OSSIFICATION ET PHÉNOMÈNES PRÉPARATOIRES
En parlant de phénomènes préparatoires à l’ossification, nous
n'entendons pas dire que la polifération cellulaire locale, la LA
fibrillation, la nécrose, se produisent en vue de préparer la voie
à l'ossification, n1 soutenir de préférence l'hypothèse que cette
dernière doit apparaitre comme la cicatrisation de processus de nécrose locaux du cartilage. On peut à volonté adopter l’une ou l’autre de ces théories sans qu'aucun fait vienne appuyer l'une plutôt que l’autre. En tous cas il y a rapport de succession assez constant entre ces deux ordres de phénomènes.
1° Prolifération cellulaire locale. — Elle sobserve (assez rarement il est vrai), dans la zône centrale, Au milieu d'une nappe de substance albuminoïde que l'hématoxyline au chrome colore en noir foncé, on trouve une lacune complètement incolore, remplie de cellules rondes ou ovales, à gros noyaux se colorant à peine et séparées par de la substance intercellulaire à réaction basophile faible. Nous ne savons pas s’il faut en faire un stade préparatoire de l'ossification ; s'il s'agit même d’un hyperactivité cellulaire simple, ou d’un stade de début de la nécrose. % |
2 Fibrillation de la substance fondamentale. — Elle se voit très bien sur les pièces chromées puis colorées à l’hématoxyiine et différenciées ensuite par le procédé de Weigert. La substance
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fondametitale prend à ce niveau üne teinte acajou ét se déconipose en bandelette très minces, qui se disposent d’une façon variable. Tantôt elles occupent des plages claires dont lés capsules sont vidées ou ne présentent plus én un point que des détritus cellulaires. Tantôt elles occupent le pourtour des foÿers nécrotiques dont nous allons parler. Enfin on observe souvent entre ces zônes dé nécrose constituée où au début des zônes dé fibrillation entrainées qui se dirigent vers le perichondre et pourraient être le premier stade d'une nécrose préparant la voie aux vaisseaux.
3 Foyers nécrotiques. — Ils forment une cavité en pleine substance fondamentale ; celle-ei s’effrange sur leurs bords dans la forme que nous avons dite au paragraphe précédent. Le long
des franges on trouve des détritus cellulaires, des gouttelettes.
graisseuses qui paraissent libres, enfin des amas semblant être des sels calcaires. Toute la partie centrale est vide ; elle était
occupée par une substance ramolle ou même déas qui s'est.
échappée au cours des manipulations et dans laquelle on trouve de la graisse et des sels ; Freund y a signalé aussi de petits séquestres cartilagineux, à chondroplastes vides avec des capsules extrêmement nettes.
Vascularisationr des foyers. — Sur les coupes on trouve,
encore des foyers analogues aux précédents avec au centre la coupe d’un gros capillaire. Il peut même arriver que l'on suive le capillaire jusqu’à son-origine dans le périchondre.
So Ossification. — Autour du capillaire primiuf et des rameaux qui en sont nés se forment des travées osseuses qui oblitèrent plus ou moins complètement la cavité, et ont ultérieurement la destinée que nous connaissons de par l'étude macroscopique. |
IV. Signification des phénomènes histologiques observés. Il est important pour nous d’en parler, car elle met À sa vraie
place l’altération sénile des cartilages et par suite l’emphysème pulmonaire qui en est la conséquence.
Des faits qui précèdent il résulte que le cartilage plus que eur autre tissu est sujet à vieillir. Les modifications anatomiques qui, pour nous, traduisent cette évolution peuvent être rapportées à deux causes :
1° Son activité d’accroissement indéfinie, telle que son périchondre absorbe sans cesse et pousse vers la transformation cartilagineuse de nouvelles quantités de tissu fibreux ou conjonctif.
2° Le manque de circulation interstitielle. Malgré ce qu’on en dit généralement le fait de la nutrition par imbibition qui est celui du cartilage, rend cette nutrition extrêmement difficile et précaire. Elle le devient de plus en plus au fur et à mesure que le cartilage augmente d'épaisseur. Il arrive un moment où elle devient impossible. D'où la nécrose qui fait suite aux modifications chimiques de la substance fondamentale.
Sans pouvoir le prouver nous avons tendance à voir dans Possification un simple processus de réparation de la nécrose (il trouve très facilement les éléments nécessaires, et notamment les sels, in situ, puisque d’après les notes que nous a fourni Reddé, on trouve dans les cartilages costaux séniles de 10 à 11 pour 100 de cendres). Néanmoins l'ossification a deux autres résultats :
1° Elle améliore la circulation, et par suite la nutrition du cartilage, puisqu’elle crée en son centre un réseau circulatoire, avec rameaux d'union l’unissant au réseau périchondral.
2% Elle s'oppose à l'accroissement indéfini du cartilage, en lui substituant un tissu rigide relativement immuable. Cela est vrai surtout pour l’ossification sous-périchondrale.
Et nous en arrivons à concevoir le cartilage costal comme une épiphyse de la côte qui serait la diaphyse. Cette épiphyse aurait l'ossification tardive, irrégulière, et en attendant celte ossification, qui la fixe dans sa forme, elle s’accroitrait en tous sens d’une façon indéfinie. ;
Au total l'emphysème serait une affection du poumon inévita ble. Il est la conséquence de l'accroissement et de l’évolution des cartilages. Cet accroissement et cette évolution sont une loi |
de la vie du cartilage, et leur aboutissant est cependant un phénomène pathologique. En y cherchant bien on trouvera facilement dans l'organisme des évolutions tout à fait analogues dans leurs conséquences.