TABLEAU XVI
2222 à ; Rouge Vert Violet Encrgie absorbée = P,. 50 PRÈS 29 Vitesse de la réaction = ». 45 1,95 30 DD | AD 0 ÉHEG 2 1.03 Constante d'absorption = K.10,46 (1 — 670)/0,09 (1 — 520)/1,31 (à — 430) Susceptibilité phot. = 5 .| 0,41 F 0,056 1,34
Ainsi la susceptibilité photochimique varie avec la longueur d'onde d’une facon sensiblement proportionnelle à la constante d'absorption K, sauf au voisinage du minimum où elle décroit plus rapidement. Les radiations dont les fréquences correspondent aux deux bandes de la chlorophylle rouge et violette sont actives. Elles sont à énergie absorbée égale, également actives.
35. La décoloration dans les leucites. — Nous avons déjà vu que le mécanisme chimique de la décoloration dans les leucites est le même qu'en solution dans les solvants neutres, qu'il constitue à aussi une photooxydation (chapitre IF, $ 17). IL est donc vraisemblable que la loi d'action du rayonnement soit la même dans les deux cas.
Cependant Prinésaem (1881) avait obtenu des résultats coniplètement différents des nôtres, en ce qui concerne l’action des lumières de différentes couleurs sur la décoloration des leucites. IT nous à paru nécessaire d'effectuer quelques essais, au moins qualitatifs sur des végétaux vivants. Nous nous sommes
adressé à des thalles d'Uve ue qui one pour toutes les recherches photochimiques un matériel de choix. Exposés au soleil derrière des écrans de bichromate de potassium et de sulfate de euivre, les fragments irradiés par de la lumière rouge ont été rapidement décolorés (5 à 6 heures) ; les fragments irradiés par de la lumière bleue dont l'intensité est plus faible ont été aliérés beaucoup plus lentement (la destruction de chlorophylle étant au bout de 6 heures, d'environ
* 20 0/0). I serait utile de reprendre ces expériences quantitativement, sur des thalles tués préalablement pour éviter l'influence des actions abiotiques. Maïs ces simples essais qualitatifs rendent extrêmement probable que les différentes radiations agissent respectivement, sur la chlorophylle dans les leucites, suivant la même loi qu’en solution.
36. L'action protectrice des lipochromes. — Les résul-. tats que nous venons d'obtenir permettent d'examiner s'il existe où non, comme on l'a prétendu, un rôle protecteur des pigments jaunes (ou lipochromes) qui accompagnent la chlorophylle dans les plantes.
Parmi toutes les hypothèses qui ont été soutenues jusqu'ici, relativement à la signification physiologique des Hipochromes, * leur intervention comme protecteurs paraissait la plus admissi-
ble. En effet, l’idée d’'ENGELMANN Liu que ces pigments participent à l'assimilation du carbone n’a jamais pu être vérifiée. Chez les Algues brunes étudiées par ENGELMANN, et qui sont . particulièrement riches en lipochromes, on constate bien un déplacement du maximum principal de l'assimilation. Mais le second maximum que l'on observe.chez les Algues vertes dans la région spectrale où les lipochromes absorbent, manque chez les Algues brunes. Il serait indispensable de reprendre quantitativement, maintenant qu'est connue (chapitre IV, $ A7) la loi d’assimilation en fonction de la longueur d'onde, une recherche sur des algues contenant très peu de chlorophylle et beaucoup de lipochromes, et de comparer les courbes obtenues avec ces algues aux courbes normales. Cette recherche pourrait aussi être effectuée sur, des feuilles pauvres en chlorophylle, à condition de déterminer l'absorption de ce pigment
et de ceux qui l'accompagnent (PRE et pigments solubles dans l’eau).
Le seul travail qui se rapproche de ces conditions, celui de Encezmanx (1887) sur les feuilles jaunes de Sambucus nigra var. aurea, ne montre aucunement une courbe d’assimilation ,s’élevant quantitativement dans la région d'absorption des lipochromes, comme l’exigerait leur intervention.
Quant aux expériences sur l'assimilation globale des feuilles étiolées on n’en peut ürer aucune indication sur le rôle des lipochromes dans l'assimilation (1). On peut dire que tout ce que l’on sait jusqu'ici infirme lhypothèse d'une fonction assimilatrice des lipochromes. |
Le rôle de la carotine dans les processus respiratoires des plantes, suggéré par ArnauD (1889), ne parait pas mieux fondé. Dans les expériences récèntes de Wiisrærrer et Srozz (1918) le dosage des pigments n'a décelé aucune variation après une respiration accélérée -
Il est au contraire certain que ces pigments diminuent la vitesse de photooxydation. En effet, les lipochromes absorbent . fortement des radiations bleues et violettes, que nous savons être actives sur la chlorophylle. Des expériences directes de
D. Iwaxowski (1913) ont montré que la lumière détruit plus
rapidement des préparations colloïdales de chlorophylle en l'absence qu'en présence des lipochromes.
Toutefois, lorsqu'on parle d’un rôle protecteur des lipochromes, on entend implicitement que ce rôle est favorable à la plante.
Nous allons montrer qu'au contraire il est. tout à fait illusoire. D'abord il est. compensé — pour employer un langage finaliste — par une diminution de l'intensité de l'assimilation, les radiations absorbées par les lipochromes étant actives dans le phénomène chlorophyllien. D'autre part, lorsqu'on calcule le ralentissement exercé par les lipochromes, du fait de leur absorption, sur la photooxydation de la chlorophylle, on obtient
une valeur qui ne dépasse pas 6,5 0/0. Pour faire ce calcul
nous avons envisagé le cas d'un thalle d'U/va lactuca. Nous
(1) Ces expériences (Ko, 1906, Moriscu, 4905, Sramr, 4906, Irvinc, 4940, WiccsrærtTer, 1915, Bricés, 4920) font intervenir des facteurs multiples.
avons pu en effet (chapitre IV, $ 43) déterminer directement
l'absorption des divers pigments dans ce thalle mince qui se
prête remarquablement aux mesures spectrophotométriques. Nous pouvions donc connaitre le pouvoir absorbant À; pour
. chaque longueur d'onde : |
1° De la chlorophylle seule ;
2° Des lipochromes seuls ;
30 De la somme chlorophylle + lipochromes.