STIEDA
plus prononcée. La résection assez étendue de ce côté, diminue toujours d'une facon notable la capacité thoracique. Si bien que l'habitude tend à se prendre parmi les opérateurs de se contenter d'intervenir de ce côté. Nous estimons malgré les bons résultats ainsi obtenus, que cette pratique est sujette à quelques objections théoriques. C'est des deux côtés en eflet que les mouvements respiratoires sont entravés, puisque des deux côtés le cartilage sert d’auxiliaire, ou du moins devrait en servir aux articulations chondrosternales. D'autre part, il peut sembler comme dans le cas de Goodmann et Waschmann que l’unitéralité de l’intervention n'ait pas été étrangère à la récidive. Enfin ce n’est pas une règle absolue que l'affection commence du côté droit et soit plus prononcée de ce côté, surtout chez les grands emphysémateux auxquels on s’est adressé.
5° Les résultats opératoires. — Mis à part les cas que nous estimons insuffisamment probants, on peut dire que les résultats ont été très satisfaisants.
Immédiatement, on a vu la cessation de la dyspnée, la reprise des mouvements du thorax ; on a constaté une augmentation très appréciable de la capacité vitale du thorax : près d’un litre, un accroissement notable de l'amplitude des mouvements respiratoires (2, 3 centimètres, et au-delà) La sédation des phénomènes légers d'insuffisance cardiaque, nous parait aussi très intéressante. Il est évident en effet que la rigidité inspiratoire du thorax ne peut rester sans action sur le cœur. Peut-être est-ce aux modifications que l'intervention produit sur les conditions de circulation intra-thoracique qu’on doit attribue l’œdème aigu du poumon dont mourut le malade de Lambret.
L'amélioration a été généralement définitive ; dans le plus beau cas, celui de Passler et Seidel, suivi pendant plus d’un an, le malade après son opération put marcher, courir, monter les escaliers sans dyspnée, et supporta sans trouble une bronchite grave. Bien entendu, on ne peut encore trop engager l'avenir de ces malades qui tous du reste ont été suivis assez peu de temps.
Néanmoins de la lecture des observations se dégage l’impression nette que la rigidité inspiratoire permanente, était la cause
de la distension pulmonaire, l’obstacle permanent à sa rétraction complète et que la levée de cet obstacle a permis aux poumons de se rapprocher de l’état normal, autant que le leur permettait l’état anatomique du poumon altéré comme nous avons vu par de longues années de distension, mais par cette distension seu-
lement.