‹ Recherches sur l'argonChapitre 4 sur 20 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

$ 1. — Dans les études que Villard (r) avait entreprises au sujet des hydrates de certains gaz, il découvrait que l’argon se combinait à l’eau.

L’argon venait d’être découvert et à cette époque on ne devait pas lui connaître la grande inertie pour laquelle il est réputé de nos jours; car Villard cite cette combinaison sans avoir l’air de s’en étonner autrement. Bien plus tard seulement la question fut reprise par de Forcrand (2) il; confirma l'existence de l’hydrate d’argon et prépara aussi les hydrates des gaz inertes de poids atomique plus élevé ; celui de Krypton et celui de Xénon. La stabilité de ces produits augmente du reste avec le poids atomique. Voici les valeurs approchées des tensions de vapeur à la température de o°.

He” Ne Ar Kr Xe — — 105 14,5 1,2 atmosphères.

On voit combien ces pressions augmentent vite de droite à gauche ; peut-être pourrait-on observer les hydrates de Ne et d’'He, si seulement on arrivait à réaliser des pressions suffisamment élevées.

Les chercheurs qui se sont occupés des gaz inertes et plus particulièrement de l’argon, ont vainement

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essayé de le faire entrer en combinaison avec un autre

corps (3). L’argon semble mériter sa réputation; il est resté rebelle à toutes les tentatives. Car il faut bien reconnaître que les hydrates, au point de vue liaison, ne peuvent pas être mis sur le même plan que des combinaisons comme NHS ou SOZ. La liaison est moins solide, l’affinité moins grande. Elle est comparable à celle qui fixe de l’eau, combinaison en apparence saturée, sur du SO{Cu ou du NaCl, saturés eux aussi ; ou encore à celle qui fixe du NH$ sur du CaCË ; elle est comparable à cette affinité qui produit l’association de deux corps saturés. C’est celle des valences secondaires. Des édifices atomiques qui, d’après la position de leurs atomes dans le système périodique, semblent être fermés sur eux-mêmes, le sont rarement -tout à fait ; avec tel autre groupement saturé il peut y avoir association, révélant l'existence de valences secondaires. Il doit en être ainsi de l’argon, car d’après ses propriétés générales, sa valence principale est certainement nulle. S'il est permis d'espérer la découverte de nouvelles combinaisons d’argon, c’est sur les corps analogues à l'eau, manifestant comme elle des valences secondaires assez fortes, qu’il faut fonder son espoir.

Sur le conseil de M. Louis Hackspill j’ai donc essayé des liquides tels que H?S, NH, pour voir s'ils ne se combineraient pas à l’argon. Avant d’aborder ce travail j'ai repris l'étude de l’hydrate pour trancher la question de sa composition.

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