B. — DEUXIÈME VERTÈBRE CÉPHALIQUE, OU VERTÈBRE SPHÉNO-PARUÉTALE
De même que la vertèbre précédente, la sphéno-pariétale présente un os basilaire assez aplati et deux fois plus long que large. Ce corps, libre en arrière, porte en avant deux masses latérales pédonculées, de chacune desquelles naît une grande aile à deux branches qui embrassent en manière de fourche Tépine inférieure de la portion écailleuse du temporal.
La branche postérieure, intimement appliquée à cette épine, limite en avant le trou déchiré antérieur, Tune des divisions du trou de conjugaison postérieur de la tête. Quant à la branche antérieure, elle porte à sa base une sorte de talon pointu qui sert de contre-fort à l'os palatin postérieur, et représente évidemment l'apophyse transverse de la deuxième vertèbre céphalique. Ce talon correspond, chez l'Hippopotame, à ce que les anthropotomistes ont nommé apophyse ptérygoïde externe. Au delà, la branche se prolonge en une aile étroite légèrement courbe, qui contourne le bord antérieur du temporal écailleux et se termine par un sommet bifide dont la pointe postérieure touche au pariétal, tandis que l'antérieure vient s'arc-bouter contre la base de l'os palatin postérieur; une échancrure sépare ces deux pointes et, complétée par une échancrure correspondante de l'apophyse d'Ingrassias, elle concourt avec
elle à la formation d'un trou assez régulièrement circulaire, qui représente à la fois la fente sphénoïdale et le trou rond du sphénoïde humain. Cette confusion de ces deux ouvertures se retrouve aussi dans le crâne des Ruminants; elle indique assez clairement que le trou rond n'a pas une existence nécessaire, et qu'il n'est en réalité qu'un démembrement de la fente sphénoïdale.
Ainsi, il n'y a pas de trou rond dans l'Hippopotame, il n'y a pas davantage trace de l'existence d'un trou ovale; celui-ci n'est, en eifet, qu'un démembrement du trou déchiré antérieur, et sa suppression n'implique aucune altération du type fondamental ; mais nous reviendrons dans un instant sur ces faits si intéressants pour Tanatomie systématique.
L'arc supérieur de la deuxième vertèbre est, suivant l'usage, complété par deux pariétaux. Ces os, convexes extérieurement, sont irrégulièrement quadrilatères et beaucoup plus larges en avant qu'en arrière. Leur angle antéro-inférieur est extrêmement aigu ; il se recourbe pour faire partie de la paroi postérieure de l'orbite, et touche par son sommet à la grande aile du sphénoïde, ce qui n'a pas lieu dans les Cochons proprement dits. Les pariétaux ont d'ailleurs, soit avec l'occipital, soit avec le frontal, leurs rapports accoutumés. Dans le crâne du squelette de fœtus que possède, depuis 1827, la galerie du Muséum de Paris, un petit os wormien occupe la région qui correspond à la fontanelle antérieure; cet os, dont la face la plus dilatée regarde la cavité crânienne, est parfaitement symétrique dans toutes ses parties.
160 ANÀTOMIE DE L'HIPPOPOTAME.
La vertèbre occipitale, comme cela a lieu dans tous les Mammifères, manque d'arc inférieur; il n'en est pas ainsi de la vertèbre sphéno-pariétale, qui porte deux os ptérygoïdiens ou palatins postérieurs parfaitement développés. Ces os sont légèrement recourbés et s'appliquent par une base très-large sur les masses latérales de la vertèbre et sur les côtés de sa partie basilaire. L'épine descendante de la grande aile du sphénoïde leur sert de contre-fort extérieur; en avant, ils touchent dans toute leur longueur aux os palatins antérieurs avec lesquels ils forment une série régulière. Ils ne s'unissent point l'un à l'autre, et les choses se passent à cet égard comme dans les autres animaux mammifères. Leur sommet se termine par un crochet recourbé et fort saillant en arrière.