoup de gré à M. le professeur Vayssière, de la Faculté des sciences de Marseille, à M. Deruelle, inspecteur principal des abattoirs de Lyon, à M. le D^ Vaffier, à M. le Doctor Alfredo Dujes, de Guanajuato (Mexique), à M. le Professeur A. Berlese, à la R. Scuola superiore di agricoltura in Portici, à M. D. E. Salmon, Chief of Bureau of Animal Industry de Washington, à M. Allemand-Martin, sous-directeur du Laboratoire maritime de Sfax, et à M. R. du Buysson, du Muséum de Paris, qui ont été assez aimables pour me procurer un grand nombre de mes matériaux d'étude.

Les Ixodes femelles sont recouvertes d'une couche de chitine élastique épaisse, qui empêche la pénétration des réactifs fixateurs; j'avais essayé de faire une incision pour permettre cette pénétration, mais la grande quantité de sang qui remplit les caecums digestifs s'écoulait et amenait des déformations considérables dans la position des organes.

Pour obvier à ces inconvénients, j'ai procédé de la façon suivante : les animaux ont été plongés dans l'alcool à 90 degrés très chaud, pendant quelques instants, de façon à coaguler la masse sanguine; j'ai pu alors pratiquer une large incision au rasoir sur l'un des côtés du corps pour permettre la pénétration des liquides fixateurs, et pour faciliter l'inclusion.

Les mâles dont le tube digestif ne contient presque pas de sang et dont le grand écusson dorsal maintient les organes en place peuvent être fixés et inclus, comme la plupart des Insectes, sans technique spéciale.

Après plusieurs essais j'ai reconnu que les fixateurs qui donnaient les meilleurs résultats, étaient ceux dont le pouvoir pénétrant était très considérable : le liquide de Roule additionné d'alcool et surtout le mélange suivant :

Alcool absolu 100

Acide acétique 100

Chloroforme 100

Sublimé, à saturation.

m'ont donné de bonnes fixations.

J'ai employé pour l'étude des femelles gorgées de sang et pour Texamen des pièces buccales les inclusions au coUodion avec coloration in toto au paracarmin de Mayer.

J'ai pu obtenir des coupes relativement fines : 20 à 3o fi, en durcissant pendant longtemps le coUodion par le chloroforme, additionné d'une très faible quantité d'essence de cèdre pour éclaircir la masse. Le coUodion traité seulement par l'essence de cèdre après durcissement au chloroforme devient cassant trop rapidement.

Les coupes à la paraffine m'ont donné de bons résultats pour l'histologie fine à condition de n'inclure que de petits fragments ne contenant presque pas de sang, car celui-ci s'effrite très facilement sous le rasoir. D'une façon générale, j'ai employé le chloroforme qui rend les tissus moins cassants que le toluène; puis, après avoir ajouté graduellement de la paraffine, j'ai procédé lentement à l'évaporation du chloroforme : les coupes ont été débitées entre 4 et 8 f* en moyenne.

Les colorations sur coupes ont été faites généralement avec le glychémalun, produit plus stable donnant une coloration plus élective que Thémalun, et avec l'éosine.

Quelques fixations au Flemming pour des organes isolés, suivies de coloration à l'hématoxyline au fer ou à la safranine, m'ont servi pour des points spéciaux ; mais l'emploi de ces réactifs ne peut pas se généraliser, car le sang se colore en noir et empâte les préparations.

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