MUSCLES DE L'AVANT-BRAS ET DE LA MAIS
La myologie de Favant-bras est singulièrement simplifiée dans l'Hippopotame par l'absence du rond pronateur, du court supinateur, et du carré pronateur. Les muscles qui déterminent les mouvements de pronation et de supination de l'avatitbras pris comme un tout immobile sont, nous l'avons vu, bien développés. Les muscles au contraire qui déterminent les mouvements de pronation et de supination en tant qu'ils dépendent de changements dans les attitudes réciproques du cubitus et du radius, ces muscles, dis-je, manquent complètement, ce qui ne surprendra aucunement si nous rappelons que, dans l'Hippopotame adulte/ ces os sont intimement unis l'un à l'autre. Cette pronation et cette supination incomplètes qu'on observe dans l'Hippopptame ont donc pour condition nécessaire cette laxité de l'articulation huméro-antibrachiale dont nous avons parlé plus haut. Le brachial antérieur qui, en agissant sur le cubitus, rendait la pronation indépendante des attitudes réciproques du bras et de l'avant-bras, manque également. Il ne reste que le triceps brachial, le coraco-radial, et le grand supinateur. Tous les autres muscles de Tavant-bras commandent aux mouvements de la main.
Ces muscles, suivant la règle commune, sont : Au côté palmaire de Tavant-bras : 1° le grand palmaire, deuxième métacarpien palmaire; T le cubital palmaire, cinquième métacarpien palmaire ; 3° le fléchisseur superficiel,
fléchisseur des secondes phalanges; 4° le fléchisseur profond, fléchisseur des troisièmes phalanges.
Au côté dorsal : 1° le grand abducteur du pouce, premier métacarpien dorsal ; 2° le muscle radial, deuxième et troisième métacarpiens dorsaux; 3° le muscle cubital dorsal, cinquième métacarpien dorsal; et enfin les deux extenseurs, savoir: 4° l'extenseur direct; 5° le système des extenseurs latéraux, duquel dépend l'extenseur propre du pouce représenté dans l'Hippopotame par sa portion carpienne seulement.
Muscles de lavant-bras, face palmaire.
Nous avons dit que le rond pronateur, le court supinateur et le carré pronateur manquent simultanément,
Le grand palmaire, deuxième métacarpien palmaire, s'étend comme d'habitude de l'épitrochlée au deuxième métacarpien, le pouce étant supposé garder son rang. Chez l'Hippopotame, son corps charnu est médiocre et ne reçoit aucune fibre du radius ; son tendon terminal n'envoie au deuxième métacarpien qu'une petite expansion, tandis qu'il se fixe par un gros faisceau sur la face palmaire du troisième métacarpien. Ce tendon, au moment où il passe contre l'apophyse styloïde du radius, est maintenu par une forte gaîne que lui fournit l'expansion aponévrotique du biceps.
Le cubital palmaire, cubital antérieur de l'homme, cinquième métacarpien palmaire, a deux origines : l'une vient de l'épitrochlée, sa partie charnue n'est que très-peu développée; l'autre vient de l'olécr&ne, elle est toute aponévrotique et forme
MYOLOGIE. 273
une lame fibreuse longue et grêle qui s'unit à la précédente vers le tiers inférieur de l'avant-bras. L'extrémité commune se fixe au sommet de l'os pisiforme qu'un ligament unit au cinquième métacarpien ; en outre, une expansion fibreuse se prolonge en lame au bord cubital de la main jusqu'à la première phalange.
Muscle fléchisseur superficiel des doigts. — Dans Tordre anatomique, ce muscle n'est pas le premier. C'est le petit palmaire, tenseur de l'aponévrose palmaire, qui a droit à ce titre. L'aponévrose palmaire est en effet l'expansion de son tendon, et cette expansion se fixe à la base des premières phalanges des doigts. Le petit palmaire est donc le fléchisseur des premières phalanges, mais il manque dans l'Hippopotame et par conséquent ne peut donner lieu à aucune description spéciale.
Le fléchisseur superficiel s'attache à l'épitrochlée par deux corps charnus distincts. L'interne, qui est le plus considérable» fournit deux digitations. La première de ces digitations forme un seul tendon destiné au second doigt. La deuxième se subdivise et donne des tendons au troisième et au quatrième. Le corps externe est plus grêle. Son tendon se subdivise en deux rameaux, l'un qui vient s'unir au tendon fourni au quatrième doigt par le corps interne, l'autre qui se porte au cinquième doigt; le tendon primitif traverse l'aponévrose palmaire qui le retient contre le pisiforme.
La manière dont les quatre tendons se terminent est la même.
Ils s'élargissent vers la racine des doigts et se recourbent de
manière à former avec cette racine une gaine qui contracte des adhérences intimes avec ie ligament palmaire hiterdigital. Sous cette gaine se prolongent les deux faisceaux tendineux qui vont, suivant l'usage, s'insérera la base de la deuxième pinlange. C'est, pour chaque doigt. le faisceau interne qui est le plus développé. Au surplus, ces deux faisceaux mêmes se réunissent en dessus de manière à tapisser d'une couverture fibreuse la face palmaire de la première et de la deuxième phalange, en sorte qu'en réalité les extrémités du muscle fléchisseur superficiel constituent à la face palmaire de chaque doigt un canal fibreux complet où s'engage le tendon du fléchisseur* profond.
Le fléchisseur profond a pour origine trois faisceaux musculaires. Le premier s'attache à l'épitrochlée, le second au cubitus, ce sont les plus considérables ; le troisième semble résulter d'un prolongement des fibres superficielles du vaste interne; il se termine par un tendon grêle qui vient s'unir vers l'origine <te la main avec le tendon commun qui résulte de la fusion des deux autres faisceaux. 11 n'y a donc dans la base de la région palmaire qu'un tendon pour ces deux muscles, et ce teudon fournit presque immédiatement les quatre tendons fléchisseurs des troisièmes phalanges. Ces tendons sont perforants suivant l'usage et s'engagent dans le tube fibreux qui leur est fourni par le muscle fléchisseur superficiel. Ils se terminent sur la In» de la dernière phalange des quatre doigts de la main après avoir fourni des indices de bifurcation.
Maigre la fusion des trois éléments coin posants de oe muscle.