‹ Recherches sur l'anatomie de l'hippopotameChapitre 19 sur 50 · A. — DE LA PREMIÈRE VERTÈBRE DU CRANE, OU VERTÈBRE OCCIPITALE · texte numérisé non relu

A. — DE LA PREMIÈRE VERTÈBRE DU CRANE, OU VERTÈBRE OCCIPITALE

Cette vertèbre a pour corps Vos basilaire; cet os, dans l'Hippopotame, est allongé et légèrement dilaté à sa partie postérieure. La figure de son ensemble est à peu près celle d'un quadrilatère symétrique dont les angles postérieurs sont taillés à deux facettes. Il forme un corps de vertèbre extrêmement plat, et recourbé légèrement en manière de gouttière longitudinale du côté de la cavité crânienne.

L'arc supérieur de la vertèbre a pour bases deux occipitaux latéraux que complètent un occipital supérieur assez large et deux petites pièces épactales. Chaque occipital latéral s'articule par deux racines avec les facettes taillées sur les angles postérieurs du basilaire. La racine postérieure est très- épaisse et porte le condyle occipital ; elle s'articule avec la facette postérieure qui est légèrement concave; la racine antérieure, très-grêle à sa naissance, se dilate à son extrémité qui s'applique sur la facette antérieure; entre ces deux racines est compris le trou condylien. L'antérieure porte à sa base une large apophyse transverse qui s'applique à l'apophyse mastoïde du rocher, et se prolonge en dessous en une apophyse jugulaire pyramidale, qui forme la paroi postérieure de la fosse qui comprend la base de la chaîne styloïdienne. Enfin, du pied de cette pyramide naît encore une petite épine qui s'avance vers la caisse et divise

$ en deux ouvertures la partie. la plus large du trou déchiré pos-

■f! térieur.

La partie écailleuse de l'occipital latéral est intimement unie par sa base à sa portion transversaire ; elle est large, en V forme de fer de hache; sa face libre est légèrement excavée

| ' en une gouttière transversale qui se recourbe élégamment

entre le condyle et l'apophyse jugulaire. Le tranchant de la hache s'articule avec l'occipital supérieur; ses côtés s'unissent, l'externe avec la portion mastoïdienne du rocher, l'interne avec la portion écailleuse de l'autre occipital latéral, en sorte que ces deux os circonscrivent complètement le trou occipital qu'ils séparent de l'occipital supérieur. Le même fait se retrouve dans les Ruminants; il n'a donc pas la valeur que lui accordait E. Geoffroy en se fondant sur lui pour assimiler à un rocher l'occipital supérieur des crocodiles, V occipital supérieur est rhomboïdal ; la plus grande part de sa I face libre est concave, rugueuse, et fait partie de la face posté-

l rieure du crâne ; l'autre part, qui termine l'angle antérieur du

? rhombe, appartient à la face supérieure ; elle est légèrement

f< convexe ; une crête rugueuse (crête occipitale) la sépare de l'autre

part.

L'angle postérieur du rhombe est compris dans l'angle rentrant que forment les bords supérieurs des occipitaux latéraux. Les côtés antérieurs du rhombe sont anguleux et fort régulièrement symétriques; ils s'articulent avec les bords postérieurs des pariétaux; enfin l'angle antérieur touche aux os épactaux. Ceux-ci rappellent assez bien ceux du cheval; ils sont

fort petits et semblent au premier abord s'avancer entre les deux pariétaux et les séparer l'un de l'autre, jusque vers le milieu de la suture sagittale. Mais ce n'est là qu'une apparence. En effet, les pariétaux s'unissent au-dessous d'eux et se prolongent jusqu'à l'occipital supérieur. Ainsi les épactaux ne contribuent en aucune façon, dans l'Hippopotame, à l'ampliation de la cavité crânienne, et sont simplement appliqués sur -le crâne comme deux petites écailles. Dès lors ces os sont, dans le cas dont il s'agit, à peu près sans usage, mais il n'en est pas toujours ainsi : dans l'homme, par exemple, où ils sont représentés par la partie squameuse de l'occipital supérieur, ils contribuent d'une manière efficace à l'agrandissement de la loge cérébrale ; dans le Chat, au contraire, ils sont employés dans l'agrandissement de la loge cérébelleuse. Ils jouent en quelque sorte le rôle d'éléments supplémentaires que la nature s'est réservé comme une ressource dont elle fait usage, tantôt dans un sens, tantôt dans un autre, suivant les vues particulières qu'elle doit réaliser.

Telle est la composition de l'arc supérieur de la vertèbre occipitale dans l'Hippopotame. Cet arc, dont le rôle semble être de fermer le crâne en arrière, donne en outre attache à tous les muscles supérieurs qui meuvent la tête sur le cou ; il est d'ailleurs beaucoup moins élevé que dans les Cochons, où il prend la forme d'une grande apophyse pyramidale dont la longueur <»st proportionnelle à celle des grandes apophyses épineuses de la région dorsale; mais ce développement de l'apophyse épineuse de la tête, dans les Cochons, a une relation évidente avec

l'usage qu'ils font de leur grouin pour fouir et déterrer des racines ; les mœurs de l'Hippopotame n'ont point rendu ces conditions nécessaires, et les apophyses épineuses du tronc et de la tête se sont simultanément réduites.

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