‹ Recherches sur l'assimilation chlorophyllienneChapitre 2 sur 49 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Toutes les actions de La lumière sur les êtres vivants : tropismes, réactions cutanées, motrices ou sensorielles, phénomènes abiotiques, sont rapportées par les physiologistes à des processus chimiques. Mais qu'il s’agisse des oxydations imaginées par Los (1906) pour la compréhension des tropismes, des réactions auxquelles V. Hexm (1912) fait appel pour rendre compte de l’excitabilité des petits organismes sous l'influence : des rayons ultra-violets, qu'il s’agisse enfin de la réaction d’où provient la vision (1), én aucun cas on ne peut savoir quels sont les corps chimiques qui interviennent.

Dans l'assimilation chlorophyllienne, la réaction chimique produite par la lumière est également inconnue. Sans doute, on sait écrire dans une équation le bilan des échanges gazeux : qui se font entre’ la plante et l’extérieur sous l’action de la lumière. On sait encore que la présence de eblorophylle est nécessaire pour qu'ait lieu Ia photosynthèse. Mais on ignore complètement quelle réaction chimique est effectuée par la lumière, et même sur quels corps elle ‘porte. Car il est fort douteux que.ce soit le gaz CPROnIqUe lui-même qui soit is ment réduit par la lumière.

De quels moyens disposons-nous pour découvrir la nature des substances en jeu dans les actions produites par le ras onnement ?

Les corps formés échappent à l'analyse chimique : ils

(1) Le pourpre rétinien se décolore sous l’action de la lumière. Mais ce pigment apparait seulement dans l’appareil de vision crépusculaire, S'il est un sensibilisateur, on ignore quelle réaction il sensibilise,

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n’existent qu'en quantités minimes ou ontune durée éphémère. Ou bien, comme l'oxygène qui se dégage pendant l'assimilation chlorophyllienne, on peut penser qu'ils sont le produit ultime de transformations dont la première, réellement photochimique, nous est inconnue.

Puisque du côté matière, le problème paraît imsoluble, on doit chercher à l’étudier du côté rayonnement. Plus exactement, on peut se demander si l'interaction du rayonnement et de la matière n’obéit pas à des lois telles que la connaissance des radiations actives nous renseigne sur les substances réagissantes. Je pense avoir montré, dans le premier chapitre de ce travail, qu'il en est bien ainsi. On est donc en possession d’une méthode qui peut permettre de reprendre l'étude des actions biologiques de la Iumière. Je me suis proposé d'appliquer ce procédé d'investigation au cas de l'assimilation chlorophyllienne. Malgré les très nombreuses recherches poursuivies depuis un siècle et demi sur cette question, il en est peu d'aussi obscures. Dans les trente années qui suivirent la découverte de Prissrzes (1771) presque toutes les données actuellement acquises furent établies par Ixçexnousz (1779-1800), par Sexe- BizR (1782) et par de Saussure (1804). Puis,on n'avança plus que très lentement, si même on avanca. JorceNsEN et Srices, dans une étude critique récente (1919) ont incriminé avec raison la manière dont le problème fut presque toujours abordé : ce n’est que dans ces toutes dernières années qu'on paraît avoir cessé de le considérer comme une question de chimie et de physique pures. Des chimistes comme Wizzsrærrer et Sroir, des, physiologistes comme BLackmax et ses collaborateurs ont mis en relief le rôle actif du protoplasme. L'acte essentiel de la photosynthèse s’est trouvé ramené au nombre des réactions que la matière vivante sait accomplir chaque fois que d’autres réactions lui fournissent de l'énergie libre. En cherchant à déterminer les corps sur lesquels agit la lumière au cours de la réduction du gaz carbonique, j'ai été conduit à une conclusion analogue, mais par une voie bién différente et qui permet de saisir le rôle de la chlorophylle et du rayonnement.

Sans doute de nouvelles et difficiles recherches devront encore confirmer l'hypothèse à laquelle j'ai dû narrêter. Mais les résultats déjà acquis justifieront, je l'espère, la méthode

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