MUSCLES M LA JAKBH 1T BU PIED
Face dorsale.
Lejambier antérieur (premier métatarsien dorsal) se compose d'un faisceau tarsien et d'un faisceau métatarsien. Le muscle tarsien qui, dans le haut de la jambe, est le plus superficiel, est large et fort. Ses attaches supérieures sont assez compliquées si on veut les décrire avec précision. Elles se font à la tubérosité antérieure du tibia, au bord externe du ligament rotulien, à la capsule articulaire, à un ligament tibio-rotulien externe sur lequel se terminent d'autre part une partie des fibres du biceps (1), à la face antérieure de la rotule, à la face antérieure du ligament rotulien, et enfin à la face interne de la capsule articulaire. Ce muscle se termine par un tendon qui se porte obliquement sur la face interne du cunéiforme, se fixe à cet os, et envoie une petite expansion à l'os métatarsien.
Le muscle métatarsien naît par un tendon très-fort de la lèvre même du condyle fémoral externe. Ce tendon adhère à la capsule, glisse dans une gouttière entre la tubérosité externe et la tubérosité antérieure du tibia, et fait place à un système en partie charnu, en partie aponévrotique, lequel au niveau des malléoles se divise en deux chefs. Le chef interne se termine par un tendon perforé qui se rend par une de ses divi-
(?) Cb rcpfcé tes séptiu
sions sur le cunéiforme interne et par l'autre sur la face dorsale de la base du métatarsien. Le chef externe, réuni en arcade avec le précédent, forme une lame considérable qui va se terminer sur le cuboïde et sur la base du cinquième métatarsien, en fournissant une gaine fibreuse qui enveloppe le court péro-
nier latéral et le sépare du long péronier.
L'extenseur commun des doigts ou extenseur direct naît tout entier de la face profonde du tendon par lequel le muscle précédent s'attache au fémur. Il se divise en quatre tendons. Ceux du troisième et du quatrième doigts restent réunis jusque trèsprès de la base des premières phalanges ; là ils se séparent, le plus interne se portant en dedans vers le troisième doigt, le plus externe se portant en dehors vers le quatrième. D'ailleurs quelques expansions aponévrotiques relient encore ces tendons dans toute leur étendue.
Les extenseurs latéraux sont fournis en partie par le pédieux, en partie par le court péronier latéral. Ce dernier muscle fournit des tendons au quatrième et au cinquième doigts, le pédieux fournit des digitations au deuxième, au troisième et au quatrième.
Il y a un muscle que Ton peut comparer à un extenseur propre du pouce (tel que celui que l'on voit chez les animaux à cinq doigts) . Ce muscle, assez grêle, s'attache au quart supérieur du péroné, près du court péronier latéral; une aponévrose le sépare de l'extenseur commun. Il se place sous la face profonde du faisceau métatarsien du jambier antérieur, perfore son tendon au niveau du scaphoïde, se porte au côté libre du
MYOLOGIE. f 293
métatarsien interne, et vient obliquement s'insérer sur la base de la première phalange du doigt interne.
Il y a Un muscle pédieux large et épais qui se fixe sur le calcanéum et sur l'astragale et qui se divise en trois faisceaux charnus. L'un de ces faisceaux se porte obliquement en dedans sur la face dorsale de la première phalange du doigt interne, c'est-à-dire le deuxième, le premier manquant. Les deux autres vont coiffer la face dorsale de la première phalange de chacun des deux doigts intermédiaires. Dans la partie antérieure du métatarse, ils adhèrent à la face profonde de l'extenseur commun. Il résulte de la disposition de ces deux faisceaux que le plus externe va en partie au côté interne du quatrième doigt, et que le plus interne va en partie au côté externe du troisième, ce qui est en rapport avec la présence d'un système digital pair.
Le court pérœùer latéral s'attache à la partie moyenne du péroné, il se termine par un tendon qui se place dans une gouttière située sur le côté libre de la malléole externe, se réfléchit, et se divise en deux parties pour fournir l'extenseur latéral du cinquième doigt et celui du quatrième.
Ce muscle est placé au côté externe de la jambe, un peu en arrière du long péronier. La gouttière que lui offre la face externe de la malléole occupe la moitié postérieure de cette face. La gouttière où se place le tendon du long péronier en occupe la moitié antérieure (1) .
(I) En passant sur le tarse, le tendon du long pérower croise celui du court péronier. Dans ce croisement, c'est le tendon du long péronier qui est le plus superficiel. Des deux divisions que présente le tendon du court péronier, celle du doigt externe est
294 * ANATOMIE DE ETnPPOPOTAME.
Le Img péronier latéral tient du péroné et de la tubérosité externe du tibia. Son tendon terminal s'attache principalement au cunéiforme interne et n'envoie qu'une faible expansion au métatarsien. La gouttière dans laquelle il se réfléchit en atteignant le tarse n'appartient pas seulement an euboide? elle est formée en partie par cet os, en partie par le cinquième métatarsien. Un frein vigoureux rattache le tendon an fond de la gouttière, qui est fermée par des ligaments tarso- métatarsiens très-vigoureux.
Face plantaire.
Muscle court allant du fémur au tibia.
Le popliti s'attache au tier? supérieur du tibia. Ses fibres inférieures sont assez obliques, les supérieures presque transver^sales. Il s*msère d'autre part, à l'aide d*un tendon arrondi assez fort, à la lèvre même dncondyïe externe du fémur.
Muscle du tarse correspondant au cubital palmaire de la main.
Il est représenté par le jumeau externe , auquel s'unit le jumeau interne.
Le jumeau externe est constitué par un corps charnu trè^-forl qui s'attache au condjrte externe du fémur, en partie par un troasseau tendineux, en partie par des fibres charnues ? le plan des fibres charnues se continue sur le comlyte externe
beaucoup plus forte qoe Taotre. En «rivant avec attention rorigine des fflfrw de ces deux (Avisions, on voit que celles de la division interne viennent ée la partie postérieure do mosde, en sorte que, sons ce rapport» il j a encore uù croisement.
MYQLQ01E. 295
du tibia et sur la tête du péroné ; peut-être le faisceau de ces dernières fibres pourrait-il être considéré comme le vestige d'un muscle soléaire. Ce muscle se termine par un tendon aponévrotique épais qui va s'attacher à la lèvre externe de la tubérosité calcanéenne.
Le jumeau interne est également très-fort. 11 s'attache en éventail à tout le condyle interne du fémur et même à la tubérosité interne du tibia. Quelques fibres se portent sur une gaine aponévrotique qui enveloppe les vaisseaux fémoraux. Il se termine par une aponévrose qui s'unit au tendon du jumeau externe et se porte avec lui sur le bord externe du calcanéum. Ce tendon commun reçoit sur son bord externe l'expansion aponévrotique du biceps.
Muscle fléchisseur des premières phalanges et des deuxièmes phalanges.
C'est le muscle plantaire grêle, qui est d'une force et d'une épaisseur remarquables. Placé immédiatement au-dessus et en dedans du jumeau externe, il prend naissance dans l'enfoncement qui surmonte le condyle externe par un très-fort tendon sur lequel s'attachent quelques>fibres du jumeau externe. Il se termine à 3 centimètres du calcanéum par un tendon très-fort et très-épais. Ce tendon glisse sur une gouttière que lui offre la tubérosité du calcanéum, envoyant une expansion fibreuse à chacune des lèvres de cette gouttière, et se dirige en s'étalant vers les doigts. U se termine par quatre digitations qui fournissent à chaque doigt le fléchisseur superficiel de la première phalange et celui de la deuxième. Ce tendon aponévrotique remplace à la
fois l'aponévrose plantaire et le court fléchisseur des orteils. Il contient dans son épaisseur des fibres charnues que Ton voit par transparence en le regardant par sa face profonde.
Dans son trajet à la région jambière, le plantaire grêle contourne la masse des jumeaux. Après s'être placé au côté interne du tendon d'Achille, il lui devient postérieur.
C'est sur son tendon que viennent se terminer les expansions aponévrotiques du droit interne et du demi-tendineux :
Muscle fléchisseur des phalanges terminales {fléchisseur profond ou perforé) .
Ce système se compose, d'une part, d'un muscle très-vigoureux formé de deux corps charnys. L'un de ces corps charnus vient de la face postérieure du tibia et du ligament interosseux , l'autre vient du péroné ; ils s'unissent intimement l'un à l'autre, et la masse commune s'engage dans une gouttière profonde entre la malléole interne et le talon du calcanéum. En ce point, le muscle se termine par un gros tendon plat très-fort et trèsépais qui glisse dans la gouttière calcanéo-astragalienne, se porte vers les doigts, et, au niveau des bases des os métatarsiens, se divise en quatre tendons. Celui du cinquième doigt est médiocre, ceux du quatrième et du troisième doigts sont très-forts, celui du deuxième est très-faible*
Il y a en outre un second muscle qui s'attache au tiers moyen de la face postérieure du tibia, immédiatement audessous du muscle poplité. Ce muscle, bien moins fort que le précédent, fournit un tendon qui glisse dans une gouttière spéciale creusée sur la face postérieure de la malléole interne,
MYOLOGIE. 297
puis se porte obliquement vers le bord interne du tendon précédent, l'atteint au niveau du cunéiforme, lui adhère intimement, et s'épanouit sur sa face profonde de manière à fournir des fibres à chacun des quatre tendons.
Le premier de ces muscles correspond à celui que Ton désigne chez l'homme sous le nom de fléchisseur propre du pouce, le second à celui que Ton désigne sous nom de fléchisseur commun des orteils.
Il n'y a qu'un seul muscle lombrical; il naît de la surface du tendon commun et se rend au troisième doigt, qui est ici le deuxième.
Dans cette description des muscles de la face plantaire de la jambe, il n'a pas été fait mention du jambier postérieur, qui en effet manque absolument chez l'Hippopotame.
Muscles interosseux. — Le pouce manquant, c'est le deuxième doigt qui occupe le bord interne du pied.
Ce deuxième doigt reçoit trois faisceaux musculaires. Le premier va s'insérer sur le sésamoîde interne et sur le côté interne de la première phalange. Le second faisceau s'attache au sésamoîde externe. Le troisième faisceau, en grande partie fibreux, offre deux terminaisons: Tune qui se fixe au côté externe de la première phalange du second doigt, l'autre qui se porte au côté interne de la première phalange du troisième doigt. Ces trois faisceaux musculaires prennent leur origine sur les ligaments du tarse, près de la ligne médiane, et se dirigent obliquement en dedans.
Le troisième doigt reçoit d'abord l'expansion dont nous venons dé parler, et, en outre, deux muscles interosseux assez
298 ANATOMIE DE LTOPPOPOTAME.
faibles viennent s'attacher l'on à son côté interne, l'autre à son côté externe.
Le quatrième doigt reçoit deux muscles également faibles, l'un interne, l'autre externe.
Ces quatre derniers muscles Tiennent des ligaments tarsométatarsiens. Ils sont tendineux à leur origine.
Le cinquième doigt (qui n'est ici que le quatrième) présente une sorte d'éminence hyppthénar.
On voit d'abord un muscle qui correspond k l'abducteur. Il vient du calcanéum, immédiatement en avant de la gouttière oii glisse le muscle plantaire, et du ligament annulaire externe. Ce muscle, en grande partie ligamenteux, va s'attacher au sésamoïde externe et à la base de la première phalange; il concourt à former la gatne des fléchisseurs.
Un autre muscle représente un court fléchisseur réuni à une sorte d'opposant. II vient du ciiboide et s'insère également au sésamoïde externe. Enfin il y a un adducteur qui s'insère sur les ligaments carpiens en s'entrecroisant avec les muscles du second doigt, et se porte obliquement sur le sésamoïde interne et sur le côté interne de la base du cinquième doigt.
MUSCLES QUI MEUVENT LE MAXILLAIRE INFÉRHfflB.
En ce qui regarde le masséter, le ptérygoïdien interne et le ptérygoïdien externe, nous nous bornerons à dire que ces muscles sont d'une force remarquable.
Le temporal, très-vigoureux, présente particulièrement à cou-
MYOLOGiE. 299
sidérer udl faisceau postérieur qui ajpt spécialement sur l'apophyse coronoïde, et que Ton peut désigner sous le nom de rmocfe coro MÀ di e n.
Le diçastriquê, ou abaisseur de la mâchoire, est d'autant plus important à considérer qu'il joue, ainsi que nous le verrons plus loin, un rôle très-curieux relativement à la circulation du sang dans l'artère carotide externe. Ce muscle, chez l'Hippopotame, no mérite en aucune façon le nom de digastrique, ses fibres charnues n'étant interrompues par aucune intersection tendineuse. Il se compose de deux faisceaux dont chacun doit être décrit séparément.
L'un de ces faisceaux naît du sommet de l'apophyse jugulaire par un tendon arrondi. Il se dirige sous l'aspect d'un fuseau assez épais en avant et en bas, arrive au niveau du genou antérieur de la corne styloïdienne de l'os hyoïde, reçoit en ce point une expansion fibreuse émanée de la partie interne de la corne thyroïdienne, et va se terminer sur la branche horizontale de la mâchoire inférieure, dont il occupe le tiers moyen.
Ce faisceau, placé très^prpfondémeut pur rapport & l'angle de la mâchoire, dont il est séparé par kt glande sons-maxillaire et par la veine jugulaire externe, est recouvert par le muscle stylo-hyoïdien, qui ne lui fournît aucune anse fibreuse jouant le rôle de poulie de réflexion*
Le second faisceau, icamq u n ble par su force, par sa largeur, et par son épaisseur, se fixe au tiers antérieur de la branche horizontale du maxillaire inférieur. Eu arrière, toutes ses fibres s'attachent au raphé setrs -hyoïdien, qui le sépare du muscle
300 ANATOM1E DE L'HIPPOPOTAME,
sterno-hyoïdien, et, par l'intermédiaire de ce raphé, au corps de l'os hyoïde.
Le muscle mylo-hyoidien se compose de trois ordres de fibres qui remplissent le triangle compris entre l'os hyoïde et les branches horizontales de la mâchoire. Celles qui occupent le tiers antérieur forment des anses qui vont d'uncôté à l'autre sans entrecroisement; celles qui occupent le tiers moyen s'entrecroisent sur la ligne médiane ; celles qui occupent le tiers postérieur se fixent sur le bord latéral correspondant du corps de l'hyoïde et un peu sur la corne thyroïdienne.
Les muscles génio-hyoïdien et génio-glosse ont été décrits en parlant de la couche longitudinale dont ils font partie.
MUSCLES PEAUC1ERS.
Le plan superficiel de la couche circulaire est constitué par les muscles peauciers.
Nous commencerons la description de ces muscles par celle de cette vaste couche qui enveloppe le tronc, et que l'on désigne vulgairement sous le nom de pannicule charnu.
Ce muscle peaucier forme au corps de l'animal, une vaste enveloppe tendue entre la ligne médio-dorsale et la ligne, médiove n traie. Ces deux lignes divisent l'ensemble du muscle en deux moitiés symétriques. Ce que nous dirons de l'une se rapporte donc nécessairement à l'autre.
Nous prendrons pour point de départ la ligne médio-dorsale. Cette ligne est remarquable par la présence d'un raphé fibreux
MYOLOGIE. 30!
sans adhérence sensible avec les apophyses épineuses et par conséquent très-mobile. Ce raphé, que nous pouvons considérer comme une bandelette fibreuse très-étroite, s'élargit en arrière au niveau du sacrum et se continue avec une large aponévrose superficielle qui recouvre l'ensemble de la région fessière et de la région tibiale postérieure, et vient se confondre tant avec l'aponévrose tibiale qu'avec les aponévroses superficielles du pied. Ce raphé et cette aponévrose sont le lieu d'origine de toutes les fibres musculaires du peaucier.
Nous diviserons ces fibres en antérieures, moyennes et postérieures.
Les fibres postérieures se détachent le long d'une ligne courbe assez régulière de l'aponévrose que nous venons de signaler tout à l'heure à la région fessière. Leurs insertions mesurent tout l'intervalle qui sépare l'épine iliaque postérieure de l'articulation féraoro-tibiale. Parties de ce point, elles se se dirigent d'arrière en avant, puis se recourbent sur la partie inférieure de l'abdomen pour se rendre à la ligne médiane inférieure, qu'elles joignent un peu en arrière de l'ombilic. Il résulte de cette disposition que Thypogastre n'est point pourvu de peaucier.
Ces fibres couvrent l'abdomen depuis le point que nous venons d'indiquer jusqu'au sommet de l'appendice xyphoïde.
Les fibres moyennes naissent dans toute l'étendue de la ligne médio-dorsale, depuis le sacrum jusqu'à la vertèbre proéminente. En bas, elles se terminent les unes au bord postérieur de l'aponévrose axillaire, les autres sur le fascia superficiel
M2 ANATOMIR DE L'HIPPOPOTAME.
du bras. Ces dernières fibres forment un plan limité en avant par un bord bien défini et parallèle à la verticale de l'animal.
Ces deux premières portions du peaucier offrent me direction sensiblement longitudinale, et peuvent ainsi imprimer à la peau une sorte de locomotion convulsive antéro-postérieure. Mais, si Ton examine ce qu'elles devaient être dans les premières périodes du développement, il est facile de se convaincre qu'alors elles étaient transversales.
Les fibres antérieures du peaucier couvrent l'avant de la région thoracique et la région cervicale, où elles affectent une direction transversale. Les unes, situées sur le sternum, recouvrent le grand pectoral et viennent se terminer dans le fascia superficiel du bras; les autres vont rejoindre la lame aponévrotique qui revêt immédiatement le grand ligament cervical. Enfin un dernier faisceau recouvre la région sous-maxillaire dans l'espace compris entre les branches horizontales du maxillaire inférieur.
Chez l'Hippopotame, la portion du peaucier qui recouvre la moitié antérieure de la région cervicale forme un faisceau trèsépais qui adhère d'une manière intime au raphé sous-hyoïdien, et, par l'intermédiaire de ce raphé, agit sur l'os hyoïde avec le digastrique et le sterno-hyoïdien!
Outre ce grand système qui constitue à proprement pari» le pannicule charnu, on doit compter dans les muscles peauciers les faisceaux charnus qui donnent de la mobilité aux différentes régions de la face, c'est-à-dire aux oreilles, aux yeux, aux narines et aux lèvres.
MYQLOGdE. . 303
Les oreilles de f Hippopotame ont une grande mobilité. Elles peuvent se tourner en avant et en arrière, se relever et s'abaisser- Pour faciliter la description» on peut supposer que l'ouverture du pavillon est tournée en avant.
Il y a deux muscles axricyJaire* antérieurs : l'un se fixe sur l'arcade lygomatique, l'autre sur l'apophyse orbitaire externe. Ils atteignent ensemble le bord antérieur de l'oreille* Là leurs fibres se séparent de nouveau pour se porter, les unes sur la face externe ou inférieure, les autres sur la face interne ou supérieure du pavillon.
Il y a un muscle auriculaire postérieur qui émane du peaucier de la nuque. Eu atteignant le bord postérieur de l'oreille, ses fibres se divisent en deux faisceaux qui se portent l'un sur la face interne, l'autre sur la face externe, où ils s'entrecroisent avec ceux des muscles auriculaires antérieurs.
Il y a deux muscles auriculaires supérieurs. L'un vient obliquement de la ligne médiane, où il s'insère en arrière des orbites. H se porte sur la face interne ou supérieure du pavillon et se prolonge presque jusqu'à son sommet. C'est le faisceau profond. L'autre vint également de la ligne médiane, mais, au niveau même def ensile, il se porte transversalement vers le bord du pcvflkxL, où il s'insère. C'est le faisceau superficiel.
Il y a un muscle auriculaire inférieur. C'est un faisceau grêle, très-kmg, qui se fixe à la partie supérieure de la crête qui borde l'augle de la mâchoire inférieure, et qui se porte sur la frœ externe eu inférieure du pavillon. Il se prolonge presque jusqu'au sommet de celui-ci.
La région orbitaire présente un muscle orbitaire et un muscle palpèbraL Le muscle buccinateur est vigoureux. .
Il y a pour la lèvre inférieure un orbiculaire d'une force considérable. Un petit faisceau de ce muscle contourne l'angle des lèvres, se prolonge sur la lèvre supérieure à une distance d'environ 2 centimètres et s'épuise. Il n'y a pas pour la lèvre supérieure d'autre vestige de muscle orbiculaire, toutes les fibres de l'orbiculaire situées en arrière de la commissure se fixant au maxillaire supérieur.
Le grand zygomatique mérite une attention spéciale. Il naît par un faisceau aponévrotique de l'arcade zygomatique, et, par des fibres charnues, de l'os malaire. 11 se dirige très-obliquement vers le quart antérieur de la lèvre, immédiatement audessous de la narine.
Le releveur commun de F aile du nez et de la lèvre supérieure est un vaste plan charnu qui se fixe sur la ligne médiane en recouvrant les os nasaux. Une partie de ses fibres se rend dans la lèvre à partir de la commissure jusqu'à la hauteur de la narine. Une autre dans le bourrelet qui limite la narine supérieurement. Enfin les fibres les plus antérieures marchent presque longitudinalement en dedans de la narine et se rendent dans la lèvre ; ce sont, comme nous le verrons, ces dernières fibres qui concourent le plus efficacement à l'occlusion de cet orifice. .
Le myrtiforme est énormément développé. Il se compose de faisceaux ascendants qui se fixent sur la partie antérieure de l'intermaxillaire et qui vont se terminer les uns dans la peau de la lèvre, les autres dans la peau de cette sorte d'opercule
MYOLOGIË. MS
qui limite inférieurement la narine. Le myrtiforme concourt très-efficacement à la dilatation de cet orifice.
ém rkjoMe et dm laryax.
Ces muscles, pour la plupart, ont été décrits plus haut, les uns avec les muscles de la couche longitudinale, les autres avec les muscles de la couche circulaire. Il nous reste encore à parler de quelques faisceaux.
Le constricteur inférieur du pharynx s'attache comme d'habitude sur les parties latérales des cartilages cricoïde et thyroïde. Il recouvre en partie le constricteur moyen qui se fixe sur le bord latéral, sur le coude, et un peu sur le bord antérieur de la corde thyroïdienne de l'hyoïde. Celui-ci recouvre à son tour une partie du constricteur supérieur du pharynx qui s'attache en éventail sur le bord antérieur de la corne thyroïdienne ainsi que sur le bord postérieur des deux premières pièces de la corne styloïdienne, et dont les fibres se portent en partie autour du pharynx, en partie sur un ligament qui s'attache à l'os basilaire en dedans et en arrière de l'apophyse jugulaire. C'est entre le constricteur supérieur et la paroi même du pharynx que se placent les fibres de l'hyo-glosse dont nous avons parlé plus haut.
Un plan musculaire, que l'on peut appeler cératoïdien latéral, réunit l'une à l'autre les deux cornes de l'hyoïde; il se fixe
d'une part à presque tout le bord antérieur de la corne thyroïdienne, et, d'autre part, au bord postérieur des deux premières
pièces de la corne styloïdienne.
Un petit muscle que Ton pourrait nommer cèratoidien antérieur se trouve placé sur le bord antérieur de la corne styloïdienne; il est tendu entre la seconde pièce et la troisième.
Enfin la première pièce de la corne styloïdienne est réunie à celle du côté opposé par des fibres charnues transversales auxquelles on pourrait donner le nom de muscle cèratoidien médian.
Le stylo-pharyngien naît par un faisceau aponévrotique assez faible de la face antérieure de l'apophyse jugulaire et de la face postérieure du dernier segment de la corne styloïdienne : il plonge en s'étalant sous les constricteurs et s'épanouit sur la paroi du pharynx.
Le stylo-hyoïdien s'attache à la face antérieure de l'apophyse jugulaire et k la pièce de la corne styloïdienne qu'un ligament réunit à la base du crâne ; il se dirige presque directement de haut en bas, et s'élargit en s'étalant pour se fixer sur la corne thyroïdienne en dedans de son inflexion. Il recouvre, ainsi que nous l'avons dit, le digastrique, mais ne lui fournit aucune anse de réflexion. Il est, comme ce muscle, recouvert par la veine jugulaire externe et par la glande sous-maxillaire.
Le stylo-glosse naît de la partie supérieure ùi troisième segment de la corne styloïdienne et un peu de son cartilage terminal; il forme un faisceau assez épais qui supplique au côté externe de la langue dans laquelle il s'épanouit.
MYOLOGIE. s«
On peut distinguer un. petit faisceau plat dont il recouvre L'origine et qui va se perdre dans la base de la langue près du pilier antérieur du voile du palais.
L'hya-flosse s'épanouit dans la langue immédiatement en dedans du stylo-glosse. La direction de ce muscle est oblique, et sa partie interne est assez étroite. Il glisse sur la corne styloïdienne et se fixe à la face antérieure de l'os hyoïde. Sur le bord supérieur de cet os, un raphé seulement le sépare du muscle hyo-épéffbfiiçw.
Il y a de chaque côté de la ligne médiane un muscle hyoépiglottique très- fort. Ces muscles vont se fixer à la base de l'épiglotte. Ils relèvent cet organe et l'appliquent à la face postérieure du voile du palais.
Nous comprendrons dans un même chapitre la description des muscles du larynx et des autres parties de cet organe. Nous commencerons parles cartilages.
Vépiff lotte, chez le jeune sujet, n'est composée dans sa plus grande partie que de tissu fibitux. On trouve seulement à sa base un noyau cartilagineux peu développé* Elle n'a donc qu'une rigidité médiocre. Elle est large (2 centimètres) et plate, et son bord supérieur (4) présente une échancrure peu profonde. Sa hauteur est à peu près égale à sa largeur, et elle s'enfonce tout entière entre les valves du cartilage thyroïde.
Le cartilage thyroïde a la forme d'un long plastron légèrement convexe* & sa partie moyenne. Sa longueur sur la ligne médiane
(4) Pour la commodité de la description, nous supposons le larynx placé dans la position verticale.
est de 8 centimètres. Chacune de ses moitiés ou de ses valves offre en haut 3 centimètres de largeur, et en bas 4 centimètres. .Ce cartilage ne présente sur la ligne médiane aucune échancrure ; on y remarque au contraire deux tubercules arrondis, dont le supérieur est plus arrondi et moins saillant que l'inférieur. En dehors de ces tubercules, chacune des valves du cartilage présente en Haut un feston d'une profondeur médiocre et en bas un feston très-profond et très-oblique. Au feston supérieur succède la corne supérieure du cartilage légèrement inclinée en arrière, et dont le sommet dépasse à peine le niveau du tubercule supérieur. Au feston inférieur succède la corné inférieure également inclinée en arrière, up peu plus longue que la corne supérieure (15 millimètres), et dont le sommet se trouve situé près de 15 millimètres au-dessus du tubercule inférieur (1) . Ces deux cornes sont réunies £ar un bord latéral à peine concave. Le cartilage thyroïde présente sur la ligne médiane, dans son tiers inférieur, à 5 millimètres seulement audessus du tubercule, une fente ovalede 18 millimètres de long, fermée par une membrane fibreuse (2).
Le cartilage cricoïde, terminé en avant par une saillie arrondie en forme de soc de charrue, se dirige très-obliquement en haut par les branches de son anneau, de telle sorte que le bord inférieur de son chaton se trouve placé près de 15 millimètres au-dessus
(I) La base de cette corne est à 3 centimètres au-dessus du tubercule inférieur.
{%) 11 faut ajouter, pour rendre complète celte description du cartilage thyroïde, que sa courbe antérieure n'est pas tout à fait régulière. Il y a d'abord, au-dessous du tubercule supérieur, une convexité de peu d'étendue, puis un espace concave figurant un étranglement, puis une convexité jusqu'au tubercule inférieur.
MYOLOGIE. 309
du tubercule inférieur du cartilage thyroïde. Le bord inférieur de l'anneau est presque droit; le bord supérieur est convexe et son union avec le chaton se fait par l'intermédiaire d'un angle arrondi fortement saillant.
Le chaton du cricoïde, qui a près de 4 centimètres de haut sur 3 de large, atteint le tiers supérieur du cartilage thyrojide. 11 offre sur la ligne médiane une carène assez marquée terminée supérieurement par un tubercule saillant. De chaque côté de ce tubercule se trouve une surface articulaire destinée au cartilage aryténoïde correspondant. La direction de ces facettes est très-oblique. Leur étendue est considérable. Elles ont 16 millimètres de long, mais sont moins larges en haut qu'en bas où leur largeur atteint 5 millimètres. Concaves suivant leur longueur, elles sont légèrement convexes transversalement, de sorte que leur articulation avec l'aryténoïde se fait par emboîtement réciproque.
Les cartilages aryténoïdes ont à peu près la forme d'une pyramide à quatre faces dont le sommet serait très-émoussé. La face inférieure, dirigée très-obliquement, est constituée par la facette articulaire cricoïdienne ; la face postérieure forme un triangle d'une étendue médiocre; la face externe forme un grand triangle à la fois très-large et très-haut ; la face interne est beaucoup plus étroite; elle s'allonge obliquement de haut en bas et un peu d'arrière en avant, et se termine inférieurement par une pointe émoussée qui donne attache au ligament de la corde vocale. Cette pointe limite un crochet assez sensible.
Le sommet de la pyramide est relié par un ligament à un car-
tilage de Wrisberg, peu volumineux, mais reconnaissable * travers la muqueuse à cause du tissu fibreux dont il est revêtu.
Les cartilages de Santorini sont à "peine perceptibles.
Nous devons au contraire insister sur deux noyaux cartilagineux remarquables qui n'ont pas encore été signalés. Situés un peu en arrière du soc de l'anneau cricoïdien et de l'extrémité inférieure du cartilage thyroïde, ils sont reliés au tubercule inférieur de ce dernier cartilage par une bride fibreuse très-forte et au bord supérieur de l'anneau cricoïdien par une lame aponévrotique moins puissante. Ils ont, ainsi que nous le verrons bientôt, une relation intime avec les cordes vocales. Ces cartilages doivent nécessairement être désignés sous -le nom de cartilages de Graûolet.
Les cornes inférieures du cartilage thyroïde sont reliées comme d'habitude au cartilage cricoïde par des ligaments vigoureux. Il faut remarquer la force des ligaments crico-aryténoïdiens. Moins développés en arrière et en dehors où ils sont suppléés par des muscles, ils offrent en dedans une épaisseur considérable. Toute* la face interne du cricoïde est aussi recouverte d'une couche fibreuse épaisse.
Les ligaments aryténo-épiglottiques sont bien distincts.
Les ligaments aryténo-thyroïdiens, qui correspondent aux cordes vocales, sont tendus obliquement entre les extrémités des crochets aryténoïdiens et les ligaments de Gratiolet.
Passons maintenant à la description des muscles du larynx.
Nous avons déjà parlé dés muscles sterno-thyroidiens, et thyro-hyoïdiens. Le constricteur inférieur du pharynx se porte
MYOLOGIE. 311
comme d'habitude sur la face externe du cartilage thyroïde* La ligne de cette insertion réunit la base de la corne supérieure à celte de la corne inférieure- •
Le muscle crico-thyroidien est très-vigoureux. On y remarque d'abord deux faisceaux insérés sur la face externe de l'anneau cricoïdien d'où ils se dirigent vers le bord inférieur et vers la corne inférieure du cartilage thyroïde. De ces deux faisceaux, le postérieur recouvre l'antérieur, et ses fibres ont une direction plus oblique.
Après avoir fendu et écarté ces deux faisceaux, on en trouve un troisième qui s'insère d'une part sur l'angle saillant du bord supérieur de l'anneau cricoïdien et va d'autre part se fixer sur la face interne du cartilage thyroïde dans une étendue de 2 centimètres.
Le crùxHaryténoùiieîi pe$térieurvst médiocrement épais. Il s'afrtacbe largement sur la base du cartilage aryténoïde.
Le cnco^tyiétwidien latéral est très-vigoureux, très-épais, mais trèsroourt. Dirigé presque transversalement, il se fixe largement à la base de l'aryténoïde et $t la plus grande partie de sa iace externe, et va s'attacher d'autre part sur l'angle saillant du bord supérieur de l'anneau cricoïdien,* fresque immédiatement en dehors de l'articulation aryténo-cricoïdienne.
Le muscle art/éémidim^ très-vigoureux, se compose de deux Jaisceaux bien séparés. Chacun de ces faisceaux s'attache à la lace postérieure du. cartilage aryténoïde correspondant. Un raphé médian, très-épais, fixé sur le tubercule supérieur du chaton cricoïdien, reçoit les insertions internes de ces deux fois-
312 ANATOMIR DE L'HIPPOPOTAME.
ceaux et les sépare. On concevrait facilement que, dans on sujet plus âgé, ce raphé s'ossifiât.
Un petit faisceau charnu accompagne le ligament aryténoépiglottique et forme un premier muscle aryténo-épiglotique bien distinct.
Le thyro-aryténoidien se compose d'abord d'un premier faisceau qui se fixe d'une part sur toute la partie supérieure de la face externe du cartilage aryténoïde et qui, s'épanouissant en éventail, va se fixer sur le cartilage thyroïde, près de la ligne médiane, dans sa moitié supérieure.
Ce faisceau en recouvre un autre qui se fixe aux mômes points de l'aryténoïde. Ce dernier forme un éventail qui se divise de la manière suivante : Les fibres supérieures suivent la direction du ligament aryténo-épiglottique et, s'épanouissant audessous de ce ligament, elles forment un second muscle aryténoépiglottique; les fibres moyennes vont au cartilage thyroïde dans la plus grande partie de «on angle rentrant; les fibres inférieures se rendent sur le cartilage de Gratiolet, en suivant la direction de la corde vocale,
Pour achever la description du larynx, il nous reste à l'envisager dans son ensemble en le supposant revêtu de sa membrane muqueuse.
En étudiant cette région après avoir fendu l'œsophage, on voit d'abord le voile du palais complètement dépourvu de luette et fermant comme un sphincter l'ouverture postérieure de la bouche dont la largeur ne dépasse pas celle de l'épiglotte.
L'épiglotte, à bord sensiblement échancré, assez large et à
MYOLOGIE. 343
peu près aussi haute, s'applique, lorsqu'elle se relève, à la face postérieure du voile du palais de manière à isoler complètement le pharynx de la cavité buccale.
La face antérieure de l'épiglotte est séparée de la base de la langue par une gouttière peu profonde, qui se continue de chaque côté avec une gouttière latérale. Ces gouttières latérales, qui s'enfoncent entre les valves du cartilage thyroïde et les faces latérales du cartilage cricoïde, n'ont elles-mêmes qu'une faible profondeur.
L'orifice du larynx se trouve limité par les replis aryténoépiglottiques, lesquels, plus étroits en arrière, où ils sont soulevés par les cartilages de Wrisberg, s'écartent en avant pour gagner d'une part le bord de l'épiglotte, et d'autre part pour se perdre dans le pli qui limite supérieurement la cavité sousépiglottique dont nous allons parler.
Pour étudier l'intérieur du larynx, il faut fendre sur la ligne médiane le chaton du cartilage cricoïde.
11 devient alors facile de reconnal tre immédiatemen t au-dessous de l'épiglotte un enfoncement hémisphérique (cavité sous-épiglottique) (1), auquel succède un espace couvert d'une muqueuse plissée longitudinalemenl. Cet espace va se terminer dans une cavité qui se prolonge jusqu'au tubercule inférieur du cartilage thyroïde. Cette dernière cavité, que l'on peut nommer cavité inférieure du larynx, est limitée en avant par la fente et par le tubercule inférieur du thyroïde, sur les côtés par les ligaments
(4) Cette cavité remonte entre l'épiglotte et le cartilage thyroïde, et correspond à la convexité supérieure du plastron thyroïdien.
qui relient au tubercule inférieur les cartilages de Gratiolet, et en arrière par ces derniers cartilages. Revêtus de la muqueuse, ces deux cartilages dessinent de chaque côté de la ligne médiane une saillie arrondie, et ces deux saillies sont séparées Tune de l'autre par une petite échancrure.
Ces saillies forment la limite inférieure des cordes vocales. Ces cordes vocales ou rubans vocaux sont des replis larges et épais, dirigés très -obliquement. Elles commencent sur le sommet de la pyramide aryténoïdienne par un bourrelet contigu au cartilage de Wrisberg, et s'étendent obliquement le long du bord antérieur du cartilage aryténoïde, qu'elles quittent pour gagner les cartilages de Gratiolet. Ces rubans sont soutenus par les ligaments dont nous avons parlé, mais seulement à leur base, le tranchant n'étant formé que par la muqueuse accolée à elle-même (1).
Les ventricules du larynx se trouvent ainsi représentés par de vastes triangles, et les cordes vocales, au lieu de correspondre au bord supérieur du muscle thyro-aryténoïdien, suivent la direction de son bord inférieur.
Il paraîtrait que dans un fœtus plus jeune que celui qui a servi à ces observations, les cordes vocales seraient à peine développées (2) . Dans le fœtus à terme, et par conséquent dans
(t) Ces faits août & rapport ivec les idée* exprimées par M* K, Fwnwé dt*ft khi ouvrage intitulé : Physiologie 4e la voix et de la parole (4 865, p. 4 29).
(2) C'est du moins ce qui résulte de cette phrase de Cuvier : « Le larynx d'un foetus d'Hippopotame ne m'a point offert de ruban vocal, mais un simple relief presque longitudinal, formé parle rebord antérieur de Taryténelde. > (Anai. etmp., % 9 édit., t. VIII,
MYOLOGIE. 315
l'adulte, la glotte est une longue fente limitée par deux larges rubans.
Il resterait à déterminer quelle influence les dispositions que nous venons de décrire exercent sur le cri de l'Hippopotame, qui est une sorte de hennissement un peu moins tremblé que celui du Cheval, mais beaucoup plus grave et très-retentissant.
316 ANATOMÏE DE L'HIPPOPOTAME.
Mémoire sur l'encéphale de l'Hippopotame.
L'étude de l'encéphale a acquis dans ces derniers temps une importance qui grandira en raison même des progrès que fera l'anatomie dans la connaissance de ce système d'organes supérieurs. Déjà des essais de classifications fondées sur cette étude ont été proposés, et, bien que ces essais soient à beaucoup d'égards prématurés, il suffira de rappeler le nom de leurs auteurs, M. Jourdan et M. Owen, pour indiquer du moins qu'ils n'ont pas été tentés sans raison. Quoi qu'il en soit, il est du devoir des anatomistes de ne négliger aujourd'hui aucune occasion d'étendre nos connaissances sur ce point. Ce devoir me semble d'autant plus impérieux, que l'étude des formes extérieures de l'encéphale, en tant que la cavité crânienne en offre chez les Mammifères et chez les Oise&ux une empreinte fidèle, peut fournir à la détermination des animaux fossiles et à la discussion de leurs analogies avec les espèces actuelles des éléments précieux, et qu'enfin la physiologie comparée ellemême en pourra tirer plus tard des ressources inattendues.
Ces raisons me portent à présenter aujourd'hui à l'Académie les observations précises qu'il m'a été donné de faire sur l'encéphale encore à peu près inconnu de l'Hippopotame. Le sujet qui a servi à mes recherches était à peine sorti de l'état fœtal, mais il était parfaitement à terme, et, l'observation m'ayant démontré qu'arrivés à ce degré, tous les Mammifères qui nais- . sent les yeux ouverts ont un système de plis cérébraux et cérébelleux complet, et dès lors parfaitement caractérisé, les conclusions que j'essayerai de tirer de cette étude pourront être appliquées avec une certitude suffisante à l'animal adulte lui-même.
L'encéphale de l'Hippopotame présente dans sa forme générale et dans les accidents de sa surface des particularités que je vais essayer de résumer sommairement.
Le cerveau proprement dit est peu volumineux eu égard à la taille de l'animal. Sa largeur relative est plus considérable que dans les autres Pachydermes tétradactyles. Sa forme rappeliez d'ailleurs, quant aux conditions générales, celles des Monodelphes herbivores.
Les lobes olfactifs, si on les compare à ceux du Cochon, sont très-petits, et si plats, qu'on les aperçoit à peine sur le profil du cerveau. Nous reviendrons plus loin sur la petitesse caractéristique de ces lobes.
Les tubercules quadrijumeaux sont de grandeur médiocre et proportionnés au volume très-réduit des bandelettes optiques. Leur forme générale et leurs rapports sont conformes au type général des Mammifères monodelphes.
318 ANATOMIB DB L'HIPPOPOTAME.
Le certelet est bien détaché du cerveau proprement dit, et sa surface est convexe dans son ensemble. Cette forme» qui est commune à tous les Pachydermes et à la famille des Camôliena, eât fort différente de celles que présentent les vrais Ruminants, chez lesquels la face supérieure du cervelet est presque entièrement cachée par les hémisphères cérébraux, si bien que sa face postérieure» taillée verticalement, est presque seule à découvert.
La base du cerveau présente en général les particularités suivantes : Le bulbe est de grandeur médiocre; le pont de Varole et l'avant-pont le sont également, tout en conservant leurs formes ordinaires. La fosse interpédonculaire est profonde; Tinfundibulum est large et sa surface est arrondie. Les bandelettes et les nerfs optiques sont très-petits. Au-devant d'eux, les espaces appelés, chez l'Homme, champs olfactifs ou quadrilatères perforés, sont larges, saillants, et de forme arrondie. Ils sont circonscrits en avant par les racines des lobes olfactifs.
Telle est en général la physionomie de l'encéphale de l'Hippopotame; essayons maintenant de donner une idée de chacune de ses principales parties constituantes.
L'isthme de l'encéphale présente les particularités suivantes : Le bulbe, ainsi que nous lavons dit, est de grandeur médiocre. On y distingue. deux pyramides antérieures nettement limitées. Très-larges vers le point de leur entrecroisement, elles s'atténuent du côté du pont de Varole en deux petits cordons trèsnettement accusés. En dehors d'elles, on remarque les faisceaux
antérieurs; leur séparation est d'ailleurs très-peu accusée. Vers la régiop des olives, vers le bord postérieur dé Pavant-pont, ils présentent une sorte de renflement ou de saillie qui correspond aux olives cachées dans la profondeur du bulbe. En dehors de ces renflements se voient les faisceaux moyens du bulbe dont les fibres superficielles, après avoir traversé en partie les fibres de Favant-pont, semblent se perdre dans les anses superficielles du pont de Varole. Cette disposition se retrouve dans un grand nombre d'animaux, et en particulier dans l'Homme, où M. Foville en a signalé l'existence.
Je crois devoir signaler ici une particularité qui mériterait d'être plus attentivement examinée. Elle consiste dans la présence d'une petite bandelette oblique qui se dégage de la profondeur du bulbe entre la pyramide et le renflement ojivaire, se porte obliquement en dehors en croisant les fibres de Pavantpont, et plonge en quelque sorte sous le bord postérieur du pont de Vârole. N'ayant pu disséquer à fond un cerveau unique dans les collections du Muséum, j'ai dû renoncer à suivre le trajet ultérieur des fibres de cette bandelette, mais j'ai cru devoir dès à présent appeler l'attention sur elle.
Les autres parties du bulbe, les bandelettes accessoires des faisceaux latéraux, les corps restiformes, les cordons médians postérieurs, ont leurs relations accoutumées. Il en est de même de la protubérance annulaire, des faisceaux triangulaires de l'isthme, des tubercules quadrijumeaux et des corps genouillés externes. Les pédoncules cérébraux proprement dits sont grands, et le prolongement des pyramides antérieures forme à
320 ANATOM1E DE L'HIPPOPOTAME.
leur partie inférieure une colonne très-accusée. L'espace interpédonculaire est fort allongé et criblé de perforations nombreuses. Plus au-devant se voit le tubercule des éminences mamillaires bien saillant, avec un indice de division médiane. Le tuber cinereum est assez peu saillant, il Test en particulier beaucoup moins que dans le Cochon naissant. L'infundibulum et l'hypophyse ne présentent rien de remarquable.
Les bandelettes optiques sont extrêmement grêles, et elles aboutissent à un chiasma très-réduit, d'où partent des nerfs optiques à tel point réduits, qu'ils sont moins volumineux à leur racine que ceux d'un Cochon naissant. Au-devant de ces bandelettes, cette partie de l'étage inférieur des corps striés que l'on désigne dans l'Homme sous le nom de champs olfactifs ou de quadrilatères perforés, fait une grande saillie. Elle est convexe, arrondie, et, suivant l'usage, circonscrite par ce que Ton nomme si improprement les racines du lobe olfactif. Il ne m'a pas été donné d'étudier d'une manière approfondie les parties supérieures de l'isthme de l'encéphale, parce qu'il eût fallu pour cela détruire une pièce encore unique dans les collections du Muséum; mais ce que j'ai pu voir du corps calleux, de la voûte, des couches optiques, de la glande pinéale et des 'corps striés, a suffi pour diminuer mes regrets à cet égard. Ces parties, en effet, m'ont semblé s'éloigner très-peu des formes qu'elles présentent dans les Pachydermes en général et dans les Suidés en particulier.
Le cervelet, relativement à sa largeur, est plus allongé d'avant en arrière que dans les Cochons du même Age, et ses
divisions sont en môme temps beaucoup plus compliquées- Cette complication plus grande sera facilement expliquée, si Ton considère que dès sa naissance, l'Hippopotame accuse un développement relatif plus avancé et une plus grande liberté dans la coordination des mouvements que le Cochon naissant. Il y a, en effet, un rapport constant entre le développement et la liberté des actions musculaires et le développement de cet organe qui, petit et peu riche en plis au début de la vie, n'acquiert que vers l'âge adulte ses proportions définitives, au mopaent où l'animal atteint le terme suprême de sa puissance musculaire. Cette règle est confirmée à la fois par l'étude de l'état normal et par les faits tératogéniques.
Les groupes formés par les lobules et les feuilles du cervelet ont assez d'analogie avec ceux que l'on découvre* dans le cervelet du Cochon, mais avec quelques différences que j'indi- # querai rapidement.
Le corps du cervelet médian est assez peu large, et divisé comme dans le Cochon en deux lobules. Les feuilles du lobule antérieur sont à peu près horizontales, mais celles du lobule postérieur décrivent des courbes concaves en avant, qui dans leur développement embrassent la partie postérieure du lobule antérieur. Cette partie du cervelet est assez saillante, et cette arête médiane que les ana touristes, depuis Reil, ont désignée sous le nom de culmen, y est sensiblement accusée.
Le vermis qui termine en arrière le cervelet médian de l'Hippopotame et celui du Cochon présentent dans leur enroulement des différences assez marquées. La série des petits
disques dont la chaîne compose ce vermis est très-flexueuse dans ce dernier, et forme à droite une anse assez allongée qui dévie à gauche le lobule formé par les pièces basilaires de ce vermis. Les choses se passent, dans l'Hippopotame, d'une manière un peu différente, et, à cet égard encore, il semble se rapprocher des Pécaris plus que des Cochons. Le lobule basilaire du vermis y est plus court, plus globuleux; toutefois ses feuilles, de même que dans le Cochon, sont fort inclinées de gauche à droite. Les différences sont pins marquée» dans le vermis proprement dit. On n'y retrouve pas cette anse qui caractérise celui du Cochon, rtiais ses lobules sont groupés assez élégamment à la partie postérieure du cervelet, en une masse allongée que je ne saurais guère comparer qu'aune sorte de chignon symétrique.
On trouve dans les cervelets latéraux des différences analogues. Leur corps, à peu près réduit à ce lobule qui, dans ï'Hotnme, porte depuis Reil le nom de semi-lunaire, est beaucoup plus allongé de haut en bas dans T Hippopotame que dans le Cochon. Un vermis latéral d'une richesse extrême leur feit suite. La série dte ses feuilles forme d'abord trois lobules différemment inclinés, et se termine sur les côtés du cervelet en une spirale développée de haut en bas, dont l'enroulement rappelle assez bien celui d'une corne d'Ammon.
Cette richesse du vermis latéral ne peut en aucun cas être considérée comme une marque d'élévation sériale, et c'est au contraire un signe d'animalité. Mais on sait assez que la perfection d'un animal est tout à fait relative à l'idée typique de la
constitution du genre auquel il appartient, et n'implique en aucune façon le passage aux formes d'un autre genre.
Quoiqu'il en soit, et quelque fastidieux que ces détails puissent paraître, il serait imprudent, dans l'état actuel de la science, d'en négliger un seul. Car, en toutes choses, l'analyse est la base nécessaire des progrès futurs de la science.
Les hémisphères cérébraux sont peu riches en plis. Il serait assez difficile de se faire dès l'abord une idée juste de leur disposition. L'analyse de ceux du Pécari et du Cochon sera pour nous, à cet égard, une introduction nécessaire.
Ces plis forment dans le Cochon deux étages principaux, séparés en avant par un petit étage ou lobule intermédiaire.
L'étage supérieur, fort grêle en avant, forme un petit coude à la partie supérieure du cerveau, sur les côtés de la scissure intermédiaire. En arrière de ce coude, il se dilate en un lobule triangulaire que divisent de son sommet à sa base deux ou trois anfractuosités longitudinales. Cette disposition est fort semblable au premier abord à celles que présentent les vrais Ruminants, mais elle est typique et constante chez ces animaux, tandis qu'elle est propre à quelques genres seulement dans la famille des Suidés.
L'étage inférieur est lpngitudinalement étendu au-dessus du lobule unçiforme et du lobe olfactif, de l'extrémité antérieure de l'hémisphère à son extrémité occipitale. Une petite scissure verticale le divise en deux lobules, l'un antérieur, l'autre postérieur. Ce mode de division est fort semblable au premier abord à celui qu'on observe dans les vrais Ruminants. Toutefois,;
dans ces animaux, le Ibbule postérieur, chargé déplis, l'emporte singulièrement sur l'antérieur. Or, l'inverse a lieu dans les Cochons et dans les Pachydermes en général. Chez eux, c'est le lobe antérieur qui l'emporte sur le postérieur. Ce caractère est d'un emploi facile, et je le signale ici d'une manière toute particulière.
Les deux étages que nous venons de décrire régnent sur la surface de l'hémisphère dans toute sa longueur. Il n'en est pas de même de l'étage moyen. Celui-ci est réduit à un lobule qui se termine sur le cerveau vers le milieu dé sa longueur. Cet étage, quelquefois divisé en deux plis par une anfractuosité secondaire, est légèrement flexueux ; il est propre au groupe des Suidés, et il fournit un caractère d'autant meilleur, qu'il n'y en a pas la moindre trace dans les vrais Ruminants.
Si donc le cerveau du Sanglier ressemble à celui des Ruminants par son étage supérieur, il en diffère sensiblement par tous les autres caractères.
Ce que nous venons de dire du Sanglier peut s'appliquer en général au Pécari, mais l'étage supérieur présente déjà dans ce groupe de grandes modifications. Le lobule triangulaire qui le termine en arrière dans le Sanglier est ici remplacé par une bande plus étroite qu'une scissure longitudinale, mais assez irrégulièrement flexueuse, divise en deux plis parallèles. Cette disposition coïncide dans le Pécari avec un allongement trèsmarqué de la forme générale du cerveau, et il nous conduit par une transition naturelle à 1<1 configuration que présente
Ici, en effet, l'étage supérieur est réduit à sa plus simple expression. Ce n'est plus qu'une bande à peine flexueuse bordant à la partie supérieure du cerveau la grande scissure longitudinale.
On remarque dans l'étage inférieur et dans l'étage intermédiaire des modifications plus profondes encore, sur lesquelles je demande la permission d'insister. L'étage inférieur a, dans son ensemble, la disposition qu'il présente dans le Cochon, à très-peu de chose près, mais il semble au premier abord avoir une épaisseur singulière et occuper presque toute la hauteur de l'hémisphère ; d'autre part, l'étage moyen semble manquer. Un examen plus attentif permet de résoudre aisément cette anomalie apparente. Il est facile, en effet, de voir que nonseulement cet étage moyen existe, mais qu'il offre un développement inusité. En effet, au lieu de se terminer vers la partie moyenne de l'hémisphère, comme cela a lieu dans le Cochon et le Pécari, il s'étend dans toute la longueur de l'hémisphère au-dessus de l'étage inférieur. Il acquiert donc une importance exceptionnelle, et si son existence est au premier abord dissimulée, cela tient à la grande quantité de plis de passages verticaux qui lient cet étage supérieur à l'étage inférieur proprement dit.
J'insiste d'autant plus sur l'existence et sur la multiplicité de ces plis de passage, qu'ils semblent être dans l'encéphale des Mammifères un indice non équivoque de supériorité intellectuelle. Ils sont nombreux dans le cerveau de l'Homme, où M. Foville, qui en a parfaitement saisi l'importance, les a désignés sous le nom de circonvolutions du quatrième ordre ; on
les retrouve dans le cerveau de l'Éléphant et des Phoques; et je ne pouvais ici les passer sous silence, d'autant plus qu'ils fourniront dans un instant quelques indications utiles.
En résumé, l'étage moyen est très-développé, mais il est attaché, pour ainsi dire, à l'état inférieur par tant de traverses, qu'il semble ne former avec lui qu'un seul étage chargé de plis compliqués et si grands, qu'à l'exception des bandes étroites qu'occupent, sur les faces opposées du ceryeau, l'étage supérieur et la circonvolution du lobule uncifbrme, il semble former toute la surface de l'hémisphère.
Nous voici bien loin des formes des Ruminants, fait d'autant plus digne de remarque, que le mode de division des pieds et la tendance qu'a l'estomac à se diviser en plusieurs poches dans les Suidés avaient fait penser que ces animaux forment un passage naturel des Pachydermes aux Ruminants, en passant par les Chevrotains. Mais, évidemment, cette idée ne peut être acceptée. Car, plus l'estomac des Suidés se complique, plus ils diffèrent des Ruminants par les formes de leur encéphale. Ainsi, le cerveau du Sanglier, dont l'estomac est le plus simple, a quelque chose de la physionomie propre au cerveau des Ruminants. Mais cette ressemblance diminue déjà dans le cerveau du Pécari, dont l'estomac se complique de deux poches accessoires, et elle. s'efface entièrement dans l'Hippopotame» dont l'estomac atteint au plus haut degré de complication. La comparaison attentive du squelette et des muscles dans ces animaux conduit aux mêmes conséquences. Ces faits nous semblent avoir une grande importance. Ils indiquent avec combien
de réserve il faut accepter ces idées de série et de passages qu'après les philosophes, de grands naturalistes ont préconisées (1).
J'ai déjà parlé de la petitesse des lobes olfactifs. Ils sont aplatis; leur face inférieure n'a point cette grande saillie si remarquable dans les Suidés fouisseurs ; ils s'atténuent singulièrement en avant, et la coiffe de substance grise qui enveloppe leur extrémité et forme leur bulbe terminal est pour ainsi dire atrophiée.
Cette atrophie des lobes olfactifs dans l'Hippopotame mérite
(4) Si las vues des philosophes qui ont défendu avec tant de liaoteor l'idée de la série animale étaient aussi fondées qu'elles sont ingénieuses et poétiques, on devrait s'attendre à trouver entre les Pachydermes à doigts pairs et les mis IkurananU des transitions et des passages insensibles. On passerait régulièrement des Cochons, croi ont Pestomac le plus simple, à ceux qui l'ont le plus compliqué, de ceux-ci aux Chemtaias, et enfin aux Ruminants les plus caractérisés. Les os, las dente, les «mutes, le système nerveux, confirmeraient le premier aperçu ; les transitions s'exprimeraient parallèlement dans tous les systèmes organiques, et dès lors on devrait s'attendre à trouver I» esrveau du Pécari et de l'Hippopotame pies semblable à celui dfs (tournais que le cerveau des Cochons proprement dits, dont l'estomac est beaucoup plus simple; mais nous voyons qu'il n'en est point ainsi. Tout démontre, en effet, h ceux qui observent la «store sans préjugés, qne ces passages qu'on invoque n'opt fuicufif» ufelité dans la nature; nous croyons fermement à une hiérarchie des êtres, mais non à cette série régulière dont notre illustre maître, Henri de Blainville, a été le plus grand défenseur. Oie telle idée suppose implicitement dans tes animaux iatfrieurs une imperfection réelle dans un même ordre de faits; mais il nous semble beaucoup plus conforme fc ridée que nous avons de la suprême sagesse d'admettre que cfeaeme de ses créatures a été l'objet d'une intention particulière. Comme saint Augustin J'* dit: « Tontes les créatures de Dieu sont parfaites, mais leurs perfections sont de nature Mbinte. s II ne pent dene y avoir de passage entre elles, et èm mène eenp sont vaincues le» prétentions des partisans d'une série suçjBegftiw des créatures et celles 4es inventeurs des métamorphoses ascendantes. Le vrai naturaliste, qui n'admet rien, dans Tondre des lût» matériels, en dehors de l'efaeervetion, neponese, avee 8*ffi», osa eiaasiûcations où, sons le prétexte de quelques ropemblaçces partielles, on rapproche les êtres les plus divers par l'ensemble de leur constitution organique.
de nous arrêter un instant, parce qu'on la retrouve à des degrés divers dans tous les Mammifères aquatiques. On pourrait même dire qu'elle est en raison directe des modifications que leur impose d'une manière plus exclusive ce milieu exceptionnel où leur instinct les attire. Ainsi, les Loutres, les Enhydris, les Phoques, les Castors, se font remarquer par la petitesse relative de leurs lobes olfactifs, et, quoi qu'on en ait dit, ils manquent absolument aux Cétacés armés de dents, tels que les Dauphins. Un fait aussi général mérite d'être attentivement examiné, et cet examen exige des précautions d'autant plus grandes, que l'atrophie des lobes olfactifs n'est cependant pas un caractère exclusif des Mammifères aquatiques, et qu'on la retrouve dans d'autres animaux essentiellement arboricoles et aériens : je veux parler des Primates et de l'Homme.
La reproduction d'un fait en apparence analogue dans des conditions si opposées a, au premier abord, quelque chose de paradoxal et d'extrêmement embarrassant. Il me semble en conséquence utile d'y insister ici, cette question ayant à mes yeux une grande importance, d'une part pour la physiologie des instincts et de l'intelligence, et d'autre part pour l'explication de certaines modifications très-remarquables de la tête des animaux aquatiques, modifications dont le sens est au premier abord assez difficile à saisir.
L'atrophie des lobes olfactifs dans l'Homme et dans les Singes est une atrophie normale et typique, liée à l'essence même de ces êtres, que ne détermine aucune cause extérieure, aucune raison biologique. Tout semble indiquer que les sensations
olfactives n'ont, dans le jeu normal de leur intelligence, qu'une influence secondaire. L'étude de la structure confirme cette vue ; la commissure antérieure du cerveau ne donne rien à ces , lobes olfactifs, et s'irradie tout entière dans les lobes postérieurs de l'hémisphère, et spécialement dans les plis où s'irradient les racines cérébrales des nerfs optiques. Tout indique qu'ici l'instinct et l'intelligence prennent une forme supérieure où les sensations plus élevées de l'ouïe et de la vue joueront un rôle presque exclusif.
Mais, dans tous les Mammifères qui sont au-dessous des Singes, la scène change. Les lobes olfactifs acquièrent une importance singulière, et c'est dans leur intérieur que s'irradie presque en entier cette commissure antérieure, qui leur est étrangère, chez l'homme et chez les primates. Lémuriens, Insectivores, Carnassiers, Herbivores, Ruminants ou Pachydermes, tous ont des lobes olfactifs énormes. Leur importance s'accroît encore davantage dans les types inférieurs. Dans les Didelphes en particulier, ils égalent en grandeur les hémisphères cérébraux eux-mêmes. Tout semble donc indiquer ici une transformation commune d'autant plus accusée que l'animal s'abaisse davantage dans la série des êtres.
Les exceptions qu'on trouve à cette règle la confirment en
quelque sorte, en tant qu'elles sont déterminées de la manière
la plus intelligible par des raisons biologiques; elles sont en
effet exclusivement offertes par les Mammifères aquatiques.
Observons que, dans ce milieu exceptionnel, les Matàmifères
dont l'olfaction qst essentiellement liée à leur respiration
SSO ANATOMIË DE L'HIPtOtOTAME.
aérienne ne peuvent en aufcUne manière e*ereerfcette fofietidil. Les narineg sont closes ; l'animal en pohrsuivant s* proie dàifs . ce milieu, en y choisissant sa nourriture, ne se laisse pins diriger par des sensations olfactives. L'teil et Pareille, (fui acquièrent dans son appareil moyen des dimensiofis éttdrttteB, viendront compenser sans doute cette pauvreté relative. Mate les lobes olfactifs s'atrophient, et cette atrophie sert d'atttaflt plus accusée que les habitudes de l'animal seront pltW exelfcStvement aquatiques. Équivalente à peu de chose ptêS tWMs la Loutre et dans L'Hippopotame; elle seht plus ftcctttéë dattS le Phoque; dans les Cétacés pourvus de derits, qui poftrsttiVeiit eifelusivement lent- proie sous* les eaux, elle ira jusqu'à tin entier anéantissement de ces lobes, et cette réduction est si bien liée à une raison d'accommodation biologique, que les Céteeés à fanons, qui ëcument en quelque sorte la surfabe des mers et peuvent tirer quelque utilité de leurs sensations olfactives, ont des lobes olfactifs assez aeeusés, ainsi que je le tiens du célèbre cétologue de Copenhague, M. le professeur B&chHfcht. Il est fort à remarquer que Cette réduction des lobes olfactite, commandée par des raisons pour ainsi dire extérieures, n'affecte en aucune manière le type intérieur de ftJrgantsatftrti cérébrale. La commissure antérieure s'atténue avec les lobes olfactifs ; chez les Dauphins où ces lobes sont nuls, on en chercherait en vain la trace. Ainsi, cet anéantJsàenlfertt graduel, qui amène une sorte de similitude extérieure avec les Primates, n'implique au fond aucune ressemblance réelle, et ttHlt semble nous dire que des types essentiellement diifêrehts ne
SYSTÈME NERVEUX. m
sauraient être ramenés l'un à l'autre par une sorte de métamorphose.
L'atrophie des lobes olfactifs chez les animaux monodelphes egf intéressante à un autre point 6e vue; elle nous semble n'être pas absolument étrangère aux modifications qu'éprouve l'epcéphate qui se dilate alors dans la vertèbre pariétale, et acquiert chez les Mammifères aquatiques une largeur énorme. Il nous semble que cette modification peut être aisément expliquée par l'absence même des sensations olfactives ; l'instinct perdant, si je puis ainsi dire, une de ses voies principales, l'aniiual doit trouver nécessairement une compensation à cette pauvreté relative dans une intelligence servie par des sensations supérieures, et les hémisphères cérébraux, organes des facultés supérieures, prennent chez eux un développement inusité. Ainsi s'expliquent la grandeur et le volume de ces organes.
Ici, tout justifie la pensée de mon illustre maître M. de 31$invtfle, quand il qualifiait d'anormaux les Mammifères aquatiques. Car, tandis que la nature, dans son évplution régulière, n'abandonne aux milieux liquides que les types les plus 4égpa4és, pes animaux ne descendent dans ce milieu exceptiouuel qu'armés d'une intelligence qui devient parmi eux le principe de sociétés que les naturalistes ont à l'envie célébrées et qui }es rendent ém me m ment propres à servir l'action de l'homme si, las d'en faire sa proie, il prétendait un jour les pppUltae pour auxiliaire* et les soumettre à son empire.
352 ANATOMIB DE L'HIPPOPOTAME.
Note eoauanalaaée -a r Aeadéaito *•■ »oftea«eo aaa* la téaiMe 4a tS octobre I8M.
« Considéré en général, l'encéphale de l'Hippopotame présente la physionomie propre aux Pachydermes tétradactyles. Je vais essayer d'en décrire en quelques mots les formes extérieures.
» Le bulbe est de grandeur médiocre ; il en est de même du pont de Varole et des autres parties qui constituent l'isthme de l'encéphale. Ces parties s'éloignent très-peu des conditions qui sont réalisées dans le Cochon et dans le Pécari. Les bandelettes optiques sont extrêmement grêles. Leur chiasma est fort étroit, et il en sort des nerfs optiques si menus, que, dans l'Hippopotame nouveau-né, ils égalent à peine ceux d'un Cochon de Siam naissant.
» Au-devant des bandelettes, cette partie découverte de l'étage inférieur des corps striés, que l'on désigne dans l'homme sous le nom de champs olfactifs, fait une assez grande saillie ; elle est large en tous sens, convexe, arrondie, et, suivant l'usage, circonscrite par ces bandelettes que l'on décrit sous le nom de racines du lobe olfactif, et qui sont une dépendance du système des commissures propres des couches corticales. Les parties supérieures de l'isthme ne m'ont présenté aucune particularité remarquable.
» J'insisterai plus en détail sur les ganglions surajoutés à l'axe, et en particulier sur le cerveau.
» Le cervelet est un peu plus allongé que dans le Cochon ; en revanche, sa largeur est moindre. Le corps du cervelet
médian est petit ; son vermis est autrement contourné que dans le Cochon : Au lieu de former à gauche une anse allongée, ses lobules se groupent en une sorte de chignon symétrique. Ces formes rappellent assez bien celles du Pécari.
» Le corps des cervelets latéraux est également très-réduit, mais leurs vermis sont énormes; ils s'enroulent sur les côtés du cervelet à la manière d'une corne d'Ammon. Le nombre des lobules et des feuilles dans ces vermis est digne d'être remarqué.
» Je passe sur les tubercules quadrijumeaux. Les hémisphères cérébraux méritent un examen plus attentif. Leur masse est fort petite relativement à celle de la tête et du corps ; mais elle est assez grande eu égard aux dimensions du bulbe ; ils sont d'ailleurs assez courts, et le diamètre longitudinal du cerveau égale à peine son diamètre transversal ; ils sont assez peu riches en plis, surtout dans leur, régi on supérieure.
» Ces plis, comme dans le Cochon et le Pécari, composent dans Faire formée par la circonvolution du corps calleux et ceux du lobule unciforme deux étages principaux séparés par un étage intermédiaire.
» On sait que l'étage supérieur, dans le Cochon, se dilate en arrière en un lobule triangulaire divisé de son sommet à sa base en deux ou trois plis» disposition qui rappelle assez bien les formes des Ruminants vrais. Ce lobule est plus étroit dans le Pécari, et se rétrécit encore davantage dans l'Hippopotame, où l'étage supérieur n'est qu'une bande étroite divisée en arrière en deux plis secondaires.
» L'étage supérieur s'étend au-dessus du lobe olfactif et du lobule unciforme, et se recourbe légèrement à sou extrémité occipitale, cette extrémité recourbée est nettement distinguée de la partie antérieure par une petite scissure verticale, et il en résulte deux lobules distincts comme dans les Ruminants. Mais dans les Ruminants, le lobule postérieur est le plus grand ; il est le plus petit des deux dans le Cochon, cjans le Pécari trt dans l'Hippopotame.
» Cet étage inférieur semble avoir, au premier abord, dans l'Hippopotame, une importance extraordinaire; en revanche, l'étage intermédiaire, qui, daqs le Cochon, le sépare de l'étage supérieur à la partie antérieure du cerveau» semble manquer- Mais un examen plus attentif semble résoudre pette anpmalje apparente : non-seulement cet étage moyen existe, niais il occupe, en outre, dans l'Hippopotame, toute la longueur de l'hémisphère, et si son existence est au premier abord dissimulée, cela tient à la grande quantité de plis de passage yerticaux qui l'unissent à l'étage inférieur.
» Ainsi modifié, le type de l'arrangement des plis cérébraux des Pachydermes à système digital pair n'a plus aucune ressemblance avec celui des Ruminants, fait d'autant plus remarquable, que ces différences d^ns l'organisation p^rébraie semblent augmenter en raison même de cette complication de l'estomac, que quelques naturalistes avaient considérée coinme indiquant ijn passage des Suidés aux formes des Ruminants.
» Les lobes olfactifs sont beaucoup plus réduits que dans les Suidés fouisseurs, ils s'atténuent en avant, et la coiffe de
Stib&tftttee grise tjtii enveloppe leur extrémité et forme leur btilbë to^ttiittél est pour ainsi dire atrophiée.
»; Gétte atrophie mérite d'être signalée avec d'autant plus de sditt tftt'Ott la retrouve à des degrés divers dans tous les MammifèfèS aquatiques, où elle est en raison directe de l'étendue des modificatidiis organiques qui leur imposent ce milieu exceptionnel ; elle tient à ce que ces Mammifères ne pouvant exercer l'olfaction dans l'eau, les lobes olfactifs leur deviennent moins nécessaires; elle est si bien liée h une raison d'accommodation biologique, qu'elle est complète dans les Dauphins qui poursuivent leur proie dans la profondeur des eaux, tandis que les Cétacés à fanons qui en écument la surface, et maintiennent alors letir évertt à fleur d'eau, ont des lobes olfactifs assez aettisés, ainsi que je le tiens du célèbre cétologiste de Copenhague, M. le professeur Eschricht. Il importe expressément de distinguer cette atrophie des lobes olfactifs, commandée par des motifs biologiques, de celle qu'on observe dans les Primates, et dans l'Homme, où elle est normale et sensiblement typkftté.
»Ld rédaction des lobes olfactifs chez les Mammifères aquatiqtfeS èSt intéressante à un autre point de vue : elle semble en effet n'être pas absolument étrangère aux modilications qu'éprouvé la forme du cerveau qu'on voit se dilater chez ces aifhttatl* et acquérir dans certains cas une largeur énorme. Ces modifications peuvent être en effet expliquées par l'absence même dés sensations olfactives. L'instinct perdant ainsi l'une de ses voies principales, l'animal ne peut trouver une compen-
sation à cette perte que dans un plus grand développement de son intelligence, en tant qu'elle est servie par des sensations d'un ordre supérieur ; dès lors, son cerveau s'accroît davantage, eu égard au volume de la moelle, et cet accroissement s'effectue surtout en largeur en dilatant la vertèbre pariétale, qui, chez les animaux qui sont au-dessous des Singes, est le domaine par excellence des hémisphères cérébraux. »