‹ Recherches sur l'anatomie et les métamorphoses de différentes espèces d'insectes (volume 2)Chapitre 2 sur 19 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Voilà où étoient pai’venus mes essais sur la phalène de la chenille dont j’ai publié un traité anatomique suivi, lorsque l’accident mentionné ci-dessus m’empêcha de poursuivre.

Quelque défectueux et peu suivis qu’ils puissent être, j’espère qu’au défaut de plus achevés, le lecteur voudra bien s’en contenter, et qu’en attendant qu’une main plus heureuse remplisse ce qu’il me restoit encore à faire, ils suffiront pour donner une légère idée des changemens admirables et presque universels que toute l’organisation intérieure de la chenille subit pour devenir papillon , et qui supposent un mécanisme si composé, quoique invisible, quoiqu’il n’y a qu’une Puissance et une Intelligence infinies qui puissent avoir conçu et effectué dans un si petit objet des changemens et des reproductions si étonnantes, parmi lesquelles, entre nombre d’autres que j’omets, je me contenterai, pour finir cet ouvrage, de rappeler au souvenir du lecteur, les six suivantes, qui doivent frapper tout homme qui réfléchit.

La première est le changement total de forme extérieure de la chenille, qui, d’un animal rampant sur seize courtes pâtes, à corps nu, membraneux, long et d’une venue, devient un insecte volant, pourvu de six longues jambes, cuirassé de toutes parts, beaucoup plus gros et raccourci qu’auparavantj dont la tête, le corselet et le corps se distinguent par des étranglemens très-profonds, et qui se trouve vêtu d’une épaisse fourrure écailleuse d’un goût tout singulier et nouveau.

La seconde est la dissolution de plus quatre mille muscles,

qui, sans putréfaction ni corruption quelconque, après avoir conservé leur consistance, et avoir agi pendant au moins trois ans, se sont, en peu de jours, réellement fondus et mêlés dans la masse dissoute de nombre d’autres parties constitutives de la chenille, pour concourir à former non-seulement des muscles à tous égards différons, nouveaux, et destinés à d’autres usages, mais aussi à produire quantité de nouvelles parties dont il n’avoit paru aucune trace dans la chenille.

La troisième est la dissolution des deux tuniques extérieures, dont avoient été revêtues toutes les bronches qui, en nombre prodigieux, s’étoient ramifiées dans presque toutes les parties de la chenille, et dont il n’est resté que la seule tunique intérieure, dépourvue de son fil roide , tourné en ressort à boudin, dans toutes les bronches devenues inutiles, mais encore poui’vues de ce fil dans celles qui avoient conservé leurs fonctions, ou en avoient acquis de nouvelles dans la phalène.

La quatrième, les chaugeraens très-notables survenus au système nerveux, quant à ses nerfs , dont la plupart n’ayant plus d’usage, se sont flétris, et ceux qui sont restés en vigueur ont reçu d’autres fonctionsj 2 » quant aux conduits de la moelle épinière, qui , dans tout le corps, de nus qu’ils étoient, ont été enveloppés jusque vers le dernier ganglion d’une tunique dont on n’avoit vu aucune trace auparavant^ et 3o quant aux treize ganglions qui tiennent lieu de cerveau a 1 animal, le premier, celui de la tete, ayant, avec ses nerfs, totalement acquis une autre forme, les deux du cou étant descendus dans le corselet par le prolongement des conduits de la moelle épinière, sur lesquels, entre ces deux ganglions

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