‹ Recherches sur l'Anatomie Pathologique de l'Emphysème PulmonaireChapitre 14 sur 25 · CARTILAGE SÉNILE AVEC INTÉGRITÉ DES ÉLÉMENTS CONSTITUTIFS · texte numérisé non relu

CARTILAGE SÉNILE AVEC INTÉGRITÉ DES ÉLÉMENTS CONSTITUTIFS

A. Eléments cellulaires. — Les cellules cartilagineuses isolées n'existent plus que dans la zône sous-périchondrale. Celleci, aussi active que jamais, présente des cellules de même forme ‘que dans le cartilage jeune, et semblablement disposées, mais plus fréquemment en état de division.

Les cellules de la zône sous-jacente sont ordonnées en groupes isogéniques longitudimaux, couramment formés d'éléments très nombreux, de 8 à 12 environ, formant des boyaux cellulaires très allongés, la plupart ordonnés en direction radiaire, c’est-à-dire de telle façon que leur axe longitudinal, correspondant à la direction générale des divisions cellulaires successives est orienté dans le même sens que les rayons de la surface de

ANATOMIE. PATHOLOGIQUE DE L'EMPHYSÈME PULMONAIRE gr!

coupe du cartilage. Quelques-uns aussi sont disposés circonférentiellement : enfin, sur une coupe perpendiculaire à l'axe, on voit des points formés d'un ou deux éléments, dont l’ensemble est à peu près arrondi, et qui correspondent à la coupe dans le sens de la plus petite dimension de groupes allongés suivant l'axe de la côte, c’est-à-dire se multipliant dans'le sens de l’allongement. Ces derniers groupes sont, d’après ce que nous avons vu, d'autant plus fréquents qu'on se rapproche davantage de l'axe de la côte. À ce niveau du reste les éléments se raréfient et sont séparés par de larges espaces de substance intercellulaire.

Les noyaux ne présentent aucune particularité. Les fines granulations périnucléaires sont plus fréquentes et plus nombreuses. La grosse goutte de graisse intracellulaire ne manque jamais. On la voit là aussi entourée quelquefois de gouttelettes de très petit volume.

B. Substance intercellulaire. — Elle subit des modifications considérables au cours de l’évolution sénile. On peut distinguer à ce propos la zône sous-périchondrale qui présente à peu près les mêmes réactions que chez le jeune sujet et la zône centrale qui est beaucoup modifiée.

Ce changement n’est point perceptible sur une coupe non colorée ; mais il en est autrement lorsqu’on fait agir des réactifs.

Les colorants basiques, les couleurs d’aniline basique en particulier, dessinent autour des cellules et des groupes isogéniques des auréoles assez larges s’imprégnant d'une façon intensive de la substance colorante. On obtient très nettement cette réaction avec le bleu polychrome, ou avec le liquide de Giemsa, ultérieurement différencié par le tannin orange. Le pourtour des cellules est, sur une étendue assez large, fortement teinté en bleu, tandis que le fond reste coloré en jaune orange. Lorsqu'on prend une vue d'ensemble de la coupe à un faible grossissement, on trouve une coloration bleue diffuse de la zône souspérichondrale, de petites masses bleues plus ou moins allongées dans la zône qui lui est sous-jacente, enfin au centre même des cellules presque complètement dépourvues d'auréole et placées

directement en contact avec la substance colorée en jaune. Ces sphères teintes en bleu, que Mônwer appelle Chondrinballen, sont des éléments tout à fait distincts dans leur ensemble. Cet auteur a pu les isoler par macération prolongée dans l'acide chromique. Il admet qu'elles sont constituées de chondromucoïne et d'acide sulfochondritique mélangés. C'est précisément la constitution de la substance fondamentale du cartilage jeune, et nous ne devons pas nous étonneér si les globules chondroïques ont les mêmes réactions colorantes (un peu plus énergiques cependant) que cette substance.

Ce qu’il y a de nouveau et d’important dans la substance fondamentale du cartilage c'est cette substance intermédiaire qui n'a pas d'affinité pour les colorants basiques, cette matière interglobatre. Môrner à montré qu’elle était eonstituée par l’albumoide voisin de l’osséine qui, associé à l'acide sulfochondritique constitue la chondromucoïne dont nous avons déjà parlé. Nous avons trouvé pour cette substance une méthode dé eoloration qui nous à permis, comme on pourra en juger par les figures, d'apprécier très exactement l'intensité et la distribution de la modification chimique qu'elle représente. Un frigment même très volumineux de cartilage sémile laissé pendant un temps suffisimment long dans le liquide de Müller prend’ une coloration d'un noir intense et persistant que ne diminuent pas les lavages à l’eau, à laleool, ete. Toute la substance cartilagineuse est ainsi colorée en noir foncé et se détache du périchondre qui est bruts nâtre et des foyers de calcificafion qui sont jaunâtres de la façon: la plus nette. C’est même un excellent procédé pour se rendré compte de la situation et de l'étendue de ces foyers. Si l’on fait des coupes minces d’un tel cartilage, celles qu'on obtient sont d’un jaune grisâtre, très suffisamment transparentes. Les celluz les en sont à peu près fixées. Examinées directement elles montrent dans l'intervalle des globules chondritiques au moins en quelques points des trabécules dessinés par’ un: pointillé noir assez clairsemé. Laissées À l'étuve pendant 24 heures dansi lhématoxyline (formule: de Weigert). avec quelques gouttes d’une solution de carbonate de lithine, les coupes: se colorent

uniformément en noir. Sion les différencie dans le liquide de Weigert pendant le temps nécessaire (1) :

Ferricyanure de potassium. . . . 2 gr. 9 DORE TI A (RAR PARENT ARE

Eau distillée. . . . . . . . . 100 cent. cubes.

on obtient des parties complètement noires, des parties diécolorées et des parties d’une teinte brun acajou.

Au microscope, voici ce qu'on trouve : la substance intermé-

diaire aux globes chondritiques, que Môrner qualifie d’albumoide est, au centre colorée en noir foncé et absolument opaque. Il n’y à de réservés en blanc que les chondroplastes (au centre desquels se trouve un noyau coloré en noir intense) et leur enveloppe immédiate ; et même pour un certain nombre de cellules du centre, la coloration noire a fait complètement disparaitre et les globes chondroiïdes et les capsules cartilagineuses. La marge du chondroplaste est immédiatement noire.

En allant vers la périphérie, les dessins formés par la substance noire sont moins opaques et plus élégants. Elle dessine un réseau à mailles allongées dans des sens variables, et d'autant plus larges qu’on s’écarte plus du centre. Puis le noir des travées de ce réseau s’atténue et fait place à une teinte brun acajou plus

foncée dans le milieu, dans l’axe de la travée, et respectant autour

du chondroplaste une certaine marge qui représente le globe chondroïde. Enfin cette teinte disparait et la région sous-périchondrale elle-même ne donne plus aucune réaction. Nous devons rappeler ici qu'elle est basophile comme le sont les globes chou droïques. |

Nous avons donc dans la méthode de Weigert pour la myéline, appliquée au cartilage une méthode de coloration précieuse pour donner le tracé en positif et par conséquent la distribntion exacte

{. Nous utilisons comme point de repère les fibres conjonctives qui restent adhérentes au périchondre et qui doivent être complètement décolorées. On peut également décolorer par la méthode de Pal, mais les résultats sont moins nuancés qu'avec la méthode de Weigert.

de cette substance intermédiaire aux chondrinballen, que Môrner appelle albumoïde et qui est, d’après lui, absolument particulière au cartilage sénile ; c'est assez dire qu'avec ce procédé de coloration, on peut très exactement apprécier où en est le cartilage de son évolution sénile.

C. Rapports entre les éléments cellulaires et la substance fondamentale. — Autour de la cellule, nous trouvons maintenant plusieurs couches distinctes : la capsule, la substance du globe chondroïque, la substance albumoïde. Cela est vrai du reste seulement pour la zône intermédiaire. Dans la zône centrale, où les cellules ont une orientation indifférente, et sont généralement uniques dans leur capsule, celle-ci qui constitue leur seule enveloppe est en contact direct avec la substance albumoïde. Dans la zône sous-périchondrale, la substance intermédiaire qui fait immédiatement suite aux faisceaux conjonctifs a, d'une façon diffuse la réaction des globes de chondromucoiïne.

Etant donnés ces faits, et la division du cartilage costal en trois zônes concentriques, voici comment on peut apprécier le rôle de chacune de ces zônes.

La fonction du périchondre est d'incorporer sans cesse de nouveaux éléments au cartilage. [l le fait d'une façon lente, mais semble-t-il à peu près continue. C'est pour cette raison que la zône sous-périchondrale présente sans cesse l'aspect général du tissu conjonciif voisin, sous forme de cellules plus allongées, placées dans des mailles dues à l'entrecroisement de bandes de substance fondamentale ressemblant en gros à des faisceaux de tissu conjonctif. C'est pour cette raison que cette substance fondamentale garde les réactions de la substance cartilagineuse jeune : réaction basophile, absence d'imprégnation par l’hématoxyline après mordançage au chrôme.

La couche sous-jacente, très active, est la zône de multiplication cellulaire. Le nombre de ses boyaux cellulaires à axes dirigés de façon variable montre l'activité de sa prolifération un peu désordonnée, qui produit l'accroissement du cartilage dans le sens de la longueur et dans le sens de l'épaisseur. Des signes prochains de l’arrêt de cette multiplication indéfinie des cellules

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