LA RECHERCHE DE COMBINAISONS ANALOGUES A L'HYDRATE D'ARGON
Le choix des corps à essayer.
$ 13. — Puisque l’hydrate d’argon existe, on peut se demander s’il n’y a pas d’autres combinaisons de l’argon. C’est la question à laquelle nous avons voulu répondre.
Le tableau périodique qui montre la parenté des éléments chimiques, nous a servi de guide dans le choix des corps à essayer. Voici sa configuration dans le voisinage de l'oxygène, dont le composé hydrogéné est précisément l’eau.
IV V VI VII VIII C N O F Si P S CI à Ti V Cr Mn Fe, Co, Ni
Les corps qu'il est indiqué d’essayer, sont ceux qui sont voisins de l'oxygène, soit dans le sens horizontal, soit dans le sens vertical, sous la forme de leurs combinaisons hydrogénées, bien entendu. Ce seraient NE, HF et FPS.
$ 14. — On peut motiver ce choix encore autrement. I1 semble hors de doute qu'il faille rapprocher l’état d'association de l’eau de la facilité avec laquelle elle forme des hydrates. Dans les deux cas il s’agit de combinaisons moléculaires qui ne sont pas d’une très grande solidité et qui sont réalisées par des valences secondaires. Les hydrates, pour parler le langage chimique, résulteraient des molécules d’eau associées par la substitution, à une molécule d’eau, d’une molécule d’un autre corps. Cette façon de s'exprimer est peut-être trop précise ; mais elle fait image.
Dans ce sens on peut donc mesurer pour ainsi dire la facilité de formation des combinaisons moléculaires par l’état d'association. Les moyens dont on dis- -pose pour apprécier la grandeur de l'association ne sont pas nombreux. Il y a surtout les écarts à la règle de Trouton, et certaines irrégularités dans la tension superficielle et dans les points d’ébullition des séries homologues. Mais ce dernier critérium ne s’applique guère qu'à la chimie organique.
Voici exposée en quelques mots la règle de Trouton ; nous la ramenons à des propositions générales de chimie physique, pour comprendre la signification des écarts.
La formule de Clapeyron :
dp
prend la forme :
dinp din T