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II. — De» mAchoircs dans le fœtus

Nous considérons, avec Oken et Coste les mâchoires comme des membres de la tête ; ce n'est point par le goût des choses extraordinaires que nous nous laissons guider en ceci ; toutes les vertèbres crâniennes présentant des parties analogues aux masses latérales et des appendices costaux, les pièces plus ou moins mobiles, qui sont surajoutées à ces parties et ne peuvent être rattachées en conséquence au système de Taxe vertébral, seront à bon droit considérées comme des membres.

(4) C'est à tort que Carier rattachait le trou rond loi-même au trou déchiré postérieur; mais Blain ville, qui le critique à cet égard, ne commet pas une erreur moins grande quand il rattache le trou ovale à ce qu'il appelle le trou de la cinquième paire, c'est-à-dire a la fmle nphinoHdnie. (Ostéogr aphte, g. Hippopotame, p. t5.)

Ces membres sont-ils des bras ou des jambes? Ni l'un ni l'autre. La main n'est pas le pied; que dis-je, la main et le pied d'un animal ne sont pas la main ou le pied d'un autre animal. En effet, des choses homologues ne sont pas nécessairement semblables ; à plus forte raison ne devra t-on pas chercher des similitudes absolues entre deux choses qui ne sont qu'analogues, comme le sont les membres du tronc et ceux de la tête. Aussi ne dirons-nous pas, en parlant des mâchoires, la jambe ou le bras de la tête, des expressions de cette nature sont le résultat d'exagérations naturelles aux systèmes naissants; nous ne chercherons pas davantage à retrouver, dans ces membres de la tête, toutes les pièces que l'analyse anatomique découvre dans ceux du tronc ; une pareille prétention, disons-le franchement, serait puérile ; vaudrait-il autant essayer de découvrir dans le bassin d'un Dugong, d'un Cétacé, que dis-je, dans les appendices génitaux d'un Python mâle, toutes les parties qui composent le membre postérieur de l'homme, ou même de démontrer, dans la main de celui-ci, toutes les pièces osseuses que Ton rencontre dans la nageoire pectorale de certains Rorquals et de quelques Dauphins.

Ceci posé, et sans avoir égard au nombre des pièces osseuses qui les composent, nous verrons dans la mâchoire supérieure de l'Hippopotame une paire de membres immobiles, et, dans la mâchoire inférieure, une seconde paire de membres en partie mobiles. Si ces déterminations soulevaient quelques doutes, on ne contestera pas du moins la clarté que ces consi-

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dérations jettent sur les méthodes de description de la tête, quelque incertaines qu'on puisse les supposer au premier abord.

Mâchoire supérieure. — Elle comprend trois os, savoir : 1° Yunguis ou lacrymal; 2° le malaire ou zygomatique; 3° le maxillaire supérieur.

L'os unguis, compris entre l'os malaire et les apophyses orbitaires du frontal, n'est visible que du côté de la face et du côté de l'orbite; cette partie visible est fort étroite; elle se compose de deux faces très-inclinées l'une sur l'autre et séparées par une arête saillante qui se continue avec les crêtes orbitaires du frontal et du malaire et fait partie du cadre de l'orbite. L'une de ces deux faces, l'antérieure, est irrégulièrement pentagonale et comprise entre le frontal, le maxillaire supérieur, le nasal et l'os malaire ; le cinquième côté est formé par l'arête dont j'ai parlé. L'autre face, la postérieure, fait partie de l'orbite ; elle a quatre côtés: l'antérieur est formé par la même arête ; le supérieur s'articule avec le frontal, l'inférieur avec l'os malaire; le postérieur est libre et touche à peine en quelques points à la tubérosité de l'os maxillaire. Ce que nous venons de dire fait aisément comprendre que ce dernier os, ainsi que dans les Ruminants, les Cochons et le ' Cheval, ne prend aucune part à la formation de l'orbite. Dans l'Hippopotame, du moins dans les fœtus que j'ai sous les yeux, l'unguis ne présente sur sa face orbitaire aucun orifice qu'on puisse rapporter aux conduits lacrymaux. Cuvier avait déjà

fait la remarque que ce canal est fort reculé. Il l'est à tel point,

qu'il passe en effet en arrière de l'unguis, entre cet os et la tubérosité de l'os maxillaire : cette disposition est évidemment une exagération de ce que l'on voit dans le Cochon, où l'ouvei*ture du conduit lacrymal occupe le centre même de la face orbitaire de cet os. Il est fort différent de ce que l'on voit dans le Cheval, où ce canal se rapproche du bord de l'orbite, et dans les Ruminants, chez lesquels il y a deux petits trous lacrymaux sur l'arête même qui sépare la face orbitaire de l'unguis .de sa face antérieure (1) .

Vos malaire est assez robuste. Il se détache de la face, se porte un peu en dehors, puis se recourbe en arrière, et s'unit, par une extrémité taillée en biseau, avec la pointe de l'apophyse zygomatique.

Sa base, taillée en coin, s'incruste en quelque sorte entre l'unguis et le maxillaire supérieur. Il décrit, dans son développement, une courbe assez élégante, et forme à l'ordinaire l'arc inférieur du cadre de l'orbite. Son bord inférieur s'articule, en avant et dans les deux tiers de sa longueur, à l'os maxillaire; une crête fort accusée divise longitudinalement sa face externe; elle donne attache au muscle massé ter; sa face orbitaire forme en se développant une courbe régulière; le bord supérieur se relève derrière l'orbite en une apophyse peu sail-

(4) Si nous exceptons les Caméliens, qui diffèrent à tant d'autres égards des Ruminants proprement dits; chez eux, le trou lacrymal n'est point percé sur rareté du cadre orbitaire, mais un peu en arrière sur la face orbitaire de l'unguis. Les Cochons proprement dits se rapprochent davantage des vrais Ruminants, et il en est de même de» Tapirs, chez lesquels les deux trous lacrymaux, percés sur rareté du cadre orbitaire, sont séparés l'on de l'antre par un petit tubercule.

lante dans le fœtus, mais qui chez l'adulte s'élève jusqu'au frontal, et forme la partie postérieure du cadre de l'orbite. Cette partie est très-différemment constituée dans les divers animaux herbivores. Ici elle vient de l'os malaire; dans le Cheval elle émane exclusivement du frontal, et vient aboutir non au malaire, mais à l'extrémité de l'apophyse zygomatique du temporal; dans les Ruminants et en particulier dans les Cerfs, elle est constituée par deux prolongements osseux nés en sens inverse l'un de l'autre du frontal et du malaire à la fois. J'insiste à dessein sur ces variations, parce qu'elles ont en anatomie philosophique une assez grande importance; elles font voir en effet combien la nature, si attentive à conserver sans aucune altération les connexions essentielles et typiques des organes, est au contraire capricieuse et variable quant aux connexions accidentelles qu'elle fait naître entre eux.

Le maxillaire supérieur, dont nous allons parler maintenant, a une grande étendue. Il est fortement excavé au-dessous et en avant des orbites, et cette excavation est rendue plus apparente encore par la grande saillie que fait sur les côtés de la face son extrémité antérieure dans laquelle est creusé l'alvéole déjà très-divergent de la canine de lait. Cette saillie est séparée de l'os incisif par un sillon qui se convertit, chez l'adulte, en une gouttière profonde où se loge l'énorme canine du maxillaire inférieur; derrière l'alvéole de cette dent est un trou sous-orbitaire unique.

Les limites du maxillaire sont fort aisées à définir. Son bord supérieur est rectiligne et s'articule avec l'os nasal; le bord

postérieur est concave, et sa concavité embrasse en quelque sorte l'os unguis et la base de l'os malaire, et se termine en arrière par une grosse tubérosité qui loge le germe des dernières molaires ; le bord antérieur est de même un peu concave et s'articule avec l'os incisif.

Le palais, constitué par les lames horizontales des deux maxillaires unies par une symphyse médiane, présente la forme d'un rectangle très-étroit et fort allongé ; son bord postérieur concave s'articule avec les palatins proprement dits; l'antérieur présente une échancrure profonde et relativement assez étroite, où sont reçues les branches palatines des os incisifs; plus en dehors il offre de chaque côté une sorte de base épaisse sur laquelle vient s'arc-bouter le corps de l'os incisif correspondant: c'est entre le corps de ce dernier os et sa branche palatine qu'est située de chaque côté l'ouverture connue sous le nom de trou incisif; elle est oblongue et complétée en arrière par le bord antérieur du palais. Derrière elle se trouve un trou ou plutôt l'orifice fort dilaté d'un canal profond qui est en série régulière avec une suite de petites perforations dont la chaîne est sensiblement parallèle à la muraille alvéolaire dont elle suit toute la longueur.

Tels sont les os qui constituent le crâne et la mâchoire supérieure. Ces os, en se groupant, circonscrivent plusieurs loges où s'abritent les principaux organes des sens : ainsi de l'union de l'aile d'Ingrassias, du frontal, de l'unguis, du malaire, et du maxillaire supérieur, résulte, de chaque côté de la tête, l'orbite où l'œil est enfermé; les palatins, les maxillaires, les

. .* ics incisifs circonscrivent les vestibules olfactifs des voies respiratoires. Ces loges sont remarquables dans l'Hippopotame du Nil, du Gap, de Natal et du Sénégal, les unes par leur direction, les secondes par leur étendue. Les orbites, en effet, sont caractérisées par leur obliquité, par la grande saillie de leurs orifices, qui s'élèvent au-dessus des parties médianes du frontal; quant aux fosses nasales, elles ont une longueur singulière que la forme et la disposition des parties molles exagèrent, ainsi que nous l'expliquerons plus tard (1).

De la mâchoire inférieure. — La chaîne d'os qui constitue le système de la mâchoire inférieure comprend, dans les Mammifères, trois os distincts, savoir :

1° Le temporal ou squameux; 2° la caisse ou os du tympan; 3° enfin le maxillaire inférieur proprement dit.

Cette composition est en général la môme dans les Mammifères et dans les Ovipares pulmonés, ;\ cela près que chez ces derniers le maxillaire inférieur est évidemment composé de plusieurs pièces distinctes, tandis que dans les Mammifères on n'y peut distinguer qu'une seule pièce osseuse. Mais on observe des différences plus marquées dans la manière dont se groupent les principales parties composantes : ainsi dans les Oiseaux et les Reptiles, la caisse est franchement interposée entre le temporal et la mâchoire, tandis que dans les Mammifères la caisse

(4) Ces propositions ne sont pas applicables au petit Hippopotame de Libéria : chez lui, en effet, l'orbite n'a point cette saillie et diffère très-peu des formes qu'il présente dans le Cochon. La face est aussi beaucoup plus courte ; ajoutons que les fosses olfactives sont relativement assez grandes. Tout semble indiquer que cette espèce est moins aquatique que la grande, et surtout moins exclusivement herbivore.

ilk ANATOMIE DE L'HIPPOPOTAME.

est pour ainsi dire luxée et rejetée en arrière, en sorte que le maxillaire s'articule directement avec le temporal sous la racine de l'apophyse zygomatique. Ces différences prouvent assez que le principe des connexions, si fécond en conséquences heureuses quand il est employé dans la détermination des pièces osseuses, n'a cependant pas une valeur aussi absolue qu'on pourrait au premier abord l'imaginer.

Je passe à la description de ces trois pièces dans l'Hippopotame.

1° Le squameux, dans cet animal, est intimement confondu dès avant la naissance avec l'os mastoïdien ou plutôt mastorupéal (1) ; très-massif dans sa partie centrale, sa partie écailleuse proprement dite est au cogtraire fort étroite (2). Elle contribue à peine à l'ampliation du crâne. Blainville nous apprend qu'il se fonda surtout sur cette extrême réduction de la portion écailleuse du squameux dans l'Hippopotame, lorsqu'il prit le parti de séparer complètement le temporal de la

(K) Cette confusion n'implique aucune identité: séparé dans les Ruminants, dans le Cheval, et dans la plupart des Mammifères naissants, sous la forme d'un os distinct, le rapéo-mastoldien, ainsf que je l'expliquerai plus bas, n'appartient point à la chaîne maxillaire, mais à celle des osselets de l'hyoïde; voilà pourquoi nous ne le décrirons point dans ce paragraphe, mais dans le suivant, où nous traiterons de l'os hyoïde et de ses connexions avec l'organe auditif.

(*) La petitesse de cette partie, dans l'Hippopotame, peut être opposée à sa grandeur extrême dans le Chameau. Dans le Cochon, son développement est beaucoup plus accusé. On y voit, en effet, l'os squameux se prolonger jusqu'au frontal en séparant l'angle inférieur du pariétal du somme! de la grande aile du sphénoïde postérieur. Dans l'Hippopotame du NU, au contraire, l'angle inféro-antérieur du pariétal conserve ses relations avec la grande aile du sphénoïde; et H en est de même dans le petit Hippopotame de Libéria.

classe des os qui appartiennent en propre à la série des vertèbres crâniennes.

La forme générale de cette partie est à peu de chose près celle d'un croissant; la convexité du croissant correspond à une grande échancrure du pariétal; sa corne antérieure, trèsincurvée, vient s'appliquer au côté externe de l'apophyse transverse du sphénoïde, c'est-à-dire de l'apophyse ptérygoïde externe, et lui sert de contre-fort extérieur. La corne postérieure est à peine recourbée ; elle se termine au-dessus de la base de l'apophyse zygomatique, vers l'extrémité supérieure de la région mastoïdienne.

C'est du noyau central autour duquel se développe la portion écailleuse du temporal que naît l'apophyse zygomatique. La base de cette apophyse est très-large ; elle se détache horizontalement, puis se recourbe en avant, et se termine par une extrémité en biseau qui recouvre la pointe postérieure de l'os malaire en arrière de l'apophyse orbitaire.

La face inférieure de la base est remarquable, elle est divisée en deux fosses distinctes par une crête presque verticale. La fossette antérieure est peu concave ; elle est un peu oblique en avant et en dehors, et sa périphérie est à peu près quadrilatère ; elle forme la facette d'articulation avec le condyle du maxillaire inférieur.: c'est, en un mot, la cavité glénoïde. La fossette postérieure est une loge profonde en manière d'arcade. Elle enveloppe en quelque sorte le conduit auditif de la caisse du tympan. Au delà de cette fosse, l'apophyse zygomatique fait une grande saillie en dehors du crâne, en sorte que les

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branches de la mâchoire inférieure qui s'articulent avec elle sur les deux côtés de la tête sont séparées Tune de l'autre par un intervalle beaucoup plus grand que la largeur du crâne proprement dit; en sorte que la largeur de la tête proprement dite dépend surtout de celle de la région maxillaire.

2° La caisse est composée de deux parties distinctes : 1° le conduit auditif externe ; 2° le tambour proprement dit. Ces deux parties m'ont paru constituées chacune par un os particulier.

L'os du conduit auditif externe est une lame en forme de cornet qui double la cavité de la loge tympanique du squameux. — Le tambour proprement dit est grand, vésiculaire, mais beaucoup moins régulièrement globuleux que dans les Carnassiers. Assez semblable en général à celui du Cochon, il est toutefois moins pyramidal, moins saillant inférieurement et surtout beaucoup plus large. Il en diffère en outre par une profondeur beaucoup moindre de la gouttière où s'engage la chaîne stylo-hyoïdienne. Cette gouttière est suppléée dans l'Hippopotame par une excavation assez profonde de l'occipital latéral.

3° Les maxillaires inférieurs ont l'un et l'autre une branche montante, très-basse à cet âge que nous considérons ici, mais énormément large. Leurs apophyses articulaires sont assez bien dans la forme de celles du Cochon, mais leur largeur est relativement un peu plus grande ; elles ne sont point pédiculées. Les apophyses coronoïdes sont assez hautes. Elles sont d'ailleurs très-minces et semblables à une lame étroite et recourbée.

L'angle de ces maxillaires inférieurs, qui est arrondi dans les Cochons, se dilate ici en une sorte de lobe large et aplati dont le tranchant fait à la partie inférieure du maxillaire une grande saillie, et présente une tendance évidente à se déjeter en dehors. À cet égard, l'Hippopotame ressemble surtout au Pécari. Toutefois les branches horizontales présentent des caractères tout particuliers. Ces branches, d'un volume colossal, marchent parallèlement Tune à l'autre dans cette partie de leur longueur qui porte les dents molaires, mais elles semblent s'écarter et se déjeter en dehors, au niveau des canines inférieures dont les alvéoles très-saillantes laissent entre elles un grand intervalle comblé par un pont transverse que constituent, en s'unissant en une symphyse énorme, les régions incisives des deux os. La grandeur de cette symphyse mesurée d'avant en arrière est telle, que dans une mâchoire de fœtus longue de 150 millimètres, son étendue égalait 60 centimètres, si bien que la perpendiculaire menée de son bord postérieur sur le plan du palais tombait sur le milieu du diamètre antéro-postérieur de cette voûte osseuse.

La largeur de la mâchoire inférieure prise dans son ensemble n'est point partout la même; l'intervalle qui sépare le bord inférieur des deux branches horizontales est beaucoup plus grand que celui qui sépare les séries parallèles formées par les alvéoles des dents molaires. Ainsi, fort écartées par leur bord inférieur, les deux branches horizontales le sont beaucoup moins à leur bord supérieur ; le plancher de la bouche et la langue elle-même sont en conséquence relativement assez é troits .

17* ANATOMJB OB X'BIPPOPOTAME.

Une disposition analogue est observée dans lot parties osseuse* qui constituent l'ensemble de la mâchoire supérieure : les deux séries des dents molaires y. sont parallèles et rapprochées Tune de l'autre ; mais cm observe un assez grand écartement entre les alvéoles des canines supérieures, et cet écartement loge deux os intermaxillaires très-courts, il est vrai, mais très-larges dans leur ensemble. . ,

Les laces externes des maxillaires inférieurs présentent de chaque côté plusieurs orifices de conduits creusés dans l'épaisseur de l'os, savoir : un orifice vers le tiers antérieur de la région des dents molaires, deux sur l'enveloppe de la canine sur le côté, Tune au-dessus de l'autre, et deux autres en avant; enfin, sur chaque côté de la symphyse, un grand orifice mentonnier terminant le canal dentaire.

La face interne des deux maxillaires inférieurs est bombée et pour ainsi dire soulevée dans le fœtus par la série des germes des dents molaires. Derrière cette partie saillante, on observe une dépression sur la région angulaire, et cette dépression s'étend sur la branche montante jusqu'à la racine du condyle. L'ouverture postérieure du canal dentaire est large, et limitée antérieurement par le bord de la lame osseuse qui flanqqe intérieurement la gouttière dentaire et joue en réalité Jie rôle d'un os operculaire.

La face interne ou buccale de la région symphysaire est large et légèrement concave dans le sens transversal ; la symphyse proprement dite ne présente de ce côté aucune crête saillante, mais, vers son bord postérieur, on observe une épine osseuse

OSTÉOLOGIR m

à large' base, à 1 la formation de laquelle prennent part les deux maxillaires.

La manière tonte particulière doàtles régions incisitesdes deux maxillaires inférieurs forment un pont transverse, unissant en avant les deux branches parallèles constituées parleurs régions molaires^ distingue au premier coup d'oeil les Hippopotames d'avec les Cochons et les Pécaris ; chez ces derniers, en effet, la symphyse présente les caractères communs aux Ruminants et aux Pachydermes tétradactyles terrestres : les Eutélodons formaient à cet égard une véritable transition entre ce» deux types.

De tas rvpèo-mmsteubm (1 ) „ — Le temporal et le cadre du tympan ne sont pas les seules pièces osseuses qui occupent le vaste intervalle compris entre le sphénoïde postérieur et la vertèbre occipitale ; en arrière de la chaîne maxillaire, se trouve la ckatme kpcèdènne ; or, ce que le temporal écailleux est à la première chaîne, le rupéo-mastoëdien l'est à la seconde; son extrémité mastoïdienne est ft peu dé chose près atrophiée dans l'Hippopotame et n'apparaît point comme pièce distincte à la périphérie du crâne entre le repéo-mastoidien et l'occipital. L'extrémité rupéale est de son côté fort petite. Elle enveloppe la labyrinthe auditif, fût commun à tous les animaux mammifères. Je ne pus m'empécher de faire remarquer ici l'extrême importance philosophique de cette relation/ Cette liaison de

(I) Ces idées ont été développées de noaveaa, x mais avec qaelquçe modifications, par M. GratiofeC, dans ses Rechercha mr Tcmatomm du Troglodytes Aubryi (ffouv.

l'organe essentiel de la faculté auditive avec la chaîne de l'hyoïde, c'est-à-dire avec un système qu'on peut à juste titre considérer comme le squelette des organes vocaux, n'est certainement pas l'effet d'un simple hasard. Elle est un nouvel exemple de ces harmonies admirables qu'une anatomie scientifique nous révèle, et qui sont pour ainsi dire la trace lumineuse d'une intelligence infinie.

Du système sternal de la tête ou de Pos hyoïde. — Ce système se compose de l'os hyoïde proprement dit, représentant la sternèbre, et des pièces latérales, représentant les côtes et leurs cartilages.

Dans le fœtus d'Hippopotame du Nil que nous ayons sous les yeux, l'os hyoïde est une pièce large et plate, assez épaisse (4 à 5 millimètres), représentant un triangle équilatéral dont les angles sont émoussés et les côtés légèrement convexes; un des côtés de ce triangle regarde en haut et les autres latéralement; par conséquent, il y a un angle inférieur et deux angles latéraux. Sur les angles supérieurs ou latéraux s'articulent les cornes thyroïdiennes longues et épaisses, dirigées presque verticalement en haut, et reliées par des cartilages aux cornes antérieures du cartilage thyroïde. Sur la face antérieure, près du bord supérieur et un peu en dedans des angles latéraux 1 , s'articulent les cornes antérieures ou styloïdiennes. Celles-ci se composent chacune de trois pièces osseuses reliées par des cartilages. La première pièce, plus courte que les deux suivantes, se porte directement en avant; la seconde presque verticalement en haut, et la troisième un peu en arrière;

cette dernière est rattachée par un cartilage à l'os rupéomastoïdien.

La troisième pièce, qui est la plus longue, est aplatie dans sa partie supérieure, qui est en rapport, ainsi que nous le verrons, avec l'artère carotide externe.

Nous parlerons, dans un autre chapitre, de la chaîne des osselets de Foule.

DES MODIFICATIONS QUE SUBIT LA TÊTE DE L'ANIMAL EN PASSANT AUX CONDITIONS

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