PET E
De toute façon on doit prendre ses précautions dans ce genre d'expériences ; les tubes font trop souvent explosion. Des lunettes protectrices pour les yeux et des chiffons autour des mains peuvent empêcher le pire.
ARGON — ALCOOI.
$ 21. — L'alcool se recommande par son association t rès élevée. Seulement il est difficile de le faire cristalliser ; les Tables de constantes donnent -119° ; parmi les liquides usuels, c’est lui qui a le point de fusion le plus bas.
L'alcool pur du commerce contient de l’eau ; pour l'en débarrasser on fait passer les vapeurs d’alcool sur la chaux vive CaO. Cela nous semblait trop compliqué pour nos besoins ; nous préférions traiter l'alcool « pur » par du CuSO,, deshydraté à roo0.
Le sufate, en s’emparant de l’eau, rebleuit en partie. Il paraît que l'alcool perd son eau presque intégralement, car l'équilibre entre le sel hydraté et le sel anhydre comporte, à la température ordinaire, une concentration d’eau infime. Des études quantitatives n'ont pas été publiées ; mais rien que le fait que le rebleuissement du sulfate blanc sert de moyen analytique prouve qu’il est sensible à des quantités d’eau qu'on ne pourrait plus mettre en évidence par d’autres méthodes. Il est sans importance pour notre expérience, que le sulfate soit insoluble dans l'alcool, parce que nous faisons distiller ce qu’il nous faut ; mais en général ceci est avantageux tout de même et confère à ce déshydratant, parmi tous les autres, une position particulière.
Nous opérions en tube fermé; on voudra bien se rapporter à la description qui a été donnée dans le chapitre relatif au système Ar-NF.
Un tube capillaire, de la taille et du calibre de ceux employés précédemment, plongeait, à travers un bouchon en caoutchouc, dans une bouteille de Dewar. L'air liquide que contenait la dernière pouvait être épavoré sous pression réduite. Nous condensions d abord l'alcool, en quantité désirée, puis l’argon.
Volume du tube. 0,1 cm? sur une longueur de 4,63 cm. La longueur totale étant de 24,5 cm., le volume intérieur était de 0,53 cmÿ.
L'alcool liquide qui se trouvait au fond avait une hauteur de 1 cm. environ. D’après ce que nous avons Vu, I CM. correspondait à 0,02 cmÿ.
Argon. Nous condensions 91 cm°, mesurés à 757 mm. Hg et à 18°.
En même temps nous remplissions, avec de l’alcool seul, un tube témoin. Les deux tubes étaient prélevés sur le même échantillon, ce qui garantissait l'identité des sections.
L'alcool présentait l'inconvénient, si l’on voulait le congeler, d’avoir de tous les corps, liquides à la température ordinaire, le point de fusion le plus bas. Nous étions obligé de refroidir le Dewar directement par de l'air liquide, dont nous évaporions une petite quantité. Pour que la température restât uniforme pendant le réchauffement, une bonne agitation était indispensable.
L'alcool congelé était blanc dans un tube autant que dans l’autre. Il semblait y avoir eu surfusion d'abord ; elle cessait brusquement, avec un petit bruit
sec, la masse se déchirait et se colorait de ce fait, en blanc. A la fusion on n’observait pas de différence de température. Elle se faisait exactement de la même façon dans les deux tubes ; des bulles gazeuses, ou même de la mousse, il n’y en avait point. Il ne semblait pas exister une combinaison entre l'alcool et l’argon sous une pression de 100 atm.