CHAPITRE I
A cette dernière subdivision, on peut voir que la figure du sujet est complètement décrite, puisque les cinq mobiles de l'ambition humaine rayonnent autour de la conception principale. Quoique l'auteur se soucie moins que personne de la méthode dans les œuvres de fantaisie, il lui plait cependant de faire remarquer l'architecture du temple et la simplicité de son ordonnance, de peur que le lecteur ne s'en aperçoive p^s.
On va essayer de passer d'un sexe à l'autre. Les hommes ont été envisagés comme moyens; les femmes seront envisagées comme but. Le positivisme moderne et la méthode scientifique ne permettent pas de s'exprimer avec moins de roideur; mais que
dire^ grand Dieul sur un sujet dont tous les côtés sont uses comme les points d'une vieille tapisserie. Le meilleur moyen est de ne pas s'en tourmenter. L'auteur en dira toujours bien autant là-dessus que MM. Legouvépère et fils, qui sont ou qui ont été de l'Académie pour avoir célébré le beau sexe. On comprend déjà que la conception rachète le sujet, puisque le sujet lui-même n'est qu'un point de vue accessoire d'une théorie générale. Ici plus que jamais les ellipses sont nécessaires, puisqu'il s'agit de superposer une centième ou une millième couche sur un terrain fossile.
Une des conditions de l'art littéraire est de ne pas peindre directement; il faut commencer par un côté quelconque et s'en remettre au hasard pour tout le reste.
Ce fut une question controversée autrefois de savoir si les femmes avaient une âme; c'en est une aujourd'hui de savoir si elles ont un caractère. L'auteur résout galamment ces deux questions par l'afhrmative. Puisse cette condescendance lui rendre favorable un sexe avec lequel il est si doux de pai'\ enir !
Une femme qui a écrit avec grâce sur des sujets sérieux, quoiqu'elle ait donné le jour à l'homme le plus pédant de France \ a eu à cœur de venger les femmes du reproche qu'on leur adresse souvent d'être toutes les mêmes.
1 , On ne i)t'ut pub iiomiiicr.