DÉCOUVERTE DE SPROTT-BOYD
Ce ne fut qu'en 1836 que Sprott Boyd 1 décrivit les caecums glandulaires simples qui viennent s'ouvrir dans les petites fossettes de la muqueuse, fossettes figurées déjà par Home en 1817 2. Il étudia l'estomac de l'Homme, du Cochon, du Cheval et de quelques autres mammifères. On peut considérer le travail de Sprott Boyd comme le véritable point de départ de toutes les recher ches.
Bischoff 3 étudia à son tour les glandes stomacales, mais en outre des glandes en tube simples de Sprott Boyd, il signala des glandes composées en forme de grappes. Cette description souleva contre lui, à juste titre, les reproches de Purkinje 4, de Pappenheim 5, de Valentin et de Lacauchie.
Mais, comme le fait remarquer Longet, dont le traité de physiologie uous a fourni de nombreux renseignements bibliographiques , Bischoff avait probablement voulu parler de la disposition bifide ou trifide des culsde-sac glandulaires; en effet, les figures qu'il avait publiées dans son travail étaient loin de représenter de véritables grappes.
1 Sprott-Boyd, Essai/ on the structure of the mucous membrane of the stomach. (Edinburgh med. and surg. Journal, 1836, t. XLVI, p. 382 pl. IV.)
* Home, Lect. on comparât, anat., t. IV, pl. III, fig. 2 et 3.
3 Bischoff, Ueber den liau der Magsnsckleimhaut. (Mûller's Archiv fur Anat. und Physiol., 1838, pl. XIV et XV.)
* Purkinje. Ueber den liau der Magen-Drùsen (Bericht iiber die Versammlung deutscher Naturforschcr und Aerztein Prag. 1838, p. 174)
5 Pappenheim, Zur Kenntniss der Verdanung. Breslnu, 1839.
La période qu'il nous importe surtout d'étudier est celle pendant laquelle on commença à reconnaître dans l'estomac la présence de glandes diverses. Or Wasmann 1 avant Todd et Bowmann, Schiff et Kolliker, avait déjà décrit chez le Porc deux espèces de tubes glandulaires : les uns tapissés seulement d'épithélium cylindrique et se rencontrant dans les régions pyloriqueet cardiaque; les autres contenant de grosses cellules arrondies et situées dans cette région quse mediam curvaturam majorent tenet, longitudine 6-8 pollicum, indeque in pariete anteriori atque posteriori ventricidi proxime a cardia ascendit, ubi acuto angulo finitur.
Frerichs 2 prétendit que les tubes glandulaires sont plus droits chez l'Homme que chez le Chien et que jamais ils ne se subdivisent. Il alla jusqu'à dire que toutes les glandes de l'estomac de l'Homme n'avaient pas d'épithélium cylindrique, qu'elles étaient remplies de grosses cellules arrondies, de noyaux et de granules principale ment graisseux.
Cette description fut reprise d'une façon presque identique par Allen Thomson 3. A cette époque la localisation de chaque espèce de tube, dans une partie déterminée de l'estomac, n'était pas encore signalée.
Ce fut alors que Schiff remarqua qu'il lui était impossible d'extraire de la portion pylorique un suc gastrique capable de faire une digestion artificielle. 11 eut l'occasion de vérifier anatomiquement, sur l'estomac d'un sup plicié et sur celui de deux enfants, la différence que pré-
1 "Wasmann, De digestione nonnulla. Berlin, 1839. * Frerichs. Wagner's Ilandwôrtcrbuch, t. III, 1849. 8 Allen Thomson, Goodsir, Annals of Anat. and Physiol., t. I
sentait la distribution glandulaire dans les régions pylorique et cardiaque. Il vit que les glandes pyloriques n'étaient tapissées que par de l'épithélium cylindrique et qu'il fallait remonter du côté du cardia pour trouver des tubes contenant de grosses cellules rondes. Il fut cependant obligé de reconnaître, dans la portion pylorique, l'existence de quelques tubes isolés contenant des cellules rondes, car de petits cubes d'albumine, enfermés dans la portion pylorique, avaient leurs angles émoussés au bout de quarante -huit heures.
Mayer et Henle (Splanch., p. 159) ont d'ailleurs constaté l'existence de glandes pyloriques contenant quelques cellules à pepsine. De son côté, Gerlach (Geioebeïehre, p. 303) a décrit le mélange de glandes muqueuses et de glandes à pepsine dans la région pylorique. Il a même trouvé à ce niveau des glandes privées complètement de cellules cylindriques.
On le voit : les deux formes glandulaires que l'on trouve dans l'estomac semblent répondre à deux modes de sécrétion à effets bien différents. Nous serions injuste si nous ne rappelions que Wasmann fut le premier à soupçonner les caractères physiologiques des deux espèces de glandes.
Les expériences de Schiff ont été pleinement confirmées par celles de Donders 1 et par les recherches de Kôlliker, faites en collaboration avec Goll de Zurich.
Nous n'avons nullement eu la prétention de donner ici un historique complet de la question. Nous tenions seulement à démontrer comment, dans cette période, on est
1 Donders, Physiologie des Menschen. Leipzig, 1856.
1*( TROISIÈME PKRIODE
parvenu à déterminer la différence, bien tranchée, des glandes du ventricule stomacal chez les animaux supérieurs.