TABLEAU XVII
: La -Chlorophylle seule
Na Chlorophylle Lipochromes ne no chien À —.
A; A E; A; : 2 ARS 0 0 0,05 30,0 0,07 41,3 0,12 70,8 0,45 247,9 0,48 264,0 0,41 209 ,1 0,44 224,4 0,49 225 ,4 0,51 234,6 0,40 470,0 0,54 22975 0,41 157,8 0,75 288,8 0,37 129,5 0,65 227,5
es
Lanezey (1903) a d'autre part déterminé la courbe de répartition de l'énergie dans le spectre solaire. On peut donc pour chaque longueur d'onde connaitre l'énergie absorbée en multipliant le pouvoir absorbant À; par l'énergie solaire E;. La courbe tracée en portant le produit A;.E, en ordonnées et les longueur d'onde X en abscisses limite une surface proportionnelle à l'énergie absorbée. En tracant les trois courbes correspondant à la chlorophylle seule, aux lipochromes seuls et à leur totalité, il suffit de mesurer les aires décrites par ces courbes pour avoir tous les éléments du calcul. Nous savons en effet, par ce qui précède, la relation qui existe entre la vitesse de décoloration et l'énergie absorbée.
Ce calcul ne sera évidemment valable que pour la lumière directe du soleil. En lumière diffuse, plus riche en rayons de courtes longueurs d'onde, la protection des lipochromes serait plus importante. Mais l'expérience prouve que l’on n'observe de décoloration appréciable qu’à la lumière directe du soleil.
Le tableau ci-dessus indique les chiffres qui nous ont servi pour le caleul. Au dessus de 530 mu, l'absorption des lipochromes étant pratiquement nulle, les trois courbes se confondent.
La mesure des surfaces donne les valeurs suivantes pour l'énergie absorbée par la chlorophylle.
TABLEAU XVHL. ;
ro
À .. Sans En présence lipochromes de lipochromes .
; î Région violelte (1 << 460) . . 820 , 970 Reste du spectre visible (> 460) 2.990 2,990 ‘Energie absorbée totale, . 3.840 3.560
La vitesse de destruction est sensiblement proportionnelle à l'énergie absorbée (la région du minimum étant tout à fait négligeable), on a done, du fait des lipochromes, une diminution de la vitesse de destruction qui n’atteint pas plus de 6,50 /0.
En fait, nous avons montré que le mécanisme protecteur est tout autre. H est constitué par la présence d’autres colloïdes dans le chloroplaste. Ce sont les complexes formés avec la chlorophylle qui lui confèrent sa stabilité #n vivo.
S'il existe, comme l'a suggéré F. G. Kour (1906), une action protectrice des lipochromes sur les diastases de la feuille, celle-ci “est certainement beaucoup plus importante que l'action protectrice vis-à-vis de la destruction de la chlorophylle. On sait depuis les recherches de Dowxes et Biuxr (1878) sur la zymase de levure, que ce ferment se détruit à la lumière. Browx et Morris (1893) ont établi que ia quantité d’amylase contenue dans les feuilles, aux différentes périodes de la journée semble liée aux conditions d’éclairement. On sait enfin (A. CnaucHarT, 1920) que les radiations qui agissent le plus activement sur les diastases sont les radiations de courtes longueurs d'onde, c’est-à-dire, pour Le spectre solaire, précisément celles. qui sont absorbées par les lipochromes. Ces pigments absorbent fortement les radiations violettes comprises entre 550 et 400 mu. Dans cette région, leur présence entraine donc une dimiqution notable de l'énergie lumineuse, capable d’agir sur les diastases. En effet chlorophylle et-lipochromes se comportent comme des écrans quiatténuent la lumière.-Dans la région bleue du spectre, la chlorophylle seule absorberait 1,3 fois moins d'énergie que la totalité des pigments.
Mais toutes ces hypothèses sur. lés fonctions des lipochromes semblent n'avoir d'autres bases que le souci finaliste de leur faire Jouer un rôle avantageux pour le végétal. En fait, la physiologie de ces pigments ne pourra ètre écrite qu’ après en avoir étudié les conditions d'existence et les variations quantitatives: ©
IS semblent devoir être considérés, provisoirement, comme des substances de déchet. Par leur constitution hydrocarburée ils se rapprochent de ces corps, comme le pétrole et l’ambre, qui, véritables fossiles de la chimie organique, selon l’expression de M. G. UrBain (1919), nous indiquent vers quelles formes stables évoluent les constituants des êtres vivants. À cause de leur stabilité chimique, ils ne peuvent pas être réassimilés . directement par la plante. Des travaux récents de l'Ecole américaine montrent qu'ils passent sans altération à travers les
organismes animaux (LEROY 8: Parme et C 5. H. EGkLES, 1912). C'est la lumière qui intervient dans les dre pour réaliser, lentement d’ailleurs, une combustion, sans doute incomplète, dont les produits peuvent alors être réutilisés par le végétal.
Si l'on admet que la chlorophylle se forme aux dépens des sucres, elle ne peut prendre naissance que par des processus réducteurs. On peut penser que les pigments jaunes des chloroplastes apparaissent au cours de ces réductions. On concevrait ainsi la constance relative des rapports entre la chlorophylle, la carotine, et la xanthophylle dans les leucites. Un régime s'établirait entre la destruction de la chlorophylle, sa formation, et la production des lipochromes. Les vitesses de ces diverses réactions régleraient la proportion des quantités des divers pigments présents dans la feuille. Cette hypothèse paraît plus admissible que celle de Lusimenko et Monreverne (1913) qui fait dériver Les lipochromes de la chlorophylle par oxydation sous l'influence d’oxydases. GuizziermonD (1919) a récemment apporté des faits Histologiques contre cette théorie qui ne semble pas chimiquement fondée.
Laissant de côté toute hypothèse, nous conclurons que les lipochromes ne protègent que dans une mesure infime la chlorophylle contre la photooxydation mais réduisent d’environ 30 0/0 la vitesse de destruction des diastases par la lumière.
: Les calculs qui nous ont conduit à ces résultats nous servi- .ront encore, au cours du prochain chapitre, pour déterminer dans quelle mesure les lipochromes ralentissent l’action photosynthétique des radiations qu'ils absorbent.