TABLEAU XIX
Bichromate Chlorure’ Sulfate de cuivre de potassium de cuivre ammoniacal
D 'ÉRRRRR. | P C C
Transparence À Transparence À Transparence
Les trois régions limitées par ces écrans sont : 1° Une région rouge à partir de 5604 ; 2 Une région verte de 560 à 4602 ; 3° Une région violette à partir de 4602,
Al. Mesure de la vitesse d’assimilation. — La nécegsité de connaître le spectre d'absorption de la chlorophylle dans les leucites mêmes imposait d'étudier l'assimilation sur des végétaux assez minces pour se prêter à un examen direct : le thalle d'une Algue verte, Ulva lactuca, remplit parfaitement cette condition ; il présente en outre Hate d'offrir des surfaces
. lisses assez considérables pour qu'on put y découper des fragments réguliers, d’aire rigoureusement déterminable. Parmi
les procédés de mesure de l'assimilation applicables aux plantes submergées, le plus fréquemment employé consiste à compter le bre de bulles de gaz qui se dégagent sous
l'action de la Iumière, comme l'inagina Rene (1884). Sans
nier que Ià méthode des bulles puisse dans certaines conditions rendre de réels services, on ne peut s’y fiér dans tous les cas où l’on désire comparer des intensités d’assimilation très différentes. Quand l'assimilation est faible, l'oxygène formé peut se dissoudre entièrement dans l’eau et aucune bulle n’apparaître.
C'est sans doute à cette cause qu’est due la surprenante fai-
blesse de l’assimilation en lumière verte, constatée par Kwiep et Minper dans leurs expériences et qué nous avons déjà signalée. Brackman et Suirs (1911) ont imaginé une méthode beaucoup
: plus sûre. Elle consiste à utiliser un courant constant d’eau P
chargée de CO? qui baigne la plante étudiée. On dose la teneur en CO? dé l'eau avant et après le contact avec la plante ; on retranche de cette différence la quantité de CO? trouvée dans le gaz qui se dégage de l’eau sous forme de bulles. Enfin on Ne le CO? calculé pour la respiration. On a ainsi la mesure
- de l'assimilation.
Cette méthode excellente présentait toutefois le gros inconvénient d'exiger un dispositif compliqué, difficile à se procurer dans un laboratoire maritime. La méthode que nous avons employée consiste à doser le CO? disparu par un procédé colorimétrique imaginé par Osrerrour et Haas (1918). IL repose sur l'observation suivante : Los et Osrennout remarquèrent que certaines algues marines, quand elles sont exposées à la lumière, rendent l’eau de mer plus alcaline. Les plantes enlévent aux bicarbonates une certaine quantité de CO?, Ia teneur en carbonates augmente, et avec elle la concentration en ions
HO-— de l’eau de mer.
64 RECHERCHES SUR L'ASSIMILATIGN CHLOROPHYLLIENNE
Pour mesurer le degré d’alcalinité, on additionne l’eau de mer d'une trace d'indicateur : 10 gouttes de solution alcoolique saturée de phénolphtaléine pour un litre d'eau de mer. On peut ajouter l'indicateur soit au début des expériences, soit après
l'exposition. OsternouT et Haas n’ont vu aucune modification
due à l'indicateur dans la marche de l'assimilation. Il est donc plus simple d'ajouter la phénolphtaléine au début ; il suffit alors de noter le temps nécessaire pour atteindre un virage déterminé ; on a directement un chiffre inversement proportionnel à la vitesse de l'assimilation. |
Pratiquement, les expériences étaient disposées de la façon suivante : sur une Ulve, recueillie autant que possible le jour même, n'ayant en tout cas pas séjourné plus de 24 heures dans l'aquarium, on découpe trois fragments d'égale surface (1 em. X< 3 cm.). Ces fragments sont frottés sous un courant d’eau de mer pour détacher de la surface les algues microscopiques qui pourraient y être fixées, puis disposés dans des tubes de verre remplis d'eau de mer phtaléinée et soigneusement bouchés. On place ces tubes dans une boîte percée de fenêtres devant lesquelles ont été posés les écrans. Etle tout est exposé à la lumière diffuse, afin d'éviter l’échauffement et l'excès de lumière qui tuent rapidement les Ulves. Un tube de verre identique à ceux qui contiennent les fragments de thalle est rempli d'eau de mer phtaléinée légèrement alcalinisée : il sert d'étalon. On note les temps au bout desquels les différents tubes atteignent une coloration identique. Avant et après chaque Pxpérience on RICHES la température de l’eau de mer et l'on s'assure qu'ellé n’a pas subi de variation appréciable.
On sait que lés lumières de différentes couleurs agissent différemment sur la respiration. Bien que les quantités de CO? dégagé par la respiration soient une faible fraction (environ 1/10) du CO? absorbé dans le phénomène de photosynthèse, il était nécessaire de s'assurer que cet effet était véritablement négligeable. Pour cela trois tubes contenant chacun un fragment d'Ulve, de l’eau de mer phtaléinée légèrement alcaline (1) et une goutte de chloroforme, étaient placés devant les écrans
(1) I suffisait de prendre de l'eau de mer phlaléinée, contenant un fragment de (halle, et de l’exposer pendant quelque temps au soleil.