‹ Recherches sur l'art de parvenirChapitre 99 sur 119 · D UN PROCES TOUJOURS PENDANT ENTRE LES DEUX SEXES · texte numérisé non relu

D UN PROCES TOUJOURS PENDANT ENTRE LES DEUX SEXES

il y a une sorte de procès qui existe depuis le commencement entre lesdeux sexes. Legriefse traduitdu côté des hommes par ces mots : Ok ! les femmes !... Et il se traduit du coté des femmes par cet autre mot : Oh ! les hommes \. . .

Cela équivaut des deux parts à une accusation en règle. La question toujours pendante serait donc de savoir quel est le sexe qui a le plus de torts en général vis-à-vis de l'autre.

Comme le conflit ne s'élève que sur le terrain de l'amour, il y aurait, à ce (ju'il semble, un moyen assez simple de le vider, ce serait d'examiner quels sonllesprocédésdes hommes, quand ilsaimenl elcjuels sont dans ]c nu me cas les procédés des femmes. On reconnaîtrait peut-être ((u'il faut une étrange audace de la part des hommes pour se poser en victinies; mais peut-être reconnaîtrait-on aussi (jue les fenmies ont tort de se |)laindre. On refuse de faciliter la solution de cette question.

Une princesse de ce Icmps-oi, une princesse encore vivante, (jui a été belle et (jui //c s\'/f es/ /uts luit fdule^ a écrit ceci ;

s'il y a des idées ou sensations en amour. 333

« Il y a deux choses dont un homme ne convient' jamais avec une femme, qu'il en ait aimé une autre et qu'il lui soit resté fidèle. Il jouerait tout son bonheur pour cette vanité d'avoir possédé sans aimer.

(c Jamais on ne pardonnera à une femme libre d'être la première à rompre ses liens. Il y a dans cet acte un renversement de l'usage, un dédain de sa colère dont un homme sera toujours profondément blessé. Il ne se souviendra pas des milie méfaits qui ont fait prendre cette détermination. Il en sera étourdi. Tant qu'on l'aime il se pardonne aisément ses petites infamies. Quand il n'est plus aimé il veut encore être craint. ... Et c'est en affectant un dédain qui ne trompe personne qu'il cherche à reprendre contenance. »

Un trait aussi pris sur le vif méritait d'être sauvé de l'oubli, et la dame qui a écrit ces lignes enverra sans doute ses remercîments à l'auteur, qui lui baise respectueusement les mains.

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