MUSCLES DU BRAS
Les muscles qui composent la région brachiale forment deux groupes, l'un dorsal, l'autre palmaire. Chacun de ces groupes comprend deux systèmes musculaires, savoir : 1° le système des muscles courts qui passent du bras à l'avant-bras ; 2° le système des muscles longs qui vont de l'épaule h l'avant-bras.
Le système des muscles courts est en général le plus compliqué. Il comprend :
a. Des muscles diaphysaires. Ils naissent de la diaphyse humérale et se portent sur les os de l'avant-bras.
b. Des muscles épiphysaires. Ils se portent des épiphyses brachiales inférieures h la diaphyse des os de l'avant-bras.
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a. La division des muscles diaphysaires comprend :
1° Au côté palmaire du membre, le muscle fléchisseur huméro-cubital (brachial antérieur des auteurs) .
2° Au côté dorsal , deux muscles parallèles extenseurs huméro-cubitaux. (Coiwtes portions du triceps brachial.)
3° Un muscle huméro-radial qui, de la partie supérieure ou moyenne de l'humérus, se porte sur l'extrémité inférieure du radius. C'est le long supinateur des auteurs,
b. La division des muscles épiphysaires, dans lés mammifères, comprend deux muscles :
1° Un muscle du côté palmaire. Il se porte de l'épiphyse épitrochléenne au bord interne du radius, c'est-à-dire au bord qui correspond au pouce (nous l'appellerons pollèal) .
2° Un muscle du côté dorsal. Il se porte de l'épiphyse épicondylienne au bord polléal du radius.
Le premier muscle est nommé rond pronateur; le second, antagoniste du premier, est le court supinateur.
Ce système des muscles courts est singulièrement réduit dans l'Hippopotame. Parmi les muscles diaphysaires, le brachial, antérieur fait absolument défaut (1). Il n'y a aucune trace de muscle rond pronateur ni de court supinateur.
Le système des muscles courts est donc réduit dans l'Hippo-
(4) Il ne faudrait pas chercher son représentent dans le muscle que nous décrivons sous le nom de long w^inaiewr. Le brachial antérieur se porte nécessairement en dedans du tendon du biceps, tandis que le long supinateur pas*e en dehors de ce tendon. Ce fait est suffisant pour déterminer l'analogie.
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potame à deux muscles diaphysaires, savoir : Les courtes portions du triceps brachial et le long supinateur.
Courtes portions du triceps brachial, muscles huméro-olécràniens. — Le muscle huméro-olêcrânien interne s'attache assez haut sur la face interne de l'humérus. Inférieurement il s'at- . tache au tubercule interne du sommet du levier olécrânien qu'il peut rapprocher très-énergiquement de l'épitrochlée, grâce à la laxité de l'articulation antibrachiale qui permet, dans les grands mouvements de protraction, des torsions assez étendues. Ce muscle vient donc énergiquement en aide au long supinateur (1).
Le muscle huméro-olêcrânien externe est évidemment un antagoniste du précédent. Il semblerait au premier abord n'être qu'une division de la longue portion du triceps brachial dont il ne se détache qu'à' la partie supérieure du bras. Il se fixe d'une part à la base de la tubérosité externe de l'humérus immédiatement au-dessous du petit rond, et s'attache d'autre part sur la lèvre externe du levier olécrânien qu'il peut rapprocher énergiquement de la tubérosité externe de l'humérus, en déterminant un quart de rotation de Tavant-bras sur son axe, mou-
(4 ) Le vasle interne s attache d'une part à l'une des ftcee latérales de l'olécr&ne. et d'autre part à l'humérus. Ses relations avec ce dernier os sont toutes particulières. Il ne s'attache point à sa face postérieure, mai9 s'enroule sur sa face interne, pour se terminer sur sa face antérieure, jusqu'à la crête qui sépare cette face de la face externe. Cette disposition à l'enroulement est fort analogue à celle que présente le muscle supinateur, et H en résuite des conséquences pareilles. En effet, en rapprochant fortement l'otécràne de l'épitrochlée, le vaste interne est lui-même supinateur à un degré très-prononcé. Rien n'est certainement plus curieux et plus digne de l'attention du naturaliste philosophe.
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veiuent que permet aisément cette la xi té de l'articulation huméro-antibrachiale dont nous venons de parler.
Le vaste interne est donc à certains égards supinateur. le vaste externe aide au contraire aux mouvements de pronation. Si nous remarquons que ce muscle est à peine distinct de la longue portion du triceps brachial, on s'explique aisément comment il aide aux mouvements spontanés de natation, en favorisant l'opposition de la face palmaire au moment même oà la totalité du membre est rapidement ramenée en arrière par l'action de la longue portion du triceps. Ceci explique pourquoi ces faisceaux musculaires, connexes dans leur action, se trouvent à peu près confondus en un seul corps charnu, tandis que le vaste interne, dont l'action est antagoniste, est indépendant et libre dans toutes ses parties.
Ajoutons un mot sur un muscle qui semble n'être qu'une dépendance du système précédent. C'est le muscle anconé. Ce muscle est large ; il conserve ses rapports habituels. Son action vient en aide à celle du précédent.
Le muscle humérwadial externe, long supinateur des auteurs, très-remarquable dans l'Hippopotame , s'attache à la partie supérieure de la lace interne de l'humérus, et même un peu sur sa face antérieure. De ce point il descend, en contournant la face postérieure de l'humérus, sur la diaphyse duquel il s'enroule en quelque sorte, il s'engage entre la saillie épicondylienne et la crête saillante qui remplace dans l'Hippopotame l'empreinte deltoïdienne, glisse, au côté externe du bras, entre l'extrémité inférieure -du deltoïde et le ventre du grand muscle
métacarpien dorsal ou radial externe (1), et vient enfin s'attacher sur le radius, sur la face interne duquel il s'enroule pour se terminer définitivement sur l'arête qui sépare la face interne de cet os de sa face postérieure.
Le double enroulement de ce muscle puissant sur l'humérus (l sur le radius le rendrait éminemment supinateur si la disposition des surfaces articulaires s'y prêtait, mais son action se borne à produire une demi-supination en portant en avant le tranchant du bord radial de la main. On conçoit combien cette disposition doit être favorable aux mouvements de natation. Ces mouvements particuliers de pronation et de supination alternatives modifient, il est vrai, les attitudes de lavant-bras eu égard au bras, mais ils n'ont aucune action sur les mouvements réciproques du radius et du cubitus. Or ces derniers mouvements sont absolument impossibles dans l'Hippopotame. Ainsi s'explique l'absence du rond pronateur et du court supinateur.
Les muscles longs de la région brachiale vont, avons-nous dit, de l'épaule à l'avant-bi*as. L'un deux se porte de l'apophyse coracoïde au radius {muscle du côté palmaire) . C'est l'analogue du biceps brachial de l'homme. L'autre s'étend entre le bord axillaire de l'omoplate et l'apophyse olécrânienne du cubitus. C'est le muscle du côté dorsal, il répond à la longue portion dit triceps. Muscle palmaire. — Le nom de biceps ne convient pas à ce
(\ ) Placé d'abord en dehors du tendon du biceps, il se porte au-devant de ce tendon, et, s'enroulant autour de la diaphyse du radius, s'attache à toute la partie de- cette diaphyse placée entre la tubérosité d'insertion du biceps et lépiphyse inférieure.
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muscle dans l' Hippopotame. Le nom de coraco-radial est en tous points préférable. Ce muscle allongé, peu volumineux dans sa partie charnue, s'attache supérieurement à tout le noyau de l'apophyse coracoïde par un énorme tendon qui glisse dans la gouttière qui sépare la tubérosité externe de la tête humérale de sa tubérosité interne, et que convertit en un canal complet une arcade fibreuse d'où le petit pectoral tire en partie son origine. Intérieurement il s'attache au radius d'une manière assez compliquée.
Cette attache se compose : 1° d'un tendon principal qui n'a aucun pouvoir supinateur, car il ne s'enroule point sur la diaphyse de l'os, mais s'insère directement sur le bord polléal de la diaphyse, vers son extrémité supérieure ; 2° d'une lame aponévrotique qui s'enroule à sa partie supérieure sur la face palmaire du radius et se prolonge par des fibres tendineuses grêles jusqu'à l'épiphyse inférieure de cet os. Enfin, de la face antérieure du biceps part un long tendon aponévrotique qui descend sur le bord polléal du carpe et se prolonge jusqu'à la base de la première phalange du doigt interne. Il envoie en outre par son bord cubital un prolongement aponévrotique et demi-tendineux qui recouvre le muscle long supinateur et se fixe à la partie postérieure du bord interne du radius. La face libre est en outre recouverte par une longue bande fibreuse qui s'étend de l'apophyse coracoïde au ligament latéral interne du carpe. Cette bande donne d'ailleurs naissance à une grande expansion qui se perd dans les régions cubitales de l'aponévrose antibrachiale.
Muscle dorsal. — Longue portion du triceps^ ou muscle scajwlocubitaL — Ce muscle est l'antagoniste propre du muselé précédent. Son volume est énorme. Son corps charnu s'attache supérieurement à toute l'étendue de la côte de l'omoplate et embrasse inférieurement l'extrémité du levier olécrànien du cubitus. Il étend puissamment lavant-bras sur le bras, et porte en outre la totalité du bras en arriére avec une force et une rapidité qu'expliquent ses relations. De sa face postérieure naît la partie cubitale de l'aponévrose antibrachiale.
De cette exposition rapide, nous voudrions insister particulièrement sur deux points.
Le premier point est relatif à ces modifications de mouvement qui se produisent dans le sens des actions les plus favorables à la natation par suite de la disposition intime des organes et sans aucune intervention spéciale de la volonté de l'animal.
Le second point est relatif à la symétrie singulière que l'on découvre entre les muscles du côté ventral et ceux du côté dorsal. Le trapèze et le grand dorsal, ce dernier surtout, ont pour antagoniste le grand pectoral. Le sous-épineux correspond au sous-scapulaire, le grand rond au petit rond ; les courtes portions du triceps brachial au brachial antérieur; la grande portion du triceps au coraco-radial ou biceps ; le court supinateur au rond pronateur. Enfin le sus-épineux est le premier chaînon d'un système que continue le long supinateur : c'est le système du bord radial du membre, système interarédiaire aux deux autres.
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