‹ Recherches sur l'anatomie de l'hippopotameChapitre 25 sur 45 · TÊ0L08IE · texte numérisé non relu

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la face postérieure, la plus large des quatre, est parcourue dam toute «on étendue par une vallée profonde et tout à fait caractéristique. Attribuer à la dent une coupe réniforme est donc céder arec trop peu de sévérité au désir d'abréger les descriptions par des comparaisons peu exactes. Cette dent, à son extrémité libre, est fortement usée en biseau. La couche d'émail qui la recouvre est presque partout fort mince.

Mâchoire inférieure (dents molaires).

Fairsses molaires. — Au nombre de quatre. La première est petite, uniradiculée , avec une couronue aiguë et très-comprimée. Elle est assez rapprochée de la canine.

La seconde fausse molaire a deux racines; sa couronne est forte, comprimée, avec un sommet fort élevé et dominant.

La troisième est fort semblable à la seconde, mais fait moins de saillie. Elle présente l'indice d'an petit collet à la base de sa couronne.

La quatrième, plus petite que les précédentes, est biradiculée. Sa couronne, sans aucun indice de collet, se compose d'une forte pyramide à base rhomboïdale, derrière laquelle se trouve un talon assez accusé. Elle se distingue aisément des autres fausses molaires, en ce que sa couronne n'est point comprimée et que ses racines sont plus rapprochées Tune de l'autre.

Vraies molaires. — La première est, au premier abord, fort semblable à la dent correspondante de la mâchoire supérieure, mais elle est plus petite, et, tandis que la couronne de celle-ci est à peu près carrée, la sienne est rectangulaire et plus longue

que large. Chez l'adulte, cette couronne est en général uséa jusqu'au collet; mais elle porte au commencement quatre pyramides groupées en chaîne transversale, deux à deux. L«* groupe antérieur est plus distinct du groupe postérieur qu'à la mftehoire supérieure; le type d'ailleurs est le même* Il y a l'indice d'une muraille rudhnentaire, en avant et en arrière de la dent* ce qui n a pas lieu sur la dent correspondante de la mâchoire su péri eu re.

La deuxième molaire est très-forte et d'un tiers environ plus, longue que large. Sa couronne est formée de quatre pyramides suivant le type habituel, avec un assez fort collet au côtéexterne* Ce collet se relève en uvant et en arrière de la déni en une muraille verticale. Ces conditions rappellent à peu de chose près celles qui sont réalisées dans YHippoj/otamas ompJti* bius, mais l'usure des pyramides ne fait point apparaître ces figures de trèfles quelle produit chez ce dernier; des ligures triangulaires à angles irréguliers les remplacent dans VHippopolamus Liber iensh.

La troisième molaire est la plus allongée. Elle a, comme dans YHippopotomus amphibius, quatre pyramides principales posées sur quatre racines, plus un talon énorme à sommet conique,, auquel correspond, dans tous les cas, une cinquième racinefort distincte; en outre la dent est flanquée en avant par une muraille verticale* L'usure fait apparaître des triangles sur les quatre pyramides fondamentales et une figure circulaire* sur le (une qui termine le talon.

En résumé* ces dents se distinguent des supérieures, dans

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le même animal, parce qu'elles sont sensiblement plus longues que larges. La troisième ne peut être confondue avec aucune autre, ni la première non plus. Quant à la seconde, la présence d'une muraille verticale, en avant et en arrière de sa couronne, la distingue aisément de sa correspondante à la mâchoire supérieure.

Elles se distinguent enfin des molaires des Tétraprotodons par l'absence, sur leurs cônes usés, des trèfles que tous les naturalistes ont observés chez ces derniers.

Des incisives et des canines à la mâchoire inférieure.

Les incisives, à la mâchoire inférieure, sont au nombre de deux seulement et fort écartées Tune de l'autre ; elles ont la forme de fortes tiges arrondies et s'usent en avant par leur face inférieure. Elles sont fort obliques, mais un peu moins couchées que dans Y Hippopotamus amphibius.

Les canines en particulier sont très-remarquables ; elles sont relativement fort grêles et régulièrement courbées en demi-cercle, du sommet à l'extrémité radiculaire. La forme de la tranche de chaque canine est à peu près celle d'un triangle inéquilatéral et fort allongé, dont les trois angles seraient émoussés. La face interne de la dent est presque plane; l'inférieure est convexe, l'externe est parcourue dans toute sa longueur par une petite gorge peu profonde. Cette dent, en frottant contre la canine supérieure, s'use en un biseau qui s'étend du sommet de la dent jusqu'au bord gingival pour le moins. Cette dent, par sa gracilité, rappelle à certains

«partis ce qu'on voit dans les Cochons. Une figure en fera mieux apprécier la physionomie qu'une description quelconque. Je termine ici ce que je me proposais de dire du squelette des Hippopotame* \ On pourrait en dire beaucoup plus long, en insistant sur une comparaison minutieuse des espèces vivantes et fossiles. Mais j'ai cru pouvoir me borner ici à ce qui concerne les espèces vivantes, considérées comme type par exeel^ lence de toutes les études qu'on peut entreprendre sur un genre si intéressant.

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MYOLOGIE.

L'étude du système musculaire, dans l'Hippopotame, nous révélera peu de particularités étrangères au plan général, mais elle sera pour nous une occasion d'exposer ce plan d'après une méthode, sinon absolument nouvelle, du moins beaucoup plus simple que celles qui sont le plus habituellement adoptées.

L'unité du plan général, en histoire naturelle, n'anéantit pas les différences qui résultent d'accommodations spéciales. Parfois, d'une part, certains muscles qui existaient ailleurs ne sont pas réalisés; souvent aussi, d'autre part, les mêmes muscles présentent dans leur jeu des modifications telles que des actions en résultent qui sont, cm peut le dire, caractéristiques en tant qu'elles sont commandées en quelque sorte par une préordination accommodant des organes bomelogoes à dè$ # fonctions différentes. Je ne laisserai échapper aucune occasion de signaler ces particularités intéressantes tootes les fois que j'en trouverai le motif. A quoi servirait Tanatomie, si elle ne nous fournissait des occasions toujours nouvelles d'admirer â la fois la simplicité et la sagesse des voies du Créateur? Jamais, en effet, le hasard n'a produit de si parfaites harmonies, et si, en embrassant d'un coup d'oeil l'univers , notre raison est éblouie et même égarée par r infinité des éléments de l'har-

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monie générale, du moins cette harmonie apparaît assez dans les faits particuliers pour nous dispenser de la démontrer dans l'ensemble incomplètement connu et peut-être à jamais mystérieux des êtres qui se multiplient depuis des siècles à la surface de la terre.

Les muscles sont les organes des volontés instinctives et libres. Les mouvements qu'ils déterminent racontent la pensée, expriment les besoins, en un mot, trahissent la nature et les plus secrètes émotions de l'être. Ils sont l'expression naturelle de tous les modes de son activité, et par conséquent, ils ont avec la forme, qui est la manifestation générale de l'être, plus d'un rapport incontestable. Us sont en effet liés par des relations régulières avec ce squelette, moulé en quelque sorte sur le plan du système nerveux. Nerfs, os et muscles, voilà, en vérité, tout l'animal, le reste est du domaine infiniment inférieur de la vie végétative.

J'étudierai dans ce paragraphe la loi générale de disposition des muscles dans un animal mammifère. Je ferai voir ce qu'ils présentent de spécial dans l'Hippopotame. Je remplirai par là un double devoir. Je satisferai à une fin particulière sans . cesser de considérer un seul instant ces idées générales, archétypes que lé naturaliste adore comme le but et la suprême récompense de ses travaux trop souvent arides.

Le désir d'être court et d'atteindre, autant que possible, à une description suffisante, m'entraînera sans doute dans des détails nombreux; mais la myologie, comme l'étude du squelette, est une source de caractères précieux que l'on néglige

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trop aujourd'hui. Je n'ai donc pas la crainte d'en trop dire, mais au contraire de n'en pas dire assez.

Les anciens anatomistes, préoccupés par ce qu'on appelait alors l'administration anatomique, c'est-à-dire par la nécessité d'économiser des cadavres qu'on ne se procurait qu'à grands frais, commençaient leur description par les muscles superficiels; cette méthode n'est pas la meilleure; elle ne fait pas suffisamment apparaître le plan général de la distribution des muscles. Ce plan, au contraire, se manifeste à merveille quand la description commence par les parties centrales du système, par celles qui appartiennent en propre à l'axe vertébral, en commençant toujours par les couches les plus profondes. En procédant ainsi, toutes les obscurités du système myologique disparaissent, et le résultat qui, au début de mes études anatomiques, exigeait plusieurs années d'application, peut être atteint en quelques journées, la lumière se faisant immédiatement dans l'esprit de l'élève. Si cette méthode n'est pas celle de la dissection même, elle est celle de l'esprit qui crée ses idées sur le modèle des faits qu'il observe; elle convient par conséquent à l'enseignement dogmatique.

Masele* ém la eoaefce Umffftadlmale.

(Muscles de la colonne vertébrale.)

Ces muscles sont tous longitudinaux. Ils sont, ou parallèles à l'axe du corps (muscles directs) , ou obliques par rapport à cet axe (muscles obliques). Les muscles directs vont d'un élément vertébral d'un certain nom à un autre élément vertébral de

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même nom, par exemple d'une apophyse épineuse à une apophyse épineuse, d'une apophyse transverse à une apophyse transverse, d'une côte à une côte, etc.

Les muscles obliques se portent dun élément d'un certain nom dans une vertèbre h un élément de nom différent dans une autre vertèbre, par exemple, dune apophyse épineuse à une apophyse transverse ou réciproquement, dune apophyse transverse à une côte, etc.

II y a donc deux genres de muscles vertébraux, et, dans chacun <lr ces genres, il y a des muscles de deux sortis. La première sorte est celle des muscles court*; ces muscles passeui dune vertèbre à une vertèbre très-voisine; ils sont les agents des mouvements propres à de très-petites régions de la colonne vertébrale, La deuxième sorte est celle des muselés longs; ils passent d'une vertèbre h une vertèbre plus éloignée et agissent simultanément sur une région très-étendue de la colonne vertébrale.

Ainsi les muscles courts déterminent des mouvements de détail ; les muscles longs déterminent des mouvements d'ensemble.

Ces choses sont immédiatement intelligibles. IL en résulte naturellement qu'il peut y avoir des muscles courts directs et des muscles courts obliques, des muscles longs directs et des muscles longs obliques.

La nature des choses indique également que, dans la disposition réciproque de ces muscles, les courts sont les plus pro~ fonds, les longs les plus superficiels. C'est là un fait nécessaire et par conséquent facile à concevoir.

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