QUI RONGE LE BOIS DE SAULE
Gomme avant de travailler sur la chrysalide de cet insecte, je m’étois proposé d’achever l’anatomie de sa phalène, afin qu’après avoir pris une idée nette de la structure intérieure, tant de la chenille que de son papillon, je pusse, moyennant la connoissance détaillée de ces deux extrêmes de l’animal, parvenir plus aisément à démêler dans la chrysalide les parties qui s’y dissolvent entièrement , celles qui ne le font pas tout-a-fait, mais prennent plus ou. moins des autres formes pour s’adapter à de nouveaux usages, et celles, en plus grand nombre, qui paroissent être d’une production toute nouvelle, et dont on ne remarque aucune trace dans la chenille, afin de lever ainsi , s’il m’étoit possible, quelque coin du voile par où l’Auteur de la nature a caché le mécanisme qui opère tant d’étonnantes transformations, on conçoit que tel ayant été mon plan, qui n’a pu avoir qu’en partie son exécution, par la raison mentionnée dans l’avertissement placé à la tête de ce volume, on conçoit, dis-je, que je n’ai fait que peu d essais sur la chrysalide que j’avois réservée pour la fin 5 cependant, vu qu’ils me paroissent plus ou moins pouvoir servir à répandre du jour sur ce sujet, et épargner du travail à ceux qui voudroient entreprendre de finir ma tâche, le lecteur
voudra bieo me permettre, j’espère, que je place ici ces essais , quelque défectueux qu’ils soient. ^
Essais sur les parties extérieures de la chrysalide.
On se rappellera que dans l’histoire abrégée que j ai donnée de cet insecte, au chap. i de l’anatomie de sa chenille, j ai déjà remarqué que-quand son temps de se disposer à changei en chrysalide étoit venu, elle cherchoit si, dans le tronc de l’arbre du bois duquel elle s’étoit nourrie, il ne se trouvoit pas quelque ouverture par où elle put en sortir lorsqu elle seioU devenue phalène; que, si tout étoit fermé, sou premier soin la portoit à percer l’arbre jusqu’à son écorce, et à y faire un trou circulaire, de capacité égale à la grosseur de la chrysalide dans laquelle elle alloit bientôt changer : qu’eusuite , à peu de distance de cette ouverture trouvée ou faite, elle rongeoit et rassembloit quantité de petits éclats de bois qu elle réunissoit avec de la soie autour de son corps, et en forraoit un étui ellipsoïde , tel qu’on eu voit un représenté de grandeur naturelle pl. i8, fig. 7 : étui dans lequel elle se trouvolt alors renfermée, et qui par dehors n étoit qu un assemblage de petites bûches réunies en tous sens, mais dont elle avoit eu soin de pointer une des extrémités vers l’ouverture dont on vient de parler, et qu elle tapissoit eu de dans celte loge d’une tenture de soie, partout très-serrée, excepté à l’endroit pointé vers cette ouverture, où la chenille avoit eu l’attention de reudre le tissu moins serré, afin qu en son temps elle pût se faire plus aisément jour au travers; (ju’ensuite elle se plaçoit dans sa coque de façon à avoir la tête tournée vers ce côté foible, précaution sans laquelle
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elle risqueroit de périr; que dans cette situation, elle se tenoit quelques jours en repos; que cependant sa couleur rouge s’efFaçoit et devenoit pâle; qu’ensuite elle commençoit à se montrer picottée de points* bruns; que ces points devenoient des taches; que ces taches grandissoient, et que presque toute la peau paroissoit enfin d’un brun foncé, ce qui annouçoit son changement prochain.
Que pendant que ces symptômes extérieurs se manifestoient, les parties intérieures de la tête se détachoient du crâne; que celles des jambes se retiroient vers le corps, qui se raccourcissoit , en diminuant d’épaisseur du côté de sa partie postérieure, et se renfloit de plus en plus a l’opposite, ce qui enfin y faisoit crever la peau, dont l’animal se dégagoit, après quoi il se montroitsous la figure d’une chrysalide : état moyen dans lequel son dehors offroit plus de traces de la phalène qui en devoit naître, que de la chenille qui l’avoit produite.
Que l’enveloppe de cette chrysalide étoit d’abord molle , humide et blanche, avec une teinte de rouge sur le dos, mais
que peu après elle devenoit dure, sèche et de couleur de marron; que sa partie antérieure, où l’on apercevoit les linéamens de la tête, des jambes et des ailes de la phalène, ramenées sur le devant, étoit par elle-même immobile, mais que sa partie postérieure pouvoit se mouvoir en divers sens; que cette chrysalide étoit remarquable en ce que sa partie antérieure étoit armée de deux éminences aiguës, et que son dos ^toit pourvu de plusieurs rangées de pointes dirigées obliquement vers la queue; que ces éminences et ces pointes, loin d être des ornemens superflus, étoient (comme on l’a déjà fait observer plus d’une fois ci-dessus en d’autres espèces) si essentiellement nécessaires à la naissance de la phalène.
qu’elle ne pouvoit s’effectuer sans cela; que lorsque la chrysalide avoit passé quelques semaines dans sa coque, et que le papillon qui s’y étoit formé se sentoit en état de paroître au Jour, la chrysalide commençoit à se faire entendre; qu’alors elle faisoit usage de ces pointes, de celles du dos pour se porter avec force vers le devant de sa coque, et des deux de la tête pour entamer sa coque à cet endroit, qui en étoit le plus foible; qu’au bout environ d’un quart d’heure, on y voyoit paroître une ouverture successivement agrandie par les efforts redoublés de la chrysalide, jusqu’à ce que s’étant fait jour par toute sa partie antérieure, soit au travers de sa coque, soit au travers du tronc percé de l’arbre, elle s’arrêtoit tout court pour ne pas faire, par des mouvemens ultérieurs en avant, de chute qui lui fût funeste, et qu’après un intervalle de repos, elle rompoit par de violens efforts son enveloppe crustacée ; que le papillon en sortoit , se suspendant la tête en haut au tronc de l’arbre; que ses ailes, qui ne sembloient d’abord que de petits chiffons mous et épais, en se dépliant s’alongeoient à vue d’œil, et prenoient leur grandeur naturelle en peu de minutes; que la phalène attendoit alors encore avec tranquillité, pendant quelques heures, que ses ailes se fussent séchées, et eussent pris consistance, et qu’ensuite s’étant allégée par de copieuses évacuations, elle prenoit l’essor, et s’envoloit.
.1 ajoute ici qu’il est bien naturel de présumer que ce n’est pas de plein saut que la chenille parvient à son état de chrysalide, ni la chrysalide à celui de papillon ou de phalène (i).
(i) Le nom de phalène n’appartient qu’aux papillons nocturnes; celui de papillon, dans sa signification générale, renferme toutes sortes de papillons, nocturnes
SUR LES INSECTES
Après qu’elle a construit sa coque, la chenille subit diverses révolutions extérieures et intérieures pour y parvenir j et comme la chrysalide est un état moyen entre la chenille et l’insecte ailé, on conçoit qu’elle doit participer de l’un et de l’autre, et que perdant de plus en plus sous cette forme les parties qui sont propres à la chenille pour revêtir celles qui constituent le papillon, la chrysalide tient d’autant de son premier état, qu’il y a moins de temps qu’elle l’a quitté, et d’autant plus du dernier, qu’elle est près d’y entrer.
Ces changemens successifs ne s’aperçoivent pourtant point sur l’extérieur de la chrysalide. Son enveloppe crustacée reste toujours la même, et dès le premier moment qu’elle s’est dégagée de sa peau de chenille, jusqu’au moment qui précède la naissance du papillon, on y démêle constamment les indices des membres de ce dernier avec la même facilité, et tels qu’on peut les voir dans la chrysalide représentée d’abord du côté du dos, de grandeur naturelle, pl. 3g, fig. i, et grossie seize fois, fig. 2 , dans le même sens; mais surtout, fig. 3, par le ventre, et, fig. 4 , par le côté. La fig. 5, qui l’offre aplomb par le sommet, ne permet d’y reconnoître que très-imparfaitement ces mêmes membres.
Bien que sa partie antérieure ne soit proprement composée que de la tête et des trois premiers anneaux très-dilatés de la chenille , et que la postérieure le soit de ses neuf autres anneaux très-contractés, surtout vers l’extrémité postérieure, on croiroit d’abord, à ne voir ces deux parties que du côté du ventre, qu’elles le sont d’abord de six : ce qui ne provient
et diurnes . dans sa signification particulière , il ne comprend que les diurnes en opposition aux nocturnes.
essais anatomiques
que de ce que les antennes, les jambes et les ailes de la phalène, quoique produites, les antennes par la tête et le reste par les trois premiers anneaux de la chenille, sont ramenées obliquement vers le dessous du corps de la chrysalide, de façon qu elles descendentjusquesurles quatrième, cinquième et sixième anneaux, qu elles y couvrent de la manière qu’on le voit fig. 4, où 13LL marquent la partie antérieure de la chrysalide , et NZ3 la postérieure.
L’antérieure offre sur son devant et ses cotés des traces assez reconnaissables des membres de la phalène, auxquels son enveloppe de chrysalide sert comme d étui. G est ainsi que les deux petites convexités orbiculairés GG , fig. 3 , 4 et 5, qu’on voit des deux côtés de l’inférieure, vers le devant de la chrysalide, désignent l’emplacement des deux cornées de la phalène ; que les deux filets HH, fig. 3, 4 et 5, circulairement
cannelés comme des bronches, marquentles antennes ;qu’00, fig. U, 3 et 4, couvrent ses ailes supérieures, etNN, fig. 2 et 4, vraisemblablement le bord postérieur des ailes inférieures; quM,H,T,H, fig. 3, marquent l’emplacement circonflexe de la première et de la seconde cuisse de la jambe et du pied d une des deux paies antérieures de la phalène sous la chrysalide; et que 2 et 2+ indiquent celui de la jambe et du pied de la secLde paire de pâtes, dont la cuisse est cachée, et que l’on y aperçoit en 3 , lig. 3 et 4 , le bout des pieds des pâtes de la troisième paire, dont le reste est caché sous les ai es et les
écailles, 0,0, qui les couvrent.
A f opposite, fig. 2 , la partie antérieure de la chrysaîid-e,
qui ne s’étend vers la ligne supérieure que jusqu’au bas du troisième anneau, est composée de trois paires d’écailles successivement coarticulées le long de cette ligne.
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La paire antérieure RR, fig. [^e\. S, Qn est la moins grande : on pourroit la nommer occipitale; l’une et l’autre sont pareilles et irrégulièrement triangulaires. Vers le bas de leur angle latéral se voient deux apparences de petites ouvertures MM, fig. 5, qui marquent l’endroit de la première paire des stigmates de la chenille. La paire d’écailles intermédiaires^ LL, fig. 2,4 et 5, excède de beaucoup en grandeur les deux autres ensemble, surtout y compris leurs prolongemens latéraux 0,0. Elles forment réunies une convexité oblongue, qui couvre non-seulement le dessus du corselet, mais, par leurs prolongemens OO, les ailes de la phalène , en descendant obliquement vers l’inférieure, où elles vont se rencontrer en faisant en travers, chacune de son côté, le demi-tour de la chrysalide.
Cette paire d’écailles est suivie et bordée de la troisième paire NN, fig. 2 et 4- Elle est étroite, ondoyante, d’inégale largeur, et depuis la supérieure, elle descend le long du bord des prolongemens OO, avec lesquels elle est coarticulée jusque près de l’inférieure, où elle se termine après avoir fait obliquement aussi, chacun de son côté, à peu près le demitour de la chrysalide. Cette paire m’a paru couvrir le bord postérieur des ailes inférieures du papillon.
Quant à l’autre partie de la chrysalide , elle est composée de neuf anneaux qui sont marqués de leurs nombres, depuis 4 jusqu’à 12 , le long des fig. 2 , 3 et 4 . Chacun en est enveloppé de larges cercles bruns, écailleux, excepté que les trois premiers ne le sont qu’autant qu’ils se montrent au dehors; le reste qui en passe sous les ailes est membraneux et blanc, et en général, il n’y a guère rien d’écailleux dans la chrysalide que ce qui en est exposé au grand jour, et qui doit concourir à renfermer dans un étui crustacé, passablement
solide, les parties encore extrêmement délicates destinées à former le papillon. Ces anneaux, diminuant d’épaisseur depuis le septième, ont donné à la partie postérieure une forme grossièrement conique, d’où cette classe de chrysalides, dont les espèces sont très-nombreuses , ont reçu le nom de chrysalides coniques. Les six marques ovalaires qu’on leur voit, fig. 3 , vers l’intermédiaire inférieure , placés deux à chaque anneau, depuis le septième jusqu’au neuvième inclusivement, sont des cicatrices causées par les trois dernières paires de pâtes membraneuses intermédiaires de la chenille. Celles de leur première paire sont cachées sous les enveloppes , 0,0 , des ailes supérieures, et les marques qu’on leur aperçoit, deux à chaque anneau, le long des latérales, sont celles qu’y ont laissé les embouchures des stigmates de la chenille. Les trous causés par ces embouchures dans l’enveloppe de la chrysalide, lorsqu’elle s’est formée dans la chenille, ne s’étant pu s’y bien fermer qu’il n’y soit resté une sorte de cicatrice visible, qui, ayant la forme et l’emplacement des stigmates, auroient pu avec raison être pris pour des organes de la respiration, si des expériences très-nombreuses n’eussent concouru à nous persuader que les chrysalides ne respirent point, et n’eussent même rendu la respiration des chenilles trèsdouteuse, malgré les dix-huit ouvertures par où les chenilles admettent l’air extérieur dans leur corps.
Les six anneaux postérieurs de la chrysalide, passant au moyen d’une membrane flexible , un peu en recouvrement chacun sur celui qui le suit , rendent cette partie de la chrysalide mobile , pendant que l’autre reste inflexible , et contribuent à rendre l’insecte en cet état beaucoup plus court qu’il ne l’avoit été dans celui de chenille.
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Pour ce qui est des éminences F et I , fig. 3 et 4 ? dont , à quelque distance l’une de l’autre , la tête de la chrysalide est armée sur son devant à la ligne inférieure, chacune est composée de trois pointes mousses, dont celle du milieu est la plus élevée, et les deux autres, placées à droite et à gauche, sont un peu tournées en dehors. Ces deux éminences sont separees 1 une de l’autre par un espace creusé en gouttière le long de I inférieure , comme on le voit en I, fig. 3.
Outre ces deux eminences à la tête , la chrysalide a encore depuis le cinquième anneau jusqu’au dernier, le dos pourvu de quatorze rangées de pointes de differentes tailles, dont la direction oblique forme un angle aigu avec l’extrémité postérieure de 1 animal; et de plus, le bout de son dernier anneau est encore muni de quelques pointes plus saillantes. Toutes ces pointes et eminences ont cela de particulier, qu’elles sont autant de parties isolées, qui n’ont rien de commun ni avec la chenille, ni avec le papillon, mais qu’elles sont uniquement propres a la chrysalide, à laquelle elles ne servent pourtant point d’ornement superflu, puisque, comme je l’ai déjà fait observer ailleurs, la phalène ne sauroit éclore sans leur secours, vu que cet insecte, n’ayant, avec nombre d’autres espèces, ni trompe ni bouche, il ne peut porter, ainsi que le font plusieurs des espèces qui en ont, un suc dissolvant contre e sommet de sa coque pour l’amollir, de façon à s’ouvrir un même^ travers; mais c’est alors que la chrysalide ellela facon^'^ Moyen de ces pointes , sait se frayer une sortie de
Les oi'^ ^ expliqué ci-devant.
P tes dont notre chrysalide a été pourvue à cet effet ne sont pas une forme aussi simple qu’on pourroit d’abord se 1 imaginer. Elles se trouvent distribuées par doubles rau-
38o ESSAIS ANATOMIQUES
gées sur le dos de chaque anneau, depuis le cinquième jusqu’au dixième j le second rang m’ayant paru manquer au onzième anneau, et étant généralement plus court que le premier, qui dépasse souvent de part et d’autre le stigmate. Les pointes de ces deux rangées diffèrent beaucoup pour leur forme : celles de la première sont autant de petits crénauxj celles de la seconde ressemblent mieux à des dents de scie, et encore les dents de chaque première rangée diffèrent entre elles, suivant quelles approchent plus ou moins de l’extrémité postérieure de l’animal. On comptoît environ une trentaine de ces dents par rangée là où la chrysalide avoit le plus d’épaisseur. Leur figure étoit telle, au septième, huitième et neuvième anneau , qu’on en a représente trois fort en grand, fig. II. Un rebord écailleux, brun, poli, et qui paroissoit d’une substance plus dure que le reste, les environnoit, et ajoutoit à leur solidité. La figure 12 offre celle de trois dents d’une scie du second rang. Elles sont contiguës, cannelees, et aussi pourvues, vers leur pointe, d’un bout d écaillé brun foncé, poli, et qui paroît être d’une substance plus solide que le reste. Les trois dents fig. i3 sont du onzième anneau; elles sont un peu plus étroites et alongées que les précédentes. La figure i4 en sont trois autres du dernier anneau. L’extrémité de cet anneau se trouve de plus armé de cinq ou six pointes ou épines assez saillantes, dont la figure unie n’offre d’ailleurs rien de particulier. Depuis la première de ces rangées jusqu’à l’extrémite postérieure de 1 animal, le corps de la chrysalide est tout chagrine d un très-beau grain, si petit, qu’il faut une forte loupe pour l’apercevoir. Le reste en paroît rabotteux au microscope. L’écorce de cette chrysalide, moins cassante que celle des phalènes ne
SUR LES INSECTES. -JOl
l’est assez ordinairement, semble tenir le milieu entre la membrane et l’écaille, n’étant ni si souple qne l’une, ni aussi dure que l’autre.
Si, sur l’enveloppe de la chrysalide conique, on distingue assez aisément les traces des membres du papillon qui en doit naître , on n’y remarque pas autant celles de la chenille qui les a produites , du moins quant a sa partie anterieure j et ce n’est qu’en ouvrant une chenille qui, renfermee dans sa coque, est près d’y changer d’état, que l’on peut parvenir, et encore avec bien de la peine , à en découvrir quelque chose. Voici ce que je trouvai, en ouvrant par le ventre, faute d’autres sujets, une chenille qui, près de changer, paroissoit être dans un état languissant, et avoir manqué de forces pour fendre sa peau et en dégager sa chrysalide.
Obserç'ations sur les changemens arrivés a une chenille près de changer en chrysalide, quant à ses parties extérieures.
J’en trouvai la peau plus mince. Elle avoit cessé d’être rouge sur le dos , où étant devenue d’un blanc sale , elle avoit acquis quelque transparence.
Sa tête , comme il est ordinaire en cas pareil , etoit courbee vers le premier anneau. On s’apercevoit que ce qui avoit auparavant constitué le dedans de la lèvre inférieure s’en étoit grande partie retiré.
Après avoir noyé l’animal, j’enlevai la peau de cette lèvre, et trouvai sous elle, au lieu des muscles A, fig. i et 2 de la planche i5 de 1 anatomie de la chenille, deux corps oblongs, blancs et charnus, séparés et parallèles l’un à l’autre, qui
occupoient toute la longueur de la filière avec sa base , et avoient l’air de devoir devenir les barbillons de la phalène.
A côté de ces deux corps longuets, ou en trouvoit encore deux séparés, pareils pour la couleur et la substance, lesquels, Tun à droite, l’autre à gauche, occupoient la place des parties qui avoient formé dans la chenille l’intérieur de ses deux gros barbillons avec leurs bases; mais ces parties même ne s’y distinguoient plus.
Au côté postérieur de chacun de ces derniers corps, un autre plus petit étoit attaché par un ligament charnu; ces quatre corps ne tenoient ensemble que par l’endroit où la lèvie inférieure de la chenille tient à sa base; leur direction antérieure ayant alors changé, les portoit à se fléchir vers le cou, et quand on leur en laissoit la liberté, en les dégageant des parties extérieures de la tête qui s’en séparoient facilement, elles se fléchissoient, de façon que leur opposite, qui formoit naturellement la grande moitié de l’intérieur de la bouche de la chenille, paraissoit tout à découvert. De ce côté, ces parties étoient devenues crustacées et brunâtres. On remarquoit que dans ce sens elles dévoient concourir à former l’extérieur de la tête de la chrysalide ; et c’est ainsi qu’on les a représentées pl. 39 , fig. 6 , où A marque les deux corps alongés qui se touchent sans se tenir encore ensemble, et qui auparavant avoient occupé la longueur de la filière avec sa base. On en voit le côté qui forme ce que j’ai appelé la langue de la chenille, quoiqu’à proprement parler la chenille n’en ait point , et que ce n’en soit qu’une apparence , comme on l’a observé au Traité anatomique. BB sont les deux corps qui correspondent aux gros barbillons avec leurs bases, vus du côté qui avoit concouru à former, avec cette apparence de
langue, la bouche intérieure de la chenille. CC sont deux autres pièces adhérentes à BB. On peut démêler l arrangement et l’assemblage de ces différentes parties, fig. 3, où, dans une chrysalide couchée sur le dos et fort grossie, on les voit réunies et coarticulées à droite et à gauche de l’inférieure, à peu de distance du sommet de la figure.
En enlevant à la chenille dont il s’agit la lèvre supérieure, les pièces écailleuses qui forment l’entrée de l’œsophage, et en même temps une partie de la tunique intérieure, fig. 6, D etE,y demeurèrent attachées, assemblage qui reste naturellement dans le vieux crâne dont la chenille se défait quand elle devient chrysalide.
On voyoit déjà dans la partie antérieure dé cet insecte les deux convexités presque hémisphériques GG, fig. 6, qui dans la chrysalide, fig. 3, marquées des mêmes lettres, y couvrent les deux cornées de la phalène. Ces convexités sont placées à rendroit des yeux de la chenille; et comme cela feroit présumer que ce sont les organes de la vue de cette dernière qui se transforment en ceux du papillon, il seroit extrêmement intéressant, et digne des recherches d’un naturaliste, de tâcher de découvrir par quel mécanisme merveilleux, et qui semble tenir du prodige, les yeux de la chenille, qui à chaque côté ne sont que six en nombre, placés sur une façon de cercle, comme on les voit représentés pl. i8, fig. 6 du Traité anatomique, se transforment pour la phalène en près de vingt et un mille yeux ou télescopes très- distincts,
rassemblés sous deux cornées, comme on le montrera dans la suite.
H Gt fig. 6, sont les antennes de la phalène, qui, étendues dans la chrysalide, ont été trouvées pliées en zig-
zag dans la tête de la chenille, de la façon que le représente la fig. 6 en H, mais que j’ai tant soit peu fléchie en avant à l’autre côté, pour en faire mieux distinguer les inflexions, dont la première, qui part du front de l’animal, étoit d’un brun de marron clair, et les deux autres avoient une teinte plus foible de la même couleur. Les zig-zags en étoient tellement pressés l’un contre l’autre, que les endroits par ou ils se touchoient s’en trouvoient entièrement aplatis. Ces antennes m’ont paru occuper, ainsi pliées, une partie des écailles pariétales dans la chenille.
L’éminence à trois pointes I, fig. 2,3 et 4> dont la chry-' salide se sert avec l’autre marquée F, fig. 4? pour entamer sa coque et l’ouvrir, m’a paru avoir occupé dans la chenille le
dessus de son écaille frontale.
La paire d’écailles imparfaitement triangulaires RK, fig. 2 , 4 et 5, qui est coarticulée vers le sommet de la chrysalide , le long de la supérieure, s’est trouvée placée dans le cou de ma chenille, vers le côté antérieur de l’écaille noire qui couvroit le dessus de son premier anneau.
La paire de grandes écailles LL, fig. 2 , 4 5, coarticulees
le long de la supérieure, et qui répondent à deux écailles semblables, dont la plus grande partie du dessus du corselet de la phalène est formée , occupoit dans la chenille le côté postérieur du dessus du premier anneau, de même que tout le dessus du second , et se terminoit à la rencontre du troisième.
Les deux premières paires de pâtes antérieures de cette chenille étoient déjà entièrement vides, et ne contenoient ni muscles, ni bronches, ni nerfs, ni graisse; mais la troisième paire étoit encore occupée, et renfermoit un corps oblong, blanc.
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arrondi parle bout, qui me parut devoir devenir le pied de la pâte de la troisième paire de la phalène. Cette pâte n étoit que très-informe : elle commençoit simplement à brunir a l’endroit qui annonçoit devoir être celui où la cuisse est articulée à la jambe, mais ces articulations ne se démêloient que difficilement. Celles des pâtes de la chrysalide sorties de la première et de la seconde paire de la chenille, étoient plus distinctes: les pièces s’en trouvoieut couchées en zigzag l’une contre l’autre , immédiatement sous la peau de la chenille. Elles avoient une teinte de brun , chacune du côté qui devoit faire partie du dehors de la chrysalide, et sur ce brun rampoient quantité de traits plus foncés qui paroissoient être des vaisseaux. On entrevoyoit déjà à la dernière pièce, la moins foncée en couleur de cette paire de pâtes, les indices des articulations qui dévoient composer le pied du papillon.
La peau du premier anneau ne tenoit plus au corps de la chenille qu’à droite et à gauche, par les points marqués M, pl. 39, fig. 4 et 5 ; et en enlevant cette peau, je trouvai que ce n’étoit que par la première paire de stigmates qu’elle y tenoit, et que ces stigmates la suivoient avec deux ou trois troncs de bronches qui se rompirent.
Ayant examiné l’emplacement du premier stigmate à diverses chrysalides de cette espèce, je l’ai toujours trouvé parfaitement fermé, quoiqu’à d’autres espèces je l’aie souvent vu très-ouvert en dehors.
La paire d’écailles NN, fig. 2 et 4 5 étoit placée dans cette ^henille vers le dessus du troisième anneau, et s’y terminoit 3 ^ ï’encontre du quatrième, pendant que, dans la chrysalide, elle descendoit le long des côtés jusque vers le septième anneau,
Dans la chrysalide, Técaille 0,0, fig. 2 , 3 et 4 > qui est une continuation de LL, fig. 2 et 4 > ne s’étendoit pas à cette chenille au-delà de L, fig. 4 , mais s’y trouvoit pliée en double. Son côté supérieur étoit teint d’un brun clair; l’autre côté, qu’on ne pouvoit voir qu’en dépliant l’écaille, étoit tout blanc.
Au bord latéral de l’écaille NN, fig. 4? tenoit dans la chenille un chiffon blanc informe, plié en zig-zag sur luimême , qui ne dépassoit pas le troisième anneau. Il m’a paru être l’aile inférieure. On n’y apercevoit rien de brun, qu’à un petit endroit vers son origine.
L’écaille qui couvre le quatrième anneau par le dos se termiuoit dans la chenille, comme dans la chrysalide, à l’endroit où son écaille P, fig. 2 et 4 , rencontre l’écaille N.
Ses deux stigmates, qui sont de la première paire, placés sur un fond blanc membraneux, étoient déjà couverts dans la chenille par les écailles N de la chrysalide, à l’endroit marqué d’un petit ovale, fig. 4-
La peau de la chenille, qui s’en détachoit facilement partout ailleurs, y tenoit fortement aux stigmates, mais non pas jusqu’à les arracher quand ou l’enlevoit.
L’écaille Q, fig. 4 , qui couvre le cinquième anneau par le dos, se terminoit dans la chenille un peu au-delà de l’endroit où, dans la chrysalide, elle rencontré l’écaille NN, et le troisième stigmate s’y trouvoit placé près de la latérale, à découvert.
Le peu que l’on voit de l’écaille R, au sixième anneau du côté du ventre, étoit le seul écailleux; le reste du même côté, qui demeure membraneux jusque dans la chrysalide, marque par deux cicatrices brunes, couvertes par les ailes dans ce
StIR LES INSECTES. 307
second état, la première des quatre paires des jambes intermédiaires ou membraneuses de la chenille.
Les sept, huit, neuf, dix et onzième anneaux, qui étoient déjà pourvus de cercles écailleux, n’ofFroient rien de particulier, sinon qu’à la rencontre de chaque anneau avec celui qui le précède , ils formoient déjà un pli mobile très-profond par où l’anneau qui suit glissoit sous le précédent , ce qui ne contribuoit pas peu à rendre la chrysalide, comme elle l’est toujours, beaucoup plus courte que sa chenille. Dans ce pli, la peau de la chenille prenoit une teinte successivement plus claire, jusqu’à devenir blanche vers son fond.
A l’endroit où le onzième anneau rencontre le douzième, ce pli, ou plutôt ce qui lui en donnoit l’apparence, étoit immobile. Comme le volume de ces derniers anneaux étoit fort diminué en tous sens, ils y avoient déjà entièrement abandonne la peau de la chenille dans ce sujet.
Les écailles, garnies de pointes dans la chrysalide, l’étoient déjà aussi dans cette chenille, mais les rangées en étoient plus aplaties sur ses anneaux.
Les diverses pièces écailleuses qui dévoient concourir à former par leur assemblage celles du bout antérieur et inférieur de la chrysalide n’étoient point encore coarticulées ensemble. Les deux A, fig. 6, n’étoient, comme on l’a déjà remarqué, point attachés à B par leurs côtés. A,B,G ne tej^ruent par aucun endroit à G ni à H. G étoit séparé de toutes
parties qui 1 environnoient, excepté que, par son côté postérieur, il . . , . ,
^ I écaillé voisine , et qu une petite écaillé y
etoit adhérente. Les deux K , fig. 5, n’étoient joints que par leur bout antérieur, et ils n’étoient réunis à aucune des écailles I,H ni L, fig. 4- Les deux L n’étoient pas encore en-
tièrement coarticulées le long de la supérieure. P et Q, fig. 4 , ne tenoient point à N ni N à L; et les antennes, les pâtes, ni les ailes n’avoient point pris les places qu elles occupent dans la chrysalide.
Quant à ses parties intérieures.
Je trouvai les deux vaisseaux dissolvans entièrement vides et affaissés, ce qui feroit soupçonner que le menstrue abondant qu ils avoieut contenu, et qui avoit servi auparavant à dissoudre le bois dont l’insecte se nourrissoit, s’étoit vidé par la bouche dans l’estomac, et répandu de là dans le corps de l’animal , et que son suc actif pourroit bien avoir été le premier agent employé par la nature pour dissoudre quantité de parties qui disparoissent dans l’insecte, et pour en faire naître tant d’autres en leur place; mais comme ces vaisseaux ne se trouvent pas, que je sache, généralement dans toutes les chenilles, et que pourtant toutes changent fort bien en chrysalides, ceci ne doit être envisage que comme une conjecture très-hasardée , sur laquelle on ne peut guère
s’appuyer.
Les vaisseaux soyeux paroissoient moins gonflés qu’on ne les trouve avant que la chenille commence à faire des préparatifs pour changer de forme : ce qui n est pas surprenant, puisqu’ils ont été épuisés par la soie que 1 insecte en a tiré pour filer sa coque.
Leur partie antérieure n’étoit plus qu une membrane transparente, mince et affaissée, dans laquelle on apercevoit par intervalles des grumeaux d’une matière blanche et opaque. Cette partie tenoit encore dans la tête, par un corps glandu-
SUR LES INSECTES. SSg
leux , à celle du vaisseau pareil placé à l’autre cote de 1 animal, et au-delà de ce corps, elle se terminoit par des membranes qui n’olFroient plus rien de distinct.
Entre le quatre et le cinquième anneau, leur partie intermédiaire se trouvoit engagée, de part et d’autre, dans une masse informe, noirâtre et dure, d ou, quand on la depeçoit, il sortoit de l’huile, et qui se réduisoit en nombre de fibrilles. Je n’en pus dégager le vaisseau soyeux sans le rompre, et à cet endroit, je le trouvai lui-merae noirâtre, ce qui ne me parut pas naturel , et me fit présumer que c etoit là l’accident qui avoit réduit l’insecte dans 1 état de débilité où il me parut être quand je le tirai de sa coque; et je ne doutai guère que cette masse noirâtre et dure ne fût l’effet de l’extravasion accidentelle de la matière soyeuse ou de quelqu’ autre substance qui, s’étant attachée à la graisse, 1 avoit corrompue et collée au vaisseau soyeux même.
Les molécules glanduleuses, dont on sait que l’intérieur de la peau de cette partie intermédiaire est semée , s’y distinguoient plus qu’ auparavant: on ne les apercevoit pourtant que peu à l’entrée de sa partie postérieure , et on ne les distinguoit point du tout au reste de cette dernière partie.
. Les muscles de la tête, séparés de leurs attaches, n’avoient plus rien de distinct : examinés au microscope , ils paroissoient comme en partie dissous. On n’y trouvoit plus de ces fibres torses, dont ils avoient auparavant été composés; ce n’étoit presque qu’un amas de membranes, de bronches et de nerfs, parmi lesquels on démêloit des chairs informes.
L intérieur de la filière sembloit converti en une glande lisse par dehors , composée de deux renflemens reunis , dans lesquels, en les dépeçant, je n’ai rien pu distinguer.
Les parties destinées à former les yeux de la phalène n’offroient encore absolument rien de reconnoissable.
En enlevant le crâne à la chenille, la traverse (i) de la porte y demeura attachée , mais ses deux moutans restèrent dans la tête de la chrysalide. Les muscles qui avoient tenu à ces trois écailles les avoient entièrement abandonnés.
J’ai bien encore trouvé dans ce sujet le canal de ce qu’on a nommé le cœur de la chrysalide, attaché, près de sa bouche, à la tunique extérieure de l’œsophage; mais je n’ai pu découvrir s’il s’ouvroit dans ce viscère ou non.
On démêloit à l’œsophage le lacis des muscles qui enveloppent sa tunique extérieure, mais plus difficilement, tant parce que l’œsophage s’étoit déjà fort raccourci, que peutêtre parce que ces muscles avoient commencé à se dissoudre.
A l’endroit où les bronches du troisième stigmate se répandent sur l’estomac, il me parut étranglé, et je trouvai, vers la ligne inférieure de ce viscère , un corps blanc en forme de boule alongée et aplatie, plus grande de moitié qu’un ganglion. Ce corps tenoit par un cou large et court, et par une queue plus longue et un peu moins large au ventricule, sans que j’aie remarqué qu’il s’y ouvrît. L’ayant dépecé, je le trouvai tout composé, de même que son cou et sa queue, d’une substance charnue assez ferme. Je n’ai jamais remarqué de partie pareille à l’estomac d’aucune chenille que j’aie anatomisée, ni d’étranglement tel que celui qu’avoit ce viscère à cet endroit; ce qui m’a fait envisager ces deux singularités comme des vices de conformation qui peuvent avoir
(1) Voyez Traité anatomique ■, cliap. 4 , p. 65 et 66.
SUR LES INSECTES. 3g i
aussi contribué à l’état de langueur qui semble avoir empêche cette chenille de devenir chrysalide.
Quant aux corps réniformes(i), je les trouvai presque dissous, et, de même que leurs queues, dans un désordre qui m a mis hors d état d’en faire aucun détail satisfaisant.
Les bronches de l’insecte me parurent d’une consistance un peu plus foibles qu’elles ne le sont dans un sujet moins
près de changer de forme , et leur tunique extérieure s’en séparoit fort aisément.
Je n ai point examine les ganglions et leurs nerfs, parce que dans un sujet ouvert par le ventre, comme celui-ci l’a été, ces parties se trouvent trop dérangées. Cette chenille étant du nombre de celles qui, changées en phalènes, ne prennent plus de nourriture, et son estomac étant ainsi devenu un viscere hors d oeuvre, avôit déjà contracté vers sa ligne supérieure plusieurs difformités causées par des masses un peu longues, épaisses et irrégulières, d’une substance semblable a celle de la masse en boule alongée que j’ai dit lui avoir trouve a 1 opposite , vers l’endroit où il reçoit les bronches du troisième stigmate. Ces masses y étoient adhérentes, mais pas tellement qu’on ne pût les séparer de ce viscère sans le déchirer. On distinguoit encore fort bien ses muscles droits vers la partie antérieure, mais guère ailleurs , si ce n’est à 1 endroit où il s’ouvre dans le premier gros intestin. Quant à ses muscles obliques, je ne lui en ai plus trouvé. Tl paroissoit devenu du même calibre; et comme les deux prèle tro£^^ intestins, s’étant rétrécis, étoient aussi étroits que In® distinguoit plus aisément qu’auparavant
(i) Traité anatomique , Tp.
de l’estomac. Les muscles des gros intestins n’étoient guère moins visibles qu’auparavant. La tunique de l’estomac paroissoit plus mince; l’ayant ouvert, je n’y trouvai que quantité de petits grumeaux blancs.
Les intestins grêles 'n’avoient pas changé de forme ; mais vers leur extrémité postérieure, ils étoient devenus verdâtres. On les voyoit remplis de grains isolés.
Le viscère auquel on a donné le nom de cœur ne sembloit point encore avoir subi de changement. Ses ailes étoient les mêmes; mais à cause du raccourcissement de la chenille, elles se trouvoient plus rapprochées: c’est à quoi j’attribue aussi que son canal, depuis le second anneau jusqu’à l’endroit où, près de la bouche, il s’attache à l’œsophage, me parut être devenu plus large.
Quant à la partie double du petit volume, que j’ai nommée dans mon Traité anatomique les vaisseaux grenus, et que j’y ai décrite p. 435, je ne l’ai trouvée changée ici ni de taille, ni de forme; et comme ce ne sont donc certainement point les principes d’aucune paire d’ailes de la phalène, ainsi que je l’avois d’abord soupçonné, je reste toujours incertain sur ce qu’ils peuvent être.
Pour ce qui est des muscles, j’ai cru trouver une altération assez générale dans les fibres dont ils sont composés, parmi lesquelles U étoit devenu difficile d’en démêler qui eussent encore l’apparence de cordes torses, comme elles l’avoient eue auparavant.
On conçoit que les muscles qui avoient occupé la tête, s’en étant détachés pour se retirer dans le premier anneau, après avoir ainsi perdu, faute d’attaches, leur forme naturelle, ne m’ont offert rien de distinct, et y ont répandu, même sur
SUR LES INSECTES
les muscles propres au premier anneau, déjà très-défigurés par son enflure et sa contraction, une confusion qu’il n’étoit guère possible de débrouiller.
Quant aux autres anneaux, les muscles de la première couche y paroissoient être encore tous en place, jusqu’à la subdivision du dernier anneau , depuis lacjuelle il y avoit du changement.
Après avoir enlevé les muscles droits du second anneau, et avoir emporté encore quek|ues autres muscles par mégarde, je trouvai du changement à ceux c[ni étoienl dessous, et l’on voyoit dans l’écaille L't' qui, coarticulée avec sa pareille de l’autre côté, et marquée de la même lettre , forment ensemble la plus grande partie de la convexité supérieure du corselet de la chrysalide, pl. 3g , fig. 2 , et l’on voyoit, dis-je, dans ces écailles L'*’ l’ébauche de quelques muscles du corselet de la phalène, tels que je les ai tracés dans la pl. 4 O 3 fig* I 3 qui représente le côté intérieur de ces deux écailles dans la chenille dont il* s’agit. A et B sont les
bouts postérieurs des muscles droits dorsaux, cju’on a renversés pour mettre à découvert les parties qui en auroient été couvertes, si on les avoit laissé en place, et dont la partie antérieure a été retranchée du second anneau. T est un tronçon de la trachée-artère. Il m’a paru être la branche de la tige n, pl. Il, fig, 5 du Traité anatomique, et H celle de la tige H, qui, à la même planche, s’insèrent dans la masse «hlongue A qu’on a oublié d’y nombrer. C, pl. 4^5 fi§* ^^t ébauche d’un muscle nouveau qui reçoit des bronches de — • 6st mince, communique près de G avec F, et en des-
sous par une branche avec G. D m’a paru ^tre le muscle G, pl. 6, fig* 2 du même Ti:aité , et E le muscle qui y est mar-
que de la même lettre. F est un muscle tout nouveau et tfèsmince. «. est le muscle a de la même lettre pl. 6. 1 est le commencement d’un muscle qui se perd dans une masse blanche, diffuse, grenue, et de forme irrégulière R, d’où il tire probablement la substance dont il doit être composé.
On voit G de l’autre côté de la figure à découvert, parce qu’on y a enlevé les différentes parties qui l’avoient précédemment offusqué. C’est vraisemblablement encore l’ébauche d’un muscle du corselet de la phalène. Sa forme est singulière. Il s’attache au bord antérieur de l’écaille de la chrysalide par deux têtes b et d. Renflé par son mileu , il s’y partage en deux queues de figure irrégulière qui y forment une façon d’arcade. La supérieure de ces queues a son attache près du bord postéi’ieur de l’écaille L+L'*', l’autre se termine en pointe à la tige H de la trachée-artère. Son milieu communique vers la supérieure par deux ou trois branches avec la masse R. Les tiges S et H lui fournissent plusieurs bronches, et en répandent aussi sur M et sur N, muscles ébauchés, qui ne s’étendent guère au-delà do l’endroit où on les voit passer sous G, après quoi ces tiges vont finir dans la masse R et contre l’écaille TA
Gomme je n’ai point trouvé dans ce sujet la boule oblongue représentée séparément sans nombre, mais marquée d’un A vers le milieu du bas de la pl. 1 1 du Traité anatomique de la chenille, je soupçonne qu’elle s’est fondue dans la grande masse informe R, d’où probablement les nouveaux muscles de la phalène placés en cet endroit tirent la substance dont ils doivent être composés.
L’écaille L'‘'L‘*'"de cette chenille se trouvoit en dedans tapissée d’une tunique mollasse, épaisse et blanche, à laquelle
SÜR LES INSECTES.
tenoient par l’une de leurs extrémités quantité de petits corps plats et oblongs, d’un blanc encore plus vif cpie celui de la graisse, et qui, h cause de leur petitesse, ne s’apercevoient que difficilement sans loupe. îl n’y a guèi'e Heu de douter que ce ne soient les principes des écailles destinées, avec grand nombre d’autres, à couvrir, orner et caractériser, par les couleurs diversifiées quelles prennent ensuite, les différentes espèces de papillons ou de phalènes.
Ayant fendu une des pâtes antérieures de la première paire, je n’y distinguai qu’un filet blanc, trop épais pour pouvoir être ün nerf. Ce filet en parcouroit toute la longueur, et poussoit par ses côtés des fibrilles qui se perdoient dans une substance charnue, où je n’ai rien pu distinguer. Ce filet m’a paru devoir être le principe de la phalène : car ce quon peut appeler la pâte de la chrysalide n’est proprement cj[ue le fourreau dans lequel la pâte prend sa forme, sans qu’il en soit le moule, comme le montre la fig. 3, qui représente le contour dun pareil fourreau, et celui d’une pâte qui s’y forme sans le remplir.
Après avoir enlevé au troisième anneau les muscles droits A et B, je trouvai bien encore ceux qui sont désignés par les lettres F,D,E,G,G, dans le Traité anatomic[ue, pl. 6, fig. 2 et 3, mais ils étoient fort flasques et indistincts; ceux qu’ils couvroient l’étoient encore davantage, et tellement, qu’on n’eu reconnoissoit presque plus les traces. On remar- Tmit aussi très-aisément les muscles droits du ventre et quelques uns de ceux qui en étoient couverts, de même que quelcjues latéraux; mais le reste étoit devenu trop mollasse et confus, pour pouvoir être distingué au travers de la grande quantité de gtaisse qui s y trouvoit mêlée.
J’ai successivement examiné les anneaux suivaus, et j’ai vu que plus on approcboit de la partie postérieure, et plus les muscles s’y l’aisoient encore clairement reconnoître. Ils avoient leurs attaches aux endroits des écailles de la chrysalide qui correspondoient à ceux de la peau où ils avoient tenu dans la chenille, de sorte que les muscles moteurs des jambes intermédiaires tenoient encore pa.r leurs queues aux endroits qui, dans la chrysalide, marquoient ces jambes.
Les masses de graisse grenue et jaunâtre qu’on trouve le long du ventre de la chenille en vigueur tiroient dans ce sujet tant soit peu sur le vert. Les grains en étoient moins compactes et plus renflés, et la graisse commune y étoit encore fort en abondance. Ces changemens précurseurs, que je trouvai que l’insecte avoit subis pour devenir chrysalide, portèrent ma curiosité à en suivre les progrès dans ce second état; et quoique je n’eusse pas lieu d’être fort satisfait de la réussite de mon premier essai sur ce point, j’espère que, comme je me suis trouvé hors d’état d’en pouvoir faire d’autres , le lecteur voudra bien s’en contenter.
Ohserpations sur les 'parties intérieures de la
chrysalide.
Àp rès avoir laissé une chrysalide, qui paroissoit encore éloignée de sa dernière transformation, pendant cjuelcjues heures dans du vin de grain, je l’en tirai morte et devenue roide. Quand on fléchissoit sou corps, on voyoit sortir quelques bulles d’air des endroits qui marquoient les emplacemens des stigmates.
J’ouvris cette chrysalide d’une extrémité à l’autre, le long
SUR LES INSECTES
e la supérieure, et ayant emporté le dessus des écailles LL, auquel aucune des parties du corselet ne parut tenir, d’abord il en sortit de la graisse non rassemblée et réunie par lobes, comme elle l’est dans la chenille, mais divisée en très-petits grumeaux : ce qui fit qu’elle troubla d’abord l’eau où je tenois mon insecte plongé. Je la renouvelai, et avec un pinceau fort doux, je tâchai de débarrasser de cette graisse incommode le devant de ma chrysalide; mais je m’aperçus trop tard, qu avec cjuelque legerete de main c[ue j’y eusse [iro— cédé, je n avois pas laissé de déranger et de rompre plusieurs des vaisseaux intérieurs de l’animal , encore alors trop délicats pour résister à la plus faible impression : car après quelques agitations fort légères de mon pinceau, je fis sortir du corselet de l’insecte un corps opaque, blanc, tirant tant soit peu sur le jaune, plié en courcaillet (i j, surtout vers sa partie antérieure : corps qui me parut être l’estomac de la chenille, tronque a 1 œsophage et au premier gros intestin, et dépouillé de muscles et de bronches; on le voit ainsi représenté pl. ^o, fig. 2 ; et quoiquil fût assez épais, il avoit tellement perdu sa consistance, qu’il se rompoit pour peu qu’on voulût le déplacer avec la pointe d’une aiguille.
Les autres fragmens de vaisseaux, au nombre de six ou sept, que mon pinceau avoit séparés de leurs attaches, et dont d y en avoit deux environ une. fois plus gros que le reste, ter ^ d’assez distinctif pour pouvoir dé-
les deux^ T étoient; mais je serois porté à croire que
P us gios étoient des fragmens de vaisseaux soyeux.
(.) C«rc«afe, pool., do
Sifflet pour imiter le cliant des cailles j sorte d’appeau.
3g8 essais anatomiques
et les autres des morceaux d’intestins greles. Leur fragilité n’étoit pas moindre que celle des vaisseaux précedens.
Au sixième anneau, je trouvai attaché, par un conduit très-mince, un corps blanc, en forme de sphéroïde oblong, d’environ trois lignes de long sur une et demie de^ large. Il étoit rempli d’une chair blanche et mollasse , où je ne pus rien distinguer. Il me parut unique, et je ne saurois dire ce que c’est ; peut-être aussi n étoit-ce qu un jeu de nature.
Les trachées-artères, quoique fort raccourcies, etoient devenues transparentes et plus minces, par la raison qu’elles se trouvoient dépouillées de leur tunique supérieure, qui est la plus épaisse des trois, et je ne pus même remarquer qu’elles eussent encore l’iuterraédiaire, qui est fort mince et purement membraneuse, de sorte qu’il ne lui restoit très-probablement que l’intérieure dont on voyoit distinctement les üls roides, tournés en ressort à boudin, au moyeu desquels ces vaisseaux restent toujours ouverts, quelque inflexion quils subissent.
Toute cette trachée-artère , du moins depuis le troisième anneau jusqu’au dernier, étoit couverte d’un amas épais de graisse qui occupoit l’espace qu’il y a entre les muscles droits du dos et ceux du ventre', et cette graisse, comme tout ie reste de celle de la chrysalide, étoit dépouillée des enveloppes membraneuses qui rassujettissoient dans la chenille a une ligure anfractueuse et fixe, comme on l’a vue dans le Traité anatomique; mais, au contraire, elle se repan oit au long et au large par petites molécules aussitôt qu on vouloit l’écarter, ce qui incommodoit fort l observateui.
Ayant tiré devers la queue un morceau de la tunique qui tapisLit intérieurement l’écailie de la chrysalide, je la trouvai blanche , épaisse et molasse. Son côté extérieur paroissoit à
Sun LES INSECTES.
la loupe comme couvert de moisissure; mais par le microscope, on découvroit que ces-apparences de moisissure étoient les principes encore très-blancs des écailîes destinées à vêtir, orner et caractériser la plialène. Ces principes étoient déjà de figure et longueur dilFérentes : gi’and nombre ne se montroient que comme des poils, d’autres s’élargissoient un peu vers leur extrémité antérieure, d’autres avoient la figure de raquettes alongées, d’autres étoient des fils terminés par un disque, et toutes étoient transparentes. Au moyen d’un fort microscope, on y découvroit l’.apparence d’un tissu de vaisseaux.
^ J’emportai plusieurs troncs de bronches viscérales de la partie postérieure de la chrysalide pour les examiner au microscope, et je trouvai qu’au lieu des bronches, dans lesquelles ces troncs s’étoient ramifiés dans la chenille, il n’y restoit plus c[u un amas de filets courts, flétris et mêlés de graisse.
Il s étoit fait aussi dans le système nerveux de la partie postérieure de la chrysalide des changemens très-notables. On n’y voyoit plus de trace de la bride épinière. Le conduit de la moelle épinière y paroisssoit s’être fort élargi. On n’y démêloit plus les ganglions ni leurs anciens nerfs. Le dessus des conduits de cette moelle étoit couvert d’une taie cjui avoit de la transparence , et d’où partoient nombre de fibres de 1 épaisseur des nerfs qui couvroient les muscles droits gastriques a (i), et paroissoient tenir aux muscles gastric, et sous eux à la peau, vers les divisions. Ces fibres
, .-'lit avenir que les muscles de cliaque anneau ont constamment
leurs trois alphabets: que les .Ir..-.., . i.- , . .
, ^ oorsaux sont désignés par des lettres capitales , les
gastriques par des romauies , et les j . ,
° latéraux par des grecques, et que cliaoue
muscle conserve toujours sa lettre qui lui tient lieu de nom dans tout l’ouvra4.
étoient en bien pins grand nombre que n’avoient été les nerfs, et ils sortoient de la laie qui çouvroit les conduits de la moelle épinière dans toute leur longueur.
Tous les muscles du'qualrièrne anneau de la chenille avoient disparu, comme aussi tous les muscles droits du troisième 5 et parmi les autres qui s’y montroient, on n’en reconnoissoit aucun de la chenille.
Tous les muscles diviseurs â s’étoient dissous.
On ne trouvoit plus de muscles gastriques au cinc[uième anneau, où pourtant les droits dorsaux étoient encore en place, de même cjue la bronche A, par où le troisième stigmate communique avec son pareil, quoique déjà dénuée de ses tuniques extérieures j mais toutes les bronches qui dérivent de A étoient presque entièrement détruites. On n’en voyoit plus que quelques restes flétris, mêlés avec de petits fragmens membraneux de muscles disparus.
Je ne trouvai sous le dorsal A que deux muscles. Ils étoient oblicjues, assez minces, étroits et nouveaux. Leur attache antérieure tenoit à la cinquième division , d ou ils se portoient vers la sixième, en s’approchant a.e la supérieure. Ijc plus latéral de ces deux muscles avoit son attache postérieure contre le dessous cTA , et l’autre l’avoit partie contre le dessous d’A et partie à la région postérieure de l’anneau. Le reste des muscles dorsaux n’existoit plus.
Ayant fait effiler les muscles A , ce qui s exécutoit facilement , leurs fibres me parurent avoir quelque chose d aride , marque de leur prochaine destruction. Je ne les trouvai plus torses , comme elles le sont dans la chenille. Elles étoient bien encore rassemblées par faisceaux , mais on n’y apercevoir plus rien de membraneux. Ces muscles aussi ne conte-
SUR LES IIS'SECTES
4oi
noient presque plus de graisse , et je n’y pus demeler aucune bronche.
Les fibres des deux muscles placés sous A me semblèrent moins arides , mais elles ne me parurent pas non plus torses, et je n’y démêlai pareillement point de bronches.
Je ne trouvai à cet anneau qu’un seul muscle latéral, conservé apparemment pour aider à fléchir la queue de la chrysalide : il me parut être le muscle /3.
Tous les muscles droits du sixième anneau et des cinq suivans étoient encore en place; mais, devenus plus courts, ils avoient vraisemblablement causé la contraction des anneaux de la chrysalide, qui sont toujours plus courts que ceux de la chenille ; cette contraction obligeant la peau à chat|ue anneau de la chrysalide à se plier en double , et à rentrer en partie sous le précédent.
Sous le muscle A du sixième anneau, je trouvai , à l’endroit du muscle D, un muscle de môme direction que D, mais plus mince : ce qui n’empêche pas que ce soit peut-être le môme. Le reste des muscles dorsaux n’existoit plus.
Les tiges et les grosses bronches, quoique dépouillées de leurs tuniques extérieures, et détachées de leurs muscles, paroissoient assez distinctement ; mais les vaisseaux dans lesquels ils se partageolent étoient flétris et embarrassés dans des masses graisseuses ou des débris de muscles.
Sous le muscle b ^ ou eu voyoit encore un autre qui tenoit fa place d’e, et avoit la même direction , mais il me parut plus large.
Les muscles droits gastriques recevoient encore des bronches, de même que le muscle e, 'comme dans la chenille.
Je hai trouvé à ces anneaux aucun muscla latéral.
4o2 essais anatomiques
Les bronches étoient moins détruites à ces anneaux qu’aux précédens, et même la trachée-artère n’y étoît pas encore dépouillée de ses deux tuniques, mais elles y tenoient peu, et les bronches en étoient moins fondues.
J ai trop dérangé l’intérieur du douzième anneau, en ouvrant la chrysalide, pour que j’en puisse détailler les changemens.
Les grains d’une partie de la graisse jaune, grenue, placée dans la chenille à chaque anneau le long du ventre, étoient devenus tout blancs dans la chrysalide , tandis que le reste de la graisse avoit conservé sa couleur ordinaire. Tous ces grains paroissoient généralement plus arrondis, et ils se séparoient fort aisément. Les endroits, au reste, où les muscles manquoient étoient remplis d’une grosse couche de substance graisseuse qui tapissoit le côté intérieur de la peau, substance dans laquelle les muscles disparus s’étoient apparemment dissous, comme vraisemblablement ils en avoient tiré leur croissance.
Quant à la partie antérieure de la chrysalide, j’y trouvai les antennes renfermées chacune dans un fourreau prismatique, dont une des faces, savoir, celle qui paroît en dehors sur la chrysalide, étoit écailleuse et convexe; les deux antres faces en étoient plates, et composées chacune d’une forte membrane un peu trasparcnte, qui, par leur rencontre, formoient une vive arête dans la chrysalide , dont ces antennes se separoient fort aisément, mais elles y tenoient fortement par leurs racines. Ici elles ne se trouvoient plus pliées en zig-zag, comme dans la chenille prête à changer de forme mais étendues le long de la seconde paire de jambes de la chrysalide. Ces antennes ne remplissoient pas toute la ca-
SUR LES INSECTES. 4o3
pacite de leurs fourreaux, mais s’y trouvoient un peu au large. Elles étoient blanches. On pouvoit, jusqu’à certain point, les plier en divers sens sans les rompre; leurs palettes etoient déjà toutes formées, et de consistance à prêter un peu avant d’éclater.
J enlevai le dessus des deux grandes écailles LL qui formoient le dos du corselet , et je trouvai dessous, au troisième anneau , des muscles qui m’étoient inconnus. Il y en avoit entre autres deux très-puissans qui teuoient par l’une de leurs attaches à la peau , près de l’inférieur, et par l’autre aux environs de la latérale. Après avoir effilé ces muscles, je reconnus que c en étoient de tout nouveaux, puisqu’ils n’avoient rien d aride, quils étoient épais, et bien fournis de membranes et de graisse.^
Je vis au second anneau, le long de l’inférieure, à découvert, un assez grand vaisseau qui , en entrant dans un bout de canal plus large et très-court, se teraiinoit au troisième anneau. Je n’ai pu reconnoître ce que c’étoit.
Sous ce vaisseau, je trouvai la moelle épinière et les deux ganglions du cou qui étoient encore distincts, mais le conduit de la moelle epinière, par où le postérieur de ces ganglions communiquoit avec le suivant, n’étoit point double, comme je l ai trouvé dans les chenilles que j’ai disséquées, mais simple et plus gros, ce qui apparemment est l’elfet de 1 enveloppe qui s est formée tout autour.
®eux ou trois nouveaux muscles, dout un étoit très-épais, partoieiit oAh » 1 ^
^ otes de cet anneau, et avoient leur autre at-
p s^près du troisième, à la ligne inférieure. Sous ces musc es, ] en vis encore deux dirigés vers le même côté, mais plus ooiiquement , et les principes de quelques autres
4o4 ESSAIS ANATOMIQUES
ihusoIgs , tous ensevelis dans une quantité de graisse, dont, à cause de leur délicatesse, il n’étoit guère possible de les débarrasser sans les rompre.
J’examinai Tune des ailes supérieures dans son emplacement, et la trouvai toute blanche et très-irregulièrement froncée de plis assez grands pour pouvoir être aperçus sans loupe, et qui se laissoient aisément deplier. Les écaillés de sa frange, c[Uoique très-transparentes et toutes blanches, se raontroient déjà sons une figure reconnaissable; mais les autres paroissoient encore peu distinctement.
L’aile inférieure se trouvoit séparée de la supei’ieure par une cloison membraneuse , transparente, assez forte, bordée d’un filet écailleux. Celte cloison tenoit à l’enveloppe de la chrysalide. L’aile inférieure y étoit autrement placée que la supérieure ne l’étoit clans sa loge; les plis de la première, du côté de la frange, étoient en long, les autres en large et ondoyans.
Après avoir ôté les chairs et la graisse du troisième et du quatrième anneau , je les trouvai séparés en bas , cl une latérale à l’autre, par une cloison membraneuse, transparente; et le long de l’inférieure s’élevoit une autre cloison pareille qui coupoit à angles droits la première par le milieu , et qui, diminuant de hauteur, se terminoit vers le milieu du second anneau. Ces cloisons tenoient par le bas a une membrane qui en paroissoit la continuation, et ejui tapissoit veis 1 infel'ieure le fond de la chrysalide, et étoit percée aux endroits où l’intérieur des cuisses de la phalène comraunic[uoit avec le corselet.
Les trois paires de pâtes antérieures de la phalène se trouvoient, dans la chrysalide, placées chacune au large clans un
SUR LES INSECTES. 4
fourreau , dont ce qui en paroissoit au debois sui la cliiyoalide étoit seul brun , et lenoit de récaiUe : le reste eu étoit membraneux. On voit,pl, dg, fig. 3, comme ces fourreaux sont ramenés obliquement sur le poitrail de la chrysalide , et forment avec ses autres parties un tout crustacé et continu, où l’animal , dans cet état d’extrême foiblesse , est garanti de
toutes parts.
Quand on essaie d’enlever l’écaille marquée î , fig. 3 , c[ui couvre la première cuisse des pâtes antéi’ieures , on liouve qu’elle pousse de sou devant une membrane tres-foite qui s’élargit à droite et à gauche , et devient écailleuse aux endroits qui, fig. 8, sont représentes plus sombres. Cette membrane se glisse sous l’écaille BB, fig. 6 , et y est attachée tout près des yeux G, et là, elle a une ouverture circulaiie æ, fig. 8, par où les chairs de la pâte anterieure communiquent avec celles du cou , et par où elle tient a 1 animal. Dans cette membrane, près de son extrémité latérale, se trouve le stigmate de la première paire de la chenille. 11 y est inséré, et
non dans l’enveloppe de la chrysalide.
Cette paire de pâtes antérieures a deux cuisses, et ainsi une cuisse de plus que chacune des deux autres paires. Elles forment un zig-zag dans la chrysalide avec la jambe, et ces trois paires y sont ainsi pressées l’une contre 1 autre, mais la quatrième pièce, qui renferme le pied, suit sans inflexion en droiture la jambe. On entrevoit sur le devant de la chrysalide, fig. 3, les indices de ces pâtes et de leurs diverses in** flexions. La pièce marquée I, près de l’inférieure, couvre la première cuisse j celle marquée 1^1^, la seconde 5 et celle marquée 1^1^, la jambe suivie du pied : chose encore moins difficile à distinguer dans la fig. 7, où les deux pâtes de la
chrysalide, qui couvrent les pâtes des deux premières paires, se montrent à part et un peu écartées aux endroits par où elles se séparent naturellement.
On aperçoit sur la chrysalide, pl. 3 q , fig, 3 et 7, aux marques 2 et 2‘*‘, comment les pâtes intermédiaires se trouvent placées, et que leurs fourreaux se montrent et se coarticulent pendant une étendue assez sensible, le long de l’infé-
rieure, et que meme ils paroissent s’y élargir pour cet effet.
Ce fourreau, comme celui de la troisième paire de pâtes, est écailleux pour ce qui en contribue à remplir la surface exteiieure de la chrysalide, et tout le reste en est membraneux, La pâte qui s’y trouve renfermée y est logée fort au large. On n en distingue rien sur la chrysalide, que la seconde et la troisième pièce. La première, dont le fourreau est tout membraneux, s’entrevoit, mais foiblement, fig. 7, h la marque I et P.
J enlevai une des pâtes de la troisième paire dans son étui j et comme elle se trouve cachée dans la chrysalide sous le foui 1 eau des ailes, de façon qu on ri en aperçoit que le bout des pieds, nos 3,3, fig. 3 et 3, fig. 4, au dehors, je ne trouvai que ce seul bout de brun et d’écailleux. Le reste étant demeuré membraneux et transparent, surtout d’im côté, me permit de voir distinctement comment la pâte y étoit placée. Je l’y aperçus telle qu’elle est tracée pl. 40, fig. 3. AB est la cuisse, BG en est la jambe, et CD le pied, composé luimeme de six pièces. On y voit comment toute la pâte est logée au large dans ce fourreau, qui certainement ne lui sert pas de moule. J’ouvris cette pâte, et n’y pus distinguer que deux vaisseaux qui en parcouroient toute la longueur: 1 un etoit transparent, et me parut une bronche sans tuni-
SUR LES INSECTES. ^07
ques; ] autre étoit un peu opaque, et ressembloit à un nerf.
C est a ces courts details que s’est borné le peu de recherches anatomiques qu’il m’a été permis de faire sur la chrysalide et sur la chenille qui se dispose à prendre cot état. Je passe à l’examen que j’ai fait par forme d’essais sur les parties extérieures et intérieures de cet insecte changé en papillon nocturne; et j’espère quelles fourniront des objets plus variés et plus satisfaisans au lecteur que ceux qu’on vient de lire.
Essais sur la phalène.
Après que, dans sa chrysalide, la phalène a été formée et que ses parties, tant extérieures qu’intérieures, y ont pris toute la consistance requise, ririsectë, pour se dégager de son enveloppe, dès-lors devenue inutile, fait des efforts redoublés , au moyen desquels le devant de la chrysalide enfin se déjoint le longde la partie supérieure et de l’inférieure. La piece, pl. 39 , fig xo, où tiennent les fourreaux des antennes et quelques autres des parties représentées plus en grand fi^ 6
s’en séparent aux endroits par où elles ont été coarticuîées aux pièces voisines; et le papillon s’y étant ainsi ouvert une sortie, en profite et parok au jour, en abandonnant son enveloppe, qui reste alors ouverte par devant, tandis que sa partie postérieure se trouve alongée par l’abandon des attaches qui en avoient assujetti les anneaux un peu en recouvre- «en, les uns sur les autres, et c’est ainsi qu’eu a rep.ésemé
est postérieure
lorsque l’insecte y esre montrée , j.
Dès que les ailesde la"nh,r
.1 • r- de ses liens, se son!
étendues, ce qu. se fait en peu de minutes, vu „ue !
J que J ramas-
4o8 ESSAIS ANATOMIQUES
sées par des plis entassés en zig-zagles uns contre les autres, l’animai n’a qu’à lancer le suc, dont il est pourvu pour cet effet, dans les nervures de ses ailes pour les étendre, linsecte paroît beaucoup plus grand que la chrysalide où il avoit été renfermé, non pas tant à cause de 1 air dont il s est pu remplir, que parce cjue ses écailles, auparavant couchées à plat sur l’animal, se redressent, et que ses ailes setendent, presque de toutes parts , au-delà de son corps 5 et ainsi il ne faut pas être surpris de le trouver en quelque sorte plus grand, pl. 4o 5 4 ^ , où il se montre dans son port d’ailes
naturel, fig. 4 j posé sur ses pieds, et fîg. 5 , couché sur le dos, qu’il n’a jiaru l’être renfermé dans sa chrysalide.
Cette phalène n’est pas du nombre de celles qu’on puisse mettre au rang des papillons qui frappent par l’élégante distribution de ses belles couleurs. Ses ailes supérieures sont grisâtres, nuancées de brun et tracées de noir. Les inférieures sont tontes brunes en dessous, excepté vers le côté extérieur de leur origine, où leur couleur devient blanchâtre. Son corselet et son corps sont en dessous d’un brun tirant plus ou moins sur l’ardoise 5 en dessus ce dernier est alternativement annelé de brun terne et de blanc sale ou grisâtre. Le dessus de sa tête et le devant de son corselet est d’un blanc feuillemorte. On voit vers l’extrémité postérieure du dessus de son corselet, qui, du reste, est presque tout brun, deux raies transver sales, l’une blanche, l’autre noire, qui lui donnent quelque relief.
Ce différent mélange de couleurs, qui distingue généralement les papillons, et qui répand sur nombre d’espèces un éclat de beauté qui se Lit admirer, n’est dû qu’à la diversité des couleurs des écailles qui les couvrent. Elles sont aux pa-
SUR LES INSECTES. 409
pillons ce qu’est le poil aux quadrupèdes, et le plumage aux oiseaux, mais la forme en est plus variée : car non-seulement chaque espèce de papillon a des écailles faites dans un goût qui lui est particulier, et par où celui qui voudroit en prendre la peine pourroît se mettre en état de reconnoître, à la vue de quelques écailles, l’espèce de papillons a laquelle elles appartiennent, comme un pepinleriste reconnoit les aibies, et un botaniste les plantes à leurs feuilles^ mais on trouve encore au même papillon, suivant les dilFérens endroits de ses ailes, et surtout de son corps, d’où l’on prend ces écailles, une variété si étonnante de lormes et de grandeurs, qu on ne peut qu’en être surpris. Et comme personne, que je sache, ne s’est encore avisé de nous en tracer quelque idée tant soit peu satisfaisante, il m’a paru que ce seroit ici le lieu d’en faire l’essai.
Je commence donc d'abord par offrir aux yeux du spectateur un morceau du bord inférieur d’une aile supérieure de notre phalène. Ce morceau avec sa frange est de la longueur environ d’une ligne, grossi au microscope, fig. 6, d,f. La frange af, qui est un fragment de celle qui borde la base de cette aile, occupe ici environ la moitié supérieure de la figure. On voit que cette frange est composée d’assez longues écailles de différentes tailles et couleurs, qui sont cannelees, comme le sont généralement , quoique dans un goût plus ou moins différencié, celles dont cette phalène est couverte. On peut encore observer ici que les écailles, dont 1 aile meme est revêtue, sont beaucoup plus petites et de longueur à peu près égale, qu’elles y sont rangées les unes contre les autres, et que c est par leurs différentes couleurs que se forment les nuances de celles qui ornent les papjlîons.
4lO ESSAIS ANATOMIQUES
Ces écailles ne sont pas d’une structure aussi simple qu’on le croiroit d’abord. On a déjà dit qu’ici elles étoient cannelées. On peut y ajouter que plusieurs sont de plus différemment sillonnées; qu’elles ont chacune un pédicule cylindrique plus solide que l’écaille même, dans laquelle, pour lui donner de la fermeté, ils sont engagés fort avant , et qu’enfin elles ne sont pas composées chacune d’une simple, mais d’une triple lame, dont l’intérieure est seule membraneuse, et où l’on aperçoit au microscope les traces des vaisseaux qui, dans la chrysalide, ont fourni les sucs nécessaires pour leur formation. Les deux autres lames, qui couvrent et renferment celle-ci, ont plus de fermeté: elles paroissent écailleuses, et tout ceci n’est pas une assertion aussi hasardée qu’on pourroitle croire. On va voir qu’une heureuse occasion m’a fourni le moyen de séparer ces trois lames, et de les examiner l’une après l’autre : occasion que j’ai trouvée en faisant mes essais sur une phalène qui avoit été exjiosée pendant quelque temps à un air tant soit peu humide, ce qui avoit vraisemblablement facilité leur séparation.
Je vais donc tracer les divers exemples de grandeur et de forme que m’ont fourni les écailles tirées des différons endroits de l’insecte donf il s’agit, et m’arrêter, chemin faisant, aux circonstances qui font voir que les écailles des phalènes sont composées de trois lames.
Les trois longues écailles, représentées séparément dans la pl.405 marquées A chacune, sont du nombre de celles qui ont composé la frange «/, fig. 6, mais plus grossies et autrement dentées par le bout; car il y a toujours beaucoup de diversité sur cet article.
Les cinq, marquées B, sont autant de figures d’écailles
SUR LES I^■SECTES
plus ou mollis colorées , prises du dessus de l’alIe supérieure, à une ou deux lignes du bord, où commence la frange, et telles sont aussi les quatre auxquelles on a donné les mêmes lettres, pl. 41*
Les quatre écailles G de cette dernière planche sont plus grandes, plus transparentes et plus minces que celles marquées B. Elles se sont trouvées parmi d’autres de la forme des B, sur le milieu des ailes supérieures. L’une d’elles, marquée CI, a un éclat d’une de ses deux lames extérieures d’emporté. Les quatre D sont de celles qui se rencontrent sur le dessus des mêmes ailes à peu distance du corselet. Plus longues et plus étroites que les précédentes, elles y sont fort amassées les unes contre les autres, parmi nombre d’écailles pareilles à C.
E sont six écailles plus petites, tirées du dessous de ces mêmes ailes, à peu distance de la frange. Elles ne diffèrent pas beaucoup, pour la figure et la taille, des écailles B, mais leur dentelure m’a semblé placée plus de niveau, et être plus profonde et plus régulière.
F en sont trois, prises de vers le milieu du dessous des mêmes ailes. Elles sont à peu près de la grandeur et de la forme des écailles G , et ne m’en ont paru différer que comme celles marquées E diffèrent de B.
Les neul écaillés G sont du dessous de la même aile, vers le milieu de son côté extérieur. Le plus grand nombre en est petit et étroit pour sa taille.
Les écailles qui se trouvent à l’opposite du même endroit leur sont semblables pour la forme et la petitesse.
Celles de la même aile, placées sur le dessus de son côté intérieur, sont dans le goût dos écailles de B, mais elles sont plus grandes et de la taille des C.
^j2 ESSAIS ANATOMIQUES
Les écailles de la frange des ailes inférieures m’ont paru être dans le goût de celles des supérieures.
H sont onze écailles du dessus des ailes inféiieures, prises devers le milieu de leur base, et près de leur frange. Quelques unes n’ont point de dents, et sont môme arrondies ou presque telles par devant comme îf j d’autres sont longues et très-étroites comme les trois
Les quatre écailles I sont du dessous du même endroit. On y en voit aussi de semblables aux quatre H numérotées, mais je n’y en ai point rencontre de pareilles a i H sans numéro.
On trouve sur le dessus des ailes inférieures, près du corselet, des lames écailleuses, longues, étroites et cassantes, comme les trois marquées K sans nombre, qu’à la simple vue on prendroit aisément pour des poils , et parmi lesquelles il y en a d’autres, larges et transparentes, comme R i, 2 et 3. Elles ont contribué à m’assurer que les écailles de cette pha-
lène sont cannelées de part et d’autre: car en les pressant un peu avec la pointe d’une fine aiguille, il s’en est détaché des éclats, sous lesquels j’ai encore aperçu h l’écaille des cannelures plus claires et mieux terminées : ce que j’ai taché d’exprimer sur l’écaille R i, où ce qu’il y a de plus foncé le long de son milieu marque l’endroit où il n’y a point eu d’éclat d’emporté.
Les quatre écailles marquées h sont prises du dessous des ailes inférieures, à peu distance du corselet. Elles sont grandes très-souples, et se rompent difficilement quand on les plie^. Il y en a parmi de fort longues et étroites, d’autres sont larges et plus courtes. En général, elles varient beaucoup à
ces égards, et leurs canneluresne se montrent c[ae foiblement.
Les trois M, au haut de la planche, sont de celles dont est
SÜK LES INSECTES. 4^3
composée la frange étroite qui borde le côté intérieur de l’aile supérieure. Elles ne sont pas dentees, mais arrondies par devant, comme le sont ordinairement toutes celles qui se trouvent aux endroits où il y a frottement; ce qui paroît avoir été ménagé ainsi pour qu’en ces endroits les écailles pussent plus aisément glisser sur celles des autres parties qu elles rencontrent, et ne point être arrêtées dans leur action, en s’engrenant les unes dans les autres, comme il ne pourroit manquer d’ai’i'iver si elles étoient dentées comme le sont celles qui ne sont point exposées à des frottemens pai’eils.
La planche 42 nous fournit neuf écailles , marquées W, tirées des barbillons, proportionnées aux blets quelles revêtissent. Elles sont des plus petites de la phalène, et quelques unes en sont arrondies par devant; ce qui me fait présumer que ce sont aussi de celles qui y sont exposées à des frottemens.
Les six écailles, désignées par la lettre O, sont piises du devant de la tête, aux environs des yeux. Elles sont un peu alongées.
P est une des écailles très-longues et blondes, dont il y en a quantité sur le dessus de la tête, vers la nuque du cou de la phalène.
Q sont deux écailles d’entre un bon nombre de pareilles mêlées avec quantité d’autres, telles qu’Oi et O2, qui se trouvent sur la région la plus avancée du dessus du corselet, immédiatement derrière la tête, où elles forment la grande partie d un disque de couleur blonde.
E sont douze écailles brunes de celles du dessus du corselet, qui suivent immédiatement les écailles Q. Parmi ces écailles B, les grandes, qui commencent par une pointe aîon-
gée, s’élargîssoient un peu vers l’origine de cette pointe , comme on le voit dans leurs figures représentées au nombre de sept.
S marque cinq écailles de couleur pâle, prises des côtés du corselet. Elles ont beaucoup de rapport avec les écailles R, mais leur bout effilé ne se caractérise par aucun élargissement, comme ces dernières.
Ees quinze écaillés marquées T sont de la raie noire qui traverse le dessus du corselet. Celles qui sont les plus sombres, les plus étroites et les plus longues , comme T i , 2 et 3, concourent le plus à rendre velouté le noir de cette raie. Leur teinte, ce qui est rare à des corps si minces, est tellement sombre, qu’elles paroissent même noirâtres au microscope, surtout vers leur extrémité supérieure. Les écailles T 4? 5, 6 et 7 sont d’un brun de café; d’autres sont d’une couleur plus claire, et d autres y paroissent toutes blanches et transparentes. L’écaille T i5 n’a été représentée ici que pour faire voir qu’il s’en trouve parmi elles dont les bords paroissent marbrés.
On voit distinctement aux écailles T4, 5, 6, 7, 8 et 9 qu’elles sont au moins doubles. Les parties qui s’y montrent les plus claires, et où les canelures se distinguent le mieux, sont des endroits où j’ai emporté des éclats de ces écailles, en les pressant avec de fines aiguilles; mais il y a apparence que ce que j’en ai emporté étoit plus que des éclats simples, et qu à ces éclats est demeuré attaché un morceau de la membrane intermédiaire, où rampent les traces des vaisseaux qui ont porté le suc nourricier aux écailles, lors de leur formation : au moins y en a-t-il eu nombre d’autres auxquelles j’ai enlevé de grands éclats, comme à T 10, et à quelques unes
SUR LES INSECTES
même tout un côté, comme àT ii, qui ont alors laissé à découvert, non une partie distinctement cannelée, comme T4, 5,6, 7, 8 et 9, mais une couche sans cannelures, sur laquelle rampoient un grand nombre de traits noirs, opaques et ondoyans, qui vraisemblablement étoient ces traces de vaisseaux dont il vient d’être parlé, et dont nombre ne parvenoient pas jusqu’au bord supérieur de l’écaille, et au défaut desquels on voyoit des cannelures plus distinctes, comme, par exemple, à T lo, quoique plus faibles, parce qu’elles n’étoient que d’une seule lame.
Mais pour passer d’autres preuves dont le nombre pourroit fatiguer, je finirai ce point en mettant le fait même, par les écailles T i6 et 17, et V i5, de la pl. 43, sous les yeux du lecteur. En T 16, l’écaille supérieure ayant été presque tout emportée, la lame intermédiaire est restée, et dans toute sa longueur, le pédicule qui a fourni aux vaisseaux de cette lame les sucs dont l’écaille a été formée. T 17 est une écaille dont j’ai soulevé un morceau AA d’une des deux lames écailleuses, et dont en même temps un morceau de même grandeur de la lame intermédiaire s’est séparé, de sorte que les cannelures plus claires qu on voit dans cette ouverture sont celles de la lame écailleuse de l’opposite. Et en pl. 43, V i5,les deux lames extérieures s’étant séparées presque d elles-mêmes , ont laissé l’intermédiaire entièrement à découvert, de sorte qu’elle ne m’a guère laissé d’autre peine que celle de la dessiner.
Le fait donc paroissant assez prouvé, savoir : que les écailles es papilons sont composées de trois lames, dont les deux extérieures dans cette espèce sont écailleuses et cannelées, et l’intermédiaire celle qui, par son pédicule, a tiré le suc "du
corps de l’animal pour le distribuer a 1 écaille, lors de sa formation, est membraneuse. Je commue mon sujet.
Vi, 2 et 3 sont des écailles très-longues , placées sur le dos de la phalène, entre le corselet et le corps. Des écailles pareilles, mais un peu plus courtes, s’y trouvent partout mêlées, et parmi celles-ci d’encore plus effilées, et telles que Vio et II.
Des écailles comme V 4> 7’
i 6 accompagnent non-seulement celles de Vi, 2 et 3, mais aussi les autres longues écailles des premiers anneaux du
dessus du corps. ^
Les écailles V17, 18, 19, =<> « P™"®
du dernier anneau, et parmi celles-ci, ou en trouve d encore
plus étroites que T 17.
Wi 2 et 3 sont de celles qui font le tour de l’extrémité du dernier anneau. Je n’en ai point trouvé de courtes et de larges parmi. Elles commencent par un pédicule long et délié. La partie large de l’écaille l’est le plus vers son milieu: ce que je n’ai point trouvé à de longues écailles prises d ailleurs Elles se terminent, du reste, par deux pointes alongées.
Les écailles X i, 2 , 3 , 4, 5 « 6 celte planche, et celles marquées X 7, 8 , 9, 10, 1 1 et 12 sur la pl. 44, sont du dessous du ventre, au pénultième anneau et à ceux qui precedent. On trouve aussi des écailles qui leur sont semblables
le long des deux lignes latérales.
Comme les écailles Y i, 2 , 3 , 4 , 5 , 6 et 7 , pl. 44, sont de celles qui se trouvent piquées contre le dessous du corselet, entre les jambes, où lorsque celles-ci se meuvent, leurs écailles pourroient accrocher les écailles Y, si elles émient denses: la nature y a pourvu en les privant de ces pointes, d ailleurs
SUR LES INSECTES
SI communes aux autres écailles. J’ai négligé d’examiner si la marbrure que j’ai trouvée et représentée aux quatre Y les plus larges leur est naturelle, ou si c’est l’elFet d’eclats emportés.
Z I jusqu’à 12 sont douze écailles du dessus de la première cuisse de la "pâte anléi’ieure. C’est la partie exposée en vue dans une phalène renversée sur le dos. Elles se distinguent surtout en ce que leurs dents sont beaucoup plus longues et acérées que celles des autres écailles que nous avons représentées jusqu’ici.
Les écailles a de la planche 1^5 sont au nombre de quinze, prises du dessous de la même cuisse, et ainsi d’un endroit exposé au frottement : aussi n’y en a-t-il aucune qui soit dentée, tandis que l’on vient de voir que celles de l’opposite le sont au plus haut point.
Les sept écailles ô font partie de celles qui couvrent le dessus de la seconde cuisse de la première paire de pâtes. Plusieurs de ces écailles sont un peu recourbées, et garnissent le bord d’une sorte de coulisse, dans laquelle la jambe de cette pâte se retire souvent. Il n’y en a que de très-étroites parmi qui ne soient point dentées. Toutes ces écailles b sont des plus fortes et des plus opaques que j’aie trouvées à cette phalène.
J ai tiré les quatorze écailles marquées G du dessus de la même articulation, à une petite distance du bord, de la façon de coulisse dont il vient d’être parlé. Elles sont aussi opaques que les précédentes, mais beaucoup plus petites. II ne s en trouve que très-peu de dentées parmi, probablement pour laisser le mouvement des ailes plus libre. La plupart ont la partie antérieure arrondie j h d’autres, elles se termine
4l8 ESSAIS ANATOMIQUES
en une seule pointe, soit arrondie, comme c i, 3, 4) 6-,
lo et 12 , soit aiguë, comme c ’],8 et i3.
Enfin les dix écailles d ont été prises au hasard, ainsi que les précédentes, du dessousde la même secondecuisse. Toutes se sont trouvées arrondies par devant, comme on l’a déjà plus d’une fois remarqué ci-dessus, que le sont celles où il y a rencontre et frottement, pendant que les autres, en nombre prodigieux, sont constamment ou du moins presque toujours dentées; et après cette remarejue, on laisse à nos modernes prétendus philosophes à décider s’il est croyable que des exceptions constantes, établies aux règles les plus générales, alors seulement quand de sages raisons l’exigent, et autrement point, puissent être uniquement l’effet d’un aveugle hasard.
Quoi qu’il en soit, il s’en est trouvé parmi ces écailles d quelques unes, comme 6 , Q, lOy 12 et i3 , qui paroissoient avoir déposé leur deux enveloppes extérieures, et n’avoir conservé que l’intermédiaire, cù l’on apercevoit distinctement les ramifications des vaisseaux qui , dérivés du pédicule, avoient fourni h ces parues la substance dont elles avoient été formées.
Comme j’ai avancé ci-dessus, cpi outre la différence prodigieuse de grandeur et de forme qui se trouve entre les écailles prises des divers endroits du même papillon, il y en avoit encore une autre qui dislinguoit celles des differentes espèces de papillons l’une de 1 autre, de façon qu’il ne seroit pas impossible, h qui voudroit s’y appliquer, d’apprendre à reconnoître, au caractère des écailles, l’espèce de papillons dont elles ont été tirées, ainsi que l’on reconnoît les espèces des arbres à leurs feuilles, il m’est venu dans l’i-
SUR LES INSECTES. 4*9
dée, pour en donner nn exemple, de remplir le vide qui me rèstoit, au bas de la pl. 4^) des figures d’écailles dune autre espèce de phalène, moins grande à la vérité, mais plus connue, que, faute de place, je me dispenserai de représenter et de décrire ici, d’autant plus, que si les figures ne me trompent , cela a déj à été fait de reste par Gœdaert , part . i , expér. 22, S. Mérian,pl. i425lléaumur, t. i , part. 2,pl.42,fig. 5 12;
et Rœsel , cl. a , Pap. noct. , tab. 85 et je crois que, pour peu qu’on y donne attention, on y rcconnoîtra aisément ce caractère spécifique qui distingue en gros les' écailles de cette phalène de la précédente. En voici l’emplacement.
Les cinq écaillés marquées A se sont trouvées au cou contre la tète de cette seconde phalène : leur lustre est pareil h celui de la nacre. Elles sont les plus grandes que j’aie trouvées à l’insecte. La plus considérable étoit longue d une vingt-neuvième partie d’un pouce, et c’est dans celte même proportion que j’ai représenté toutes les suivantes.
B sont sept écailles de celles qui couvrent le dessus des
ailes supérieures,
C, dix de celles qui couvrent le dessus des ailes inférieures. Elles sont plus transparentes et plus minces que les précédentes , et plusieurs n’en sont point dentées.
D, treize écailles de celles qui couvrent le dessus du corselet. Elles sont grandes, ont des dents longues.et aiguës, et les côtés de la plupart sont terminés à peu près en ligne droite, comme un éventail.
E, six écailles de celles qui forment la frange des ailes supérieures. Elles sont de deux grandeurs. Les courtes remplissent les vides laissés entre les pédicules longs et minces des grandes. Leurs pointes ou dents sont un peu émoussées.
F, sept écailles tirées de ce côté de la cuisse d’une phalène^ qui fait face au corselet. Elles ne sont point dentées, par la raison alléguée à l’occasion de celles qui se sont trouvées au même cas dans la phalène précédente.
G, quatre écailles prises de l’opposite. Elles sont dentées et fort petites, comme celles qui sont marquées F.
' H, cinq de celles qui couvrent la partie de la pâte qu’on nomme sa jambe.
I, les dix écailles marquées de cette lettre garnissent le dessous du corps.
R, ces quatre longues écailles sont de celles qui couvrent les barbillons.
Ij, deux écailles si longues et étroites, qu’on les prendroit presque pour des poils. Elles se trouvent aux cuisses.
M, quatre écailles du dessus du corps.
N, poils du dessous du corselet. On n’en trouve à cette phalène guère que là.
O, six des écailles qui garnissent l’extrémité postérieure de l’animal.
Ces écailles, qui prêtent tant d’éclat aux papillons, voilent à nos yeux l’assemblage des parties qui donnent proprement la forme au corselet et au corps de cet insecte. 11 faut l’en débarrasser pour les faire paroître l’un et l’autre ; et c’est ce qui a été pratiqué par rapport à la ire flg, de la pl. 4b, qui représente, de grandeur naturelle, la phalène dont il s’agit, dépouillée de toutes ses écailles et vue du côté du dos, èt à ailes déployées ; mais on se tromperoit si l’on s’imaginoit qu’une figure tracée de cette grandeur fût sufHsante pour nous découvrir l’assemblage des parties dont la réunion constitue la forme extérieure de cet animal. Tout ce qu’elle peut nous
SUR LES INSECTES. 4^1
apprendre ne se réduit à peu près qu’à nous faire connoiti'e que le dessus de son corselet est écailleux , que celui de son corps est garni de larges cercles de la même substance, que ses ailes sont membraneuses et transparentes, qu’elles sont munies de fortes nervures opaques qui leur donnent une fermeté suffisante pour battre l’air, sans céder. Et la même phalène, ainsi représentée de l’autre côté, ne nous découvriroit autre chose, sinon que ses six pâtes et le dessous de son corselet sont pareillement écailleux, comme le sont les lames dont son ventre est cuirassé. II faut le secours des verres pour distinguer la forme et démêler l’arrangement et la jonction des parties qui constituent le dehors de cet insecte, et surtout de son corselet, et encore sont-elles faites d’une façon si singulière et compliquée, qu’alors même il est bien difficile de s’en faire une juste idée, et presque impossible, quand on se l’est faite, de l’exprimer par des dessins tracés avec netteté et précision. Pour tâcher cependant d’y réussir autant que je pourrai, et de le faire avec quelque ordre, je remarque d’abord que la nature a divisé tout genre des papillons en trois parties principales, séparées par des étranglemens très-visibles : la tête, où l’on peut joindre le cou, le corselet et le corps.
Ces trois parties se distinguent déjà facilement dans la figure I, où A marque la tête, qui est très-petite pour la taille de l’animal; BCB indiquent son corselet, et CG le corps qui surpasse de beaucoup eu grandeur celles des deux autres ensemble.
Tout cela pourtant ne suffit pas pour parvenir à reconnoître les différentes pièces, dont l’assemblage compose la forme extérieure du papillon. 11 ne suffit même pas de les voir telles
qu’elles se montrent à la loupe , ainsi qu’on les a tracées fig, 2 , 3 et 4 : fig- 2 , vues sur le dos et sans ailes; fig. 3, vues ainsi à l’opposite et sans les trois pâtes d’un côté, pour y faire paroître plus au jour les pièces qui constituent le dessous de son corselet; et fig. 4? vues par le côté, sans ailes ni pâtes : et quoiqu’on y ait encore ajouté la fig. 5, où l’on a représenté un simple coi’selet avec la tête, auxquels on a fait faire un quart de tour vers la supérieure, pour présenter en plein les diverses pièces solides dont la réunion constitue le dessous du corselet, pièces que l’on ne voyoit que fort obliquement fig. 4 j vu la forme angulaire du poitrail de cet insecte; mais ces quatre figures, quoique pas encore assez grandes pour exprimer en détail les pièces qui constituent la forme extérieure de la phalène, suffiront pourtant à peu pr ès, j’espère, moyennant quelque explication, pour en donner une idée générale. Commençons par celles de la tête.
Idée générale des parties extérieures de la tête.
Elle est beaucoup plus large qu’épaisse. On voit, surtout à la loupe, qu’elle doit principalement sa figure à l’assemblage de trois ou quatre parties écailleuses, dont les deux plus grandes sont pareilles et latérales , et la troisième, jointe à la quatrième, remplit l’espace qui sépare les deux premières.
Ces deux pareilles, marquées AA, pb l\Q, fig. 2 , 3 et 6, ont l’apparence chacune d’une grande portion de sphère ; mais à les bien examiner, elles ont extérieurement plus de rapport à un demi-œuf de vanneau, coupé suivant son grand axe. Rien n’est plus naturel, vu leur emplacement et leur convexité, que de les prendre pour deux grands yeux, et, en effet, elles font partie de l’organe de la vue; mais on décou-
SUR LES INSECTES. 4
vrira bientôt que cet organe n’est pas si simple dans ce genre
d’insectes qu’il le paroît d’abord. En attendant, rien n’empêche
qu’on ne puisse nommer ces deux convexités, comme on le fera dans la suite , les grandes cornées. La lame écailleuse qui les sépare , fig. 6, et que, vu sa situation, je nom-
merai X écaille frontale, est brune, voûtée et sinueuse. Elle commence près de la nuque du cou, où elle est la plus large; et là elle est coarticulée à une autre écaille qui n en semble que la continuation, et que, vu sa situation, on nommeia X écaille occipitale. Elle s’étend, de part et d’autre, le long du bas des grandes cornées, quelle garnit par derrière autour du cou, jusqu’au devant de la tête. Cette écaille, à l’endroit de sa coarticulation avec la frontale, a deux échancrures pareilles, mais opposées à deux autres qui se trouvent aux mêmes endroits de la frontale, et qui, par leur rencontre, forment deux ouvertures occupées par deux eminences mobiles BB, fig. 6, brunes et écailleuses du côté de la supérieure , blanches et membraneuses à l’opposite, sur lesquelles se trouvent articulées les antennes, qui sont noires, et du genre de celles que le célèbre M. Béaumur a nommées coniques, et qui sont marquées ici D,D, fig. i, 2,3 et 4là l’écaille frontale se rétrécit en parcourant tout le devant de la tête, et va se réunir et se terminer à une membrane qui tient au cou; mais avant de parvenir a celte membrane, l’écaille est percée de deux ouv'ertures à meme hauteur, plus rapprochées et plus petites que les deux precedentes. De ces deux ouvertures partent deux^éminences mobiles qui servent de base aux deux barbillons de la phalène j lesquelles, renversées en arrière, cachent par devant 1 écaillé frontale, comme on le voit en E, fig. 3.
Du cou.
Le cou E"*", fig. 4 et 5, est, tout joignant la tête, d’abord étroit et membraneux, peu après il s’élargit beaucoup 5 et quoiqu’il continue de rester membraneux, il est soutenu par une charpente de pièces écailleuses, qui tient au corselet vers la supérieure , et à la tête par son opposite , de façon qu’il n’empêche pas de se mouvoir en tous sens sur son cou, et que le cou ne puisse le faire aussi avec la tête par un mouvement qui lui est particulier.
On aperçoit au cou la première paire de stigmates par leur contour oblong, relevé et écailleux. Eu y introduisant un crin, qui s’y enfonce aisément, on s’assure de plus qu’il n’est pas bouché.
Les pâtes de la première paire tiennent, par articulation, à la charpente écailleuse du cou 5 et ce qui doit paroîtrc singulier, c’est qu’elles ont chacune deux cuisses, au lieu que les pâtes desdeux paires suivantes n’eu ont chacune qu’une seule : du reste, les six pâtes de cette phalène sont également pourvues d’une jambe proprement nommée ainsi, et d’un pied 5 mais ces parties sont un peu difl'éremment formées dans chaque paire.
La première cuisse des pâtes antérieures, celle qui se montre de côté, et marcpiée G, fig- 4 qui se voit par
devunt sans lettre, fig. 3 , est la plus épaisse et la plus courte des deux. Elle tient au cou par son côté le plus renflé. La seconde cuisse, plus longue, mais moins grosse que Tautre, est articulée à la première , et celle-ci est latéralement concave en dehors, comme le montrent les fig. 4 et 5, afin d’y
SUR LES INSECTES
pouvoir recevoir le côté de la seconde cuisse, quil est naturel à cet insecte de ramener contre la première, pour la garantir; de même qu’il applique assez souvent, pour cet effet, sa jambe contre la seconde cuisse. Cette troisième pièce, ou la jambe proprement dite, est plus mince et plus courte que la seconde, et un peu arquée. Elle est munie, dans sa courbure, d’un ardillon long et mobile, qui part à peu près de son milieu, et elle est articulée par ses extrémités à la cuisse et au pied.
Ce que l’on nomme pied dans les insectes, et surtout dans les papillons, n’a guère de rapport avec ceux des grands animaux. Dans la phalène dont il s’agit, de moitié plus longue que la jambe même, il est composé de cinq pièces articulées bout à bout, dont la première est la plus longue. Outre les écailles dont toute la pâte est revêtue, ces cinq pièces sont encore hérissées en dessous de nombre d’épine# noires et dures, dirigées obliquement vers l’extrémité du pied, qui est terminé lui-même par deux crochets forts et mobiles.
Du corselet.
Le corselet est naturellement divisé par une séparation très-marquée en deux parties, dont l’antérieure, qui est la plus grande, porte les ailes supérieures et la seconde paire de pâtes, et dont la postérieure soutient les pâtes de la troisième paire et les ailes inférieures. L’une et l’autre de ces parties sont presque entièrement écailleuses par dehors. L’antérieure est couverte en dessus de deux grandes écailles pareilles, 1,1, coarticulées le long de la supérieure, de façon qu’on aperçoit avec peine la trace de leur assemblage. Leur bord antérieur
tient à la peau du cou, et le postérieur est appuyé par une écaille convexe rhomboidale R, qui se termine en pointe émoussée vers les côtés, et dont la réunion avec les deuxl est marquée par un sillon très-visible; mais elle n’est point articulée avec la double écaille P qui suit, et fait partie de l’autre division du corselet. Ces trois écailles I,I et K forment ensemble, par leur réunion, la convexité du dessus du corselet.
Sa partie antérieure n’a proprement à chaque côté que trois écailles qui puissent être appelées latérales, savoir: F, fig. 2 , 3 et 4 ) et sous F, la pièce écailleuse A , qui n’est point visible, mais qui l’est pl. 48, fig. 10, A et D, qui ne l’est qu’en partie; encore l’écaille F n’appartient-elle proprement pas à la charpente du corselet. Elle borde par devant l’origine de l’aile supérieure , à qui elle sert comme d’épaulière. Sa figure est convexe et irrégulièrement triangulaire, n’étant coarticulée avec aucune autre pièce solide, mais ne tenant au corselet que par une membrane assez lâche, de meme qu’à l’aile: elle a la liberté de se mouvoir en tous sens pour la diriger.
Du côté du ventre, cette partie du corselet est en dehors beaucoup plus composée que sur le dos, et il est difficile de démêler l’assemblage des écailles baroques qui la constituent. Elle m’a paru formée de la jonction de dix pièces, cinq à chaque côté, savoir : H,L,M,N et O, qu’on ne voit, fig. 3 et 4, pl. 4fi> que de biais, mais qui ont été exposées eu plein fig. 5. H et L sont coarticulées par harmonie avec M, O avec ]S , et H l’est encore le long de l’inférieure avec sa pareille, du côté opposé, et cette même H tient à L et O, M à N, et O à sa pareille, qui est à 1 autre cote, non par harmonie, mais par une attache membraneuse qui laisse à ces pièces la
SUR LES INSECTES. 427
liberté de se mouvoir un peu l’une indépendamment de l’autre.
Les parties désignées, fig. 5, par un < 2 , un ^ et un x sont membraneuses, et a et b y marquent de plus l’emplacement ' de l’une et l’autre des ailes , dont les racines ont les memes lettres, fig. 3 et 4 . On volt, fig. 3, que l’écaille O est un peu relevée du côté de l’inférieure, et un peu concave à 1 opposite. C’est dans cette cavité que la cuisse de la seconde paire de pâtes se couche naturellement, et alors la partie relevee d’O contribue à la garantir.
Immédiatement au-dessous de l’épaulière F , fig. 2 , 3 et l’aile supérieure <2 a sa place entre l’écaille dorsale I et la gastrique M. Cette aile est adhérente au corselet, depuis F jusqu’à la pointe de la dorsale R, et pour lui laisser l agitation plus libre, un intervalle membraneux a été ménagé entre M et l’attache de l’aile.
Entre les O des deux côtés, il y a, vers l’inférieure, un sillon très-profond. Cette écaille O se termine par un prolongement, ou une apophyse, au bout de laquelle une courte pièce concave, écailleuse et mobile. G, fig. ^et 5, est articulée, dans laquelle s’emboîte la cuisse de la seconde paire de pâtes.
L’espace articulaire I, qu’on voit entre G et O, fig. 5, est membraneux : ce qui a été ainsi ménagé pour mettre au bout G, de s’y renverser tout-h-fait, et même de s’y enfoncer par le côté, comme il lui est naturel de le faire.
Diverses particularités distinguent les trois paires de pâtes entre elles; la plus frappante est celle par où, comme j’ai dit, les pâtes de la première paire ont chacune deux cuisses , tandis que les suivantes n’en ont qu’une. Les autres caractères dis-
tinctifs de ces trois paires seront indiqués dans l’article qui en traitera séparément.
La partie postérieure du corselet .est aussi presque toute revêtue d’écailles. Du côté du dos, elle est convexe et composée de deux écailles, dont l’antérieure P, P, fig. 2 , tresétroite h la ligne supérieure, et y rentrant tant soit peu, s etend en s’élargissant, de part et d’autre, jusque vers la base des ailes inférieures, où, devenue la plus large, elle se termine par un contour renflé et irrégulièrement arrondi.
Le côté postérieur de cette écaille est bordé d’une autre écaille très-étroite, un peu circonflexe, V, fig. 2 et 4? garnie à la ligne supérieure d’une éminence en bec de corbin. Elle est articulée au bord postérieur de la précédente; et, devenue membraneuse vers la latérale, elle forme une taie qui bride le dessous de l’aile inférieure.
En dessous, ou vers le poitrail, cette partie du corselet est cuirassée à chaque côté de quatre grandes écailles W,X,Y, Z, fig. 3, 4 et 5 , et d’une petite, à laquelle , faute de place, on n’a pu donner de lettre dans ces figures.
W est une écaille longue, étroite et sinueuse, qui commence à la ligne inférieure; et quoiqu’elle y touche presque l’écaille du côté opposé, elle en est pourtant séparée par un sillon très-profond. Au premier coup d’œil, on la croiroit composée de deux pièces; mais ce n est que 1 elFet d un pli qui traverse obliquement cette écaillé. Elle ne communique avec X que par une membrane assez large et souple, pour lui permettre un mouvement en avant et en arrière; mais son bord postérieur est articulé par harmonie avec Z.
X est plus grande qu’elle 11e paroît ici. Elle s’avance sous X jusqu’à la ligne inférieure, où elle est coarticulée avec sa
SUR LES INSECTES
pareille du. côte oppose , laissant un espace membraneux assez lai’ge entre elle et "W , à l’endroit où elle borde Z, à laquelle elle est aussi articulée. Du côté de la latérale, elle est flanquée d’une petite écaille qui n’y tient que par une membrane, et lui laisse un jeu assez libre. Cette derniere écaille, attachée à l’origine de Paile, se prête à ses mouvemens. On la voit fig. 4 6 ^ 5.
Y, placé du côté de la latérale, commence vers l’espace marqué ■*■, qui est membraneux, et à l’origine de l’aile inférieure, sous laquelle elle est coarticulee vers la latérale avec l’écaille dorsale V. Elle se termine, de l’autre côté, à la rencontre de W et de Z.
Z, fig. 3 et 5, embrassant le dessous et le dessus du bord postérieur du corselet, avance jusque près de 1 inferieure. Son bord antérieur est coarticulé, par harmonie, avec le bord postérieur de l’écaille YV.
La troisième paire de pâtes est compose'e, comme la sesonde, de trois pièces principales, la cuisse, la jambe et le pied. Il en sera parlé dans la suite. On voit, fig. 5, que W est relevé vers l’Inférieure et concave vers la latérale. Cette cavité paroît y avoir été ménagée pour y recevoir la cuisse attenante qui s’y applique fréquemment.
Les ailes inférieures, dont, comme aux supérieures a, on ne voit que l’origine b, fig. 2,3,4 et 5, le reste en ayant été retranché, tiennent à la partie postérieure du corselet, depuis le haut de l’écaille dorsale P jusqu’à la petite écaille gastrique sans lettre qui borde Y 5 de là elle se rétrécit d’abord un peu, comme on le voit fig. 2 , ensuite de quoi elle s’élargit ét prend la forme d’une aile. Quelques petites pièces crustacées en soutiennent la racine, qui, plus membraneuse que solide,
est capable d’un mouvement fort libre et varié, mouvement qui peut être plus ou moins dirigé en tous sens par la mobilité de la partie postérieure du corselet.
Comme la charpente du corselet est d’une structure singulière très-composée et fort inconnue, il faut plus d’une fois la parcourir des yeux , en tous sens, pour pouvoir s’en faire quelque idée. On a déjà tracé l’esquisse de tout ce qu’on en peut connoître sans dissection; mais la face postérieure qui le termine, et qui, par un étranglement, communique avec le corps, n’a point encore été touchée, parce que tant qu’on laisse ces deux parties principales jointes ensemble, comme on l’a fait jusqu’à présent, l’entre-deux , étroit et profond , qui les sépare, et dont le bout aplati du corselet occupe l’un des côtés , empêche qu’on ne puisse démêler les parties qui composent cet aplatissement. On s’est donc enfin déterminé à séparer le corps du corselet, et ainsi on s’est procuré le moyen de voir cet aplatissement aplomb , comme on l’a représenté
fig-7-
Tout ce qu’on y découvre est écailleux, à la réserve, i° du petit espace indiqué, de part et d’autre, par I,T, à l’origine des pâtes postérieures GG, et qui se montre à plat sous la même marque fig. 5, et 2 ® des extrémités V,V qui finissent en membranes, et forment le dessous des ailes inférieures, désignées aussi par les mêmes lettres, fig. 2 , du côté supérieur des écailles Z, Z, qui s’y convertissent en membranes, indiquées chacune par une petite croix, et qui sont une continuation de celle qui porte la même marque fig. 4 et 5. Tout le reste de la figure est écailleux et composé d’un assemblage coarticulé très-solidement, excepté qu’entre G, G il y a une séparation qui permet à l’origine des pâtes postérieures GI,GI
SUR LES INSECTES
de se mouvoir séparément, ou tous deux à la fois, en avant et en arrière, et c’est apparemment pour faciliter cette action en avant que le côté supérieur de Z est membraneux et lâche.
Vers la supérieure, T est l’apophyse en bec de corbîn, qui porte la même lettre fig. 4*
P, P, fig. 7, sont les mêmes écailles que P,P, fig. 2, mais vues dans un autre sens.
A, A, fig 7, sont les extrémités de deux filets écailleux trèsforts , dont les traces paroissent au premier anneau du corps , et y sont marquées AB, AB, fig. 2. Le corselet soutient le corps au moyen de ces filets, dont les extrémités antérieures aboutissent aux endroits marqués A, A, fig. 7, à un rebord écailleux qui fait le tour du corselet. C’est le long de ce rebord que la peau du corps y est attachée.
E sont deux prolongemens d’une pièce écailleuse qui tient par dedans à l’écaille R, fig. 2 et 4 »
L’espace AEA, qui a été laissé vide dans la fig. 7, est naturellement occupé par les parties intérieures, au moyen desquelles le corselet et le corps communiquent ensemble.
Du corps.
De même que la partie antérieure de la phalène dont il vient d’être parlé est formée par les trois premiers anneaux de sa chenille, ainsi les neuf anneaux suivans de la chenille constituent la partie postérieure de la phalène , qu’on nomme communément son corps.
La forme de ce corps est à peu près conique 5 épais et large par devant, mais un peu moins dans le mâle que dans la
femelle ici représentée, il se termine en pointe à l’autre extre- ^ mité. Son premier et ses trois derniers anneaux sont ceux qui, du moins pour l’extérieur, ont éprouvé le plus de change-^ ment. Le premier de ces anneaux, celui qui correspond au quatrième de la chenille , a subi un rétrécissement extreme qui forme l’étranglement, par où se distingue, d’une façon si marquée, le corps de la phalène de son corselet, au moyen d’un enfoncement plus profond du côté du ventre de l’animal qu’à l’opposite.
En dessus, cet anneau est muni de trois. lames écailleuses, dont deux, AB, AB, fig. 2 , sont pareilles et réunies le long de la supérieure. Elles sont bordées, du côté de l’anneau suivant, d’une lame souple, mince et blanchâtre, renforcée par un rebord brun, courbé en arc, qui laisse un petit intervalle membraneux entre le dessus de cet anneau et du suivant.
Les indices de la seconde paire de stigmates s’y distinguent si difficilement, qu’on est sur de les déterminer à la simple . vue, et qu’il est même encore malaisé de le faire à la loupe.
Du côté du ventre, ce premier anneau est membraneux. Il tient au bord postérieur de l’écaille Z , fig. 7 , qui , de ce côté, termine le dessous du corselet. Les quatre anneaux qui le suivent immédiatement, 0 5 , 6,7 et 8 , fig. 4, sont tous un peu plus gros que celui qui les précède, et ne diminuent que très-peu de volume entre eux ; mais ceux qui suivent décroissent plus sensiblement , en sorte que le douzième ou dernier finit en pointe émoussée. Une large lame ecailleuse, brune, moins solide que celles du corselet, couvre le dessus et le dessous de chacun de ces anneaux, laissant une séparation membraneuse et blanchâtre entre elles sur les divisions qui les séparent, pour procurer à ces animaux un mouvement
SUR LES INSECTES. 4^3
plus libre. Ces écailles mêmes ne s’étendent latéralement que jusqu’un peu au-delà des intermédiaires supérieures et inférieures, et celles du ventre s’élèvent un peu vers le corselet.
La lame, dont le premier des anneaux du corps est muni de ce dernier côté, a une figure qui lui est particulière, en ce qu’outre la courbure quelle a de commun avec les autres, elle en a une antérieure qui la replie en dedans, comme on le voit fig. 3, et surtout fig. 4 > en D 5.
Aux quatre J cinq et sixième anneaux du corps, qui répond aux sept, huit et neuvième de la chenille, on aperçoit sur le bord antérieur de chacune des lames écailleuses du ventre, de part et d’autre de l’inférieure, une échancrure en demi-cercle, que l’onpourrolt soupçonner être l’effet d’autant de solutions de continuité causées par les pâtes intermédiaires oblitéi’ées de la chenille*, si de pareilles échancrures s’étoient aussi trouvées à l’écaille de l’anneau qui les précède; mais la circonstance de ne les y avoir pas remarquées met cette conjecture en défaut, jusqu’à nouvel examen.
La suite des lames écailleuses du dos et du ventre laisse entre elles, le long des latérales, un espace membraneux blanchâtre assez large, et qui se termine en pointe vers l’extrémité postérieure du corps. Sur le milieu de cet espace, on distingue aisément , fig. 4 , par une file de cinqou six taches ovalaires noirâtres , la place qu’ont occupé six des derniers stygraatesde la chenille; mais la dernière des neuf paires ne s’y remarque pas aisément.
Le bout du corps de la phalène, qui me paroît avoir été formé des trois derniers anneaux de la chenille , ne fait presque plus remarquer cet anneau, surtout du côté du dos, qui n’y paroît couvert que d’une seule et grande écaille, fig. 4? E* Du côté du ventre, on en distingue aussi une, mais plus courte,
fig. 3 et 4, F, qui, rencontrant à la latérale la lame opposée E, forme avec elle un tuyau oblique, d’où sort dans la femelle U» fourreau mobile, partie membraneux, partie écailleux, fig. 3 et 4» H, qui renferme encore un étui plus mobile servant à pondre, et àpiacer les œufs convenablement aux circonstances.
Le corps du mâle, naturellement un peu plus alongé que celui de la femelle , et moins gros , comme on l’a dit, est. remarquable en ce qu’on lui voit un anneau de plus, parce qu’au lieu qu’E et F ne font qu’un anneau dans la femelle, ils en constituent deux dans le mâle. Les anneaux, du reste, en sont faits dans l’un comme dans l’autre, et ce n’est qu’au dernier anneau que leur différence devient notable, en ce qu’ils contiennent chacun ce qui distingue leur sexe : c’est pourquoi je me 'suis contenté de ne représenter ici que l’extrémité du corps du mâle à part, en trois sens différens.
La fig. 8 en fait voir le dernier anneau du côté du ventrej la fig. 9 le montre par le côté, et la fig. 10 le représente du côté dudos. P, fig. 8, estlebout du pénis, placé naturellement dans une cavité formée par les deux lames L,L, et par le crochet G, entre lesquels il a le mouvement libre. Sa partie antérieure est dure, pourvue d’un bourrelet à l’extrémité , et ayant la couleur et la transparence matte de l’alun; le reste en est plus mince, écailleux et d un brun de marron. Les deux lames L,L sont irrégulièrement convexes en dehors et concaves en dedans. Leur couleur est d un brun clair. Elles peuvent s’écarter et se rapprocher. C est un crochet très-fort, d’un brun de marron foncé et noirâtre. Il s’élargit beaucoup depuis sa pointe , et vers sa racine il a presque toute la largeur qu’y a l’anneau qui le soutient ; et là, ce crochet a deux renfl,emens arrondis.
SUR LES INSECTES
Essais anatomiques sur la tête.
Après avoir donné une idée générale des parties extérieures de notre phalène, autant qu’elles se peuvent découvrir par une loupe commune , et sans presque aucun secours de l anatomie, je passe à un examen plus détaille de ces memes parties, examen, où j’ai eu recours, non-seulement au microscope, mais aussi au scalpel, s’entend en miniature : car le scalpel ordinaire est trop grossier pour être ici de mise 5 et afin de suivre l’ordre naturel par où j’ai commencé, ce sera la tête que j’examinerai la première, et qui d’ailleurs aussi mérite, comme on va voir, ce rang à tous égards.
On a déjà remarqué que la partie supérieure du crâne est percée de deux ouvertures, qui portent chacune un bouton, ou plutôt un cercle écailleux, épais, large et mobile , sur lequel chaque antenne se trouve articulée par une membrane, comme le cercle l’est à la tête. Ce cercle a la figure, ou peu s’en faut, qu’on lui voit pl. 47 5 L’antenne qu’il porte est au moins trois fois plus longue que la tête de l’insecte n’est large depuis l’extrémité d’une cornée à l’autre. Quoique ce genre d’antennes soit nomme a filets coniques , l’antenne en question n a pas tout-a- fait cette forme, puisqu’elle s’élargit un peu depuis son origine jusqu a environ le tiers de sa longueur, et qu’ensuite elle se rétrécit insensiblement jusqu’à son autre extrémité. Une loupe peu forte suffit pour faire remarquer quelle est composée d une file de vertebres placées les unes sur les autres, et assujetties par des membranes, qui , bien que fort courtes, leur laissent
cependant quelque jeu en tous sens. Ces vertèbres, ce qui est singulier , varient en nombre , et ce qui l’est encore plus , elles varient en nombre aux antennes pareilles dumême animal. J’ai trouvé qu’une phalène mâle, en avoit d’un côté soixantecinq, et de l’autre soixante-neuf. J’ai compté septante-quatre vertèbres à l’une des antennes d’une femelle, qui n’en avoit que soixante-deux à l’autre, et l’antenne, fig. i, qui étoit d’un mâle, en avoit quatre-vingt-une de compte fait 5 mais quelque accident m’a empêché de compter le nombre de vertèbres de sa pareille, qui probablement auroit varié encore. Quoi qu’il en soit, ces vertèbres sont creuses, et forment, depuis la tête jusqu’à leur autre bout, un canal ovalaire qui se rétrécit à mesure qu’il en approche. Chaque vertèbre a du même côté un prolongement latéral, en forme de palette irrégulière. Ges prolongemens, placés à la file les uns au-dessus des autres, laissent un petit intervalle entre chacun, qui, à la simple vue, fait paroître ces antennes comme dentées. La grandeur de leurs palettes, en augmentant régulièrement jusqu’au tiers environ de l’antenne, et diminuant ensuite dans le même ordre, lui donne la forme dont il a été parlé.
La première vertèbre, fig. 2, n’a point de palette. Sa forme est très-différente de toutes les autres , non-seulement en ce quelle est bien plus épaisse, mais en ce qu elle paroît composée de trois pièces coarticulées d’un côté, et de l’autre, simplement de deux; et là elle a aussi moins d’épaisseur, ce qui fait naturellement pencher l’antenne en-dehors, comme c’est son port ordinaire, et contribue à la pouvoir coucher plus aisément sur les yeux , pour les garantir quand l’insecte prend son repos.
La seconde vertèbre est la première de celles qui sont
pourvues de palettes; mais sa palette est fort petite. On la voit fig. 3. /
Ces palettes en général n’ont pas de figure régulière ni semblable. On en peut juger par les cinq représentées séparément, et grossies dans leur proportion relative. Celle de fig. 3 est de la seconde vertèbre, fig. 4 de la vingt- cinquième, fig. S de la quarante-cinquième , fig. 6 de la soixantième, et fig. 7 de la septante-quatrième. Toutes étoient plates, ou du moins d’une concavité peu sensible, jusqu’assez près du bout de l’antenne; mais là leurs vertèbres av oient plus de hauteur , et les palettes en étoient d’une concavité remarquable, représentée fig. 8 dans un morceau de de trois vertèbres, comme on en a tracé un, fig. g, de trois autres pris d’un endroit plus bas, et vus aussi de profil, pour en montrer la différence. Ces palettes, de même que leurs vertèbres, étoient en dessus et sur leurs bords, comme on le voit depuis fig. 3 jusqu’à g, hérissées d’un poil très-fin et court, que l’on n’aperçoit guère qu’au microscope. Les vertèbres étoient de plus ornées par derrière d’écailles pareilles àcelles qui couvrent lesmembres de la phalène. Elles se remarquent fig. 8 et g. Chaque vertèbre étoit de plus pourvue par derrière d’une façon d’épine transparente, fig. 4? 3, 6 et 7 , a, qui se distinguoit des poils, en ce quelle étoit fort droite et plus grande. Il n’est pas aisé de déterminer, vu leur petitesse j si ces façons d’épines sont des tuyaux ouverts par leur extrémité, comme elles me font paru, ou si ce n’en sont pas.
Chaque palette, au reste, est composée de deux écailles, entre lesquelles se trouve une substance pâteuse, qui communique avec le canal des vertèbres.
Je n’ai point trouvé de différence sensible, comme on en remarque à nombre d’autres espèces de phalènes, entre les antennes des deux sexes, si ce n’est peut-être qu ici celles de la femelle se terminoient par un petit bouton, clair et membraneux d’un côté, écailleux de 1 autre, et hérissé de quelques épines, tel qu’on le voit en a, fig. lo, et que celles du mâle se terminoient, sans pareil bouton, par une extrémité tout écailleuse, autrement figurée, mais sans forme constante, et dont celle de fig. i étoit telle qu’on la voit plus grossie fig. ii. C’est du moins ce que j’ai observé aux antennes de trois différons mâles, et à celles de deux différentes femelles, qui sont les seules que j’ai examinées sur ce point.
J’ai trouvé, dans le canal des vertèbres de deux antennes que j’ai ouvertes, deux muscles qui en parcouroient toute la longueur. Ils avoient a chaque vertebre une crete circulaire, par où ils paroissoient y avoir été attachés, de même que par diverses fibres, parmi lesquelles la plus considérable se séparoit à chaque vertèbre d’un de ces deux muscles, et alloit se perdre dans la substance pulpeuse intérieure de sa palette.
Les deux muscles dont il vient d’être parlé étoient accompagnés, dans toute la longueur du canal des vertèbres, à l’un par deux bronches d’inégale épaisseur, et à l’autre par une seule, mais plus grosse. Ces muscles, avec leurs fibres, et ces bronches, ont été représentes en aa et h, fig, g. Et comme on a pu voir, dans l’anatomie de la chenille, que les muscles sont toujours accompagnés de bronches, et que l’on découvre encore ici que la chose se continue jusqu’au, bout des antennes de la phalène, je n’en suis que plus confirmé
SUR LES insectes. 4^9
dans mon soupçon, que le grand usage des bronches, chez les insectes, est tout différent de celui qu’elles ont parmi les grands animaux, et que, dans les premiers, il consiste principalement à servir en quelque sorte d’antagonistes à 1 action des nerfs sur les muscles, et les gonflant de nouvel air, pour leur rendre leur étendue naturelle, lorsque leur contraction causée par les nerfs la leur a fait perdre pour exécuter quelque mouvement.
Tout près du cou, vers le devant de la tete, 1 écaillé frontale est encore percée de deux ouvertures 5 mais celles-ci sont d’un contour oblong et sinueux, fig. i3, hb. De ces deux ouvertures voisines et penchées l’une vers l’autre, partent les deux barbillons de la phalène, qui y tiennent par une membrane. Un de ces barbillons se montre dégagé d écaillés, fig. 12. Ils sont de la longueur environ des deux tiers de l’espace qui se trouve de 1 extremite d une cornee a-1 autre, et naturellement arqués, comme le montre la figure 5 leur emplacement est de part et d’autre de l’inférieure sur le devant delà tête, dont ils suivent en partie la convexité parleur courbure ; ils sont composés de deux pièces articulées l’une sur l’autre par membrane. La première fig. 12, qui lui sert de base, est courte; l’autre, h ^ est longue, et se termine par un bouton. Elles sont crustacees en dehors, creuses en dedans, et seulement doublées dune tunique : ny ayant trouvé ni muscle ni bronche, je les crois peu mobiles; aussi, le mouvement ne leur paroît-il pas fort necessaire, puisque cette phalène, ainsi que nombre d’autres especes, n a ni bouche ni trompe , et finit sa carrière d’insecte aile sans prendre aucune nourriture. Sur ces barbillons dépouillés, on voyoit au microscope les petits trous que les écailles, qui y
avoient été plantées, y avoient laissés, et dont le nombre m’a semblé pouvoir bien être allé à deux mille.
Organe de la vue.
Rien ne paroît plus simple et plus naturel que de supposer que les papillons n’ont que deux yeux : les poissons, les quadrupèdes, les reptiles et les oiseaux n’en ont pas davantage; et si l’on joint à une analogie si générale le témoignage des sens, au moyen desquels nous n’apercevons d’abord aux papillons que les apparences de deux yeux, qui ne jugegeroit que de pareilles preuves ne fussent suffisantes pour établir que les phalènes n’ont aussi que deux yeux, et que la preuve que l’on vient d’en donner n’équivalût, et même ne surpassât de beaucoup l’assemblage de toutes celles par où l’élégant M. deBuffon a si victorieusement établi, en faveur de l’athéisme, que la formation de notre globe , roulant par des mouvemens si sagement compassés et à une distance si convenable autour du soleil, pour en recevoir alternativement les bénignes influences sur ses deux hémisphères ; que ce globe, dis-je, avec tout son règne végétal et animal, l’homme même pas excepté, n’est que l’effet du plus capricieux des hasards, opérant contre les lois les plus constantes de la nature? Cependant, et c’est un aveu bien mortifiant pour notre esprit présomptueux, toute cette analogie, dont on a fait tant de fois un si excellent usage; ce témoignage des sens, qui ordinairement est sans répliqué, ne nous ont ici servi que pour nous dérouter; et si le microscope n’eiit été trouvé, et ne fut venu à notre secours, nous n’aurions pas moins que nos ancêtres tenu pour certain, et établi comme
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démontré, que les papillons n’ont que deux yeux, et les philosophes du jour, dont le tact, décidément infaillible, dévoile les secrets les plus cachés de la nature, et plane, quand il prend l’essor, même infiniment au-delà; qui croiroient se ravaler, s ils osoient se défier de leurs lumières, et qui, plutôt que de s’abaisser h ce point, préféreroient de changer la signification des mots, et d’appeler leurs conjectures les plus hasardées, et même les plus fausses, des preuves incontestables, des démonstrations à la rigueur; ces philosophes, dis- je, n’auroient pas manqué de mettre le fait en question , s’il n’y avoit eu ni loupe ni microscope au rang des grandes découvertes réservées à leur siècle, et d’en grossir le magasin qu’ils se proposent d’en transmettre avec leurs noms à la postérité.
Mais si le génie créateur dont ils se décorent n’a pas sur les choses , comme sur les mots, une influence capable de les dénaturer , ils seroient peut-être réduits à avouer que leur tact, si sur pour 1 oi’dinaire, sembleroit les avoir ici mis en défaut : car ces deux yeux appareils, ces convexités qui, sans le secours d’aucun verre , nous paroissent être telles , deviennent , dès qu’on les regarde seulement avec la plus foible loupe , d’une superficie si inégale, qu’elles ne ressemblent alors à rien moins qu’à deux pareils organes; et c’est encore pis, quand on les considère avec une loupe d’un court foyer: car alors ces deux grandes convexités semblent etre couvertes d’un chagrin brun foncé, et une loupe encore plus forte montre que ce chagrin n’est pas composé, comme il 1 est ordinairement, de grains inégaux, contigus, et placés sans ordre, mais cpe ce sont, comme on l’a découvert déjà depuis long-temps , des gi’ains égaux , ronds , polis , alignés
proprement , et à distances égales les uns des autres, tels qu’on en a représenté deux cent quarante ou environ sur un morceau de grande cornée, fig. î6.
Si cependant ces grains nous empêchent de pouvoir prendre les deux grandes convexités sur lesquelles ils sont placés, chacune pour la cornée d’un seul œil, que fera-t-on de ces grains mêmes, qui étonnent parleur nombi’e ? De supposer que chacun en soit un œil, cela a ses difficultés. Il sembleroit alors que la phalène devroit voir le même objet , au même instant , autant de fois qu’il est représenté dans des yeux dilFérens, et ce nombre pourroit alors aller à quelques milliers, ce qui ne causeroit à la vue que la plus grande confusion. D’ailleurs , supposé que chacun de ces grains fût une lentille, ainsi que de fortes loupes les font paroîtrOj elles seront toutes comme autant de lentilles microscopiques, d’une force , vu leur extrême petitesse , incomparablement supérieure à celle de nos meilleurs microscopes j et grossissant les objets à proportion , ils représenteroient un papillon incomparablement plus gros c|ue la plus puissante baleine , dont l’insecte en verroit plusieurs milliers à la fois, ou plutôt, à parler juste , il n’en verroit aucun, mais n’en distingueroit en mêmetempscjue différentes parcelles extrêmement petites, puisque chaque lentille n’en représenleroit que ce qui s’offrirait précisément à son foyer, lequel étant d’une petitesse extrême, n’en rendroit distinct qu’un point ti’ès-circonscrit, qui toucheroit presque la lentille , pendant que tout le reste placé en deçà et en delà, ne fut-ce que de la distance d’une feuille de batteur d’or, seroit entièrement confus ouinvisible^ et si cela étoit, de quel usage des yeux ainsi constitués pouiToieut-ils être à des animaux destinés h apercevoir de
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loin leurs semblables, pour s’y aller joindre, comme notre papillon? Il est par conséquent certain, que ni les deux grandes convexités de la tête , ni les grains dont leur superficie est couverte , ne peuvent proprement constituer l’organe de la vue de notre insecte. Il s’agit donc de rechercher si cependant ils y contribuent pour quelque chose, et en quoi.
Ce n’est pas, comme on volt, en examinant extérieurement la tête de l’animal , fiit-ce même avec les meilleurs verres, que l’on peut espérer d’y parvenir. Voyons si l’anatomie pourra y contribuer davantage.
Pour en commencer l’essai , il faut d abord tacher de connoître mieux la structure de ces deux grandes cornées. On en volt eu A, A, pl. 47? i3 par devant, fig. 14 par derrière, et fig. iSen dessus, leur emplacement sur une tête de mâle. Si ces cornées et leurs grains sont par eux-mêmes opaques, comme ils le paroissent ici, et à l’insecte même , il est certain que ce ne sauroientêtre des yeux; mais s’ils sont transparens, la chose n’est pas impossible. Ce point peut s’éclaircir , eu enlevant de la tête une des deux cornées. Je l’ai fait, et je ne l’eus pas plus tôt séparée de la substance brune et opaque quelle couvroit, que cette cornée, quoique tirant un peu sur le feuille morte, et tenant de la corne, dont apparemment elle a reçu ce nom, ne se montra d’une transparence semblable au veire, et ne me mit à même d’en reconnoître la structure.
D’abord, pour ce qui est de sa formeen général, je la trouvai, comme je crois l’avoir déjà dit , aprocliant de celle de la moitié d’un œuf de vanneau, fendu longitudinalement par le miliou , mais dont pourtant la figure ovalaire etoit plus alongée dans la femelle que dans le mâle ici représenté ,
VU aplomb, fig. 29, et où a est le bout qui se trouve vers le devant de la tète, et 5 , par conséquent , celui qui est à rocciput.
Quand on suit l’alignement des grains dont ces cornées sont couvertes , on ne les trouve pas si parfaitement rangés à la file qu’on n’y aperçoive par-ci par-là quelque interruption , en ce que les rangées de grains ne parcourroient pas constamment toute la cornée d’un bout à 1 autre 5 mais s’arrêteroient àdes endroits, pour former du côté le plus large deux rangées d’une seule , effet naturel de la convexité ovalaire, et moins renflée d’un coté que de l’autre que ces grains parcouroient. On découvre déplus, par un point lumineux , que chaque grain réfléchit , qu’ils sont eux-mêmes polis et convexes, ce qui augmente le soupçon que chacun de ces arains , malgré les difficultés qui s’y opposent , pourroient bien être la cornée d’un œil particulier.
Quoi qu’il en soit, les deux grandes cornées sur lesquelles ces grains sont placés ont quelque épaisseur, et offrent, vues au microscope, un objet aussi beau qu’il est difficile d’en bien reconnoître la structure. Dans notre phalène, comme à tout aenre de papillons, on s’est aperçu depuis long-temps cjue leur surface étoit un assemblage de quelques milliers de facettes convexes hexagones , et c’est sur quoi il n’y a aucune difficulté 5 mais quand il s’agit de déterminer comment chacune de ces petites cornées hexagones est construite, les illusions optiques sont difficiles à éviter. Voici ce qui m en a paru, lorsqu au moyen d’une lumière très-oblique, j ai examiné le dessus d’une des deux grandes cornées, sur un fond opaque, pour éviter les erreurs que peut causer sa transparence lorsqu’on éclaire l’objet par dessous.
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Cette cornée me parut alors telle qu’on en voit un morceau de soixante-et-une facettes, fig. 17. C’est-à-dire que chaque facette hexagone étoit réellement convexe en dehors, et encadrée, sans intervalle, par ses six côtés, d’autant de facettes environnantes pareilles. On voyoit sur le milieu de chacune une petite élévation circulaire, convexe et polie ,1 qui s’alFaissoit et se ridoitdans une cornée qu’on avoit laissé sécher, et qui étant ainsi d’une substance différente du reste, donnoit lieu de croire que, suivant sou plus ou moins de densité, elle causoit une réfraction plus ou moins forte, vers la perpendiculaire, aux rayons qui la traversoient.
Lorsque j’examinai ainsi la surface intérieure de la grande cornée, après l’avoir collée par l’autre côté sur de la cire noire, elle me parût telle qu’on eu voit un morceau de sept facettes, fig. 18; c’est-à-dire que les facettes me parurent avoir chacune une cavité ronde, rehaussée dans le milieu de leur fond par une petite convexité c[ui se faisoit remarquer en dedans, comme on l’avoit vue en dehors, et qui décidoit que la petite élévation lumineuse qui s’étoit montrée au dehors étoit une lentille convexe des deux côtés. Et après avoir examiné dans la même position ce morceau de grande cornée éclairé par dessous, et dégagé de sa cire, il s’offrit à mes yeux tel c[ue je l’ai représenté fig. 19 j c’est-à-dire que les facettes s’y montroient transparentes, d’une concavité plus petite qu’auparavant, et par conséquent, enchâssées dans des cadres plus larges. Ces cadres paroissoient alors un peu opaques , et sembloient avoir des angles plus émoussés, et dans le fond de la cavité Cj^u ils environnoient chacun , on n’apercevoit ’j^lus la convexité, ou la lentille, qui s’y étoit montrée auparavant.
Pour tacher de découvrir quelle pouvoit être la raison qui
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faisoit pai’oître la même cornée, vue en divers sens, d’une aparence si différente, je ratissai avec une aiguille très-fine, aiguisée en couteau, le dedans d’une grande cornée, et par ce moyen je parvins à voir que son épaisseur étoit l’effet de plusieurs lames très-minces et transparentes, collées les unes sur les autres , qui portoient, quand on en enlevoit plus d’une h la fois, l’empreinte des facettes, surtout, à mesure qu’on approcboit de la superficie extérieure de la grande cornée 5 je m’aperçus encore qu’à mesure que j’en enlevois des lames, le cadre large hexagone, dont le creux de chaque facette paroissoit environné, quand on éclairoit l’objet par dessous, diminuoit successivement de largeur, et que ces creux devenoient à mesure plus grands, et leurs six angles plus aigus, jusqu’à ce qu’eufin le cadre ne formoit plus qu’un rebord très-étroit, et que, réduit apparemment à la dernière lame, si l’on continuoit encore à racler, se déjoignoit en dent de scie, ou zig-zag, suivant la coupe des facettes, en en séparant ordinairement chacun de leurs six bords longitudinalement par le milieu.
Je ratissai ensuite un autre endroit de la même cornée, en commençant, non par dessous, comme j’avois fait, mais à l’opposite', et la première lame que j’en emportai se sépara presque constamment en zig-zag , suivant les côtés qui en terrainoient les facettes hexagones, et on pouvoit même fort aisément les déjoindre en ce sens, sans les rompre ni les défigurer; et examinées en dedans, on trouvoit ces facettes concaves, ayant une petite convexité au centre, comme 011 l’aperçoit fig. 21. Quant aux lames ecaiileuses qui suivoient la supérieure, on ne trouvoit pas qu’elles fussent comme celleci, unassemblage de facetteshexagones, jointes par harmonie.
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et qui se séparoient aisément; mais elles paroissoient etre toutes d’une pièce, se laissant déchirer en tous sens, sans suivre la taille angulaire des facettes, quoiqu’elles en eussent retenu une légère empreinte.
Ces observations constatent, ce me semble, que la cornée de notre phalène est formée de plusieurs couches écailleuses, intimement appliquées les unes sur les autres, do ntl extérieure seule est composée d’une tres-grande quantité de facettes hexagones, jointes harmoniquement par leurs bords, convexes en dehors, concaves à l’ opposite, transparentes, et dans le milieu de chacune desquelles est enchassee une lentille con-* vexe des deux côtés, de substance moins ferme que les facettes; et que si ces dernières paroissent pourvues en dedans d’une façon décrété moins transparente, c’est parce que son épaisseur est double, et qu aussi la lumière la traverse obliquement.
Qu’on me permette, avant de passer outre, de faire ici mention de ce qui m’arriva , en dépeçant ces cornées, ne fiit-ce que pour faire voir combien, quand on n’apasletactinflûllible des philosophes du jour, il est nécessaire, même jusque danf les moindres minuties, d’être circonspect, et de ne pas se livrer trop aisément aux apparences, si l’on ne veut courir risque de se tromper k tout moment.
En examinant au microscope ce dépècement fait, soit dans une goutte d’eau, soit dans du. vin de grain, je trouvai chaque fois dans l’une comme dans l’autre de ces gouttes, nombre de globules très-transparens, de volume fort dillérent, et dont aucun n’égaloit la grandeur d’une facette , et tels qu on en voit neuf, fig. ao , grossis dans la même proportion que fig. 17. Tout sembloit indiquer, que ce ne pouvoit être que
des lentilles ou cristallins de diverses grosseurs, destinés à servir différemment; à plus forte raison, qu’après avoir laissé évaporer les deux liqueurs, ces globules s’étoient trouvés assez solides pour que les plus petits, quoique secs, fussent restés entiers, et que les autres se fussent seulement affaissés parle milieu, et y eussent une cavité telle qu'on en voit une marquée a, parmi les neuf : ce qui me parut confirmer mon idée, et l’auroit peut-être fait recevoir comme démontrée à bien des gens; mais malgré des indices en apparence si évidens, je m’aperçus bientôt après que je me serois fait illusion, si je les avois pris pour ce qu’ils me paroissoient, puisqu’enfin, après un nouvel examen, je découvris que ces globules s’étoient trouvés non-seulement dans l’eau , mais dans le vin de grain même dont je m’étois servi, où j’en découvris ensuite trèssouvent, sans qu’aucune cornée de papillon y eût été mise 'en pièces.
Pour revenir à mon sujet, après m’étre assuré de la structure des deux grandes cornées, et avoir jugé par là qu’elles ne pouvoient seules constituer l’organe de la vue, je passai à examiner si le dedans de la tête m’offroit plus de lumière sur ce point; et ce qui frappa d’abord mes yeux, aussitôt que j’eus enlevé une cornée , qui se détacha comme d’ellemême des parties qu’elle couvroit , c’est que je mis ainsi à découvert une autre convexité semblable à la première, brune , opaque , et composée en dessus d’élévations arrondies, qui me parurent chacune de même grandeur que la cavité intérieure d’une facette, et qui surpassoient ainsi de beaucoup celle des lentilles qui en occupoient le fond; et ces élévations ayant le meme alignement que les facettes de a grande cornée , ne laissoient guère douter quelles n’eus-
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sent été ajustées chacune a la cavité cori espondante d une facette de cette cornée, et qu elles n’eussent ainsi été placées chacune vis-à-vis d’une de ses lentilles. Aussi, dans un morceau de cornée où ce qui y correspondoit intérieurement y étoit resté attaché, j’eus ensuite occasion de m’en assurer par mes yeux.
A la faveur d’une lumière très-oblique , ces élévations me parurent généralement aprochant de celles de fig. i 6 ; mais je les trouvai moins convexes, plus grandes, et je crus même m’apercevoir que leur contour environnant étoit hexagone.
On voit un morceau de cette convexité brune, garni en dessus des élévations dont il vient d’être parlé, représenté
obliquement ou en raccourci en a, a, üg. 22.
J’enlevai cette partie brune , qui étoit fort épaisse. Elle laissa dans le fond de l’orbite une convexité concentrique à la précédente, de couleur blanchâtre, telle cju’on l’y voit, fia-. 23 ; mais une pai'tie de ce qui composoit cette convexité resta attachée à ce que j’avois enlevé , et me fit apercevoir au fond du creux, ou vide causé par là, une troisième convexité, d’un bleu poudré pareil à celui qu’offrent souvent les prunes ou les raisins de cette couleur qui n’ont pas été maniés. C’est ce qu’on a encore tâché de représenter au fond
de la même figure.
Considérant ensuite le morceau où la substance blanchâtre étoit restée adhérente à la brune , j en trouvai la forme telle que l’exprime la fig. 22, c’est-à-dire que toute son épaisseur ab , ciby étoit un assemblage de tuyaux contigus qui pa roissoient bruns, et qui portoient chacun sur leur extrémité antérieure une convexité polie, telle qu’il a été dit, et qui
en couvroit l’ouverture. Ces tuyaux avoient environ la longueur de deux facettes et demie de la grande cornée. La teinte plus ou moins brune qu’on leur voyait, et qui est représentée dans la figure, ne provenoit que de ce qu’ils étoient environnés d’une substance ainsi teinte, qui les faisoit paroître opaques , et dont l’usage est apparemment d’absorber les rayons obliques et inutiles , afin de faire ainsi saillir avec d’autant plus d’avantage les rayons directs qui dévoient servir à représenter l’objet. Dégagés de cette substance , tous ces tuyaux étoient si clairs et transparens , que quand on les couclioit sur une cornée , on en voyoit les facettes au travers.
Après la longueur de ces deux et demi facettes , tous les tuyaux dont il vient d’être parlé se rétrécissoient , et formoient un ordre de tuyaux cylindriques, 6c, plus étroits, et bien quatre fois plusjongs, dont les entre-deux étoient pareillement occupés par une substance opaque et pâteuse, mais qui ne sembloit pas tout-à-fait si sombre 5 ensuite de quoi tous s’élargissoîent un peu de nouveau, etparoissànt sous une teinte plus brune, effet encore de la substance environnante et ainsi colorée. Ils se terminoient, après une longueur d’environ une et un tiers de facette de c à rf, sur la convexité dont on a dit que la couleur ressembloit à celle des prunes ou des raisins bleus non maniés.
Pour ce qui regarde cette convexité meme , elle faisoit le dessus d’une masse noirâtre assez épaisse, où je ne découvris pas d’abord de lentilles; mais qui me parut simplement couverte de sillons blancs parallèles extrêmement fins et serrés, qui, placés sur un fond tres-sombre, les faisoient ainsi paroître; mais après l’avoir examiné de toutes les façons, je m’as-
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surai enfin que cette convexité étoit grenée en dessus de grains extrêmement fins , alignés suivant ces sillons , et qui vraisemblablement formoient un troisième ordre de lentilles, placées chacune au bout d’un de ces tuyaux posés dessus. L’épaisseur qu’elle couvroit étoit composée en grande partie d’une substance noirâtre, opaque, assez ferme, dans laquelle on trouvoit nombre de vaisseaux traasparens , de la capacité environ d’un tube, cd^ fig. 22, qui me parurent dirigés vers la cornée. Cette substance , difficile à dépecer en tout autre sens que suivant la dii’ectiou des tubes, s’effiloit aisément en ce dernier sens, et on reconnoissoit par là qu’elle étoit composée d’un amas défibrés ou de vaisseaux droits, réunis les uns contre les autres par une substance compacte qui suivoit leur direction.
La convexité brune et épaisse dont il s’agit reposait sur une taie, criblee de quantité de trous, représentée en plein, fig. 25 ÿ et celte taie se trouvoit placée sur l’ouverture A , fig. 26, éont étoit percée une grande lame écailleuse, mince, et couleur de parchemin vers ses bords extérieurs , noirâtre et plus épaisse à l’opposite, sur laquelle la cornée posoit par derrière.
Contre cette taie criblée s’ajustoit un corjis épais, d’un pâle rougeâtre , cc, fig. 27, qui, étant un prolongement du cerveau ou premier ganglion G, ne peut être considérée que comme faisant , par la superficie de son bout antérieur, les fonctions de rétine, et , par sa masse , celle de nerf optique.
Quant aux ganglions mêmes, on voit, si on le compare à ce quil étoit dans la chenille, tel qu’il a été représenté ên a , dans son anatomie, pî. 18^ qu’il a beacoup changé par
rapport a sa forme, sa grandeur relative, qui est considéra-
jiJSa ESSAIS ANATOMIQUES
blement augmentée, et p^ar rapport à tous ses nerfs, dont la plupart ont disparu. Placé entre les deux cornées , il a acquis ici deux prolongemens nouveaux, en cornes de limaçon qq, fig. 27, qui aboutissent h la racine des antennes de la plialène. Son milieu est devenu percé d\in trou e qui n y étoit pas auparavant, et d’où sortent à présent deux nouveaux vaisseaux tronqués en n et en t. Ce ganglion pousse à présent de son extrémité postérieure deux branches coupees en d et d, qui descendent droit au cou : ce sont les conduits de la moelle épinière qui ne formoient qu’un seul filet dans la chenille , comme le faisoient les nerfs optiques qui dans la phalène , sont devenus très-courts, et d’une épaisseur fort considérable, de longs et minces qu’ils étoient. Je n ai, au reste, rien pu distinguer à la substance de ce premier ganglion , sinon qu’elle contenoit quelques bronches : il etoit revetu en dehors d’une membrane. Examine dans un sujet plus frais ,
peut-être y découvriroit-on davantage.
Après ce qui vient d’être détaillé, on se fera unfridée plus nette de l’arrangement des parties qui constituent 1 organe dont il s’agit, si l’on veut bien suivre des yeux, sur la fig. 2.7, la récapitulation qu’on en va faire. Celte figure représente une tête de phalène dont on suppose que toute la moitié supérieure a été enlevée de plat, suivant le contour ABAD , de fig. i5, et où l’on auroit ainsi exposé l’autre moitié de •cet organe dans la situation naturelle de ses paities, apres les avoir débarrassé de tout ce qui en auroit pu rendre la vue moins distincte.
aa fig. 27, y sont les deux grandes cornées, dont on ne voit que l’épaisseur ou le profil marqué de part et d’autre par un filet blanc en demi-cercle. Le demi-cercle qui lui est
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intérieurement ’contigu et concentrique, reconnoissable par son plus de largeur et sa couleur moins claire , et la partie antérieure «ô, fig. 22 , des tubes optiques qui aboutissent à la grande cornée, et s’ajustent aux cavités de ses facettes hexagones. Le cercle hc , fig. 27 , qui plus en dedans se distingue de celui qui vient d’etre mentionné , tant par une teinte plus claire que par son plus de largeur, est la suite intermédiaire des tubes, marquée des memes lettres, fig. 22, comme la partie moins large, de couleur brune, qui la suit, et qui , fig. 22 , est marquée cd, en est l’autre extrémité. Celte extrémité pose immédiatement sur la convexité grenée intérieure dont on a parlé, et dont le profil paroît ici en forme de croissant noirâtre. Le filet blanc qui en borde la courbure intérieure est le profil de la taie criblée, fig. aS, qui couvre l’ouverture A , fig. 26 , et qui reposant d’un côté sur le nerf optique, porte, de 1 autre le dessous de ce croissant.
Tel est en gros l’arrangement des parties qui dans cet insecte forment l’organe de sa vue, et montrent que la structure en est toute différente de celle des yeux des grands ' animaux. Après ce cjui en a été dit, on a clairement compris que les lentilles, extrêmement petites , placées chacune dans sa facette , et répandues sur les deux grandes cornées, ne peuvent être prises pour autant d’yeux. Aussi n’a-t-on trouvé à leurs foyers aucun nerf dont l’épanouissement put recevoir l’image des objets , et faire les fonctions d’une rétine.
Les lentilles du second ordre , quoique moins convexes , dont sont couvertes les extrémités antérieures des tubes qui aboutissent à chaque facette , ne sauroient , par les memes raisons, faire chacun l’office d’un œil, pas même en y concoii-
rant avec les premières ; mais tout ce qu’alors elles y pourroient contribuer, et que vraisemblablement elles y contribuent en effet , c est que, placées comme elles le sont à une petite distance des lentilles antérieures, distance qui paroît y avoir etemenagee, tant par Tépaisseur de la grande cornée que par la cavité de ses facettes , pour que ces deux ordres de lentilles eussent entre eux un espace suffisant^ où les rayons des objets tombant sur les premières lentilles aplomb ou peu s’en faut, après la réfraction vers la perpendiculaire qu en les traversant ils y ont subie, ils pussent ensuite se croiser entre ces deux ordres de lentilles 5 et, devenus divergens, tomber avec cette direction très-oblique sur les lentilles du second ordre , où par une autre réfraction vers la perpendiculaire , rendus parallèles aux tubes optiques, ils eu pussent parcourir toute la longueur, et tombant directement ainsi sur les lentilles du troisième ordre, ou oculaires, auxquelles ces tubes aboutissent, et après y avoir subi une troisième réfraction, entrer, disposés par ce moyen pour la vision, dans les parties organiques qui, dans la masse sombre sur laquelle ce troisième ordre de lentilles est rangé , y font apparemment la fonction de véritables yeux , et parachèvent ainsi la vision de l’animal, en regardant chacun par un télescope.
Si tout ceci est aussi réel qu’ily a lieu de le présumer , voilà l’usage des télescopes qui date de bien plus loin qu’on eût jamais pensé, et peut-être même celui des télescopes à plusieurs verres: car bien que nous n’ayons donné jusqu’ici que trois verres à nos télescopes naturels , deux objectifs et un oculaire, il n’en résulte pas que leur nombre se borne là. De ces trois, nous en avons vu deux très-certainement, et
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un autant que son extrême petitesse l’a pu permettre ; mais il est apparent qu’il y en a encore deux , l’un en h et l’autre enc, fig. 22, vu qu’on ne sauroit douter que le rétrécissement des tubes en < 5 , et leur élargissement en c, n’aient eu leur but , qui dans des tubes telescopiques paroissent assez naturellement devoir être celui d’y fixer de nouvelles lentilles dont on peut soupçonner que l’une serviroit h redresser l’image de l’objet qui dans notre hypothèse a été renversée avant de traverser la seconde lentille, et a continué de rester telle jusqu à la rencontre de la lentille occulaire , à moins qu’elle n ait été redressée par une de ces lentilles intermédiaires supposées.
Les yeux de notre insecte aile étant donc probablement autant de télescopes a trois verres, ou davantage, qui ne seroit étonné de les trouver en si grand nombre dans un animal qui ne doit plus vivre que quelques jours ? Peut-être a-t-on déjà été surpris de compter douze yeux, quoique de structure plus simple, à sa chenille, destinée à vivre âu moins trois ans 5 mais que la quantité sans comparaison plus considérable de lentilles que le microscope nous découvre aux grandes cornées d’une phalène destinée à ne vivre guère plus que quinze jours , marque l’emplacement d’autant de yeux , qui chacun sont des télescopes à quelques verres , c est ce qui a droit d’étonner, et le feroit encore plus, si l’on savoit jusqu’où va leur quantité.
Curieux d’en faire le calcul, je ne trouvai pas la chose aussi aisée qu’elle me le parut d’abord. Ce n’est pas en multipliant leur nombre en long et en large, l’un par l’autre, comme si c etoient des carrés , qu’on en trouve le montant. Leux choses rendent cette opération infructeuse: l’une est la
essais anatomiques
forme des grandes cornées, qui nest pas régulière, mais tient, comme on a dit, plus ou moins de celle d’une moitié longitudinale d’œuf de vanneau, telle qu on la représentée fig. agj l’autre est que les alignemens d hexagones ne se croisent pas à angles droits comme ceux de carrés ou de parallélogrammes , mais à angles obliques , d un coté de 120 degrés , et de l’autre de 60 : ce qui fait, en les multipliant l’un par l’autre, un produit très-faux pour obtenii le nombre que l’on cherche. Voyant donc l’impossibilité de parvenir à mon but par ce chemin, j en pris un autre, que voici :
Je comptai l’alignement en long des facettes d une grande cornée naturelle, que je trouvai etre de i 3 o. Je comptai ensuite combien il y en avoit dans sa plus grande largeur oblique, et fen trouvai un nombre tout pareil, et multipliant sa longueur par sa largeur oblique, j’eus le produit
carré de 16,900.
Je formai ensuite de terre grasse en grand une figure de cornée, autant qu’il me fut possible, semblable à la cornée de ma phalène, et avec le bord tranchant d’un tuyau cylindrique; i’y imprimai de petits cercles contigus, et alignés comme l’étoicnt les facettes hexagones de ma cornée naturelle. Ces cercles faisoient pour mon calcul le même effet .que si c’eussent été autant de figures hexagones, parce qu’en circonscrivant des hexagones autour de ces cercles, tous auroient été continus, et auroient eu-leurs côtés communs avec les six qui l’encadrent, comme la chose a lieu dans une cornée de phalène. *
Cette cornée factice se trouva avoir trente-huit cercles ou facettes, tant en long qu’en large oblique, d’où l’on pouvoit conclure quelle étoit bien semblable pour la forme à la cornée
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naturelle. Je pris aussi le carré de ma cornée factice, qui me donna le nombre de i444' J® comptai ensuite combien elle avoit réellement de cercles égaux à autant de facettes, et je n’en trouvai que 894 , ce qui faisoit 55o de moins que mon carré; sur quoi je dis : si i444 perdent 55o , pour faire une cornée de 38 facettes de long , semblable à celle de ma phalène, combien perdront les 16900 pour former le véritable nombre de facettes de la cornée dont il s’agit? Et je trouvai. qu’elles perdoient 6487 , moins une petite fraction; et ainsi, en déduisant ce nombre des i6goo, carré de i3o, il me reste io463 pour le nombre des facettes réelles dont est composée chacune des deux cornées de notre phalène, et qui font 20926 pour les deux cornées : de sorte que, suivant ce calcul, notre phalène doit avoir près de vingt-et-un mille télescopes pour l’usage de sa vue.
Mais à quoi bon, dira-t-on peut-être, un apparat si dispendieux pour un service si éphémère?
A des objections pareilles, il sera toujours sensé de répondre que, dès qu’on admet, comme tout homme qui sait faire usage de ses yeux et de sa raison ne peut s’en dispenser, que tout a été formé par un Etre infiniment sage et intelligent, il suffit de savoir qu’une classe d’animaux ait été organisée avec plus ou moins d’apparat que telle autre, ou d’une autre façon, pour en conclure que l’organisation qui lui a été donnée a été précisément celle qui convenoit alors le mieux à sa nature et à ses besoins, et qu’ainsi, lorsque, parmi la quantité d’insectes qui changent de forme , il y en a qui d abord n’ont point d .yeux, c’est que , vivant dans la vase , la fange, la pourriture, des yeux leur auroient ete plus incommodes que d’usage : s’il y en a d’autres qui ont
quelques yeux, mais d’une convexité à ne pouvoir leur servir que de fort près , c’est que, placés par la femelle sur les arbres ou sur les plantes , où , dès leur naissance , ils trouvent sous leurs pieds leur nourriture, une vue si courte leur suffisoit pour discerner les feuilles qu’ils prennent sous la dent, et éviter d’en saisir de sales ou de gâtées. Si, dans leur état de nymphes ou de chrysalides, ils ne voient plus du tout, c’est c|ue, hors d’état de se transporter d’un endroit à l’autre, et ne pouvant qu’à peine se mouvoir, des yeux quelconques dans cet état d’inaction et d’impuissance ne leur auroient servi de rien; et que si, parvenus à leur état d’insectes ailés, ils ont des yeux armés de télescopes, c’est qu’alors il falloit qu’ils pussent voir de loin , pour pouvoir, en se transportant dans les airs, aller ça et là chercher leur nourriture, éviter leurs ennemis, et se trouver les uns les autres pour travailler à perpétuer leur espèce : ce à quoi des yeux composés d’une seule lentille, et par conséquent à foyers très-courts, ne leur auroient servi de rien.
Mais, dira-t-on, un seul œil à chaque côté, formé en télescope, n’auroit-il pas suiE? A quoi bon tant de milliers?
Ici, l’homme qui veut bien se rendre justice, et reconnoître son néant, doit encore en venir à la réponse précédente, et dire : la Sagesse Suprême, qui se découvre d’une infinité de manières dans tonte la nature, a trouvé à propos de donner à la phalène un si grand ilombre d’yeux ainsi armés; donc cela convenoit le mieux à sa façon d’exister et à ses besoins; et d’ailleurs, que font quelques milliers de plus ou de moins pour un Être infini, dont la puissance sans bornes a formé,
suivant ses vues toujours sages, avec la même facilite , quelques millions de merlus dans un seul frai, quil a forme un seul petit dans le ventre de lu baleine.
Mais, bien qu’une telle réponse paroisse devoir suffire pour couper court à toute objection, comme cependant elle n’explique rien , on peut encore y ajouter qu’il ne parait pas que c’eût été assez d’un seul télescope à chaque côte de la tete de la phalène pour lui faire voir distinctement, à certaine distance, un objet un peu éteiKÎu, environné de ses entours, faute de quoi il n’y auroit guère eu moyen pour elle de juger de son éloignement ni de sa grandeur 5 car la première lentille objective de ces télesc^es étant d’une extrême petitesse, elle ne peut admettre utilement que les seuls rayons directs, ou presque tels , qui la traversent, les autres subissant des infractions qui ne les font pas traverser la seconde lentille sous l’angle requis pour les rendre parallèles aux tubes, dont ils doivent traverser la longueur pour contribuer à la vision. Il n’y a donc qu’une très-petite aire que l’animal puisse apercevoir distinctement par un seul télescope tel que ceux dont il s’agit. Il falloit par conséquent l’étendre, en y réunissant d’autres aires pareilles , pour former un plus grand champ, et c’est sans doute à quoi concourent efficacement les tubes les plus voisins de celui qui fixe perpendiculairement l’objet.
Mais en voilà, ce me semble, assez sur cet organe : peutêtre ^éme ne m’y suis-je que trop étendu. J’ai cru pourtant que sa singularité, son grand appareil, et le peu d’idée qu’on paroit en avoir eue jusqu’ici, méritoient bien les détails où je suis entre, pour tacher de le faire mieux connoître. Reprenons la description de la tête par l’examen des parties dont il restoit encore à parler.
ESSAIS AjSATOMIQUES
Continuation etjin des Essais sur la tête.
Les deux cornées qui nous ont occupé si long-temps sont séparées vers le dessus de la tête par une écaille convexe de figure grossièrement triangulaire B,e,e, fig. i5, aux deux bords de laquelle elles sont jointes par harmonie , et composent ensemble à peu près tout le contour de l’extérieur de la tête jusque vers le cou. Cette écaille Iriangulaire, munie en dedans, tout autour des deux cornées, d’une forte crête, s’élargit à mesure qu’elle avance vers l’occiput. Elle est percée en a, a de deux ouvertures à contou^inueux, et garnies en dedans de crêtes, et sur ces ouvertures, deux anneaux écaiL leux, larges et bruns, comme D, fig. i, sont articulés par membrane. Ils portent chacun une antenne de la phalène. Entre ces deux ouvertures «,«, l’écaille est traversée d’une bande feuille-morte , qui a moins de consistance , et est dépourvue de ces petites écailles ou poussières qui, par leurs couleurs, caractérisent si avantageusement les papillons; mais par contre la raie, plus claire, qui, du milieu de cette bande, descend jusqu’à B, fig. i5, est pourvue d’un nombre prodigieux de ces petites écailles, dont l’emplacement se reconnoît au microscope par les piqûres que ces écailles y ont laissées.
Tout le museau de cette phalène est extérieurement^cailleux. Il tient un peu de la figured’unnezdedoguet,B,fig. i3, en montre le devant, qui est sinueux, et en grande pai’tie feuille-morte. Il a en dessous une ouverture que l’on pourroit prendre pour sa bouche, si cette phalène en avoit une. Audessous des coins de cette apparence de bouche sortent deux
SUR LES INSECTES. 46i
petits ou faux barbillons blancs, membraneux et recourbés, qu’ou aperçoit fig. i3. Ils tiennent à une membrane forte, et blanchâtre, qui pourroit être envisagée comme la lèvre inférieure.
Cette fausse lèvre est bordée et soutenue par une double arcade écailleuse, à laquelle les deux vrais barbillons de la phalène sont articulés par membrane, et l’arcade même est soutenue en dessous par une base écailleuse qui en fait partie, et qui tient au crâne vers le dessous anterieur de la tête. On la voit en deux dîfférens sens, bhf , fig. i3, et <^B, fig. 28.
Pour ce qui est du museau B même , sa structure écailleuse est assez singulière par dehors. Il forme sur le devant de la tête un angle obtus , a,h,c, fig. 3i j son cote ^,<2, fig. 3i et Sa, qui présente le même objet, l’un par le cote et 1 autre par devant, est naturellement caché par les deux barbillons. La partie supérieure en est noire; l’inférieure est feuille-morte, et distinguée de la première par un sillon courbé. Elle est coarticulée par les côtés à une branche écailleuse feuille-morte, egff fig* deux extvémite's tiennent près des coins
de l’ouverture antérieures^, fig. 28 et 3o, du cou à l’écaille qui sépare les deux ouvertures c et c? du cou , l’une de l’autre 5 et de là s’élevant vers le museau, elle suit la courbure de son angle ; et parvenue à l’extrémité du côté antérieur du museau, elle descend plus bas de la distance ac, en rentrant en dedans; après quoi elle passe sous le museau, laissant un petit intervalle entre deux, et va reprendre l’autre côté, parcourant ainsi les courbes irrégulières, mais symétriques, >
fig. 32. Sous le museau, la partie eae de cette branche s’avance vers le dedans de la tête, par un prolongement
écailleux concave, en forme de cuiller, et terminé en pointe cdr fig. 3i et 32j et cette partie cd est parallèle au côté hc, fig. 3i. Pour donner une idée plus juste de l’assemblage de ces parties, relativement au dedans du crâne, on les y a représentées obliquement, fig. 3o,dansleursituationnaturelle. Cette figure montre aussi que la branche que l’on vient de déci'ire a dans la tête, de part et d’autre, un prolongement écailleux qui m’a paru avoir été rompu , et dont j’ignore les aboutissans. •
L’espace qu’il y a entre l’écaille concave et le museau est tapissé d’une couche de substance compacte, ferme, enveloppée d’une membrane; mais cette substance ne m’a pas paru musculeuse.
Essai sur les parties écailleuses qui forment la chai-pente
du cou.
Il est assez malaisé de se faire une idée de la figure du cou et des parties écailleuses qui le composent, lors même qu’on les a sous les yeux.
On voit, pl. 47 5 fig* 28 , qui représente une tête vue par ce côté, que la forme extérieure du cou n’est rien moins que cylindrique, puisqu’elle borde les ouvertures c et<^, dont le contour n’offre rien de régulier.
La fig. I de la pl. 48 montre de plus que le devant du cou s’élargit tant soit peu pour recevoir l’attache des deux pâtes antérieures , dont GG n’offrent que les tronçons de la première articulation. Entre ces tronçons et la tête, on trouve le cou muni.de lames écailleuses, reconnoissables par leur couleur foncée. Ces lames, réunies avec d’autres qui neparoissentpas
SUR LES INSECTES
au dehors, forment mi assemblage solide, de structure singulière , représenté en trois sens différens, fig. 3, 4 et 5, dont fig. 3 est celui qui se montre fig. i un peu plus penché à la renverse.
L’écaille tenant de la forme triangnlaire fig. i, 3 et 4> pousse trois branches de ses angles , au moyen desquelles elle fait partie de cet assemblage. La postérieure^ dirigée vers le corselet, passe entre les pâtes de la première paire vers leur origine, et là, se fourchant, elle se réunit de part et d’autre par les petites branches hh, fig. 3, de cette bifurcation, aux deux branches cc du même assemblage, à l’endroit où ces deux branches concourent à former une troisième, assez longue et fort courbée en dedans, qui par son extrémité e, va se joindre à celle de la branche e,fig. 5, d’une lame écailleuse qui se partage en trois filets, dont les deux postérieurs sont coarticulés avec le bord antérieur de la large lame HH,
fig. I.
Les deux autres branches de i’écaille «, fig. 3 , 4 et 5, se réunissant latéralement avec les côtés du même assemblage, terminent avec lui , et au moyen de la branche postérieure , le contour de deux espaces ro.embraneux , hh , fig. i, qui bordent l’origine des pâtes antérieures, et en laissent le mouvement libre. Ces pâtes sont articulées par la pointe latérale antérieure de leur première cuisse à l’endroitjTde l’assemblage écailleux du cou.
Entre la pièce a, fig. 3, 4 et 5, et la tète, deux branches écailleuses et circonflexes,^^, tiennent au bord de cet assemblage. Ces deux branchés se courbant d’abord l’une vers l’autre, et s attachant à une lame écailleuse, /, fig. 3 et 4, se fléchissent ensuite, et s’écartent un peu l’une de l’autre par
une seconde courbure, après quoi elles s’avancent vers la tête, et vont s’y attacher par un ligament tendineux très-fort, chacune à une des deux apophyses c, fig. 28 de la planche précédente : au moyen de quoi elles soutiennent la tête , et lui permettent de se fléchir à droite et à gauche, et un peu en avant et en -arrière.
Depuis l’endroitoulesbranches g' tiennent à cetassemblage , il se renverse un peu, et va border derrière la tête la nuque du cou , de la façon que le représente la fig. 2 en /i , et c’est cette partie de ^assemblage que la tête rencontre, lorsqu’elle se renverse, qui l’empêche de pouvoir le faire au-delà. Elle y est, au reste, bordée de part et d’autre, d’une peau large, zV, fig. 1 et 2 , munie d’une écaille brune et courbée , et cette peau forme comme une espèce de collet ou de fraise autour de son cou.
A la pointe antérieure fig. 3 , 4 et 5 , tient un crochet large /, qu’on ne peut bien reconnoître comme tel que fig. 5 , où l’assemblage écailleux du cou est représenté de côté. Ce crochet est capable de faire dilférens angles plus ou moins aigus avec la pièce écailleuse dont il fait partie. Il s’avance derrière la tête vers l’écaille I, fig. 2, du dessus du corselet, OÙ il est coarticulé , et à ses deux cotés tiennent deux autres peaux larges nn , qui forment un second collet sur le derrière du cou, et qui font ensemble environ la moitié du tour de la tête de l’animal.
Telle est la charpente écailleuse du cou. Elle ne tient, comme on a vu, que par deux endroits à celle du corselet j que par les deux branches gg^ à la tête , et que par les deux extrémités f-f^ à la première paire de pâtes.
Essai sur les pièces écailleuses qui forment la charpente de la partie antérieure du corselet.
Avant de commencer la description de cette charpente , il convient de se rappeler que, parmi les pièces ecailleuses cjui paroissent y appartenir, il y en a deux, convexes et irrégulièrement triangulaires, qui sont isolées, et ainsi n y appartiennent proprement pas. Ces pièces sont marquées F,F, pl. 4 ^^ fig. 1 et 2. Vu leur emplacement, je les nommerai les écaillés * épaulières. Elles sont séparément représentées par dehors, fig- et par dedans, fig. 8. L’une et l’autre reposent bien par leurs bords sur l’assemblage écailleux voisin, mais elles n’y sont point adhérentes, et ne tiennent à l’animal que par une attache membraneuse qui occupe le carré a, fig. 8, du côté intéi’ieur de cette écaillé, et paroit lui laisser assez de liberté et de force, pour pouvoir servir à diriger les ailes supérieures dans leur vol 5 et c’est apparemment pour cet effet que leur base, M, reçoit dans son échancrure /, l’origine
de ces ailes.
Ces deux F, ainsi que les deux D et les deux A , qu on fera connoître dans la suite, sont les seules pièces écailleuses à qui le nom latérales m’a paru convenir; les autres, opposées aux dorsales, vu leur direction inclinée vers 1 inferieuie, méritent plutôt le nom de pectorales. Celles-ci, comme il a déjà été remarqué ci-dessus, forment un assemblage ecailleux pour la partie antérieure du corselet, composé de cinq paires de pièces H,L,M,TN et O, fig. 10.
Quant aux trois dorsales de cette partie, marquées I,I et K qui seules s’offrent au dehors, il convient d’y en ajouter
une cjuatriènie, E, fig. Qj j ^*^^5 étant anterieure, ne
se découvre que quand on a séparé la partie antérieure de la postérieure du corselet. Les deux dorsales 1 , 1 , sont les plus grandes de tout l’assemblage. Elles sont pareilles et coariiculées ensemble le long de la supérieure. Elles forment, par leur courbure, la convexité du dos de l’insecte, et ont beaucoup moins de largeur par devant, hh^ fig. 9, que par derrière. Recourbées, et rentrant un peu vers le cou, elles y ont chacune une petite éminence cpelques sillons peu marqués, et quatre apophyses 6, qui tiennent à la
peau du cou.
L’échancrure ou cavité fig. i o , que l’on voit au cote antérieur de Técaille I , reçoit le sommet de l’épaullère F. Cette cavité est bordée d’une membrane qui tient par devant au creux carré a, fig. 8, et l’angle arrondi d de cette écaille, repose sur l’eataille y, fig. 10, de façon que la crête qui borde del q, borde le contour de l’épaullère.
Aux deux apophyses e et/, fig. 9 et 10, est attachée par ses extrémités une pièce écailleuse qui entre dans la construction de l’origine de l’aile supérieure, et sert à la mouvoir, et à l’apophyse g, fig. 9 et 10, tient un fdet écailleux c?, 9, qui concourt à l’assemblage de la racine de la même aile. Dareste, cette racine ne tient que par une membrane aux pièces qui l’environnent, membiane qui s etend depuis a jusqu’à b , fig. 9.
La troisième dorsale R, fig. 9 et 10, est unique. Elle est coarticulée au bord postérieur de la paire Î,T, et leur réunion est marquée en dehors par un sillon très-profond, et en dedans, par une crête très-saillante. La forme de cette pièce est rhomboïdale et convexe par dehors. Ses deux bords postérieurs ne
SUR LES insectes.
tiennent point aux écailles qui la suivent ; mais ses deux ex» trémités latérales sont unies par coarticulation, chacune à une des deux extrémités d’une assez grande pièce, E, pl. 48 » fig. 9, 10 et 12, qui ne paroît point en dehoi’S, mais qui entre dans le corselet, et fait avec R, un angle obtus.
Quand on a séparé le corps de la phalène de spn corselet, et qu’on en a vidé l’ouverture de communication, on y voit d’abord paroître intérieurement l’écaille dorsale E, comme on l’a grossièrement représentée en E, pl. 46 , fig. 7. Elle se partage vers son milieu en deux lames oblongues, un peu convexes, arrondies par les bouts, plus larges près de leur origine. Elle est fortifiée vers ses attaches par des crêtes assez épaisses , qui se montrent un peu obliquement dans les fig. 9 et 12 de la pl. 48 ? et aplomb, pl. 5 i , fig. 2, où cette partie a été tracée avec plus de détails et de précision: et quoique attachée à la partie antérieure du corselet, elle avance obliquement dans la postérieure assez avant, pour s’y montrer après qu’on a séparé le corps du corselet.
De cette écaille E, conjointement avec les dorsales R et 1,1, dont il a été parlé , part une paire d’écailles, D, fig. g, 10 et 12, qui en sont comme la continuation, et qui font la seconde paire de latérales. La partie qu’on en voit^ fig. 9, est la seule qui paroisse ; le reste en est renfermé dans le corselet. La figure irrégulière et sinueuse de cette paire d’écailles ne permet guère qu’on la puisse bien décrire. Les fig. 10 et 12 en font connoître plus ou moins les diverses inflexions , et comment elle tient à I et à R. Outre qu’on voit , fig. 10 et 12, la façon dont elle forme, du côté de E, une inflexion 5 a 1 extrémité de laquelle aboutit un filet écailleux a, qui appartient à l’assemblage intérieur E, fig. 12, et qui est
attaché lui- même par ses extrémités à l’écaille D dont on
-vient de parler.
La latérale A, pl. 48 , fig. lo et 12 , de figure très-sinueuse et haroque , est naturellement cachée sous l’épaulière F, fig. I et 2. Elle se partage eu deux branches n et fig. 10 et i r, de grandeur et de figure très-dissemblables. On la voit représentée séparément, et en sens opposés, pl. 49^ bg* 10 et II. Elle tient par l’une de ses branches à la pointe antérieure de la dorsale I, et par l’autre au bord supérieur de la pectorale L, laissant un vide occupé par une membrane entre ses branches recourbées. Elle tire son origine du côté • intérieur de la pointe c de la pectorale H, pl. 46, fig. i L par une longue crête, et du dedans de l’extrémité postérieure et inférieure de l’écaille M , par sa duplicature.
La pectorale L, pl. 48, fig. 10 et 1 1, est un peu quadi’angulaire. Elle tient par devant à la peau du cou, par derrière à l’écaille M. Son bord inférieur, qui est droit et uni, est joint par amphiartrose au bord supérieur de la pièce H, et son bord supérieur est coarticulé à la tige de la latérale A, fig. II.
Vers le cou, la partie antérieure et inférieure du corselet commence par la seconde paire de pectorales H, pl. 48 , fig. e, 6, 10 et II. Cette pièce écailleuse a beaucoup d’étendue, et son irrégularité ne permet pas qu’elle puisse être bien décrite. Le long de l’inférieure , elle est jointe par harmonie à sa pareille, qui est à l’autre côté, et leur réunion est visible au dehors par une trace double brune, exprimée dans les fig. 1 et 6. On y peut distinguer deux parties, l’une claire , depuis c,b, f, fig. 6 et 1 1, jusqu’à l’inférieure, et l’autre foncée, qui est la supérieure. Cette dernière dont le milieu est moins foncé
SUR LES INSECTES. 4^9
que le bord, fait un angle à peu près droit autour de la partie claire, et en embrasse une grande portion. Cette écaille H, tient par son bord antérieur à la peau du cou. Son bord supérieur fig n, est articulé par ampliiartrose à l’inférieur de l’écaille L; son bord postérieur est articulé avec l’antérieur de l’écaille M, et l’inférieur l’est avec la pièce O, fig. lo. Lorsqu’on examine la partie foncée d’H, en dedans, fig. ir, on découvre que son bord supérieur est muni d’une crête gh, à laquelle aboutit une seconde crête, qui est recourbée, h-jC, et qui, par son autre extrémité, se termine à la pointe c, et l’on trouve que la tige écailleuse A finit par une troisième crête, encore plus forte à cette même pointe. Quant à la partie claire de H, la fig. 6 en représente assez distinctement les convexités irrégulièrement sillonnées. De son devant sort, à droite et à gauche, à quelque distance de l’inférieure, une branche écailleuse aa, fig. 6, qui toutes deux se rencontrant, et s’unissant vers l’inférieure, poussent du point de leur jonction une troisième branche e, courbée en dedans, qui va s’attacher par son bout à l’extrémité e de la branche fig. 3, 4 et 5 de l’assemblage du cou. Lorsqu’on examine la partie claire de H en dedans, fig. ii,on trouve que la branche a y tire son origine d’une crête qui s’étend assez avant sur cette écaille. On voit encore que le long de l’inférieure s’élève, entre cette écaille et sa pareille , une lame ou cloison écailleuse A', qui s’avance vers la partie postérieure au-delà de H, et est coarticulée à un assemblage écailleux E, et l’on remai'que de plus, que le long du côté bc de la partie claire s’élève une autre manière de cloison un peu moins haute, qui, rencontrant presque à angles droits la cloison s’y réunit.
La paire M, fig. lo, 12 et i3, est très-irrégulièrement façonnée, son bord antérieur est ondoyant, et coarticulé avec le postérieur de la partie foncée de H, avec le postérieur de L, fig. 10 et II, et avec la tige écailleuse A, fig. ii et i3. Son bord supérieur est échancré, et tient aux parties membraneuses et écailleuses du dessous de l’origine de l’aile supérieure; et l’inférieur est articulé par amphiarti’ose à l’écaille N, fig. 6 et 10. Son côté postérieur aune ouverture en carré f, fig. 10, occupée par une membrane. La partie supérieure de ce côté, plus alongée que l’autre, se fléchit vers le dedans, et se réunissant à la partie supérieure du bras de l’écaille E, fig. 12, concourt à former la cloison N, fig. 10, qui sépare la partie antérieure du corselet de la postérieure.
Quand on examine Técaille M, en dedans, comme elle se présente fig. ii, on voit que son côté inférieur se plie en double, laissant quelque espace entre deux, et que cette duplicature m, fortifiée de deux côtés, se réunit avec la tige écailleuse A, et lui sert de soutien.
Essai sur les pièces écailleuses qui forment la chai'pente de la partie postérieure du corselet.
Cette partie se trouve représentée, pl. 49? fig- i , par derrière, fig. 2, par le côté, et fig. 3, par devant. Elle est plus large vers la supérieure qu’à l’opposite. Les ailes inférieures et les jambes postérieures en dérivent.
Parmi les pièces qui la composent, j’en ai trouvé deux dorsales, qui paroissent au dehors; savoir, P et T, fig. i et 2, et trois renfermées dans le corselet, qui sont B,B et V. P est extérieurement convexe. Elle est unique, et occupe toufe la lar-
SUR LES INSECTES
geur du dos de la phalène jusques aux ailes inférieures. Etroite vers le haut, elle s’élargit k mesure quelle descend vers la latérale. Son bord antérieur est un peu rentrant. Il tient par une membrane à l’écaille B, fig. i, excepté vers la supérieure, où il le fait par une lame écailleuse. Les ailes inférieures a, a, fig. 3, sont attachées par leurs origines à ses deux bords inférieurs. Son bord postérieur a,hjb,a, fig. 3, est coarticulé avec l’écaille T, fig. i, avec laquelle elle forme vers l’intérieur du corselet une crête, et elle est encore munie du même côté d’une courte crête oblique, a, f, fig. 3, qui la fortifie du côté de l’aile.
La dorsale T, fig. i et 2 , pareillement unique, est longue, étueite et courbée en arc. Vers la ligne supérieure, où elle est la moins étroite, elle se fléchit en bec de corbin, d, fig. 2 . Descendant vers la latérale, un peu au-delà de l’extrémité latérale de P, elle y est coarticulée en c , avec l’écaille V^, fig. I et 2. Son bord antérieur rentre et est coarticulé avec le bord postérieur de P, avec lequel il forme en dedans du corselet, non-seulement une crête, mais aussi la languette écailleuse S, fig, 2 , qui y est adhérente.
Une pièce écailleuse, cintrée par le milieu. B, fig. i et 3, est attachée au bord postéiieur de cette dorsale ï. Il n’en paroît rien en dehors, etil est assez difficile de décider si c’est un assemblage écailleux, ou bien une seule écaille diversement pliée et munie de crêtes. Après fiavoir considérée avec attention, elle m’a pourtant paru un composé de deux pièces, dont 1 une est une grande lame échancrée et à diverses inflexions. Cette double pièce B, tient dans toute sa longueur à l’écaille T, à la réserve de l’intervalle marqué% fig. 1 et 3, où elle s’en séparé, et laisse un vide entre deux : elle est
même encore réunie par coarticulation avec la pièce W, fig. i et 2 , à son extrémité c. Les fig. i et 3 la représentent par derrière et par devant.
A l’opposite, tient par coarticulation, et s’élève obliquement au dedans du corselet, sur la lame dont il vient d’etre parlé, un grand arc écailleux, diversement courbé et façonné, V,V, fig. 4, dont les deux extrémités aboutissent à droite et à gauche aux extrémités c,c, des deux pièces W, fig. i et 2 , d’où cet arc se porte vers la ligne supérieure jusque contre la dorsale T, fig. i et 2 , et décrit ainsi une courbe spacieuse irrégulière, mais symétrique. Parvenu en D, fig. i , il est fortifié par une crête très-saillante d,d, qui en fait partie, et, qui, passant sur l’écaille B, à laquelle il est adhérent, réunit les deux côtés opposés de D, comme par une traverse.
De part et d’autre du corselet, on voit dans cette écaille D, fig. I, eue, une entaille angulaire, bordée de noir. Chacune de ces entailles reçoit une des deux pièces écailleuses, qui dans la phalène sortent du premier anneau de son corps, et s’engagent dans ses entailles pour soutenir le corps. Ces pièces, cjuoique peu larges, ont assez de fermeté pour cet effet, parce qu elles sont pliées en double dans le même sens angulaire que les entailles c qui les reçoivent.
Les écailles latérales sont au nombre de trois paires, marquées S, R et W^.
La paire S, pl. 49 j petite, et a la figure d une
languette. Elle tient d’un côté à la peau du dessous de l’origine de l’aile inférieure, et de l’autre elle est coarticulée aux écailles P et T.
Les deux latérales R, fig. 3, sont recourbées, et un peu moins petites que les deux précédentes. Elles tiennent aussi
SUR LES INSECTES
d’une 'part à la peau du dessous de l’origine des ailes inférieures; niais de l’autre, chacune de son côté est attachée à l’apophyse voisine g, fig. 4? est commune aux pièces écailleuses W et Y, fig. i et 2,
L’écaille W, fig. i et 2, comme sa pareille à l’autre côté, est longue et fort recourbée. Echancrée du côté de la supérieure, elle atteint, d’une part, moyennant l’apophyse g, fig. 2, jusqu’à la hauteur de la dorsale P, fig. i et 2 , à laquelle elle iiYst pourtant point adhérente, et de l’autre, coarticulée en c avec l’écaille T, elle renferme, avec P et T, un assez grand espace, marqué fig. 2, qui est occupé par les parties membraneuses et écailleuses qui constituent l’origine de l’aile inférieure. La tache noirâtre et oblongue Zt, fig. I et 2, qu’on y aperçoit désigne l’endroit du second stygmate. Cette pièce W est coarticulée par son bord antérieur avec l’écaille Y, fig. 2, avec laquelle elle forme en dedans une crête très-saillante, q, fig. i, représentée à part, fifT. 5 , pour faire mieux paroître sa structure singulière. Son extrémité supérieure se termine par un bouton noir d’où part une apophyse gg de là, en descendant, elle s’élargit, et se termine ensuite par un filet écailleux jf, qui sert de point fixe à des muscles. Le long de son bord elle reçoit, du côté d’Y, une autre crête O qui lui est presque perpendiculaire, et qui s’étend jusqu’au bouton t. Cette crête O, qui laisse quelque espace entre elle et l’écaille Y, à laquelle , au premier coup d’œil, on la croiroit adhérente, tient encore jiar deux petites crêtes latérales à la même crête q. Le bout r est le morceau d une cinquième crête placée à la réunion d X. avec 7 j, laquelle y est coarticulée avec la crête q.
Par son extrémité inférieure, l’écaille W tient aux pecto-
raies X et Z, flg. 2 , et elle pousse de son côté postérieur, vers le dedans du corselet, une forte branche écailleuse fig. I, qui se réunit en le avec la branche pareille du côté opposé 5 et s’y élargissant, forme avec elle en le un assemblage solide rentrant, de structure singulière, qui, près de l’inférieure, se réunit avec le prolongement commun et rentrant Z, des deux écailles Y, fig. 3, et y est articulé avec les écailles pectorales X, à l’endroit où elles commencent à s’écarter un peu l’une de l’autre pour favoriser le mouvement des jambes postérieures. Cet assemblage singulier, dont il vient d’étre parlé, est -représenté séparément, et un peu grossi, sous trois dlfférens points de vue, fig. 6, 7 et 8. On le voit, fig. 6, au même sens qu’il se montre, quoique seulement en partie, en u^hyii^ fig. 3. Dans la fig. 7, il paroît un peu obliquement du côté opposé, et tel C[u’on l’aperçoit fig. i ; et la fig. 8 le représente par le côté, comme il se montreroit fig. 2 , s’il n’y étoît pas couvert par les écailles X et Z. Les branches Z,/, fig. i, sont celles qui partent chacune de l’écaille W, qui est de son côté, et en se réunissant au-dessus de l’inféi’ieure dans le corselet, forment l’assemblage dont il vient d’être parlé, un, fig. i, 3, 6, 7 et 8, sont deux têtes, chacune d’une épiphyse écailleuse, qui tient aux branches {,i. l, fig. 3 et 7, est une autre épiphyse en forme de lame, qui sort de la région inferieure de cet assemblage. C’est sur le bord de cette lame c[ue les extrémités inférieures des deux écailles Y, fig. 3, se rencontrent, et y sont coariiculées. Du reste, l’on voit, fig. 6 et 7, c[ue l’épanouissement écailleux le, y forme, du côté de la première de ces figures, un angle rentrant, et un angle saillant de l’autre côté.
L’écaille pectorale Y, fig. 2 et 3, se i-éunit avec sa pa-
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Teille au-dessus de la ligne inférieure, et y produit le prolongement l dont il a été parlé. Son sommet, coarticule d’une part avec l’écaille R, fig, 3, produit de l’autre, avec W, l’apophyse commune g, fig. 2 . Tout son côté antéi'îeur mm, depuis R jusqu’au-dessus de la ligne inférieure, tient par une membrane assez large aux écailles M et N, fig. 12 de la partie antérieure du corselet, de même qu’à la membrane que M embrasse en partie par son bord supérieur, et permet ainsi à la partie postérieure du corselet, du côté du ventre, de se fléchii’, indépendamment de l’antérieure, en avant et en arrière, pour concourir aux mouvemens de la troisième paire de pales. Le côté postérieur de Y est latéralement coarticulé avec W, et il tient vers l’inférieure à X par une membrane qui remplit l’espace oblong sans écaille , où l’on voit la lettre l, fig. 3 j et du reste, son bord n, fig. 3, glisse sur X, circonstances qui permettent à X un balancement particulier eu avant et en arrière, c[ui donne encore plus de liberté au mouvement de ces mêmes parties. Où volt près de 0, fig. 3, deux traits foncés qui se réunissent du côté de l’inférieure : ce sont les indices de deux crêtes, dont l’écaille Y est pourvue en dedans. Celle qui est du côté de la lettre 77Z est basse, et n’a rien de remarquable; mais l’autre l’est, en ce qu’à mesure qu’elle approche du point de réunion de W avec Y, elle s’élargit , se penche vers Y, et forme une crête latérale contre la crête fig. 5, le long de son • origine, s avançant ainsi jusqu’au renflement qui sert de soutien à l’apophyse g.
La paire d écailles pectorales, dont chacune est marquée à deux endroits d’unX, fîg. 2 et 3, a, vers son côté antérieur, fig. 3, un renflement auquel est articulée l’écaille G,
dans laquelle la cuisse de la pâte postérieure est emboîtée. Ce renflement a. du côté de l’inférieure, une échancrure occupée par une membrane c[ui tient à G, et en laisse libre le mouvement de la latérale vers l’inlérieure. On aperçoit cette échancrure fig. 3 . La même pièce X est coartiçulée par le côté avec Z. Par son bout supérieur, elle est articulée avec W, et une partie de son bord antérieur a la faculté de glisser sous Y.
La paire de pectorales Z, fig. i, 2 et 3 , est grande et mince. Elle termine la région postérieure et inférieure du corselet. Son côté supéi’ieur est plissé, et finit par une membrane qui occupe le vide que l’on voit entre elle et la branche fig. 1 5 tenant par l’un de ses bords h cette branche,
et par l’autre à Z. On voit , fig. 2 , que Z est latéralement coarticulée avec X, avec laquelle elle forme au dedans du corselet une crête saillante, coarticulée avec une autre cjui l’est encore plus; savoir, 5^, fig. i, qui se trouve à la réunion de W avec Y, fig. 2. L’endroit de cette coarticulation a été représenté séparément fig. 5 , où Y est un morceau de la crête de X et Z. Cette écaille Z, au reste, est articulée conjointement avec l’écaille X, à l’extrémité postérieure de W, mais seulement pour un très-petit endroit, afin de laisser plus d’aisance aux raouvemens des parties de la dernière paire. Tout près de leui’S attaches, Z a une apophyse^, fig. i et 2 , qui s’alonge en pointe vers l’inférieure, et a sur le côté une échancrure occupée par une membrane souple, qui laisse au’bout G, où s’emboîte la pâte, la liberté de pouvoir fléchir sur le côté, jusqu’à s’y enfoncer un peu, lorsc[u’il plaît à la phalène d’appliquer ses pâtes contre le corselet, attitude qui lui est très-familière. Quant à l’attache postérieure de Z,
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elle est avec sa pareille par membrane, au bas de 1 assemblage écailleux, fig. 6, 7 et 8, à son extrémité marquée j.
Les deux G, pl. 49, fig. i, 2 et 3, sont bien articulées avec le corselet , mais n’entrant point dans sa charpente, elles ne peuvent convenablement être rangées parmi les écaib les pectorales; et vu qu elles paroisseat plutôt apartenir aux pâtes, quelles attachent au corselet, qu au corselet même, il en sera dans parlé la description plus détaillée que l’on va faire de ces pâtes.
l^es pâtes suwies plus en detail.
Gomme on n’a donné ci-dessus qu une idee ties-vague des pâtes de cet insecte ailé, il est dans 1 ordre, qu après êtie revenusur l’assemblage écailleux qui les soutient, afin de le faire mieux connoîlre , on en fasse de môme a leur egard ; d’autant plus , qu’au premier coup d’oeil elles paroisseat à peu près faites de même, et que ce n’est que par un examen détaillé que l’on découvre des différences notables entre la structure de leurs trois paires , dont la première lient a 1 assemblage écailleux du cou , la seconde à celui de la partie antérieure du corselet , et la troisième à celui de la postérieure. Quant à la
Première paire ,
Dont, pl. 5o, fig. I et 2 , on n’a représenté que la pâte droite , mais vue en dessus et en dessous , ainsi qu on 1 a aussi fait, fig. 1 1 et 12, de la seconde paire, et fig- iS et 17, de la troisième , cette première paire est très-notablement différente des deux autres, en ce cju’elle est la seule qui ait
deux cuisses , A et B ; du reste elle est aussi composée , comme les suivantes, d’une Jambe, G, et d’un pied, D. Toutes les figures en sont grossies, dans la même proportion, ou peu s’en faut, que celles qui ont servi à faire connoître l’assemblage écailleux du’ corselet. La fig. i fait voir la pâte antérieure par le côté qui se montre quand la phalène est couchée sur le dos , et la fig. 2 par celui qui fait face au corselet.
Sa première cuisse. A, communique par une grande ouverture a^b, fig. 2 , avec les parties intérieures du cou. Cette ouverture est oblique, ce qui fait qu’on ne la voit que fig. 2, et non fig. i, où l’on n’en aperçoit, vers ah^ que le bord antérieur. Elle estbordée d’une forte membrane blanche, par où elle tient à la charpente écailleuse du cou. Une crête, foible du côté de B, mais forte du côté de a, environne son ouverture , et de cette crête au point a, part une petite lame écailleuse, fortement attachée au point/*, pl. 48, fig. 3 , 4 et 5 , de la même charpente, mais de façon pourtant à ne pas empêcher la liberté du mouvement de la cuisse. La figure de cette dernière tient de la triangulaire , et l’on y distingue trois faces, dont celle qui paroît fig. i est convexe, et la plus large ; les deux autres se voient fig. 2. Celle qui s’y montre de plus en plus en dehors est aplatie, et la troisième est concave , et propre à recevoir la partie renflée de la seconde cuisse, que la phalène, dans son ^etat de repos, y applique naturellement. L’extrémité postérieure de la première cuisse se termine par deux apophyses épaisses, pointues et recourbées en dedans en crochet , dont l’une se voit en fig. i , l’autre eu <?, fig» 2; et cette dernière descend plus bas que la première, et la cuisse est par les deux côtés, entre ces apophyses, un peu échançrée. Une membrane lâche, qui tient
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au bord antérieur de la pièce G, en garnit 1 ecliancrare, et permet à cette pièce, qui est articulée avec A, au moyen des deux apophyses mentionnées, et e, et coarticulée avec la seconde cuisse. B, un balancement en avant, jusqu’à appliquer cette seconde cuisse contre la première dans sa partie concave, et en arrière, jusqu a former avec elle un angle droit; mais on ne sauroit la faire passer au-delà sans la violenter.
Quant à la pièce fort courte G , flg. i et 2 , elle paroit d’abord faire partie de la seconde cuisse B, à laquelle elle n’est pourtant qu’étroitenient coarticulée , comme on s’en aperçoit, lorsqu’on veut l’en séparer. Sa figure est si irrégulière, qu’on ne peut la bien décrire. On lui voit deux ouvertures, dont l’antérieure g-, fig. 3 et 4? répond à celle qui termine la première cuisse A; elle y est latéralement munie d’une apophyse 7Z, fig. 4? dont il y en a une autre à l’opposite , au moyen desquelles elle est articulée avec les apophyses d et e, fig. I et 2 de la première cuisse A, et le reste de cette ouverture est occupé par une forte membrane qui réunit ensemble ces deux'parties.
Quand on détache des deux cuisses la pièce écailleuse G, fig. 3 et 4, on découvre qu’elle lient aux muscles qui remplissent la cavité de A par trois lames très-fortes, blanchâtres, et semblables à des arêtes, dont rune, A, qui est la plus considérable, part du bord antérieur de l’ouverture, qui est sur le dessus de G, et les deux suivantes i et h tiennent à côté l’une de l’au\re au bord postérieur de cette même ouverture. Les muscles attachés à la lame A, qui sont plus considérables que ceux qui tiennent aux deux lames z et A, en attirant la lame A par leur contraction, écartent les deux
ESSAIS AA’ATOailQUES
cuisses l’une de l’autre, et ceux qui partent des lames i et h les raprocheiit vraisemblablement, ])ar un mouvement tantôt plus, tantôt moins écarté du corselet, suivant que les muscles attachés à z, ou bien Æ, agissent davantage; pendant que les apophyses zz, et celle q\ii est à l’autre côte de G, sont les deux points d’appui sur lesquels ces diflerens raouvemens s’exécutent.
l est un nerf, m est une bronche assez large, mais à tunique très-mince, qui accompagnent, comme c’est l’ordinaire dans tous les muscles , ceux de la cuisse A.
L’autre ouverture, celle par où la pièce G est coarticulée avec la seconde cuisse B, n’est pas placée h l’opposite de la première: elle fait presque avec cette première ouverture un angle droit, mais dans un plan qui lui est incliné: voilà pourquoi cette ouverture se montre si à plein, fig. 3 en tandis qu’on n’en voit rien fig. 4-
La seconde cuisse B, environ d’un tiers plus longue, et beaucoup moins grosse que la première A, est d’une forme assez élégante , et qui aproche un peu de celle de la jambe d’un homme. On la voit en deux sens opposés, fig. i et a. L’ouverture par où elle est coarlicuiée avec la courte pièce G, est oblique, et fait face à la ligne inférieure. L’autre ouverture, ])ar où elle tient a la jambe G, l est aussi, mais eu sens contraire , afin de permettre plus aisément à la jambe d’être ramenée contre la seconde cuisse. On voit à droite et à gauche de cette ouverture, cpe B et G se touchent, et c’est là le point d’appui sur lequel la jambe G se meut en s’aprochant ou eu s’écartant de B, auquel G ne tient, du reste, que par une membrane souple.
La jambe G est au-delà d’un tiers plus courte que la se-
SUR LES INSECTES
coude cuisse B; cette jambe est foiblement courbée en dehors. En dedans, elle est échancrée par les deux bouts, et surtout par le postérieur. Son milieu, qui est un peu renflé par derrière, y est pourvu d’un ergot, q, conique, souple et mobile dontj’ignore l’usage, et dont le dedans ne m’a offert rien de distinct. L’échancrure postérieure de la jambe sert à y recevoir cet ergot, et h le garantir de trop de pression lorsque l’animal fléchit la jambe contre la cuisse : aussi la jambe est-elle tant soit peu creusée en coulisse à cet endroit, comme on peut s’en apercevoir plus ou moins fig. i. L’échancrure antérieure et moins creuse de cette jambe y a été ménagée pour lui permettre de pouvoir se coucher plus à plat contre la seconde cuisse.
Les deux côtés de l’ouverture antérieure de la jambe G sont munis chacun d’une petite apophyse, dont l’une paroît en y’, fig. 5, qui représente celte jambe séparément, et l’autre se remarque en fig. i. Ges deux apophyses appuient sur les deux côtés de l’ouverture postérieure du fût écailleux de la cuisse B, et y sont fortement adhérentes; et c’est sur elles que la jambe, qui ne tient du reste à la cuisse B que par une membrane souple, exécute ses mouvemens. Elle est pour cet effet munie à son extrémité antérieure de trois façons d’arêtes, n, O etp, fig. 5, placées, la première à l’opposite des deux autres. Ges trois arêtes, qui entrent dans la cuisse B, reçoivent l’attache de ses muscles, dont ceux qui tiennent à n sont les abducteurs de la jambe, et ceux qui tiennent à o et à P en sont les adducteurs, lesquels, à proportion qu’ils agissent avec plus de force sur o ou sur p, font en même temps pencher la jambe plus à droite ou à gauche, l est la
continuation du même nerf, et/w, celle de la meme bronche, qui portent, comme 011 a vu, ces lettres fig. 4 .
Ce qu’on a nommé le pied de la phalène, quoique sa figure n’en rappelle guère l’idée, se voit en D, fig. i et 2. Plus mince et beaucoup plus long que la jambe, il est compose de cinq phalanges ou pièces, placées bout à bout les unes des autres, dont la dernière est terminée par un double crochet. Ces pièces sont foiblement aplaties par les côtés. Chacune est un peu plus mince que celle qui précède. Les ouvertures par où leurs tuyaux écailleux correspondent sont taillées obliquement, de la façon que le représente la fig. 6 , c’est-à-dire que l’ouverture antérieure en est échancrée, et a par derrière une éminence qui s’articule avec la pièce c[ui précède, et que l’ouverture postérieure a un arrondissement qui s’engage dans l’échancrure de la pièce qui suit. Ces pièces sont du reste réunies par membrane; mais l’ouverture antérieure de la première pièce est autrement taillée que celle des suivantes, et de façon à rendre le mouvement latéral du pied sur la jambe malaisé, pendant que le mouvement en dedans en reste libre.
De la manière dont les autres pièces du pied sont taillées, on conçoit qu’elles ne peuvent guère se fléchir à la renverse au-delà de la foible courbure qu’on leur a donnée dans les fig. I et 2, tandis qu’elles peuvent le faire très-librement dans le sens opposé.
La première de ces pièces est la plus longue des cinq. La seconde est une fois plus courte cjue la première. La troisième est environ d’un quart plus courte que la seconde, et la quatrième que la troisième. La dernière, qui a environ la longueur des deux qui la précèdent immédiatement, a l’extré-
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mité ou le talon r tant soit peu renflé. Il se termine par une ouverture oblique, en sens contraire des ouvertures postérieures des autres pièces du pied. L’ouverture de ce talon est bordée obliquement par un bord membraneux qui se fourche et embrasse la racine de deux crochets ou ongles recourbés et mobiles, au moyen desquels la phalene s accroche aux troncs des arbres, ce à quoi les pointes, dont tout le coté intérieur du pied D est hérissé, contribuent aussi, en ce que-, quand les crochets se cramponnent, ils attirent le pied, et engagent par là ces pointes dans l’écorce.
Lorsqu’ après avoir ouvert la jambe, on en séparé la première pièce du pied, on trouve qu’à celte première pièce tient une arête étroite qui traverse toute la longueur de la jambe, et qui paroît même encore être une continuation de celle qui est marquée 72 , fig. 5 . Celte arete reçoit 1 action des muscles renfermés dans la jambe; et traversant les différentes articulations du pied, dont elle reçoit aussi l’insertiou des muscles, elle se termine par un élargissement chagriné b, représenté en entier fig. 7) et dont on ne voit que l’extrémité en h, fig. 8, 9 et 10 ; élargissement, qui, sortant hors de la dernière pièce du pied, s’étend jusqu au bord antérieur de la racine de ses deux crochets, qui en sont fléchis en dedans lorsque l’insecte retire cette pièce, et c’est par ce moyen qu il cramponne ses crochets, comme il leur fait lâcher prise par des muscles attachés à leur bord postérieur d une part, et de l’autre h la même arête.
Quant à la manière dont ces deux crochets tiennent au pied, on l’a représentée en trois sens différens, et fort en grand, fig* 8, 9 et lo, pour la faire mieux concevoir. comme on a vu, est ce bout de l’élargissement chagriné, fig. 7, de
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l’aréte qui traverse la jambe et le pied, uu, sont deux apophyses écailleuses qui font partie des crochets, Q.iyy sont ces crochets mêmes.
Seconde paire.
Au premier coup d’œil, on s’aperçoit que la jambe et le pied de cette seconde paire de pales ont beaucoup plus de longueur que n’ont ces parties dans la première paire. La fig. 1 1 l’offre ici par le côté qui se montre quand la phalène est couchée sur le dos, et la fig. 12 la fait voir par l’opposite.
Les pâtes de cette paire, comme de celle qui suit, n’ont chacune qu’une seule cuisse, et non pas deux, comme celles de la précédente paire. La courte pièce écailleuse G, au moyen de laquelle les deux cuisses de la pâte antérieure sont articulées ensemble, forme ici l’articulation par où la cuisse B, est attachée au corselet. Cette pièce est d’un côté coarticulée pour cet effet avec l’ouverture antérieure de la cuisse B, et de l’autre elle est articulée aux lames écailleuses N et O du corselet, pl. 48, fig. 10, et 49 , fig. 9. Gomme les pièces G de la seconde et de la troisième paire de pâtes m’ont paru fort semblables, tant pour la forme que pour les usages, je me suis contenté de n’en suivre ici que celles de la dernière paire.
Les fig. 1 3 et 14, pl. 5 o, représentent encore un peu plus en grand que celles des pâtes de cette phalène, et en deux sens différens, une de ces pièces G, qui, n’étant qu’articulée au corselet, n’en fait proprement point partie.
Les deux lames, ou arêtes a eX b qui y tiennent, entrent dans le corselet, et y reçoivent l’attache des muscles moteurs
SUK LES INSECTES.
de la cuisse B. L’arête a, épaisse à son origine, est mince, large, et un peu courbée par les côtés vers son autre extrémité. Elle est articulée en c, au bout inférieur de l’ouverture antérieure de G; et là, G a une écliancrure qui sert à laisser plus de jeu à cette lame, laquelle reçoit dans le corselet les muscles |qui fléchissent G vers linférieure, tandis que l’arête 5, moins considérable et plus étroite que a visà-vis de laquelle elle est articulée, reçoit les muscles antagonistes des premiers, et fléchissent G en sens contraire. Pour faciliter ces deux mouvemens opposés, G est muni entre a et
à un de ses côtés, d’une apophyse très-saillante fig. i4, qui est articulée par membrane au côté antérieur de l’apophyse p^de l’écaille Z, pl. 49? fig- G et à l’opposite entre a et b\ G est de plus pourvu d’une entaille e, tig. i3, qui reçoit un petit crochet rentrant, placé à la pointe de l’extrémité inférieure de X, pl. 49 j Ag* 2, et sur laquelle cette entaille fait un mouvement de rotation, dont l’axe est entre elle et l’apophyse d. Le filet /, placé entre les deux arêtes , paroît
être un nerf.
La forme de la cuisse de cette seconde paire de pâtes est différente de la seconde cuisse B de la première paire qui y répond. Elle n’est point renflée par le milieu ; elle est plus large qu’épaisse, et un peu convexe ou arquée en dehors, fig. II. A l’opposite, fig. 12 , ou du côté qui fait face au corselet, elle se trouve un peu concave et aplatie, pour pouvoir mieux s’appliquer contre le côté supérieur de l’écaille O, fig. 10, pl. 47} de la charpente du corselet, sur laquelle il lui est naturel, dans son état de repos, de la tenir couchee. L’ouverture antérieure, par où elle communique avec la pièce G, fig* et i4j est oblique, et tournée vers l’infé-
rienre. Celle par où elle fait face à la jambe C est Encore plus oblique, mais tournée dans le sens opposé, ce qui laisse à cette jambe la faculté de pouvoir s’appliquer contre la cuisse B, attitude qui lui est fort naturelle. Quand on ouvre la cuisse, on en trouve le dedans occupé par quantité de fibres musculaires, qui tiennent d’un côté au dedans de son enveloppe écailleuse, et de l’autre aux arêtes qui partent du bord de l’orifice de la jambe, et s’introduisent dans la cuisse.
La jambe C de la seconde paire de pâtes est à proportion beaucoup plus longue que celle de la première paire. Elle est plus large qu’épaisse , et sa largeur augmente tant soit peu en approchant du pied. Son côté intérieur est foiblement aplati et creusé en gouttière du côté de son origine. Son milieu n’est point pourvu d’ergot , comme celui de la jambe antérieure, mais, par contre, elle a, vers son extrémité postérieure, deux ardillons écailleux et pointus, a, creux en dedans, qui y tiennent par membrane.
Le côté extérieur de cette jambe est un peu arrondi. Son ouverture antérieure du côté de fig. i5, qui représente la même jambe séparément, est très-oblique, et tournée vers l’ouverture postérieure de la cuisse avec laquelle est articulée. Le bord de cette ouverture est muni de trois arêtes, qui entrent dans la cuisse, et en reçoivent les muscles. L arete supérieure n, fig. iS, en est la seconde en grosseur; elle se recourbe vers son origine; elle y est brune, et tient à l’extrémité supérieure du côté extérieur de la jambe, au-dessus d’une apophyse 3, sur laquelle elle appuie quand elle agit, ce qui en augmente l’effet en l’écartant du point d’appui. Par l’action des fibres musculeuses attachées à cette arête, la jambe est tendue ou écartée de la cuisse. Ces fibres y sont attachées
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de part et d’autre, en quelque sorte, comme les barbes à une une plume j mais il y en a plus d’une rangée à chaque côté. Cette arête, avec ses fibres, a été représentée séparément fig. i6.
Les deux autres arêtes o etp, fig. i 5 , reçoivent les muscles antagonistes de ceux de l’arete precedente. Elles tiennent à côté l’une de l’autre, à 1 opposite de la meme ouveiture. La plus grosse des deux , marquée o, et qui est aussi la moins voisine du corselet, est noirâtre vers sa racine. Elle est toute garnie de pinceaux de fibres musculeuses qui ne m’ont offert rien de distinct.
Le pied de cette jambe ne diffère sensiblement du pied de l’antérieure, qu’en ce qu’il est plus long et plus gros. Il est pareillement parcouru dans toute sa longueur par une arête longue et mince, qui aboutit à la pièce b, fig. 7, 8, 9 et 10, et finit par l’élargissement à trois pans, fig. 7, sur lequel les deux ongles posent par leur racine.
Troisième paire.
La pâte postérieure m’a paru pour le moins aussi grande, et en général plus massive que l’intermédiaire. La jambe en est encore plus longue, mais le pied plus court. La fig. 17 en représente le côté tourné en dehors, et la fig. i8 celui qui fait face au corselet. La forme de cette paire de pâtes est différente de celle des deux autres, à la réserve des cuisses de la seconde paire , qui ont assez de rapport avec celles de la troisième, vu quelles sont toutes deux un peu convexes en dehors, et du côté du corselet, concaves et aplaties 5 mais celles de la dernière paire m’ont paru foiblement circonflexes, et tant soit peu plus grosses.
Elles sont pareillement coarticulées avec une courte piece écailleuse, semblable à la pièce G de la pâte précédente, au moyen de laquelle elles tiennent aussi au corselet.
Quand on ouvre la cuisse dont il s agit, on trouve quelle renferme une grande bronche qui coule le long de 1 arête n, de fig. 19, où l’on voit la partie anterieure de cette cuisse 5 mais la bronche n’y a pas été représentée, et elle se sera apparemment aussi trouvée à la cuisse précédente, quoiqu on Fait passé dans la figure. Le long de cette arête /z, on trouve encore appliqué un filet Z, que je crois etre un nerf. Les arêtes o et sont analogues à celles qui ont les mêmes. lettres, fig. i 5 .
Les fibres musculeuses c?, fig. 19» se rassemblent vers le haut de la jambe C, et y tiennent à la peau qui occupe Téchancrure taillée dans le côté intérieur de son extrémité antérieure. Je crois avoir aussi trouvé un paquet de fibres pareilles au même endroit de la jambe de la seconde paire, bien que je ne les y ale pas représentées. Outre que la jambe de cette troisième paire est plus longue et plus grosse que celle des deux paires précédentes, elle en différé aussi beaucoup pour la forme. Sa partie postérieure, depuis C, est renflée, et l’écaille en est raboteuse, tandis que celle de sa partie antérieure est unie. Au lieu de l’ergot membraneux q qu’a la jambe de la première paire, et du couple d ardillons dont l’extrémité intérieure de la seconde paire est pourvue , le côté intérieur de celle-ci est muni non -seulement d’une couple d’ardillons à la même extrémité , mais encore d’une autre paire pareille un peu au-dessous de l’endroit où l’écaille de la jambe devient raboteuse , comme on le voit en en a et en ^ de la jambe C, fig. 17 et a8. Ces ardillons sont
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aussi du reste creux, écailleux et articulés par membrane, deux à deux l’un à côté de l’autre.
L’ouverture antérieure de cette jambe est taillée à peu près comme celle de Tintermédiaire , en ce qu’elle est pareillement munie d’une apophyse fîg. 19, sur laquelle l’arête n appuie, ainsi qu’on l’a vu à la üg. i 5 ; mais la fig. ig montre de plus que le bord supérieur y est muni d’une grande apophyse C, qui n’est que fort petite à l’autre jambe; apophyse à laquelle tient un gros faisceau de fibres musculeuses df qui entrent dans la cuisse.
Quant au pied marqué I) , fig. 17 et 18, la première des cinq pièces, ou phalanges, qui le composent, est d’une forme toute différente de celle qu elle a dans les pâtes précédentes, où elle est mince et toute d’une venue; au lieu qu’elle est ici fort renflée, et de forme telle ciu’onfa représentée séparément fig. 20 , mais un peu plus grossie qu’elle ne l’est fig. 17 et 18. Elle est attachée par membrane à la jambe, et munie par devant d’une apophyse/", qui entre dans la jambe, et avec elle une longue arête cylindrique /^, c[ui y monte fort avant, et s’y termine par un faisceau de fibres musculeuses g. Je ne saurois dire si c’est cette même arête, ou bien une autre, c{ue j’ai vu traverser toutes les phalanges du pied, et en s’élargissant en palette, telle que t, fig. 7, se terminer par un élargissement de trois avances arrondies, sur lesquelles le bas de la dernière phalange et ses deux ongles s’appuient parleurs racines dans cette dernière paire de pâtes, comme dans les deux paires précédentes.
ESSAIS ANATOailQUES
Essai sur les -parties intérieures que rertfeTme le corselet,
PI. 5i.
Comme les essais qu’on va donnex’ là-dessus sont traces d’api’ès une phalène moi’te de vieillesse, tei'me auquel cet insecte, devenu ailé, parvient peu de jours après 1 accouplement et la ponte, vu qu’en quittant son état de chenille, il cesse pour toujours, avec la plupart des papillons nocturnes, de prendre nourriture, je ne serois pas sui’pris si celui qui repéteroit sur une phalène tuée dans sa pleine vigueur les essais qu’on va donner, n’y trouvât par-ci par-la quelque différence, quant aux parties les moins solides 5 mais les occasions ou le temps m’ayaxit manqué pour en faire d’autres, j’espère qu’on voudra bien se contenter de ceux-ci, qui auront toujours leur utilité , ne liit-ce que pour servir en tous cas de points de comparaison , par rapport aux essais qu’on pourra faii’e sur des phalènes tuées encore en pleine vigueur.
Fig. ii’G. PL 5i.
La fig. I olFre fort en grand le dessus ouvert du corselet de cette phalène, où l’on a laissé la tête. On y a retranché les ailes et les antennes, jusqu’à peu de distance de leur origine. Ou y a enlevé l’assemblage écailleux qui forme le dessus de son dos, et ensuite on l’a représenté la tête en bas, pour faire mieux paroître les vides h,f^e,fji qui se trouvent entre cet assemblage et les masses qu’il couvre naturellement.
Ces masses ne sont, ou peu s’en faut, que des muscles, mais d’une forme si différente de ceux que l’on a vu en très-
SUR LES INSECTES
grand nombre dans la chenille, et qui ressembloient pour la figure et le peu d’épaisseur à des rubans , que dans le corselet de la phalène on a bien de la peine à les reconnoître pour • tels, vu qu’ils s’y trouvent dans un arrangement tout nouveau, et sous la forme d’épaisses masses qui ne ressemblent à rien moins qu’à des rubans, et dont les fibres même qui les composent, bien que torses comme celles des muscles de la chenille, ont pourtant sensiblement plus d’épaisseur.
Les masses aa ^ bh ^ cc et dd sont de ces nouveaux muscles. Les^deux «a, placés vers le cou, ont été couverts par le boi’d antérieur des lames écailleuses dorsales I,F, contre lesquelles ils appuyoient. Le vaisseau dont chacun de ces muscles est bordé par derrière, placé entre eux et est une bronche.
cc sont deux lobes musculeux, élevés et oblongs, qui environnent en grande partie une masse musculeuse trèsépaisse, dontils fontune considérable partie, laquelle s’avance vers le cou, eu se partageant en deux masses coniques, db^ db, qui laissent entre elles trois cavités symétriques Ces deux lobes m’ont semblé placés sous la lame dorsale RL Le côté antérieur de cette masse est presque perpendiculaire à la ligne inférieure, ce qui fait qu’il y a un assez grand vide vers le devant du corselet , entre ces masses et les écailles dorsales I,T, ce qui est bien singulier.
m’a paru être le bord d’une taie assez épaisse, composée d’une double membrane renfermant une substance charnue. Cette taie s’élevant jusqu’à la lame dorsale m’eu a semble garnir le bord postérieur, et former ainsi de ce côté une séparation entre les parties antérieures et postérieures du corselet.
ESSAIS AiSATOMIQUES
hh sont deux muscles latéraux pareils, un peu plats, placés Tun à droite , l’autre à gauche, vers les ailes supérieures, auxquelles ils tiennent par l’une de leurs extrémités, et eu sont des moteurs, l’autre extrémité disparoit sous les masses musculeuses cd^ cd.
est vers la région postérieure du corselet un tégument musculeux qui couvre naturellement l’écaille interne E, pl. 48, fig. 9, 10, Il et 12 , mais dont on a renversé un peu le bord pour qu’on piit voir qu’en k il s’insinue entre les deux lames convexes dans lesquelles E S£ partage; et à l’autre côté de ces deux lames, il communic|uc en-dessous avec la masse musculeuse cd, cd. Ce tégument est mince vers son milieu, et ne s’y montre que comme une tunique mollasse qui sépare la partie antérieure de la postérieure du corselet; 'mais par les côtés , elle estbordée de deux muscles épais qui ont en l leur attache, et concourent vraisemblablement à faire mouvoir les ailes inférieures, puisqu’elles s’agitent quand on presse ces muscles. I.eur autre attache est près de/, à l’endroit où ils se montrent comme tronqués, et c’est par cetendroit qu’ils m’ont paru tenir aux grandes lames écailleuses dorsales 1,1.
m,Tn marquent, vers les côtés de la même région; de part et d’autre, un enfoncement, dans chacun desquels j’ai cru distinguer trois muscles 7/2,/, qui en se rapprochant en m, y avoient l’une de leurs attaches à l’aile inférieure , et en paroissoient être des moteurs , et l’autre sous le muscle i,l, dans cette cavité.
La figure 2 représente l’écaille dorsale interne à deux battans E en plein, et avec plus de netteté qu’on ne l’a pu faire voir pl. 48, iig. 9, 10 et 12 en E, où elle ne paroit qu obli-
SUR LES INSECTES. 49
f|uement. On y aperçoit ici en h que les deux battans en sont coarticulés par harmonie; qu’entre n et/c une languette écailleuse s’avance par dessus, et cjue chacune de ces écaillés paroît être marquée en P d’une petite convexité ovalaire un peu transparente.
La figure 3 est la partie supérieure et postérieure du corselet tournée en sens contraire à celui de fig. i , où l’animal est représenté la tête en bas ou en deçà. On a enlevé à cette figure 3 le tégument musculeux l’ecaille interne E,
et toute la taie gg de la fig. i , et par là on a mis a découvert en egeph la face opposée de l’assemblage musculeux ccdd, fig. I. Ici, son contour rappelle grossièrement celui d’un triangle renversé et à angles émoussés ou arrondis, ou bien celui d’un cœur placé sur sa pointe. On voit qu’il est horizontalement partagé en six divisions arquées, jiosées l’une au-dessus de l’autre, et dont la supérieure cc, qui est la plus renflée, en embrasse en grande partie l’assemblage. La disposition de ses fibres est parallèle à la longueur de l’animal, y/" sont deux petits muscles tronques, qui, vers la ligne supérieure sortent de la seconde division, et dont je ifai point suivi les attaches.
k est une crête, qui s’élève sur le milieu de ce côté de l’assemblage musculeux dont il s’agit, et qui après avoir passé le long de la coarticulation des deux lames convexes écailleuses E, fig. i , s’attache eu dessous aux tegumeus musculeux l,i,kddi de cette fig. i .
g est un reste de gg, fig. i.
mm sont les mêmes deux cavités , avec les trois muscles contenus dans chacune, qui sont marquées aussi de ces lettres, fig- 1-
Il sont de part et d’autre le dessous coupé d’un grand muscle , dont ü, il, fig. I , fout le dessus.
nn marquent deux fragraens antérieurs de vaisseaux jaunâtres, flétris, que je soupçonne avoir été les vaisseaux soyeux de la chenille. Ils parcourent une façon de tunique presque toute composée d’un amas de débris de bronches hors d’œuvre dans la phalène, mais qui ont servi dans sa chenille, et cjui se trouvent répandus vers l’entrée du corps. L’autre bout de ces deux vaisseaux est resté dans le corps de l’animal, lorsqu’on a séparé son corps du corselet. Les endroits marqués de part et d’autre d’une croix sont ceux où les ailes inférieures ont tenu.
r indlc£ue un bout antérieur du conduit de la moelle épinière , dont la continuation est aussi restée dans le corps retranché.
On voit de part et d’autre entre p et rn un court muscle pm. Il a une de ses attaches en p à l’assemblage musculeux ; par l’autre, il m’a paru tenir à la racine de l’aile inférieure, et servir à en diriger les mouvemens.
La fig. 4 6st dans la même position que fig. 3. On y a oté les deux muscles 1,1, les deux vaisseaux oblitérés n,n, et la tunique composée principalement d’un amas de débris de bronches, sur laquelle ils passoient pour entrer dans le corps. On a aussi enlevé de l’assemblage musculeux les trois divisions supérieures, que l’oii a trouvé être en quelque sorte, comme tout le reste de l’assemblage, partagé pei’pendiculairenient en deux parties égales,* et cette dernière opération m’a hiit voir que les fibres de ses lobes et des suivans étoient parallèles à la ligne supérieure; et que les couches musculeuses se séparoient naturellement de la
SUR LES INSECTES
masse, le long de la courbure de leurs cinq divisions.
Ces préparations m’ont de plus fait voir que les muscles Z,/, fig. 3, avoient caché un autre rang de muscles fig- 4> s’élargissent par en bas, et dont la face touimée vers l’aile n’étoit composée que de fibres détachées, que je soupçonne avoir tenu la racine de l’aile inferieure, et avoir concouru à la mouvoir, et que la tunique, sur laquelle les vaisseaux oblitérés nn avoient passé , avoit beaucoup couvert le conduit de la moelle épinière r, qui paroissoient très-change de forme, et tenoit latéralement par nombre de fibrilles aux parties voisines, et se retrecissoit vers 1 assemblage musculeux.
L’endroit marqué AA est un morceau de la peau par où le corps tient au corselet. Ce qu’on voit de brun, qui borde par devant celte peau, sont des pièces écailleuses qui y tiennent et ne font point partie du corselet.
Les trois muscles 7n, moteurs de l’aile inférieure, sont les mêmes que fig. précédente.
t, fig. 4, est au haut de l’assemblage musculeux une partie mince , longue et très-blanche , qui m’est inconnue. Elle s’introduit en^, fig. 3. Près de là elle pousse une branche ff, fig. 4 , qui sort en fig. 3 , de cet assemblage , ensuite s’y enfonce, y fait un zig-zag, et parvenue au fond de cette partie, elle s’avance vers la tête, où elle m’est échappée. On l’a tracé fort en grand, avec ses diverses inflexions, fig. 6, autant que je l’ai suivie.
Quand on enlève les couches de l’iissemblage , on voit distinctement ramper sur le dessus et le dessous de leurs divisions, diverses bronches qui y sont appliquées, et qui, venant des côtés, se portent vers le milieu, en suivant la
courbure de ses couches, et se croisent mutuellement à la ligne supérieure , pour aller se répandre sur les couches du côté opposé. Ce sont ces branches que l’on a tracé en brun, sur le dessus de l’assemblage, fig. 4 - Elles tirent leur origine d’une bronche beaucoup plus grosse, qui de la partie postérieure du corselet entre dans l’antérieure, et se répand d’abord sur le grand muscle d , hg. 5 , ensuite sur l’assemblage musculeux, comme il a été dit, puis elle vui se plonger plus avant dans le même muscle d.
Curieux de savoir si les bronches qui continuent leurs fonctions dans la phalène se dépouillent pareillement des deux tuniques supérieures dont elles sont revêtues dans la chenille, comme le font celles qui dans la phalène ne servent plus, j’ai dépecé la grosse bronche qui distribuoit Ses rameaux aux nouveaux muscles actifs dont il vient d’être parlé; mai^je ne Iniai trouvé qu’une seule tunique, savoir l’intérieure, celle qu’uu fil écailleux et roide, tourné en ressort à boudin , tient toujours ouvert, d’où il y a tout lieu de conclure qu’il eu sera de même de toutes les autres bronches du papillon, et qu’elles auront pareillement perdu deux de leurs tunl(|aes à leur dernière transformation.
Mais, pour reprendre notre sujet, à mesure que l’assemblage musculeux se rétrécit latéralement eu approchant de rinférleurc, il s’étend longitudinalement, et par conséquent aussi ses libres, qui suivent la même direction, et finit du côte du cou, comme on 1 a déjà remarque, par deux pointes qui s’élargissent ensuite iin peu en bb , fig. i , et de l’autre côté, elle descend jusqu’à la hauteur de récallle D, jd. 48; fig. 9, à laquelle elle atteint sans entrer dans la partie postérieure du corselet.
SUR LES INSECTES
Quand on enlève l’assemblage musculeux qui vient d’être décrit, on voit qu’il pose sur un tégument mollasse, dans lequel rampent nombre de bronches, et au travers duquel, vers cette masse, passent d’un côté la partie très-blanche t , fig 4 j que j’ai dit m’être inconnue, et dont j’ai suivi en partie les branches et ^ et de l’autre les deux vaisseaux flétris nn, fig. 3; et après qu’on a enlevé ce tégument, qui a peu de consistance, on met à découvert le conduit de la moelle épinière, qui paroît, comme il a été dit, avoir en cet endroit beaucoup changé de forme j car il semble s’être élargi et tenir du prisme triangulaire , et qu’il est de part et d’autre attaché par quantité de petits filets ss, fig.4> aux parties voisines. On a de plus enlevé les muscles qq, fig. 4 j cjui sont d’une épaisseur très-considérable, et dont une partie s’enfonce jusqu’à la cavité des pâtes intermédiaires, sans doute pour concourir à leurs mouvemens. On a encore enlevé la peau AA, avec les deux pièces écailleuses et brunes dont il a été parlé, les trois muscles m, le court muscle placé entre m et P , et un bout du conduit de la moelle épinière, dont on a trouvé» que les petites fibres latérales couvroient de part et d’autre un muscle assez gros et court, dont l’attache antérieure étoit à la pièce écailleuse K, fig. 5, et la postérieure m’a paru être à l’écaille Z de la même figure.
Toutes ces différentes parties ayant été enlevées, on a mis par là h découvert celles qu’offre la fig. 5, et qui représente un corselet dans toute sa longueur.
U est un double ganglion qui m’a paru devoir être celui qui se trouve dans le cou de la chenille, mais qui a subi de l’altération, et est descendu dans le corselet de la phalène, par un effet des changemens merveilleux que les parties de la
chenille subissent, pour s’adapter à l’organisation du papillon. Tous les filets blancs tronqués et autres, qui sortent de ces ganglions, sont peut-être des conduits de la moelle épinière, comme le double vaisseau qui réunit: le ganglion où est placé avec celui qui est vers le cou, et le vaisseau tronqué en rjou bien ce sont des nerfs.
nn et t sont les trois parties marquées des mêmes lettres 7272, fig. 3 et 4? et t fig, 4} naais jetées ici sur le côté de la figure, pour en débarrasser le double ganglion et ses nerfs , que l’on n’auroit pu voir que fort confusément sans cela.
Les deux grandes masses dd^ dd qui se découvrent dans cette figure sont de nouvelles parties musculeuses, et les traits dont elles sont hachées marquent la direction de leurs fibres. Ijeur face , tournée vers la latérale , n’est composée que de l’extrémité de ces fibres, ce qui donne lieu de soupçonner qu’elles ont tenu par ce côté, lorsque la phalène étoit encore en sa vigueur, aux écailles les plus voisines L et M, pl. 48,fig. 10 , et que le dessèchement de ces masses, causé par la caducité de l’animal, les en aura peut-être séparée. Quoi qu’il en soit, leur face inférieure m’a paru tenir à droite et à gauche de l’inférieure , depuis l’origine de la première paire de jambes jusqu’à celle de la seconde, et y occuper toute la largeur de b,^\. 48, fig. 6, tenant à toute la partie claire et écailleuse
, Ce qui le long des deux cotes de pl. 5r, fig. 5, est marqué hhh , sont deux grands muscles à trois divisions , lesquels se réunissent par le côté inférieur, et se portent de part et d’autre vers la paire de pâtes intermédiaires dont je les crois des moteurs. Ayant écarté ces muscles , j’ai trouvé qu’ils en cachoient deux autres très-forts, placés à côté l’un
SUR LES INSECTES. 499
de 1 autre, dont l’attache antérieure flottoit. Ils n’ont point été représentes. L antérieur m’a paru tenir par son autre extrémité à la partie foncée de l’écaille pl. 48, fig. 6 , et le postérieur à l’écaille O, fig. 10 de la même planche.
Comme on ne sauroit, par l’inspection de la pl. 5 i, se faire d idée juste des changemens arrivés au système nerveux de la chenille, dans sa transformation , quant au corselet dont il s agit ici; on a tracé séparément, fig. 'j , les quatre premiers ganglions de ce système , avec les tronçons des nerfs qui en dérivent, afin qu’on en prit mieux faire la comparaison.
Les changemens arrivés au premier ganglion placé dans la’ tête , ont déjà été observés ci-dessus , ainsi on s y référera. ' Quant au double ganglion A, qui se trouve dans le cou , tout près de 1 occiput de la chenille, on est surpris de le voir descendu dans le milieu du corselet de la phalène , par un prolongement des conduits de la moelle épinière; et on l’est encore plus de trouver entre ce double ganglion et le premier G , un ganglion tout nouveau D, dont on n’avoit aperçu aucune trace dans la chenille, et qui, quoicjue plus petit que les autres, ne laisse pas d etre tres-distinct , et de produire trois ou cfuatre paires de nerfs.
Tout ceci auroit bien mérité d’élre suivi dans un plus grand détail , vu que des changemens si étonnans , opérés quant à la forme, et les usages de parties aussi essentielles et délicates que celles des nerfs, supposent un mécanisme d autant plus nierveiileux , qu on n’aperçoit aucun des ressorts qui les effectuent; mais le lecteur sait l’impossibilité où je suis de donner autre chose ici que de simples essais. Je passe donc à ceux c]ue j ai aussi faits sur le corps de la phalène dont, poui la stuclure intérieure , la différence entre le mâle
5oÔ ESSAIS ANATOMIQUES
et la femelle est si grande , qu’il convient de les examiner
séparément. Je commence par le premier.
Essais sur le corps du mâlé. PI. Sa.
Après avoir gardé en vie, environ pendant vingt jours, une phalène mâle de l’espèce dont il s’agit, elle mourut, et je commençai à l’anatomiser le sur-lendemain. Ayant mis à l’écart la tête et le corselet , dont j’avois parcouru la structure dans d’autres sujets, j’ouvris le corps de celui-ci parles côtes le long des trachées-artères, en commençant de son premier anneau, qui répond au quatrième de la chenille, et j’emportai ainsi tout le dessus du corps, anneau après anneau; ensuite de quoi je dessinai dans leur situation naturelle les parties que j’avois ainsi mises en vue, excepté que, pour éviter la confusion de trop de pièces entassées, je renversai obliquement en arrière la partie A, fig. i , avec les deux vaisseaux F qui en dérivent.
Quant à sa pai'tie supérieure emportée pour en mettre en vue l’inférieure, fig. i , je n’y trouvai, aux quatre premiers anneaux, rien que le bout postérieur de ce qu’on a nommé le cœur de la chenille. Iltenoit, le long de la ligne supérieure, à une tunique mollasse , transparente, dont tout le dedans du corps étoit tapissé, et sur laquelle étoîent confusément collées nombre de bronches hors d’œuvre qui avoient servi dans la chenille, et auxquelles je n’ai pas cru devoir m’arrêter. Ayant détaché cette tunique de la peau du dos, et des pièces écailleuses qui le revêtissoient, je l’étendis sur du verre, éclairé par dessous, y laissant la partie qu’on nomme le cœur, et je la trouvai encore latéralement pourvue de nombre de
SUR LES INSECTES
5oi
fibres musculeuses, qui contribuèrent k m’assurer que c étoit bien ce même viscère dont les fibres avoient formé les ailes dans la chenille j et quant à la tunique , je la .trouvai munie sous lui, â chaque anneau, d’un nouveau muscle droit, assez large, qui n’avoit qu’une seule fibre musculeuse d épaisseur, laquelle plus grosse qu’elles ne le sont dans la chenille, paroissoit torse d’un fil plus fin. Ces fibres étoient collées p^irallèlement les unes contre les autres, et n’étoient point rassemblées en faisceaux , ni enveloppées de membranes et pourvues de graisse comme dans la chenille.
Entre la supérieure et son intermédiaire , je trouvai de part et d’autre encore un muscle large , pareil à chacun des anneaux que j’ai examinés, mais sa direction étoit oblique. En enlevant le dessus du cinquième annneau du corps, cjui correspond au huitième de la chenille , j’y trouvai la partie A, fig. ïj attachée h ce qu’on nomme le cœur, et ainsi au même endroit où le corps réniforme y avoit tenu avant la transformation de l’insecte, ce qui fait présumer, avec raison, que c’est ici la même partie. Elle étoit d’un jaune pâle, et paroissoit composée de deux lobes réunis par les côtés. De leur extrémité postérieure sortoient deux vaisseaux blancs , F, F , lesquels , à quelque distance de leur origine , avoient chacun un renflement oblong, et qui, après s’étre rétrécis, s’introduisoient sous un large sac, marqué 0, 0,0, 0, ou au septième anneau du corps de la phalène. Se dirigeant vers l’inférieure, ils paroissoient entre les deuxbranches intérieures du nerf de la deuxième paire de ganglion, par où le conduit de la moelle epinière se termine, et croisant ensuite I inferieure , ifs s'étendoient encore assez avant au-delà j mais s y
étant trouvés rompus, je ne puis affirmer, que probablement, qu ilssoient la continuation de deuxlongues queues par où se termine le conduit spermatique; ce que posé, et ayant mesuré toutes les pièces de la continuation de ces vaisseaux, que je n’ai pu détacher sans les rompre, parce qu’ils s’étoient figés par le vin de grain où ils avoient trempé , ou que peut-être le temps les avoit rendu cassaas, j’ai trouvé que chacun de ces deux vaisseaux étoit long de trois pouces et quatre lignes 5 et qu’après s’ètre vraisemblablement grossis, ils se réunissoient en un seul canal plus large , qui avoit encore la longueur d un pouce et demi, après quoi il disparoissoit sous la racine du crochet G, par où le corps du mâle se termine. Ce corps A, supposé sa communication avec les vaisseaux dont il vient d’être parlé , paroît d’abord avoir tenu lieu de testicules à l’animal, et peut-être voudra-t-on alors que les renfleraens F aient fait les fonctions de prostates ; mais pour cet effet, ces derniers me semblent trop éloignés du pénis. Ayant d’ailleurs examiné cette partie A, je l’ai trouvée pourvue de nombre de bronches; le dedans en étoit fort indistinct, et je n’y ai aperçu qu’une substance pâteuse , enveloppée de membranes, qui n’indiquoit rien de pareil; mais ayant examiné la structure des renflemeus F, dont l’un a été représenté plus en grand, fig. 2, ils m’ont paru en avoir plus d’indices, quoique leur dehors ne l’annonce pas.
ils sont médiocrement longs et renflés par leurs deux extrémités, dont la postérieure est la plus alongée: nombre de fibrilles tenoient à ce vaisseau, dont les plus grosses étoient des bronches; mais on ne pouvoit démêler ce qu’étoient les antres. Ayant dépouillé un de ces deux vaisseaux de sa tu-
SUR LES INSECTES
nique, je l’ai trouvé chagriné d’un grain égal, et si fin, qu’au moyen de mon verre d’une demi-ligne de foyer, ils ne paroissoient que comme ils se montrent fig. 3.
Ces grains ne formoient point la tunique même, qui étoit très mince et transparente; mais placés au niveau les uns des autres, ils la tapissoient intérieurement, efpeut-être étoientils autant de glandes où se préparoient des sucs particuliers. Quoi qu’il en soit, après le retranchement de cette tunique, la partie F qu’elle couvroit, ne laissa pas que de rester tout entière, et ce n’est qu’en l’effilant que je vis qu’elle étoit un composé de matière pâteuse qui fourmilloit de fils cylindriques, roides, très-unis, transparens et faciles à rompre, qui ne différoieiit pas sensiblement d’épaisseur. Le même verre dont je viens de parler ne les montrait pas plus gros qu’on ne les voit fig. 4- Quant aux deux longs conduits par où A et FF communiquent ensemble, ils sont composés d’une double tunique dont riiitérieure est couverte en dehors de molécules inégaux et irréguliers, et je n’y ai point trouvé de ces fils roides et cylindriques dont quantité se trouvent dans l’intérieur des deux F, et qui me les font prendre pour les testicules.
Aucune molécule de graisse ne s’est offerte à ma vue dans le corps de cette phalène : aussi probablement n’y étoit-elle plus nécessaire.
Au cinquième anneau du corps, un grand sac, irrégulièrement plissé, commence à se montrer. 11 est d’un blanc tirant sur le feuille-morte, et s’étend jusqu’à la racine du crochet G, par ou e corps se teimine : c est ce qui a été nommé, dans 1 anatomie e la chenille, son sac fécal. La région moyenne en est ici semee de points bruns. Par lui-même assez trans-
5o4 ESSAIS ANATOMIQUES
parent, il ne doit sa couleur qu’à la matière nébuleuse de cette teinte dont il est rempli.
Les conduits qqq-) fig. i , dont on voit ramper une partie sur son côté antérieur et moyen , se montrent d’un blanc un peu plombé. Ce sont les vaisseaux spermatiques. On n’en voit point ici les aboutissans.
Le filet long et mince, qui serpente sur la région postérieure du même sac, est blanchâtre. Les foibles renflemens dont il est chargé, mais qui n’ont pu être exprimés dans une figure si petite que celle-ci, et la place qu’il occupe, me font croire que c’est le vaisseau placé au même endroit dans la chenille.
Toutes ces parties sont naturellement embarrassées dans l’insecte d’un très-grand nombre de fines bronches répandues sans ordre. On les a ici enlevées pour faire paroître avec moins de confusion les viscères qu’elles ofFusquoient.
Vers le haut de la fig. i , PP et VW sont des parties de l’extrémité postérieure du corselet, auxquelles on a donné les mêmes lettres, quand on en a traité ci-dessus ; mais on les y voit sous un point de vue différent.
B est un double bord que forme l’écaille B, pl. 4^5, fig. 2 .
L’espace circulaire BDD, fig. 02 , est couvert d’uue tunique qui ferme l’entrée du corselet. Comme cette tunique y rentre un peu, les bords écailleux qui l’environnent y forment un cercle relevé BDD, tout à l’entour, et un nomb refort considérable de très-fines bronches rampent sans ordre sur le disque que ce cercle renferme.
Le vaisseau droit, large et long, entouré de bronches, qui parcourt la ligne inférieure, et s’introduit sous ce disque pour entrer dans le corselet ^ est l’estomac. Sa couleur est
SUR LES INSECTES
verdâtre j il couvre le conduit de la moelle épinière de façon qu’on n’en voit rien dans la figure.
Sur cet estomac et le long de ses côtés, depuis le commencement du troisième anneau du corps , rampoient sans ordre des vaisseaux jaunâtres qui disparoissoient sous le sac fécal, et par intervalles étoient d’un vert foncé qui les déroboit presque à la vue. Ce sont les intestins grêles de la chenille
devenus hors d’œuvre dans le papillon.
Du conduit de la moelle épinière, ainsi qu’on l’a déjà observé au corselet, se dirigeoient un peu obliquement nombre de filets très-délicats vers la latérale; mais à mesure qu’ils en approchoient, ils devenoient plus rares, et tous disparoissoient avant d’y atteindre. Comme ces filets n’avoient point de communication avec les trachées-artères, je ne pouvois les prendre pour des bronches: je ne pouvois aussi les envisager comme des nerfs, parce que tous ceux que l’on a suivis dans la chenille dérivoient des ganglions et des brides épinières, et ainsi j’aurois été fort embarrassé qu’en faire, si enfin je ne me fusse aperçu que le conduit de la moelle épinière, par un mécanisme inconcevable, s’étoit enveloppé d’une gaine membraneuse, et que c’étoit de cette gaine que partoient ces filets, destinés à la fixer, de façon quelle pût empêcher la moelle épinière de flotter dans la cavité du corps.
L’on ne voyoit pas non plus dériver de bronches des trachées-artères. Ces dernières se trouvoientd unbrun sombre, et aux endroits qui av oient fourni dans la chenille des bronches viscérales tout étoit fermé dans la phalène , et n y offroit plus qu’une tache blanchâtre. Il m’a paru qu’il en étoit de même des endroits qui avoient fourni des bronches dorsales et gas-
5o6’ ESSAIS ANATOMIQUES
triques à la chenille, excepté peut-être vers rextrérnité du corps.
Lorsque je voulus toucher aux trachées-artères, et surtout quand je voulus enlever restomac, je trouvai que toutes ces parties, de même que la cavité intérieure du corps, étoient généralement couvertes d’une nouvelle membrane très-transparente, dans laquelle je ne remarquai point de vaisseaux, et au travers de laquelle toutes ces parties s’apercevoient aussi distinctement que si on les voyoient à nu.
Après avoir détaché, vers la racine du crochet C, le sac fécal, je trouvai qu il se replioit sur les gros intestins, et que, quand on le deplioit et qu’on détachoit les gros intestins du ventre, contre lequel ils étoient comme collés, ces intestins s’étendoient naturellement au-delà de l’extrémité du crochet de sorte que le bout coupé du sac descendoit alors de plus d’un demi-pouce au-delà de l’extrémité du corps de la phalène, et paroissoit plus long qu’il ne se montre même dans la chenille. Je n y ai point trouve de muscles, mais quantité de bronches qui se ramifioient sur sa surface extérieure. II étoit composé d’une double tunique dont l’intérieure étoit très-mince, transparente, et sans vaisseaux apparens, mais au microscope on y découvroit, à l’extérieure, un tissu de vaisseaux ou fibrilles qui s’y ramifioient à perte de vue.
La fig. 6 représente au microscope un morceau de cette tunique extérieure, et sur les bords quelques extrémités de la tunique intérieure y adhérente qui en débordent. Ce morceau est pris de l’endroit du sac fécal, où il se trouve picotté de points bruns. Ces points vus plus en grand, comme fig. 6, approchent de la forme sphérique. Ils reçoivent tous quelque
SUR LES INSECTES
bronche: le plus grand nombre en paroissoit plein et opaque, d’autres en sembloient vides et un peu transparens. Tous n’étoient pas d’égale grandeur. Peut-être sont-ce des glandes qui, au travers d’ouvertures imperceptibles de la tunique intérieure, ont, dans la chenille, fourni du mucus pour garantir ce*sac contre les âcretés de la matière fécale.
J’ai trouvé le troisième gros intestin tout flétri et resserré par nombre de plis longitudinaux. On n’y remarquoit plus aucune trace des muscles dont il avoit été si abondamment pourvu dans la chenille. Plusieurs bronches rampoient encore sur son dessus. Les deux autres gros intestins n’avoient plus aussi de muscles; leur tunique paroissoit toute composée de fibres longitudinales. Ils renfermoient des grumeaux d’une matière pâteuse, jaunâtre, et s’élargissoient du côté de l’estomac.
La fig. 5 représente plus en grand que fig. i , quoique pourtant pas autant qu’on le diroit, le sac fécal E,F, vide, et accompagné du troisième, du second, et d’une partie du premier gros intestin. Il a été coupé à la division qui sépare le second du troisième anneau du corps de la phalène. Si ces viscères, à envisager leur étendue, paroissent beaucoup plus grossis que dans la fig. i , cela provient, d’un côté, de ce que le sac fécal, dans la fig. i , couvre une grande partie des gros intestins, et de l’autre, de ce que ces intestins étant collés le long de l’inférieure contre le corps, dont chaque anneau est courbé en arcade, les intestins, dans la fig. i, ont suivi ces courbures, et par là y paroissent en raccourci, au lieu que, fig. 5, on les voit dans toute leur étendue, ou peu s’en faut.
Quant aux intestins grêles, c’est près de l’extrémité anté-
5o8 essais anatomiques
Heure du quatrième anneau du corps de la phaleue que j ai trouvé qu’ils s’abouchoient avec le second gros intestin par leurs troncs AA, fig. 5, qui fournissent de part et d’autre en B,C,D les commencemens des six intestins grêles. Ils étoient moins pleins que je ne les ai trouvés dans la chenille,
comme cela étoit très-naturel, et ainsi leurs renlleméns étoient aussi moins gonflés. On les trouvoit par intervalles d’un vert foncé, désagréable, et par intervalles plus courts, de couleur
cendrée,
La fig. 7 offre fort en grand, et de côté, l’extrémité du corps du mâle, séparée du dernier anneau, qui naturellement en couvre une partie. Cette extrémité est garnie par en bas d’un poil si fin, qu’il ne peut guère être aperçu que par le secours d’une forte loupe. G en est le crochet, vu de côté. H s’y montre étroit, mais il est large par devant, et par conséquent aussi par derrière, d est 1 extremite d une languette mobile dont il est pourvu en dedans. Elle se montre à plein en a, fig. 8, qui représente le même crochet C, en ce sens, vu par dedans. On y peut remarquer quelle a assez naturellement la figure d’une langue élargie vers la racine. En dessus elle est membraneuse, dans son intérieur elle est pourvue de deux muscles, et en dessous elle est écailleuse, et bridée comme une langue naturelle. Sa longueur ne passe pas ce qvi’on en voit dans la figure, et vraisemblablement elle sert à diriger les mouvemeus du pénis, b est un filet écailleux, recourbé, qui ne se montre distinctement que fig. 8. Il est composé de deux pièces réunies par une membrane vers leur extrémité antérieure. Leur extrémité avance tant soit peu sous L dans la fig. 7- On voit mieux la figure et la disposition de ces deux filets ô, et de la membrane qui en remplit l’in-
lervalle dans la fig. 8. Ils sont coarticules le long du bord du crochet. Ce crochet est par dedans revêtu d’une membrane jusqu’à son endroit plus foncé en couleur, fig. 8, qui est noirâtre et tout écailleux. e,e sont ses extrémités latérales et antérieures par où il est articulé en b, fig. 7 , avec le bord antérieur de l’écaille L, de façon qu’il ne peut être écarté et
rapproché à volonté.
L’écaille L est double. L’une des deux se montre tout entière fig. 7, et y cache sa pareille qui est à l’autre côté, de même qu’elle cache le pénis, place entre les deux. Cette écaille, irrégulièrement convexe, a le bord foibleraent denté : son extrémité postérieure est membraneuse, et garnie, comme il a été dit, de poils très-fins. Les deux écaillés se touchent vers leur racine à l’inférieure, et n’y tiennent ensemble que par membrane, d’où il résulte qu’elles peuvent s’écarter l’une
de l’autre^ au gré de l’animal.
L’écaille M, fig. 7, quoiqu’elle soit de deux couleurs, m’a paru unique. Sa partie convexe, et la plus claire, représentée du côté de l’inférieure, où est placé M, est d une couleur dorée ; le reste en est d’un brun d’écaille. Elle commence de part et d’autre en vers la latérale, où elle est étroite ; et son bord postérieurseportantpar une courbure un peu circonflexe vers l’inférieure, laisse entre elle et le bord supérieur de l’écaille L un intervalle étroit et membraneux, de même direction, jusqu’à l’inférieure , où ces deux écailles se touchent , et par ses deux extrémités latérales, l’écaille M rencontre. celles de 1 e caille G, et y forme en une articulation tres-mobile.
N, fig* 7» est le conduit spermatique. Il est naturellement tortueux à cet endroit, et reçoit deux nerfs du dernier ganglion G 11 s’ouvre dans la racine du pénis, qui commence à 1 extré-
mité supérieure de R, et R est une niasse charnue, épaisse et ferme, dont l’extrémité antérieure tient à la racine du pénis. Je n’ai point vu que son autre extrémité fut attachée quelque part.
Quant à ce ganglion G, qui termine les conduits de la moelle epiniere, son nerf de la dernière paire se partage en trois branches, dont l’inférieure, marquée i , donne les rameaux e et y, fig. i8, aux queues des parties F, fig. i, qui m’ont paru être les testicules, à l’endroit où, à quelque distance de F, ces queues passent sous le sac fe'cal, entre les branches i et 2 de ce nerf. Ensuite, cette branche marquée i se partage encore entre deux autres rameaux qui s’introduisent dans un muscle placé entre l’écaille L, fig. i4, et son crochet J dont il sera bientôt parlé. fig. 7, sont deux rameaux de la branche 3, qui fournissent à un muscle attaché au côté intérieur du bord antérieur du grand crochet G. Cette branche pousse ensuite un troisième rameau, z, fig. 10, qui dans la languette donne h son muscle représenté fig. 1 1 , après quoi elle va se distribuer au muscle fig. 10, près de son attache postérieure.
L’espace qu’il y a entre R et M, fig. 7, est rempli par une masse de fibres musculeuses.
La fig. 8 fait \oir a plein la face intérieure du grand crochet C, comme la fig. 9 en représente à plein l’opposite. Les mêmes lettres y servent à designer les mêmes objets.
La fig. 10 montre, dans le muscle qui y est représenté la direction de ses fibres. Gomme il ne tenoit presque à rien par son extrémité antérieure, il aura peut-être été coupé en emportant le crochet C. A l’opposite, ses fibres se terminoient par un tendon très-fort, attaché au bord d de ce même crochet. Toutes me parurent semblables à celles des autres muS'
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des de la phalène : elles étoient pareillement torses d’un fil si serré et si fin, qu’on avoit bien de la peine à l’apercevoir au microscope, quoique ces fibres mêmes fussent si grosses, qu’une bonne vue, sans le secours d’aucun verre, sufGsoit pour les apercevoir.
La fig. Il est celle d’un des deux petits muscles intérieurs de la languette. Tl est plat, et tient par l’une de ses attaches au côté de cette partie, d’où il remonte vers son milieu et s’y termine.
La fig. 1 2 représente du côté de l’inférieure les parties qui terminent le corps du mâle. LIj et M sont les écailles marquées des mêmes lettres fig. 7 . On a écarté, fig. 1 2, les deux L l’une de l’autre, pour mettre plus en vue les parties quelles renferment. P est le pénis. Ce qu’on en voit au bout, de blanc et de renflé, est membraneux; le reste en est écailleux et brun.jgr sont les extrémités des deux petits crochets écailleux, dont l’un est représenté en entier dans sa place fig. 14, et marqué de la même lettre.
La fig. i 3 est celle des parties, fig. 12, vues dans le sens opposé. On y a ajouté les deux masses charnues RR et le conduit N, qui se montrent fig. 7 par le coté; et pour mieux faire paroître les pièces que renferment naturellement les deux écailles LL, on en a enlevé tout le crochet C, qui tenoit par la membraùe ege, fig. 8, au bord écailleux, L/iL, fig. i3, des écaillés LL, et atteignoit jusqu’à d, endroit où ce crochet est articulé par ses extrémités fig. 8 et 9, avec l’écaille M, fig. 7. Après ces préparations, on découvre que l’espace qu’il y a entre les deux d, fig. i 3 , est membraneux, et qu’il permet d’entrevoir, depuis h jusqu’à l’extrémité antérieure de R, R, le pénis qui s’y ouvre dans le conduit N, et qui par sa partie
5i2 essais anatomiques
postérieure est renfermé dans un fourreau membraneux assez large dont on découvre le bout en z, fig. 12. On voit, fig. i 3 , en plein, et plus en détail qu’on ne l’a pu faire de côté dans la fig. 7, de quelle façon l’écaille L est pourvue d’un rebord denté et sinueux.
La fig. i 4 est celle de l’écaille L vue en dedans. Elle montre de plat la forme du petit crochet très-large vers sa base; il n’est attaché à l’écaille L que par une membrane qui lui permet de se porter en avant et vers en bas. Le bord inférieur de sa base tient, comme par une espèce de pédicule, à l’écaille L, en et comme le cou de ce pédicule est élastique, après que le crochet s’est fléchi, le ressort de son pédicule suffit pour le faire retourner en place.
La pièce écailleuse m tient par un filet écailleux à la partie large du crochet, et contribue apparemment, par quelques muscles qui m’ont échappé, à diriger les mouvemens de ce crochet.
Entre^'etL, l’écaille L est couverte d’une tunique membraneuse qui se fait reconnoître par sa blancheur dans lasfig.i 4 . Elle est revêtue en dessous d’une couche de fibres musculeuses, et de quelque graisse.
La fig. i 5 est celle du pénis vu à découvert du côté de l’inférieure, et dans le même sens qu’il ne se montre qu’en partie- savoir, depuis P jusqu à ?, fig. 12. On a déjà remarqué que le bourrelet qui le termine est membraneux, blanc et ouvert par le bout. Tout le reste, jusqu’au conduit N, en est écailleux. Près de ce conduit, il s’est engagé, comme on l’a aussi observé, dans un cercle large pareil, y adhérent, fig. i5, qui est assez épais, et lui donne à cet endroit plus de fermeté. Ce cercle sert de point d’appui à trois muscles assez
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gros; savoir , R, R? qui n’ont été représentés noirâtres que parce qu’ils l’étoient devenus lorsque je les dessinai, ce qui m’empecha de les reconnoître alors pour tels, et d’un troisième encore plus épais, placé entre ces deux. Il n’a point été représenté dans cette figure, mais il est indiqué par Q,fig. 7. Comme je n’ai point suivi l’autre attache de ces trois muscles, elle m’est inconnue.
La fig. 16 est encore celle du pénis entièrement séparé des parties qui l’environnent naturellement, mais vu par le côté. Cette figure montre qu’il n’est pas tout-à-fait cylindrique. Depuis n jusqu’à pp, il est écailleux et d’un bxun jaunâtre. Depuis PP jusqu’à son extrémité P, il est membraneux et plissé du côté de la latérale; sa partie écailleuse est garnie de crêtes vers son bout postérieur, et sa longueur en tout est d’environ deux lignes et demie.
Après avoir enlevé au conduit N, fig. 7 et i3, sa tunique extérieure, et ouvert ensuite le pénis, j’ai vu que ce conduit, absolument creux et vide, parcouroit en dedans le pénis d’un bout à l’autre, et formoit, en se repliant en double à son extrémité , l’espèce de bourrelet P par où cette partie se termine, et que ce conduit finissoit en se réunissant enj^p, fig. 16, à la partie écailleuse du pénis. Pendant toute la longueur de cette partie écailleuse, le conduit N qu’il reufermoit étoit revêtu d’une couche de fibres longitudinales , musculeuses et torses, qui étoient bien huit ou dix fois plus déliées que le commun des fibres musculeuses de la phalène; et ce conduit, sous un bon microscope, paroissoit semé d’un nombre prodigieux de très-petites molécules, assez régulièrement rangées à distances égales l’une de l’autre , et terminées en pointes dirigées toutes obliquement et de même façon vers
rextrémité du pénis, ce qui faisoit un effet assez agréable.
La fig. 17 sert à en donner une idée. Elle représente un morceau de ce conduit renfermé dans le pénis. D’un côté, on lui a laissé six ou sept des fibres qui parcourent sa longueur, et de l’autre, on les a enlevées pour faire voir les molécules pointues dont ce conduit est hérissé. Cette figure est grossie environ trois millions trois cent septante-cinq mille fois. Quant à la peau du bourrelet même , un fort microscope y fait apercevoir un nombre considérable de vaisseaux, la plupart de même calibre, qui y forment une façon de rézeau irrégulier qu’il seroit bien difficile de représenter comme il faut.
Quant au système nerveux renfermé dans le corps du mâle, à commencer par où son corselet se termine (sa par-
tie antérieure renfermée dans la tête et le corselet en ayant déjà été indiquée ci-dessus), je l’ai trouvé bien différent de ce qu’il est dans la chenille. Au lieu de sept ou huit ganglions qu’il renfermoit dans cet espace, il n’y en est resté que le dernier de visible dans la phalène : les autres ont entièrement disparu. Le conduit de la moelle épinière m’a semblé être devenu sensiblement plus épais. Je l’ai trouvé d’un bout à 1 autre latéralement garni de quantité de filets peu longs, dont je ne lui eu ai remarqué aucun dans la chenille. Les nerfs que ses ganglions avoient fournis' partoient ici des conduits même; mais ayant tous, ou peu s’en faut, perdu leur usage, ils etoieiit de\ enus vides, excepte ceux du dernier ganglion, qui lui-meme paroissoit être devenu simple, au lieu de double qu’il avoit été auparavant.
Tous ces divers changemens se reconnoissent dans la lig. 18, qui représente le système nerveux du corps de la
SUR LES INSECTES
phalène depuis le bas du corselet. G en est le seul et dernier ganglion , qui n’offre plus aucune trace de sa figure double. Il est placé à l’entrée du septième anneau du corps, et reçoit près de son extrémité postérieure deux bronches aussi grosses que le plus épais de ses nerfs: mais quoique ce ganglion n’ait rien à l’extérieur qui le fasse paroître double , il y a pourtant des circonstances qui indiquent qu’il est composé des deux derniers ganglions coagulés de la chenille, ne fût-ce que celle du nombre de ses nerfs, dont il en a cinq paires, nombre égal à ceux qu’y avoient eus ses deux derniers ganglions ensemble, en prenant le nerf de la première paire du dernier ganglion, nerf qui se fourche vers son origine pour deux nerfs : d’ailleurs, on trouve attaché sur le milieu de ce ganglion le nerf qui, dans la chenille, avoit fourni la bride épinière. Or, ce nerf y tenoit à l’extrémité postérieure du pénultième ganglion, extrémité qui, répondant au milieu du ganglion dans la phalène, indique assez clairement que ce ganglion n’est qu’un composé des deux derniers de la chenille.
Je n’ai pas vu jour cette fois à trouver tous les aboutissans des cinq paires de nerfs de ce ganglion, et peut-être aussi la chose est- elle impossible 5 car il se pourroit fort bien que le plus grand nombre en fût devenu oisif par la destruction des muscles auxquels ils avoient servi dans la chenille. Quoi qu’il en soit, voici ce que j’en ai découvert :
Le nerf de la bride épinière se terminoit en a, sans tenir à rien.
Celui de la première paire, B , donnoit sa première branche, C, à un muscle gastrique du septième anneau du corps. Sa seconde d, et sa troisième ^, passoient l’une à droite et l’autre à gauche du stigmate voisin, et se perdoient aux en-
5l6 ESSAIS ANATOMIQUES
virons, entre des bronches et des filamens qui ne m’ofFrirent rien de distinct. Le reste, Æ, de ce nerf se perdoit de même un peu au-delà de l’intermédiaire supérieure.
Le nerfde la seconde paire D se trouva fort chétif et court. Il se fourchoit à peu de distance de son origine, et se terminoit un peu plus loin, sans que je Taie vu tenir à quoi que ce fut. Il tire son origine de dessous le ganglion , assez près de la ligne inférieure.
Celui de la troisième paire , E, quoique moins petit que le précédent, me parut avoir pareillement perdu tout son usage.
Il en étoit de même de celui de la quatrième paire, F.
Mais celui de la cinquième paire, H , beaucoup plus grand qu’aucun de ceux des quatre paires précédentes, avoit reçu la fonction d’animer les différentes parties destinées h concourir à la génération, ainsi qu’on l’a détaillé un peu plus haut.
Pour ce qui est du conduit même de la moelle épinière, l’ayant examiné avec plus d’attention, je m’assurai pleinement que le nombre de nouveaux filamens quibordoient ses côtés n’étoient point des nerfs, mais des fibres qui paroissoient musculeuses, et par où ce conduit tenoit latéralement à la tunique sur laquelle il s’étendoit; qu’elles étoient entremêlées de bronches, et ne tiroient pas proprement leur origine du conduit même, mais d’une tunique toute nouvelle dont il s’étoit revetu, et qui contribuoit a le faire paroître plus épais qu’on ne le trouve dans la chenille , et d’un contour plus ondoyant et rabotteux, vu qu’aussitôt c[ue j’eus enlevé cette tunique , je trouvai c[ue ses filamens latéraux partoient d’elle seule, et n’avoient point eu de communication, du moins visible, avec le conduit même, qui, dès qu’il en fut dépouillé,
SUR LES INSECTES
parut SOUS sa forme naturelle, et garni, comme dans la chenille, de ses ganglions, quoique devenus moins épais, et que ce conduit se trouvoit encore fendu aux endroits où il l’avoit précédemment été. Ce qui confirme entièrement ce qui a été dit, et mérite d’être répété, savoir que la tunique extérieure, avec ses filamens latéraux, étoient de nouvelle production, adaptés à l’entour du conduit de la moelle épinière apparemment pour la fixer mieux par leur moyen, vu qu’autrement ce viscère essentiel, ayant perdu tous les muscles qui l’avoient assujetti dans la chenille, auroit flotté dans la phalène, et ainsi été rendu moins en état de faire agir les nerfs qui lui avoient été conservés, pour faire leurs fonctions dans l’insecte devenu ailé.
Essai sur le corps de lajemelle.
Le corps de la femelle , pour l’extérieur , ressemble presque autant à celui du mâle, que leurs corselets se ressemblent. Toute la différence qu’on y aperçoit se réduit à deux points : l’un que la femelle a le corps ordinairement un peu plus grand et plus gros 5 l’autre, que son dernier anneau se termine, et non celui du mâle, par un étui plus large qu’épais, et qui finit en pointe émoussée et fendue , laquelle paroissant au dehors feroit aisément prendre pour un mâle l’insecte qui en est pourvu, quoique cet étui soit un indice certain du contraire, puisque c’est au travers de cet instrument, auquel dans la suite on donnera toujours le nom d’étui, que la femelle pond ses œufs, et qu’il lui sert en même temps, pour sa grande agilité, d’outil soit pour les placer, soit pour les ranger aux endroits convenables.
M’étant assuré par ces indices, d’une femelle, je l’ouvris, après l’avoir tuée, et la première chose qui s’offrit à ma vue, en séparant le corps du corselet, fut un objet bulbeux , pl. 53, fig. O, qui parut à cette ouverture. Sa forme tenoit de celle d’un gland bien arrondi. Sa couleur étoit blanche. Il avoit quelque transparence, et sa grandeur étoit remarquable. Une double peau large, G, tenoit autour de sa moitié antérieure, d’où sortoit un pédicule épais, court, et partagé en deux branches dd^ par lesquelles il avoit appareinent communiqué avec quelque partie du corselet dont il se trouva détaché : sa moitié postérieure étoit découverte et unie, et ne paroissoit avoir tenu à rien. Ce corps ne semble point avoir appartenu à la chenille , et je ne puis rien conjecturer sur l’usage dont il peut avoir été au papillon : il convient donc de ne rien décider
sur son sujet, avant de s’être assuré s’il se trouve constamment dans les femelles : car si cela n’est point, ce pourroit bien être, comme je le soupçonne, un jeu de nature. C’est pourquoi je n’ai désigné sa figure dans la planche c[ue par un zéro.
Passant ensuite à l’examen des parties intérieures du corps, je les trouvai si ramassées, si entassées, et si entremêlées de bronches, qu’il n’y avoit absolument pas moyen de s’en faire aucune idee, en les considérant dans le corps de l’animal. Je pris donc le parti de les en tirer, et pour cet effet, je commençai d’abord par détacher cet amas confus de viscères de la surface intérieure de la peau du papillon , à laquelle ils tenoient par nombre d’endroits, ce qu’ayant fait jusqu’à l’étui, auquel je les trouvai aboutir , soit directement, soit par le tronc de l’ovaire, j’enlevai tout cet amas de viscères du corps avec l’étui, et mis le tout dans un baquet, formé d’un morceau de verre plat, bordé par dessus d’un cercle de cire verte 5 je
SUR LES IINSECTES.
les y submergeai d’un peu d’eau, pour en pouvoir dégager plus aisément les différentes parties sans les rompre, et je commençai ainsi à en enlever les bronches au moyen de mes outils accoutumés, qui sont une très-fine aiguille , piquée dans une cheville de buiSj une pince, et des ciseaux très-délicats; et cette besogne achevée , il me fut aisé de tirer le tas des viscères de l’insecte, de la confusion où ils étoient, et de les arranger de façon qu’on put aisément les distinguer et les suivre.
C’est ainsi qu’on les trouve représentés guère plus grands que nature, pl. 53, fig. i.
Idée générale du corps de la femelle.
Le bout AB, fig. i , en est l’étui, entouré en B d’une peau double, que je nommerai sa manchette, et engagé dans un fourreau, au haut duquel on voit en B un bord en demicercle, qui est l’extrémité du dernier anneau du corps , auquel les parties intérieures dont il s’agit ont tenu et en ont été enlevées. Le petit disque blanc, placé tout près et sous le milieu de ce bord, est l’entrée du vagin. Les deux marques noires qui en flanquent les côtés sont deux pièces écailleuses, irrégulièrement, mais profondément sillonnées, auxquelles probablement le mâle, pour s’accoupler, s’accroche par l’extrémité recourbée qui termine son corps. CL est la partie de l’estomac tenant aux gros intestins, qui est restée dans le corps après sa séparation du corselet. On voit près de L et de H les moignons de deux conduits par où les intestins grêles ont tenu au second gros intestin. On ne les a pas représentés ici, parce qu’ils auroient trop embarrassé la figure.
Comme toutes les parties connues sous les noms d’œso-
ESSAIS ANATOMIQUES phage, d’estomac (i) ou ventricule, et d’intestins, ont perdu leur usage dans celles des phalènes qui, comme la phalène dont il s’agit, ne mangent point , ces parties se sont trouvées ici flétries , et entièrement dépouillées des nerfs et du grand nombre de muscles dont elles avoient été pourvues dans la chenille, et dont il ne restoit plus aucune trace. D est le conduit de la moelle épinière, et E le viscere qu on a nomme cœur, qui ont perdu dans la phalène, le premier une grande partie de son usage, et le second l’a perdu probablement tout entier. En séparant le corps du corselet , ils ont été tronqués, et séparés tous trois du bout antérieur qui en est resté dans cette dernière partie’, de sorte qu’on n’en voit ici que ce qui s’en est trouvé dans l’étendu du corps, et l’on a abaissé les deux derniers de ces trois viscères dans la figure, et mis dans une position contraire à celle qu’ils ont naturellement, que pour les foire mieux remarquer, et ne pas en offusquer les parties que l’on s’est principalement proposé de foire connoître ici en gros, entre lesquelles la première des intérieures qui s’offrent dans la figure, est l’utérus, I.
Il a été un peu fléchi de côté, pour foire apercevoir qu’il a deux conduits, dont l’inférieur est le vagin, et l’autre, qui n’a point de nom, s’ouvre dans le tronc de l’ovaire R, peutêtre pour y vivifier à leur passage les œufs, par le suc qui a été fourni à l’utérus par l’autre conduit j ou bien, ce qui est plus apparent, afin de donner entree aux œufs dans l’utérus, pour qu’ils y soient fertilisés par ce suc, et leur permettre ensuite le retour dans le tronc de l’ovaire après leur fécondation.
(i) Il est ridicule qu’un usage capricieux ait substitué depuis un temps au mot de ventricule celni d’estomac, qui n’en signifie proprement que l’orifice supérieur, ce qui peut causer de l’équivoque.
SUR LES INSECTES
Cette disposition de parties donne encore occasion de voir distinctement que le tronc de l’ovaire , qui est court et épais , se partage en deux grosses, mais courtes branches, qui chacune se subdivisent en quatre rameaux fort longs, IX,IX, qui sont foiblement coniqu^, se rétrécissant insensiblement jusque tout près de leurs extrémités, où ils se terminent chacun par un petit réservoir en sphéroïde oblong. La file de grains placés bout à bout, l’un au-dessus de l’autre, dont les supérieurs sont les plus petits et les moins formés, donnent à ces rameaux leur figure mentionnée. Les grains que l’on y distingue sont les œufs de la phalène, qui se forment et deviennent insensiblement plus gros , à mesure qu’ils s’avancent vers le tronc de l’ovaire pour être pondus.
Les deux G sont deux réservoirs oblongs, sinueux et brun, que je nommerai sacs variqueux : ils se réunissent derrière le tronc de Tovaire, et s’y ouvrent un peu plus bas par un conduit commun. Us préparent et fournissent une substance brune et visqueuse, qui se répand sur les œufs, et de blancs qu’ils étoient leur communique cette teinte brune qu’il reçoivent à leur passage par le conduit de l’ovaire, pour être pondus, et qui en même temps sert à les coller si fortement aux endroits choisis pour les y déposer , qu’ils ne sauroient en être emportés par la pluie.
Après cette idée générale des principales parties de la femelle, je passe à les examiner plus en détail.
Idée de chacune de ces parties.
En commençant par l’étui, qui est la partie à laquelle la femelle, même avant de l’ouvrir, se reconnoît le plus aisé-
ment, et dont elJe se sert pour pondre, et fixer ses œufs aux endroits qui lui paroissent convenables, pour que la chenille qui en doit naître, se trouve dès sa naissance à portée des alimens qu’il lui faut; on l’a déjà indiqué par E , fig. 5, pl. 4o , de grandeur naturelle, et de la façon qnfil se montre au dehors, dans uqe phalène vivante, couchée sur le dos. On la encore vu grossi à la loupe, dans une phalène dépouillée de ses écailles, et mise dans la même position, pl. 46» fig- 2, en ET: mais on le voit représenté séparément, et fort grossi au microscope ici, dans la pl. 53, où la fig. 2 le montre au même sens, et fig. 3 par le cùté opposé. AB, fig.' 2 , est le bord qui termine le dernier anneau du corps de l’animal, G et D montrent une partie de deux écailles sinueuses et noirâtres, qui bordent à droite et h gauche, comme il a été dit, l’entrée
du vagin, et dont une a été représentée tout entière, et à découvert, fig. 4*
EH, fig. 2 et 3, est un fourreau membraneux , où l’étui , dans son état naturel, est ordinairement plus ou moins renfermé. IM est cet étui. La peau dont le fourreau est revêtu est très-épaisse, plissée en dessous, comme on le voit en EH, fig. 2 , et tendue en dessus , comme le montre la fig. 3. De ce côté son épaisseur est parcourue en tous sens de nombre de vaisseaux blancs, qui sont apparemment des bronches. Il est garni de poils clair— seines, dont les plus longs en bordent l’extrémité postérieure.
La fig. 5, pl. 53, fait voir sept fois pluslongue que nature la branche écailleuse PEG, qui sert avec sa pareille, PFH, à faire sortir du corps de la phalène, et h l’y faire rentrer, le fourreau , où est renfermé l’étui , dont l’insecte fait usage pour pondre. Cette branche, représentée seule, et fort en
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grand, pl. 54? %• 3, est depuis A jusqu’à G, adhérente à l’intérieur du fourreau, de façon qu’elle en fait partie, et qu on a bien delà peine à l’en détacher. Depuis A jusqu à P, enfermée dans une gaine large, épaisse, et composée de fibres longues et parallèles, semblables à celles de fig. 4 » cette gaine glisse très-aisément, et sans résistance, d A vers P, et de P vers A. En P, elle se rétrécit, et est très-fortement attachée au gros bout P de la branche écailleuse qu elle renferme. Un cordon nerveux PB, qui part de ce bout, a son insertion en B, à la partie écailleuse qui couvre le dessus du dernier anneau. C’est vraisemblablement par la construction de ce cordon, de même que par celle de la gaine PA, qui en A se trouvera alors aussi attachée à quelque endroit fixe , que j ai négligé de chercher, que la bronche écailleuse PG est tirée de P vers G, et fait ainsi sortir de ce côté, de même que sa pareille le fait de l’autre, du corps de la phalène, le fourreau auquel cette branche tient.
La fig. 5, pl. 54, représente dans son ensemble l’arrangement des fibres du côté inférieur de l’enveloppe de l’étui, dont la fig. 7 de la pl. 53 a fait voir un morceau beaucoup plus grossi.
De l’endroit où l’étui sort du fourreau, on en voit sortir en même temps une peau double, qui entoure largement cet étni, et semble lui servir comme de manchette: c’est pourquoi je lui donnerai ce, nom. Au microscope, elle se trouve chagrinée d’un grain extrêmement menu , et quantité de filets blancs, qui sont apparemment des bronches, s’y découvrent. Elle paroit plate, et rapelle l’idée de son nom dans une phalène morte , et telle que je l’ai représentée 5 mais dans une phalène vivante, elle se montre gonflée et rebondie.
Le nom d etui que j’ai donné à la partie GM, pl. 53 , fig. 2 et 3, annonce assez qu’elle est creuse. Elle est, de plus, fendue à son extrémité postérieure LM ; et quoique rétrécie a cet endroit, elle ne 1 est pas tellement qu’un œuf, moyennant quelque effort, n y puisse passer. L’épaisseur des lèvres qui bordent cette fente , fait que l’étui dans les figures paroît comme terminé par deux mamelons, L et M.
L etui est flanque des deux côtés par une façon de tubes I,N et K.,0, fig. 2 , cannelés extérieurement en corde torse, et pourvus dans toute leur longueur d’une lame étroite, noire et écailleuse, laquelle se montre dans la fig. 3 par un trait noir, qui descend depuis I jusqu’à N, et depuis K jusqu’à O. Cet étui est lui-même revêtu en dessous, ou du côté de
l’inférieure , d’une peau coriace , et qui tient un peu de la
corne. A l’opposite, la même peau est membraneuse et flexible. Quantité de fibres très-fines, irrégulièrement courbes, parcourent la largeur de la première , et ce côté ne m’a pas paru chagrine comme 1 autre, qui l’étoit d’un grain trèsfin : aussi se trouvoit-elle affaisée et ridée de la façon que le montre la fig. 3, depuis I jusqu’à M. Entre les deux écailles sinueuses et noirâtres VE et VF, fig. 2 , que l’on a fait connoitre plus haut, se trouve un peu au-dessous de V, l’entrée du vagin, qui ordinairement est cachée plus ou moins sous le bord de l’extrémité postérieure du dernier anneau.
Les deux branches noires marquées P, fig. 2 et 3 sont écailleuses. Elles ont été tronquées en P, et se montrent dans toute leur etendue, mais beaucoup moins grossies, fig. 5. Leur extrémité antérieure se termine par un bouton, l’autre aboutit en G et en H, fig. 2 , 3 et 5. Elles servent non-seulement à faire sortir du corps le fourreau et à l’y faire rentrer,
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mais aussi à le mouvoir à droite et à gauche j car on conçoit que lorsque l’animal pousse également en avant ces deux branches écailleuses, Je fourreau doit s’avancer directement hors du dernier anneau , qu’en les poussant ou en les retirant l’une plus que l’autre , ou en poussant l’une sans mouvoir sa pareille, ou en lui imprimant un mouvement contraire, le fourreau doit se mouvoir différemment, suivant les modifications ainsi reçues.
Les deux autres branches écailleuses marquées Q, fig. 2 et 3, y ont été pareillement raccourcies vers ces lettres; mais elles se montrent aussi dans leur longueur naturelle, fig. 5, relativement à la petitesse de la figure. Ces derniers ne se terminent pas au fourreau, comme les précédentes, mais elles entrent dans l’étui même, où elles aboutissent en N et en O, à peu de distance de son extrémité , et servent à donner à l’étui tous les diflférens mouvemens que les deux branches P peuvent donner an fourreau, ce qui, joint ensemble, rend l’étui d’une mobilité extrême.
On ne devine pas d’abord de quel usage peut être l’espèce de manchette GR, que l’on voit, fig. 2 et 3 , sortir de dessous le bord inférieur du fourreau et environner l’étui , manchette qui , à coup sûr, n’a pas été placée là par simple ornement ; mais quand on a séparé ces parties du corps de l’animal , on n’est pas long-temps à le découvrir, puisque, quand on tire à soi les branches écailleuses QQ, on fait, non-seulement entrer l’étui dans son fourrreau, mais on s’aperçoit qu’après y avoir fait ainsi rentrer une partie de 1 etui, la manchette ensuite elle-même se raccourcit, y entre avec lui, mais plus lentement, etdisparoit enfin; ce quinaontre qu’elle est composée d’une membrane pliée en double , dont l’une des extrémités
tient à l’étui, et l’autre au fourreau, car si cette membrane ne tenoit qu’à l’étui seul, et n’étoit pas pliée en double , elle rentreroit tout autant, et aussitôt que l^étui commence à rentrer, ce qu’elle ne fait pas; et si elle ne tenoit qu’au fourreau, elle n’y entreroit point du tout avec l’étui.
Mais ce qui , s’il restoit encore là-dessus quelque doute , décideroit pleinement l’affaire, c’est que quand on tire entièrement l’étui hors de son fourreau, on voit que dès que le bord IR , fig. 5, de l’étui commence à s’écarter du bord du fourreau GH, ce bord IR est suivi d’une membrane transparente qui y tient tout à l’entour, et qu’après qu’elle s’est montrée jusqu’à un certain point, la manchette se dédouble , et se dépliant enfin entièrement, montre qu’elle fait partie de celte membrane, qui réunit par ses extrémités
l’étui à son fourreau, et ne forme ainsi de ces trois pièces qu’un canal continu, tel qu’il est représenté fig. 5, ou EH est le fourreau, lO l’étui, etGR la membrane étendue , qui pliée en double , a formé la manchette; et cela étant, on conçoit d’un côté, que cette membrane devoit avoir de l’étendue, puisqu’elle auroit autrement empêché l’étui de pouvoir au besoin se retirer ÔAns son fourreau, et de l’autre, que le fourreau et l’étui dévoient tenir ensemble par une membrane commune , parce qu’autremeut , comme le fourreau est bien plus large vers son extrémité que ne l’est l’étui, il s’ensuivroit que lorsque le bout de l’étui seroit rentré dans le fourreau jusqu a GH, il y auroit un espace vide entre le fourreau et l’étui par où l’air entreroit librement dans le corps de l’animal , et en dessécheroit d’autant plus tôt les parties intérieures, que cette pljalène est du nombre de celles qui ne prennent aucun aliment liquide ou autre, pour y suppléer.
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Dans la fig. 6, on a tracé, par le secours d’un microscope de f ligne de foyer , comment la peau de l’étui , à àon côté supérieur G, O, fig. 3, se trouve chagrinée. On peut y apercevoir que les grains en sont environnés de fibres claires ,
' ou peut-être de tuyaux, et que ces grains, quoique dissemblables, sont pourtant beaucoup fox’més dans le même goût.
On voit, fig. 7, une parcelle de la peau GO, prise de l’opposite, qui est le côté inférieur de l’étui. Ce petit morceau est grossi par un verre d’un foyer de de ligne. On y distingue mieux en RSTV, que dans la fig. a , l’arrangement courbé des fibres interrompues qui ti’aversent cette peau : elles m’ont paru creuses; la peau même est double; l’extérieure dont on vient de parler est d’une dureté qui approche de la corne; l’autre a moins de consistance. C’est celle qui, dans la fig. 7 , dépasse RSTV. On peut y observer que ses fibx'es sont plus minces et plus interrompues, qu’elles ont une direction opposée à celle de la peau extérieux’e, et qu’elles se font remarquer au travers, vu la transparence de l’une et
de l’autre.
La raison pour laquelle la peau de l’étui a plus de consistance du côté de l’inférieure qu’à l’opposite , est vraisemblablement que ce côté est le seul exposé au frottement contre le plan de position, quandla phalène court ou rase terre en volant.
On a tracé fort en grand, dans la fig. 8, un morceau pris d’un des deux tubes, peu larges, IN ou KO, fig. 2 et 3, qui bordent latéralement l’étui même. Ce morceau a été ouvert par le côté pour en montrer l’intérieur. Il étoit creux, et se recoquilloit naturellement par son ressort, de la façon que le fait voir la figure. QN est une pièce de la branche écailleuse, marquée fig. 2, 3 et 5, des mêmes lettres, et qu’ou
a dit servir, avec les trois autres branches, à exécuter tous les mouvemens de l’étui. Elle est adhérente au-dedans du tube, qui, lui-même, à petites et égales distances, est garni par dehors de côtes écailleuses brunes, dont on en compte neuf depuis e jusqu’à jT, fig. 8, et qui, par leur propre ressort, après le déroulement du tube, se recoquillent obliquement comme les cordons d’une corde, ainsi que le montre la fig. 8 , et ne se déroulent pas sans résistance et sans se remettre dans leur premier état dès qu’on a lâché prise. Ces côtes ne se montrent que comme un filet au dedans du tube, et paroissent partir, à distances égalés les unes des autres, de la branche écailleuse QN, ainsi qu’on le voit entre e el f dans la figure. La branche écailleuse QN est garnie de l’autre côté de nombre de filets nerveux Qh , qui en partent obliquement et s’insèrent le long du bord de e^f. Im n’est qu’un morceau de peau du dessus de l’étui, et les filets flottans hk ont fait partie du dessous du tube.
Cette mécanique paroît indiquer que quand la peau de l’étui est étendue par la grosseur d’un oeuf qui y est entré, les deux tubes qui bordent l’étui doivent naturellement céder et s’élargir, ce qui ne peut guère arriver sans que les fibres nerveuses fig. 8, et les cotes ecailleuses fournées en cordes torses ne s’abaissent, les premières de ^ eu ^ , et les dernières de e eaf, lesquelles, tendant par leur ressort naturel à se remettre dans leur premier état, semblent devoir, par cetre tendance, contribuer à pousser l’œuf vers le bout de l’étui.
On voit passablement en graçd, fig. 9, la face extérieure des deux pièces écailleuses et noirâtres qui flanquent l’entrée V du vagin, et contribuent à lui donner une figure triangu-
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laire; mais lorsque la phalène est dans son repos, il n en paroît que peu en dehors, comme dans la fig. 2, parce que son dernier anneau en couvre alors tout le reste. ‘Une de ces deux pièces écailleuses, savoir, la gauche, a été représentée séparément lig. 4- qu’elle est sillonnée de rugosités
irrégulières et profondes qu’on n’aperçoit pas si bien fig. 9, parce que ces pièces s’y trouvent placées dans un enfoncement qui leur porte ombre, et qui est forme par 1 arcade AXB que fait le bord inférieur du dernier anneau. J’ai trouvé, au reste, que leurs rugosités n’ont point de figure constante, mais qu’elles varient beaucoup dans les phalènes
de cette espèce.
VY, fig. 9, est une pièce écailleuse assez élégamment taillée, qui s’étend depuis l’origine du vagin jusqu’à l’extrémité du fourreau E,H, fig. 2, au milieu duquel on en entrevoit perpendiculairement, sous Y, quelques traces, quoique peu distinctes, parce que celte pièce, de niveau avec le fourreau, en fait partie. Vers son bout antérieur elle s’élargit en triangle renversé, dont la base, rencontrant par ses extrémités celles des deux écailles sus-mentionnées, forment le contour extérieur de la vulve, et lui donne une figure qui tient de la triangulaire. Le sommet du triangle renversé, dont la base termine l’écaille VY, ne finit pas en pointe, mais s’alonge en listeau, dont l’autre bout s’élargit en plaque arrondie, et pousse des deux côtés un filet écailleux circonflexe, et façonné comme on le voit en Y. Quant à l’usage de ce listeau, il me paroît devoir servir à tenir le fourreau toujours étendu, et empêcher qu’il ne se replie et fronce lorsque l’animal fait effort pour y retirer son étui.
Parties intérieures.
Après l’examen des parties extérieures qui font connoître lafemelle, jepasse à celui de ses principales parties intérieures, savoir, les viscères. On en peut distinguer de deux sortes: de vieux, qui ont eu leur grand usage dans la chenille, et de nouveaux, dont l’usage ne semble avoir commencé que dans la phalène. Les derniers ne se montrent qu’imparfaitement, ou point du tout, dans l’insecte encore rampant, et les premiers paroissent comme flétris, en tout ou en partie, dans l’insecte devenu ailé. Ceux de ce dernier ordre sont au nombre de trois.
Le premier, le plus grand, et qui ne paroît être d’aucun usage dans la phalène, est le grand viscère continu, qui comprend l’œsophage, l’estomac, et les trois gros intestins, avec les six intestins grêles qui en dérivent. Comme ce papillon est de la classe de ceux qui ne prennent aucune nourriture, et sont même privés de bouche et de trompe pour pouvoir en prendre, on conçoit que ce viscère ne sert absolument plus à la nutrition de l’animal, et que même il ne le sauroit, puisque tous ses muscles, au nombre de deux mille cent quatre-vingt'six, ont disparu, et qu’il ne reste de toutes ces parties que les tuniques de celles qui en ont été pourvues.
La fig, ro, pl. 53 , fait paroître environ quatre fois plus long que nature ce viscère, déjà indiqué CLH, fig. i. Ce qui d’abord le déguisa fort à mes yeux fut son bout antérieur, qui se terminoit en forme de pommeau, en apparence pointu, qui me fit douter qu’il put avoir été tronqué par ce bout, ainsi que l’avoient été le cœur et le conduit de la moelle épi-
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nière, lorsque je séparai du corselet le corps, pour examiner ce dernier avec moins d’embarras. Cette figure de pommeau renfermoit une substance brune pâteuse. Le reste du vaisseau jusqu’en D étoit lâche et ridé. En D, il se trouvoit un peu étranglé J et de là partoit, à droite et à gauche, un canal à peu près cylindrique, qui, pour éviter la confusion, a été coupé à hauteur de H et de L, dans la fig. 1 5 mais qui paroît davantage, et avec ses branches, quoique raccourcies, dans la fig. 10. Ces deux canaux se fourchoient chacun en F, et l’une de leurs branches se partageoit en deux rameaux, assez près de là, en G. Tous ces intestins étoient
comme je viens de le dire, plus longs à proportion quils n’ont été représentés. Ils av oient une forme a peu près cylindrique jusqu’au point H5 mais là, tous devenoient variqueux, et de forme telle, qn’on en a tracé un morceau séparément et fort grossi, pl. 54, fig- i, c’est-à-dire qu’ils se montroient garnis au dehors de renflemens ou de capsules dans le goût de celles de notre colon, mais plus nombreuses à proportion. En D, le viscère même commençoit à s’élargir, et formoit une faconde sac, D,I, qui, se rétrécissant, restoit mince jusqu’à E, ou il se terminoit dans 1 etui, sous la peau chagrinée duquel il tenoit en K, fig. 6, p. 54,au tronc de 1 ovaire.
L’extrémité en pommeau pointu par ou ce viscere se trouva commencer dans le corps, ainsi qu’on le voit en C, pl. 53, fig. 10, au-dessous du corselet, me jeta d’abord, comme j’ai dit, dans l’incertitude, sur ce que cette partie pouvoit être ou avoir été; elle me parut trop flétrie et séparée des parties intégrantes de la phalène, pour pouvoir soupçonner quelle lui fût d’aucun usage; et si c’ étoit le reste d’un viscère
qui avoit servi à la chenille , que pouvoit-il avoir été ? puis-^ que tous ses viscères cpmrauniquoient avec la tète, et que celui-ci paroissoit aussi fermé par sou bout antérieur, qui atteignoit à peine au corselet, que s’il n’avoit jamais été plus long; mais ce qui, malgré les apparences du contraire, me parut devoir décider pleinement que le viscère dont il s’agit, étoit véritablement celui, qui, dans la chenille, avoit composé le canal continu de l’œsophage, de l’estomac et des gros intestins, c’est, d’un côté, qu’on ne trouve dans le papillon nul viscère flétri qu’on puisse y substituer, et de l’autre, que tout comme ce viscère pousse dans la chenille deux branches latérales, dont l’une se subdivise en deux rameaux, qui, à certaine distance, deviennent variqueux, la même chose se trouve précisément aussi dans le viscère flétri en question, rapport d’autant plus concluant, que la chenille ni sa phalène n’en fournissent aucun autre pareil. Aussi, suisje assuré que si l’on ouvroit une phalène de l’espèce tout du long, sans en séparer le corps du corselet, l’on trouveroit l’extrémité de ce viscère, qu-alque pointue qu’elle se soit montrée dans ce sujet, en continuité avec la partie antérieure de l’estomac, renfermé dans le corselet.
Le second viscère flétri, qui ne paroît avoir été d’usage que dans la chenille, est marque E, pl. 53, fig. i. Je ne doute pas qu’il ne soit celui que, bien ou mal, on a nommé le cœur, ou la file des cœurs, ce qu’en offre ici la figure, n’est que ce qui en est resté dans le corps après sa séparation du corselet, où sa partie antérieure est demeurée. Il a été abaissé et mis hors de sa situation naturelle, fig. i , pour le faire paroître plus distinctement couvert et embarrassé de petits grains qui y tenoient de toutes parts, et qui peut-être n’étoient que
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(les restes figés de la liqueur agitée dans ce viscère , lorsque Tinsecte étoit encore chenille, que n’y ayant presque rien pu démêler de plus distinct, je me suis dispensé de le représenter séparément et plus en grand.
Le troisième grand viscère flétri, mais qui ne Ta pas été totalement comme les précédens me l’ont paru etre, est le conduit de la moelle épinière. Il a été abaisse en D, pl. 53, fig. I, pour la même raison que l’a été le précédent, et on l’y voit seulement un peu plus grand que nature. Il ressemble •ici plutôt à un bout de racine sèche qu à ce qu il fut auparavant. Pour faire mieux connoître dans cet état défiguré le bout qui s’entronve dansle corps, je l’aireprésenté séparément, pl. 54 , fig. 2 , au moins trois fois plus long que nature j mais quoiqu’ ainsi il ait été grossi au-delà de vingt-sept fois, on n’y découvre d’autre ganglion, dans toute l’étendue du corps de la phalène, que foiblement le dernier. Ceux de la tête, du cou, et du corselet, ayant été suivis plus haut, et tracés pl. 5i, lia. rj , quoique bien changés de ce qu’ils furent dans la chenille, et comme l’on a vu que la tête, le cou et le corselet ne contiennent que quatre ganglions , dont le second est entièrement nouveau, et que dans le corps on n’en voit plus que le dernier, il résulte de ce qu’on en a détaillé, que neuf des ganglions de la chenille ont disparu dans le papillon, ou du moins ont perdu leur usage, et que les quatre qui sont restés, ont entièrement changé de forme et de fonctions, et qu’un nouveau y a été ajouté : ce qui ne peut encore avoir été opéré que par un mécanisme digne de toute notre admiration. Quoi qu’il en soit, cette fig. 2 de la pl. 54, montre nombre de nerfs arides qui paroissent lui sortir! par les côtés, et qui se ramifient sans s’insérer nulle part. On y voit que le conduit
^ ^4 ESSAIS anatomiques
de la moelle épinière semble devenu un peu plus gros et sans ganglions intermédiaires apparens , et avoir pris une forme cylindrique, qu’outre les nerfs flétris dont il vient d’être parle , il semble pousser par les côtés nombre de filets serrés : et vu qu’à ces différens égards ce conduit ressemble à celui que l’on a suivi dans le mâle, l’on ne sauroit douter qu’il n’en soit de l’un comme de l’autre; c’est-à-dire que le conduit de la moelle épinière de la femelle, de nu et découvert qu’il étoit dans la chenille, n’ait été pareillement enveloppé dans le papillon d’un fourreau neuf, ainsi que la figure paroit 1 indiquer, et que, si on l’eût ouvert, comme je l’ai fait au male. Ion y eut aussi vu renfermé le conduit même, portant des indices marques de ses ganglions presque efFacés, et tout ce qu’on a observé de plus à ce mâle.
Après avoir fait connoître les trois viscères de la chenille, qui se trouvent flétris et plus ou moins dénaturés dans la phalène des deux sexes, je passe à ceux qui sont uniquement propres au papillon femelle, et dont on n’aperçoit rien, ou presque rien dans sa chenille, où aussi ils n’auroient été d’aucun usage.
Les premiers qui se présentent sont les deux sacs variqueux ou se préparé et qui fournissent un suc brun et gluant, dont l’insecte enduit ses œufs, et de blancs qu’ils étoient les teint de cette couleur sombre, au moment de leur passage par le tronc de l’ovaire pour être pondus, moyennant quoi ces œufs se collent aux objets où la phalène a trouvé bon de les fixer, pour que le petit, au sortir de l’œuf, se trouvât à portée de sa nourriture.
Ces sacs se voient en GG, pl. 53, fig. i, et 54, fig. 6. Dans l’un et l’autre s’ouvre un canal mince et terminé en pointe.
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FG, fig. I, auquel j’ai trouvé six pouces et trois quarts de longueur, et qui diminuoit insensiblement de couleur et de volume jusqu’à son extrémité. Ces deux sacs d’abord se rétrécissent en N, N, pl. 53, fig. 6 , où on les voit dans le-sens opposé à fig. 1 , pl. 53, et ayant leurs canaux tronqués eu FF ; ensuite, après s’être élargis, ils se réunissent en un sac commun moins grand sur le tronc de l’ovaire QA, fig. 6 , et du bas de ce sac descend , en se rétrécissant , un conduit PO , qui, intimement appliqué contre le tronc de l’ovaire, s’y ouvre en O par une manière d’entonnoir, au travers duquel ce sac brun répand son suc sur les œufs à leur passage , pour les rendre gluans.
Quant aux deux canaux minces et très-longs qui s’ouvrent dans ces sacs variqueux , et où probablement le suc dont il vient d’être parlé se filtre et se prépare, je les ai ouverts, et j’ai trouvé qu’ils renfermoient chacun un long vaisseau blanchâtre beaucoup plus étroit, et couvert de grains qui ne contenoient, aussi peu que ces vaisseaux, aucune liqueur brune, comme celle dans laquelle ils trempoientj mais ces grains étoient apparemment des glandes où cette liqueur se préparoit.
La fig. 7 , pl. 54 , représente fort en grand le fragment d’un des deux canaux. Ce fragment y est séparé en deux 5 A, A en sont les deux morceaux extérieurs, et B est le vaisseau délié et blanchâtre, dont les grains qui les couvrent sont probablement ces glandes. J ai suivi ce vaisseau jusque dans les sacs variqueux GPf, fig. 6 . S élargissant à mesure qu’il s’en approchoit, il y entra j mais je n’ai pas trouvé qu’il le traversât d’un bout a 1 autre. La façon d’entonnoir PO, par où les sacs variqueux s’ouvrent dans le tronc de l’ovaire, est
alongée et entourée à sa grande ouverture P d’un anneau charnu J suffisamment pour le tenir ouvert. On a représenté séparément et plus en grand cet entonnoir dans la fig. 8, afin de le faire mieux connoître. On voit en P le cercle charnu qui borde son entrée. L’entonnoir se renfle d’abord un peu, et diminuant après en cône renversé, il se termine vers O, où il a de l’autre côté une ouverture par laquelle il s’abouche , comme il a été dit, avec un trou rond du tronc de l’ovaire, qui communique avec son intérieur.
Ce tronc QZ, fig. 6, représenté plus en grand et à nu, fig. 9, se termine un peu plus bas que Ô, en se réunissant avec la partie intérieure et charnue de l’étui ZA, et forme avec lui un canal continupar où les œufs passent pour êtrepondus. Cette partie charnue, ainsi queje tronc de l’ovaire, sont renfermés dans l’étui qui, fig. 6, se voit ouvert et un peu déployé. Le tronc,
fig. 9, est blanc comme tout l’ovaire. La peau de l’étui le couvre entièrement, fig. 6, et il y est de plus encore couvert en dessus par les débris des gros intestins RL, qui sont la continuation du viscère hors-d’œuvre CLA, fig. i, de la pl. 53, dont, dans la fig. 6, on a tronqué en L le bout antérieur, et abaissé le reste, pour mettre le tronc plus à découvert. Représenté beaucoup plus grand fig. 9, il s’y montre du même côté que fig. 6, mais entièrement dégagé de toutes les parties qui l’environnent naturellement. QZ , i) est ce tronc 5 HH sont les commencemens des deux brauches dans lesquelles il se partage, et qui se subdivisent peu apres chacune en quatre rameaux qu’on voit étendus de I jusqu’à X, pl. 53, fig. i, et où sont renfermés les œufs de la phalène, rangés bout à bout comme des grains de chapelet. O, pl. 54, fig. 9, est le trou par où l’entonnoir des sacs variqueux s’ouvre dans le tronc de l’o,-
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vaire, pour y répandre, comme il a déjà été dit, le suc brun de ces sacs sur les œufs à leur passage pour être pondus. RPO est une empreinte concave laissée par l'entonnoir dans le tronc après qu’il en a été enlevé. S,S sont deux branches charnues, qui partent des côtés du tronc de l’ovaire , à la hauteur de l’embouchure de l’entonnoir. T,T en sont deux autres plus courts. Tous quatre m’ont paru avoir servi a attacher le tronc de l’ovaire au dernier anneau, de façon qu’il ne pût le dépasser. Un sillon transversal un peu courbe entre les deux T paroît indiquer que c’est là que le tronc de l’ovaire finit, en s’ouvrant, dans la partie intérieure et charnue de l’étui, qui, pour le contour, tient, comme on voit, un peu d’un bont alongé de lance à pointe émoussée , si l’on fait abstraction à quantité de fllamens dont il est latéralement bordé, marqués V,V,V... dans la figure, et par où il a tenu à la peau de l’étui dans toute sa longueur. Quand oîi dépèce la partie charnue de l’étui, on trouve qu’elle est composée d’un amas de longues fibres parallèles , collées ensemble par les côtés, comme le montre la fig. 4^ où nombre tiennent encore en partie ensemble; mais je n’ai pu m apercevoir quelles fussent torses comme le sont ordinairement celles qui composent les muscles des insectes.
Quant autronc de rovaireQ,T,T, ses deuxbranches se partagent, comme il a ete dit, chacune en quatre rameaux. Ce sont autant de conduits à doubles enveloppes, qui, près des deux courtes branches dans lesquelles ils s’ouvrent, ont assez de calibre pour y permettre l’entrée aux œufs parvenus à terme d’être pondus. J’ai trouvé à chacun de ces rameaux environ quatre pouces de longueur, après quoi chacun d’eux se termine par un petit réservoir en sphéroïde oblong. Les
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œufe que la nature dispose à être bientôt pondus y sont, comme il a été dit , placés à la file les uns des autres. J’ajoute que, près des réservoirs qui en paroissent être la source, ils ne se montrent que comme de très-petites molécules irrégulières, et que ce n’est qu'h la distance environ d’une ligne de là qu’ils commencent à prendre la forme d’œufs, quoique très-chétifs, mais qui grossissent insensiblement de volume, à mesure qu’ils approchent du tronc de l’ovaire, et n’ont acquis leur grandeur naturelle qu’à quelque distance du bout de leurs rameaux. C’est cette dilférence progressive dans la grosseur des œufs qui donne sans doute à ces rameaux la figure foiblement conique qu’on leur remarque,
fjorsqu’on examine ces rameaux, on les trouve moins simples qu’ils ne se montrent d’abord. Ils commencent chacun par un réservoir ovalaire X, planche 53, fig. i, qui peut avec raison être pris pour un ovaire effectif, puisqu’on ne sauroit douter que ce ne soit làqueles œufs s’ébauchent. Bien qu’ouvert et examiné, il n’ofï're qu’un amas de corpuscules bruns et irréguliers, où l’œil ne distingue rien d’organisé, vu qu’à une petite distance de là on voit que la continuité de ces corpuscules répandus du réservoir dans l’entrée de son rameau, prend insensiblement de plus en plus la forme d’œufs, et se montre déjà telle, mais en petit, à la distance d’une bonne ligne du réservoir; ce qui indique assez clairement que ces réservoirs sont en effet des ovaires , et la Grosseur de ces œufs, qui va en augmentant à mesure qu’ils descendent plus bas dans leurs rameaux, montre que c’est dans ces rameaux même quils prennent leur croissance. Aussi le microscope fait-il remarquer sur ces rameaux quantité de corpuscules qui s’y touchent par des pédicules, et qui four-
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iiissent aux œufs le suc par où ils parviennent à leur grandeur naturelle.
Pour éclaircir mieux tout ceci, on a représenté, pl. 54, fig. 10 , le boutd un de ces rameaux, de la longueur de deux lignes, au microscope. X est l’ovaire par où il se termine. On voit que la substance qu il contient, et qui compose le principe des œufs, est renfermée dans une seconde enveloppe, qui, à l’entrée du rameau, est beaucoup plus étroite que 1 enveloppe du rameau même, et qu’avec la substance qu’elle contient, elle y descend en serpentant pendant l’espace de plus d’une ligne, où l’on peut encore remarquer qu’un peu au-dessous de ;5 , cette substance commence à prendre successivement de plus en plus la forme d’œufs, et que de petits corps , a,b,c^d, commencent à s’y montrer clair-semés, et attachés antérieurement au rameau , chacun par un pédicule, et qu’au bout d’une distance, cette tunique intérieure se rapproche de plus en plus de l’autre, à laquelle elle se joint enfin , et ne paroît plus dans la suite former qu’une seule tunique avec l’extérieure, comme ou peut l’observer, si l’on suit ces rameaux plus avant.
Lia fig. 1 1 trace au microscope un tronçon de rameau de la longueur d’une ligne, contenant deux œufs. Il est pris environ à trois pouces de distance de l’ovaire. On s’est proposé d’y faire voir comment les petits corps, dont on vient de parler, y sont moins petits, et à proportion en beaucoup plus grande abondance à l’entour du rameau, que près de l’ovaire. La plupart y sont attachés par un pédicule, le reste y est seulement colle. Il y en a aussi qui tiennent aux bronches répandues sur les rameaux de l’ovaire, mais que, pour éviter ia confusion , on s’est dispensé d’y représenter avec ces bronches
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Ces petits corps sont au microscope d’une figure très-irrégulière et variée. Ils paroissent composés en dehors de quantité de vésicules, pleines d’une substance huileuse fort limpide, qui surnage dans l’eau, et qui ne se sèche point avec elle , mais conserve long-temps sa liquidité. Quand on brise ces petits corps, on en trouve tout le dedans rempli de la même liqueur. Il est très-probable que les œufs tirent de là, au moins en partie, la substance qui les fait croître si sensiblement durant leur passage par les rameaux de l’ovaire. La fig. 12 montre un de ces petits corps huileux, et nourrissiers , encore beaucoup plus grossi.
Gomme il n’est pas douteux que les œufs de cet insecte ne tirent leur origine des réservoirs ou ovaires qui terminent les rameaux, ils ont bien du chemin à faire pour traverser toute
la longueur, chacun de son rameau, afin d’être pondus, et ce chemin paroît d’autant plus difficile, que les rameaux ne s’élèvent pas perpendiculairement, ce qui auroit pu servir à faire descendre les œufs par leur poids, mais qu’étant entassés pêle-mêle dans le corps de l’animal, le poids de l’œuf n’y contribue en rien. Comment donc ce procédé s’exécute-t-il ? c’est ce qui n’est pas aisé de déterminer au juste; mais la chose me paroît se faire par l’une des deux voies suivantes , ou par toutes les deux à la fois: l’une, que ces rameaux augmentant aussi de volume dans la même proportion, il est tout simple que chacun d’eux soit poussé vers le côté où ils trouvent le moins de résistance, c’est-à-dire vers ce tronc; et pour peu que les œufs aient été rendus glissans par quelque mucosité, qu’il est assez dans l’ordre des choses de leur supposer, il sera naturel que ces œufs, pressés par leur propre accroissement et par celui des œufs qui les précèdent.
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glissent vers le tronc de Tovai^e ; l’autre yoie est qu il se pourroit bien aussi que ces rameaux fusseut pourvus d uu mouvement péristaltique, comme le sont les intestins des grands animaux, et alors la chose s’exécuteroit avec encore plus de facilité.
Il n’y a guère moyen de déterminer jusqu’où la fertilité de ces insectes peut s’étendre. Vraisemblablement la saison plus ou moins avancée, le climat, la difierente température de l’air, et le plus ou le moins de vigueur de la phalène contribuent à convertir dans leurs réservoirs les principes des œufs en œufs effectifs, et à leur donner le degré d’accroissesement qu’il leur faut pour être pondus. Ainsi la chose paroît dépendre beaucoup des circonstances.
Tout ce que je puis donc dire en gros là-dessus, pour en donner quelque idée, quoique assez imparfaite, c est que la phalène sur laquelle j’ai travaillé avoit déjà pondu 4^2 œufs, de compte fait, avant que je l’ouvrisse 5 que je n’en trouvai pas moins ses huit rameaux aussi pleins que je les ai représentés pl. 53 ,fig. I j qu’ayant compté les œufs d’un de ces rameaux, j’y en trouvai encore i68, ce qui fait, suppose que chaque rameau en contînt un nombre égal, i 344 pour les huit, nombre qui, ajouté aux 482 déjà pondus, font 1776 œufs, ou environ, que cette phalène a effectivement eus dans le corps, outre les principes d’œufs dont les huit réservoirs ou ovaires, et les bouts des rameaux jusqu’à la distance d’une ligne au-dessous de ces réservoirs, étoient encore chacun remplis, et qui probablement auroit aussi produit encore bien des œufs, si la mort anticipée de l’animal n’y eût mis
obstacle.
Quant à l’utérus, l’une des principales parties qui servent
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a la fécondation, on en a déjà donné une idée géüérale, comme aussi de son emplacement, par la représentation un peu plus grande que nature, qui en a été faite pl. 53, fig. i, en 1. On peut se rappeler qu’on y a vu deux conduits, dont
I un s ouvre dans le tronc de l’ovaire et l’autre s’ouvre à l’air, au haut du fourreau de l’étui, pour y recevoir la compagnie du male. Le cote extérieur de ce dernier conduit et des parties qui y ont rapport, a déjà été tracé fig. 9, et expliqué ci-dessus.
II ne reste donc qu’à en faire connoître l’autre côté et ensuite son dedans.
Pour cet effet, on l’a représenté plus en grand pl. 54, fig. 1 3, et de façon qu’on voit la partie AGBV, pl. 53, fig. 9,
à son opposite, c est -à-dire par le côté qui est naturellement renfermé dans le corps de l’animal. Y y marque où est à
l’opposite l’orifice du vagin, et VZ est le vagin même. 11 est blanc, charnu jusqu à quelque distance de l’utérus, où il y paroît devenir simplement membraneux. En C il est pourvu d’un cercle écailleux qui se distingue par un trait brun. Ce canal est flanqué de deux coussinets rebondis assez fermes, GA, CB, qui après avoir cédé quand on les presse, reprennent par leur ressort naturel leur premier état, dès qu’on lâche prise.
Il est assez apparent que ces coussinets , en comprim'ant plus ou moins le vagin , charnu à cet endroit, contribuent dans 1 accouplement à la volupté, par ou les animaux sont invités à travailler à la reproduction de leur espèce, de même qu’ils sont forcés par le malaise à satisfaire aux besoins de la nature, et par la douleur à s’éloigner de ce qui leur nuit.
YZ est le conduit par où l’utérus communique avec le tronc de l’ovaire. Y est l’orifice par où ce conduit s’y abouche,
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L utérus même, comme on voit par ZI, est un sac spacieux, de figure peu régulière. Il est très-épais vers ses deux conduits. Je l’ai ouvert, et dans ce sujet je l’ai trouvé vide; mais dans un autre il contenoit plusieurs œufs, bien que la phalène mourut après avoir presque fini sa ponte; d’où je crois pouvoir inférer comme probable, nonobstant le cas opposé, que c’est dans l’utérus que les œufs viennent recevoir leur fertilité, et qu’ensuite ils retournent par le même conduit dans le tronc de 1 ovaire, où ils vont recevoir, à leur entrée dans 1 etui pour être pondus, le suc brun et gluant dont il a été parlé, qui y est versé précisément à cette hauteur; et je conçois que l’épaisseur musculeuse que l’utérus a vers ces issues sert à donner à l’une la force de faire retourner les œufs par le canal par où ils sont entrés, et à l’autre d’empêcher qu’ils ne sortent par le vagin.
Quoi qu’il en soit, j’ai trouvé l’utérus en dedans plein de rugosités et muni, à l’entour de ses deux couvertures, d’une espèce de sphincter, formé par grand nombre de plis et replis, charnus et tortueux tels qu’on les voit représentés au naturel, mais fort en grand, pl. 54, fig. i4, où Z est un bout tronqué du vagin, et Y un autre du canal par où le tronc de l’ovaire et l’utérus communiquent ensemble. On conçoit que ces sphincters étoient nécessaires, l’un pour tenir fermé le vagin après l’accouplement; l’autre, tant pour ne rien laisser perdre par le second canal du suc snvifiant, que pour avoir la faculté de pouvoir fermer ce canal, d’abord après l’entrée ou la sortie d’un œuf.