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A. — RÉGION CERVICALE

a. — Pans le fœtus.

1° Voilas y dont les partie* composantes sont encore séparées, présente en avant un noyau, en forme de cœur, très-bas et très-large eu égard à sa hauteur, dont la pointe est dirigée en bas; sur les côtés, deux masses latérales dont le noyau principal est k peu près cunéiforme. Le tranchant des coins vient horizontalement s'appuyer sur les côtés du noyau médian, mais par une de ses extrémités seulement; le reste est lisse et forpae les parois latérales de Véchancrure odontoïdienne ; leur base est irrégulièrement quadrilatère; nous y reviendrons dans un

16 A.NATOMïE DE L'HIPPOPOTAME

instant Leurs faces Ultérieure et postérieure sont articulaires;

lu première est un peu concave, ses côtés sont un peu courbes ; elle est revêtue d'un cartilage épais et s'articule avec l'occipital, La postérieure, beaucoup plus plane, est trapézoïdale ; trois de ses bords sont reclilignes, mais le quatrième, c'est-adire le postérieur, est concave- Celle face n'est pas située verticalement au-dessous de la précédente, qu'elle devance un peu; elle ne lui est pas non plus exactement parallèle, l'épaisseur du corn étant plus grande extérieurement que du côté de l'anneau. Elle est d'ailleurs comme l'antérieure revêtue de cartilage et s'articule avec Vaxis. A sa face interne, la base est confondue avec la racine de l'arc osseux supérieur formé par les lames de l'atlas; libre dans le reste de son étendue* elle y présente une concavité légère et fait partie de l'anneau. La face externe, ou, pour mieux dire, l'antérieure présente une sorte de fosse circulaire au fond de laquelle est l'ouverture d'un large canal qui parcourt obliquement la base, s'ouvre à sa surface dans une gouttière profonde qui la contourne, et aboutit à une large échancrure creusée sur le bord supérieur de la lame vertébrale.

La manière dont ce canal et cette gouttière se forment mérite de fixer l'attention, parce qu'elle établit, entre ce trou des masses latérales de l'atlas et ceux des autres cervicales une différence manifeste. Ils ne paraissent pas, en effet, résulter du rapprochement de pièces primitivement séparées, mais de l'union de crêtes recourbées, l'une vers l'autre, et enfin réunies en quelques points par suite des progrès de l'ossification. Ces

progrès amènent d'ailleurs des modifications ultérieures, et l'échancrure qui termine la gouttière est, dans l'adulte, convertie en un véritable trou par le rapprochement et la coalescence des extrémités de Tare osseux qui l'enveloppe. Les trous des masses latérales des autres vertèbres cervicales se forment d'une autre manière et dans un autre lieu.

L'atlas, à cette époque de la vie, ne présente point ces deux ailes osseuses énormes qui, dans l'adulte, terminent ses masses latérales. Ces ailes sont alors non-seulement peu développées, mais en outre entièrement cartilagineuses; elles acquièrent avec l'âge un développement prodigieux, et donnent à l'atlas une largeur égale à celle de la tête mesurée d'une arcade zygomatique à l'autre. Elles sont alors un peu recourbées en avant, concaves sur leur face antérieure, sensiblement planes sur la postérieure, et tuberculeuses à leurs extrémités. Leur base occupe toute la hauteur de la vertèbre ; ce caractère permet de distinguer les Hippopotames d'avec les Rhinocéros, où elles sont pédiculées et à la fois plus étroites et plus massives. Leur extrémité libre est d'ailleurs, dans ces animaux, tuberculeuse dans toute sa hauteur, tandis que, dans l'Hippopotame adulte, la partie tuberculeuse est limitée à l'angle postérieur de l'aile et reliée à son angle antérieur par un bord mince, arrondi et presque rectiligne.

Parmi les modifications que l'âge amène dans les masses latérales, nous signalerons encore un grand accroissement de hauteur d'une face articulaire à l'autre ; en s'accroissant ainsi, elles changent de physionomie à tel point, qu'à peine pour-

rait-on reconnaître au premier abord quelque analogie entre les formes transitoires et les formes définitives (1) .

Les lames vertébrales proprement dites ne sont pas encore réunies en une apophyse épineuse osseuse ; les épiphyses qui la couronnent dans l'adulte sont encore complètement cartilagineuses. Elles circonscrivent avec les masses articulaires un anneau régulièrement elliptique, dont le grand diamètre est transversal. Quant à Vèchancrvre odontoïdienne, elle est large et à peu près rectangulaire.

La manière dont ces lames vertébrales se comportent relativement aux apophyses articulaires fait naître un soupçon naturel; il semble qu'elles soient après tout indépendantes des

(4) Cuvier dit à peine quelques mots de l'atlas et de l'axis. 11 signale seulement deux caractères sur lesquels il est à propos de s'arrêter un instant : a Les apophyses transverses de l'atlas, dit ce célèbre auteur» s'élargissent en arrière, en sorte que leur angle antérieur est obtus et le postérieur aigu, v Cette remarque très-vraie a cependant besoin d'être expliquée. En réalité, l'aile est quadrilatère, l'un des côtés adhère au corps de l'atlas. Or, le côté antérieur étant de moitié plus court que le postérieur, il s'ensuit que le quatrième côté, l'externe, est taillé fort obliquement. Ces remarques confirment d'ailleurs l'assertion de Cuvier.

La seconde proposition a été contestée par Blainville, la voici en propres termes : « Ce qu'il y a de bien remarquable, c'est que l'atlas et Taxis, outre les facettes articulaires ordinaires, en ont encore chacune deux autres vers la partie dorsale. » Noua avons examiné avec attention le squelette qui a servi aux études de Cuvier, et l'existence de ces facettes est parfaitement certaine. La critique de Blainville n'est dono pas fondée. Hâtons-nous de dire cependant que sur les deux autres squelettes de la collection du Muséum, et en particulier dans l'Hippopotame de Natal, qui appartient bien à la division de Y Bip p. Australie, il n'y a aucune trace de ces faoette* ckmt l'existence, dans l'individu recueilli par Delalande, était peut-être un fait individuel ; j'insiste là-dessus pour montrer combien il est dangereux de conclure pour toute l'espèce d'après un seul individu.

Qf. Cuvier, Os*. fo$s. t 3 e édit., t. I, p. 390, et Blainville, Ostéographie G. Bippoph tame,p t 46.

masses latérales proprement dites, à la base desquelles elles se seraient soudées; les ailes cartilagineuses elles-mêmes paraissent moins leur appartenir qu'aux masses articulaires» S'il eu était ainsi, ces masses, et les lames qu'elles portent, représenteraient les ailes costales interposées par leur base énormément élargie entre l'extrémité latérale des lames (apophyses transverses rudimentaires)» et le noyau antérieur si réduit de cette vertèbre exceptionnelle. Ce ne serait donc plus par des apophyses émanées de ces lames que l'atlas s'articulerait soit avec l'occipital, soit avec l'axis, ainsi que cela a lieu pour la plupart des vertèbres juxtaposées entre elles, mais par la base énormément développée de ses ailes costales. Nous dirons dans un instant ce qu'il faut penser là-dessus.

2° Vaxis. Cette vertèbre présente un développement proportionnel à celui de l'atlas. Le corps, très-robuste, porte sur sa face inférieure une crête médiane qui sépare deux facettes obliques et concaves; sa face supérieure est plane et à peu près rectangulaire; ses faces latérales sont quadrilatères; elles s'articulent avec les masses latérales de la vertèbre.

Ces masses latérales sont remarquables. En avant, elles offrent le type de l'atlas, en arrière elles sont conformes au type des vertèbres cervicales moyennes. On y distingue aisément une apophyse transverte au devant de laquelle est un trou qui la sépare d'une partie costale, avec laquelle elle est d'ailleurs intimeniettt soudée. La masse transversaire qui résulte de cette union est creusée & sa face supérieure en une large gouttière qui aboutit derrière la masse articulaire à une échancrure profonde. Cette

gouttière et cette échancrure correspondent évidemment à celles que nous avons décrites dans l'atlas; mais le tubercule de l'apophyse transverse ne se prolonge point en une lame osseuse, de manière à ceindre la gouttière d'une enveloppe osseuse ainsi que nous l'avons vu pour l'atlas. Dans l'adulte, cependant, l'échancrure qui la termine du côté de l'anneau est formée et complétée par une languette osseuse, ce qui a lieu également pour l'atlas. On démontre ainsi que le tubercule qui la limite postérieurement a son analogue sur la vertèbre atlas. On verra dans un instant, en le comparant avec ses analogues dans les autres vertèbres cervicales, quelle est sa signification véritable.

Les lames vertébrales proprement dites se développent au delà de cette échancrure en une palette quadrilatère en forme de fer de hache pédicule. Les angles de la palette qui correspondent à ce pédicule sont fort saillants, le postérieur porte un tubercule articulaire et s'articule en effet avec un tubercule correspondant de la troisième vertèbre. C'est donc là une apophyse articulaire normale, et au-dessous d'elle se trouve un trou de conjugaison. L'angle pédiculaire antérieur a évidemment la même signification, mais il ne s'articule point avec la lame de l'atlas, et son rôle se borne à circonscrire et à fermer l'échancrure dont nous avons parlé, et qui en effet n'est rien autre chose qu'un trou de conjugaison. Ces remarques générales nous conduisent à interpréter aisément les faits qu'on observe dans la vertèbre atlas. La gouttière y est transformée ent canal, l'échancrure qui la termine est un trou de conjugaison, et le tubercule de la lame vertébrale qui limite cette

échancrure en arrière n'est rien autre chose que le vestige d'une apophyse articulaire antérieure qui ne s'est point réunie avec l'occipital.

Il est dès à présent facile de déterminer la signification de la masse articulaire antérieure de Taxis. Cette masse encroûtée de cartilage repose à la fois sur la racine de l'appendice costal et sur celle de la lame vertébrale proprement dite. Il en est de même pour les deux surfaces articulaires de l'atlas. Il est donc évident que ces vertèbres, par leur mode d'articulation, diffèrent essentiellement des vertèbres rachidiennes, qu'en un mot, elles ne s'articulent point par des apophyses émanées de leurs lames vertébrales, au-dessus des trous et des échancrures de conjugaison, mais bien au-dessous de ces trous, par les racines mêmes des lames et par la base de leurs appendices costaux.

Du côté de l'apophyse épineuse, les lames de l'axis sont encore complètement distinctes, et les épiphyses qui les surmontent sont entièrement cartilagineuses. Cette apophyse est d'ailleurs très-large, prolongée au-dessus de la troisième vertèbre, et sa forme future est à peu près indiquée.

Le noyau de V apophyse odontdide, de forme pyramidale, est encore bien distinct, à cette époque, du corps même de l'axis. La face inférieure est convexe, la supérieure est légèrement concave. Un cartilage sépare de l'axis la base de cette pyramide, qui semble, en conséquence, occuper la place* et avoir la signification d'un corps de vertèbre; mais deux hypothèses sont possibles. Ce corps est-il celui de la vertèbre atlas, et cette circonstance explique- t-elle l'anomalie apparente de cette

ÀNÀTnMIE PK L'HIPPOPOTAME.

ï? Appartient-il, au contrains à quelque intermédiaire atrophiée dans ses autres éléments? Nous pen chons pour le premier parti» mais 08 tient pas ici te lieu discuter cette question.

S* J>j pfVtj é&rmèrss cervicales. — Toutes les autres verte tlu cou présentent des caractères communs, à la réserve quelques différences que nous allons sommairement indiqu savoir :

a) La hauteur des masses tra ns versai res, mesurée venica! ment du sommet de l'apophyse articulaire antérieure à celui de l'apophyse transverse, décroît régulièrement de la troisièi jusqu'à la septième inclusivement.

h) Réciproquement, l'arc constitué par les lames supérieu s'élève en une apophyse qui devient de plus en plus saillait de la troisième jusqu'à la septième inclusivement.

r) La largeur des lames croît dans le même sens, mais d'u manière insensible, de la troisième à la sixième, tandis que cette largeur augmente brusquement pour la septième, qui égale à cet égard la première dorsale.

Pour le reste, la même description convient, à très-peu é

ela- Los

masses ou éléments transversales sont remarquables : elles s'appuient sur les côtés du corps de la vertèbre et dans toute son épaisseur par une base large de laquelle naissent, d'une manière assez difficile à peindre par des paroles, plusieurs

chose près, à toutes ces vertèbres. Leur corps, large et rcla tivement très-plat, est peu convexe à la face inférieure*

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