OBSERVATION SUR LA. LIGNE DE CONDUITE EN GÉNÉRAL
Dans un sens plus large, le mot de procédés s'étendrait à la mise en œuvre de toutes les règles de la stratégie sociale; et, sous le titre De la ligne (le conduite en général^ on pourrait former un chapitre composé des subdivisions suivantes :
Des conjonctures;
Du calcul des probabilités;
Du temps opportun et de l'à-propos;
Des circonstances critiques;
Des partis à prendre et de la résolution;
Des artifices, etc.
Mais ce serait la pire des choses que de donner tête baissée dans toutes ces matières; il suffit de montrer que le fil conducteur n'est jamais perdu. La substance des idées omises se retrouvera un peu partout. Quelques observations doivent seulement être faites sur la ligne de conduite en général.
La ligne de conduite est la mise en application constante des règles que l'on suppose gouverner les
situations. Quand on dit de quelqu'un qu'il n'a pas de li^ne de conduite, cela signifie qu'il n'a pas de plan, pas de système, ou, ce qui est la même chose, qu'il ignore les règles du jeu qu'il joue. Ces gens-là comptent dans la vie comme des zéros à la droite d'un nombre.
Le premier principe, le principe par excellence de la ligne de conduite en général, est celui-ci :
Le plus court chemin d'un point à un autre est In ligne courbe.
C enchaînement des courbes constitue la tactique^ c'est le corollaire.
Il n'y a pas de lactique irréprochable. II en est de ceci comme des fausses manœuvres à la guerre; cha- (jue fauïe amènerait une défaite si l'on avait affaire à un adversaire qui les vit toutes et sût en profiter ; mais le plus souvent on lutte avec de non moins malavisés. Il y a autant d'impéritie d'un côté (jue de i autre, et c'est le moins maladroit ou le plus heureux quil'emporle.
Il reste à fiiire remarquer que fart de parvenir crée à lui seul une véritable langue dont les termes sont presque exclusivement empruntés à la politique, à fart militaire et à la diplomatie*. C'est que l'art de parvenir n'est liii-inème qu'une généralisation de tous ces arts. Ciiaque individu en particulier a droit d'alliance de paix et de guerre, et ne pro-
1. On pourrait encore ajouter, à la navigation, à la chasse et aux jeu\.
cède pas autrement en somme dans ses entreprises que la société politique à laquelle il appartient.
L'idée poursuivie dans ce livre est arrivée à toute sa synthèse. Les exigences de la méthode cartésienne sont plus que satisfaites. On peut passer outre.
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