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LE POINT DE VUE REPARAIT

Rien de pire que de sortir de son naturel ou de ne savoir pas le garder, puisque c'est précisément par cet air-là qu'elles sont impressionnées. Les hommes qui se contorsionnent pour être aimables doivent

leur donner sur les nerfs. L'esprit même dans ses efforts apparents peut les blesser. Si elles se sentent observées, si elles démêlent de la gêne, elles faussent immédiatement leur caractère. C'est le point de perfection, sans doute, de pouvoir mettre une femme totalement à son aise.

Mais on voulait aboutir à quelque chose? Sans doute, mais....

On renvoie à Cabanis et à Lamethrie

.... Oui il y a quelques savants physiologues qui pourraient tirer parti du paquet.

Linéaments généraux : Quelques philosophes ont distingué deux espèces d'âmes. La première l'âme animale.... la seconde....

Théorie des idées-sensations, .. . Mais comment une idée peut-elle être une sensation ? Oui, mais comment une épouse blanche mariée à un blanc et qui songe à un nègre donne-t-elle le jour à un moricaud ? Mais cela n'arrive pas. On le sait bien.

Mais comment certains hommes ont-ils sur la figure un certain morceau de cuir de bœuf, une grappe de raisin, un plat de framboise, suite de queltjue désir indiscret pendant la période embryonnaire ? Mais cela ne prouve rien. Qui en doute ?

La physiologie est pourtant une belle science —

Les sympathies oulesanlij)atliies peuvent être des effets purement nerveux. . . .

.... Étudier Lamethrie.... Le physiologue serait moraliste et s'occuperait d'une physiologie de Ta-

mour.... Il expliquerait les femmes par la physiologie.

Étudier les rapports internes des organes de la sensibilité.».. Hypothèses ingénieuses sinon plausibles.

Sensualisme ph rsiologique -— de la sensibilité comme fluide.,.. Du plus haut degré et animalisation.

cisr<îD

Ce serait peut-être tînir sèchement que de ne pas ajouter quelque chose en matière de conclusion.

Il faut au moins montrer sur quelle base méthodique tout le système repose. Il y a trop de béotisme aujourd'hui en France pour que l'on dédaigne la méthode apologétique.

Voici donc la grande synthèse de l'ouvrage : La science de la vie considérée dans ses rapports avec le gouvernement des Étals 'à' Si^^eWe la politique . Considérée dans ses rapports avec les intérêts privés, c'est ce qu'on appelle crûment le sai'oir faire. Considérée sous le rapport des souffrances de l'âme humaine et réduite en préceptes moraux pour servir à la discipline de la vie, c'est ce que les anciens appelaient la sagesse.

^vec un cadre pareil, qui n'aurait pas eu le droit d'être ennuyeux? Mais l'auteur a cru devoir s'en priver^ dût-il n'entrer pas à l'Académie. Il lui a plu de ne faire qu'une nomenclature amusante dont le prix de fabrication serait cher si la main-d'œuvre se payait.

Ce livre peut après tout concourir au bien de l'espèce humaine. D'abord il apporte au scepticisme sa base rationnelle. Il fournit des points de vue trèsavantageux pour juger les charlatans dont l'espèce a singulièrement pullule.

La théorie générale de la comédie humaine est très-évidemment l'art de parvenir. Il fallait le dire, c'est dit. Quant à l'exécution elle-même, elle n'est qu'une indication de la méthode à suivre et une invitation à remplir les lacunes, adressée aux hommes de bonne volonté. Quand ce sera fait on aura un code très-réussi de la morale telle qu'elle existe et qu'on la voit pratiquée par les hommes d'État, iinanciers, sectaires et autres hâbleurs contemporains.

Cependant et nonobstant les bonnes intentions de l'auteur, si on lui reprochait de ne pas faire la part d'un bon sentiment dans l'àme humaine et d'ébranler les fondements de la vertu, il ne prendrait pas le reproche au sérieux, à moins que ceux qui le lui adresseraient n'eussent les poches et les mains bien nettes.

On peut trouver encore en France mille lecteurs en état de juger que ce livre est un divertissement bon-

iiéte et licite, qui ne fait du tort qu'aux chefs d'école, qui ont introduit le système de la corde roide et du balancier. On croit à la perfectibilité comme un autre, et Tamélioration morale commencera sans doute :

Quand la vanité sortira du ventre de Messieurs tels, tels et tels pour y laisser entrer le pur amour du bien public ;

Quand les hommes qui ont le respect des principes et la crainte des dieux immortels cesseront de prêter foi et hommage aux gouvernements qu'ils méprisent;

Quand ceux qui jettent les hauts cris en l'honneur des saintes causes, dépenseront dix écus pour les soutenir;

Quand les gens d'opposition au pouvoir cesseront de faire des lois réactionnaires ;

Quand un homme bien rente, bien situé, s'exposera au moindre désagrément, pour dire la vérité au pouvoir ;

Quand on se donnera sérieusement des coups d'épéepour soutenir ses convictions poHtiques;

Quand ceux qui nagent dans le budget demanderont la réduction de l'impôt ;

Quand les gens à dotation et à cumul demanderont la liberté de la presse et le droit de réunion ;

Quand ceux qui crient contre le luxe des femmes n'entretiendront plus les filles lancées;

Quand les filles très-lancées ne le seront plus par les défenseurs de la rehgion, de la propriété et de la famille;

Quand ceux qui se moquent tout haut des décorations et autres choses du même genre n'iront pas les solliciter à deux genoux ou à plat ventre dans les antichambres ;

Quand les Jacobins souffriront qu'on aille à la messe;

Quand les démocrates chevelus se soucieront cordialement de la démocratie;

Quand on voudra faire le bonheur du peuple sans songer à ses affaires personnelles;

Quand le plus fougueux libéral ne préférera pas mille fois être vaincu avec éclat dans l'opposition ((ue d'être subalternisé avec la victoire de son parti ;

Quand de simples voleurs ne paraîtront pas des gens de bien à côté de beaucoup d'honnêtes gens que Ton salue.

Quand les promoteurs de systèmes économiques nouveaux s'énonceront en langage clair ;

Quand on pourra gagner deux ou trois millions en deux ans par des moyens licites;

Quand on renoncera à son traitement et à sa place pour soutenir l'indépendance de son caractère ;

Quand les gens arrivés, jeunes ou vieux, ne prêteront plus le lacet pour étrangler les notoriétés nouvelles ;

Quand il faudra beaucoup de savoir pour parler polili(|ueetbeaucoupde talent pour faire un discours;

Quand l'Académie ne couronnera plus le savoir-

CONCLUSIOÎf. 393

faire littéraire et n'accueiliera plus dans sou sein les poètes pour dames ;

Quand on ne sera plus oblige de torturer la langue française pour diresa façon de penser et qu'on pourra appeler un chat un chat, et Rollet un fripon, etc.

Quand —

Le lecteur pourra, s'il lui plaît, continuer l'cnumération. Sur un sujet comme celui-ci, il n'y a ni commencement ni fin, et l'on prend sa dernière ligne où Ton peut.

vm.

Avant-Propos i

IINTRODUCTION.

Théorie politique et sociale du livre. — Définition rationnelle de l'égalité. Même point de vue à l'égard des Révolutions 3

Que la société n'est qu'un état de guerre réglé par les lois. Phénomène de l'équilibre social. Un des secrets de cet organisme. De la force morale 5

Fatalisme dans la répartition des intelligences et des forces morales comme des autres avantages sociaux. Tœ victis des temps modernes ib.

Réussir, parvenir, la loi suprême. Avertissement sincère ib.

ÉLÉMENTS GÉNÉRAUX DE l'aRT DE PARVENIR.

Chap. I. Du hasard et du bien jouer. — Définition de la vie. Principales parties à jouer. Histoire de Chavigny 7

Du hasard dans la vie politique; antre exemple 11

Des lois du hasard et du jeu, ce que c'est que réussir 15

Du but et des moyens. Précision du sujet , 17

TABLE ANALY'IIQLE

Chap, II. De la connaissance des hommes et des caractères. Les hon)mes envisagés comme moyens. Ce que suppose la connaissance des hommes 19

Des sentiments innés, première hranche de la connaissance des nommes. La peur en masse. La vanité, la défiance. Uerivie française. Théories à faire sur ces sentiments 20

Des opinions et des idées générales. Combien les préjugés sont une excellente chose pour tout le raonde 25

Chap. IH. Théorie de la force morale. Jeu de la force morale équivalent dans ses résultats à celui de la force physique ; considération grave 29

Du caractère. Ce qu'on entend par là. Des principes, qu'ul? Rien de commun en tout ceci avec la morale 32

Des rôles et emplois dans la comédie humaine 35

De quelques classifications. Étude des caractères humains d'après la méthode de l'histoire naturelle. Quelques genres et espèces. 36

Inutilité complète d'une classification. Variétés de types à d'autres

points de vue 38

En quoi consiste au juste la connaissance des hommes kO

Chap, IV. Des qualités et des talents. Influence des petites qualités et des petits talents sur le succès k"^

Des esprits bornés et des sots ; avantage que l'on trouve dans cette condition kk

De la médiocrité. Excellente chose et pourquoi ^5

Chap. V, Des manières. Aristocratie idé.ile. Combien il est nécessaire de se décrotter 48

De la mise en scène. Ce qu'on entend par là. De son rôle dans la polili(jue et dans la tliplomatie. Pantomime de Talleyrand au (Congrès de Vienne 50

Du langage de la conversation et de l'esprit. Nouvelles observations sur un sujet ennuyeux. Autre anecdote 52

Des procédés. Que la maxime de minimis non curât pnrtor est rayée soigneusement du décaiogtie des bonnes règles. Ignorance des procédés chez les auteurs dramatiques 5^*

Observations sur la ligne de conduite en général. Subdivision générale du sujet. Le plus court cUeinin d'un point à un antre.

Richesse de la terminologie de l'art de parvenir 55

DES iMATiÈRES, 397

nu POUVOIR ET DE l'aMBITIOX.

Chap. I. De fambitioîi en général. Que la politique est le plus beau jeu et le plus lucratif. 59

De la domination et de quelques-uns de ses secrets. Si la bassesse et la bêtise jouent le principal rôle dans la domination. Réflexion consolante. Rôle du spiritualisme 60

Considérations sur la Société de Jésus à propos du même sujet. 62

Aphorisme précieux 6^

Chap. II. De quelques facultés capitales.. De la volonté; retour sur la théorie de la force morale 66

Du foyer intérieur. Expansion de chaleur naturelle chez les grands hommes 68

De la dissimulation et du secret. Conseil de Mazarin à Louis XIV. Rôle de la dissimulation. Excellent mot de Cromwel. Monck, type historique de dissimulation 69

De la méchanceté calculée. Rôle du mal dans l'humanité. Prépondérance des principes faux et des sentiments pervers. Considérations historiques 73

Chap. III. Des partis. Idée que l'on doit se former des partis dans l'État. Qu'il n'y a jamais que deux grands partis en présence. 76

Amorces employées par les partis. Leur condition d'existence, partis factices; qu'ils se forment en faussant des principes. ... 78

Système d'enchérissement et de surenchérissement des partis pendant les révolutions 81

Tactique avec les partis. Que les partis ont deux manières d'être. Temps calmes. Des oppositions sans péril, agrément et utilité. . 82

Temps troublés, passer du calme à la frénésie. Art de se séparer des causes perdues. Talleyrand comme exemple 84

Des qualités nécessaires pour former un parti. Du bruit comme fondement des grands prestiges . . . , 87

Des sectes. Avec quoi on forme une secte. Pholius. Le tempérament est tout. Luther, Calvin. Diverses combinaisons du spiritualisme. Sensualisme religieux de Mahomet. liCS Saints-Simoniens ou le mahométisme moderne 88

Chap. IV, Des révolutions. — Que les révolutions ne sont pas ce qu'on pense 9^

Considérations physiologiques sur les révolutions. Conversions instantanées aux nouveaux principes. Illusions des premiers jours. Programmes connus. De la peur comme agent moral. Changement des caractères , . . . 96

Ligne de conduite et artifices pendant les révolutions. Comme on retombe sur ses pieds. Nécessité de se mettre avec ceux qui crient le plus fort * , 100

Comme les événements se préparent et se précipitent. Intervalles qui précèdent la chute d'un gouvernement et l'instauration d'un nouvel ordre de choses. Épisode de la révolution de 1830. Des causes secondes et de leur puissance 104

Chap. V. De la politique. — Définition vraie de la politique. Qu'elle fait ses meilleures œuvres avec le limon le plus grossier. 100

Inutilité complète de la logique. Inconséquence naturelle. Calculs algébriques de la politique 112

Des artifices de la politique. Sophistique grecque et byzantine. . . \\k

De la coloration des actes. Des petites choses esseutielks 116

Des grands hommes. Que la postérité donne généralement ce nom à ceux qui spéculent le mieux dans leur intérêt. Qualités nécessaires 118

De la diplomatie. Art des prétextes. Chassez- croisez des traités de paix, de guerre et d'alliance. Appétit des grandes puissances. Questions qui en résultent. Dernière guerre d'Allemagne 120

Du talent de rédaction dans les documents dij)lomatiques 124

De la tactique parlementaire. Maniement et direction des assemblées. De l'éloquence : f^'ir improbus dicendi pcritus. 127

l'.léuients généraux des assemblées j)arlementair( s. Equation sur les éléments moraux (jui les constituent. Ressources de la discussion pour diviser les passions et déplacer les points de vue 129

Qualités du tril)un parlementaire. Hampden. Mécanisme de la procédure parlementaire. Machines de guerre 130

Comment les assemblées changent. Dialogue historique entre Vitrolles et Fouche. Révolutionnaires moutons et tribuns tle carton Iii3

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