TABLEAU XXXVI
Ulva lridea Nitophyllum lactuca edulis Hillix Chordphylle.." + 1) 087 1,60 0,67 Lipochromes . . , . 0,56 210 0,70 Come bipar de he 1,04 0:76 "120,98
RE Ces relations biochimiques mettent en évidence le fait que les formes vertes sont des formes chimiquement anormales. Elles semblent provenir des formes riches en phycoérythrine par effet photochimique direct dé la lumière intense sur ce pigment. La chlorophylle est, elle aussi, plus rapidement oxydée et il s’établit un nouveau régime entre la vitesse de destruction et la vitesse de reconstitution, qui rapproche la teneur en chlorophylle de celle des algues ordinairement exposées à la lumière, telles que les Ulves. Cette hypothèse trouve sa confirmation dans l’existence de produits encore colorés, jaunes verdâtres, insolubles dans les solvants neutres, qui restent dans la pulpe épuisée et qu'on ne rencontre que dans les formes vertes. Ces produits sont vraisemblablement dus à la transformation incomplète de la chlorophylle. Ce sont eux aussi qui protègent les lipochromes contre une oxydation plus intense et contribuent à abaisser le rapport chlorophylle : lipochromes ; d’ailleurs, en solution au moins, et aux doses où ils existent dans les leucites, les lipochromes sont plus lentement détruits par la lumière du soleil que la chlorophylle elle-même. La photooxydation rapide de la phycoérythrine explique le
fait constaté par v. Ricarer (1912) et que j'ai vérifié, que les
algues rouges assimilent relativement aux algues vertes beau-
coup plus énergiquement en lumière diffuse qu'en lumière intense.
Si les formes vertes des espèces que nous venons d'étudier sont chimiquement anormales, nous avons vu qu’elles l’étaient aussi physiologiquement, puisqu'elles assimilent très pauvrement par rapport aux formes rouges. La phycoérythrine caractérise donc les formes dont les échanges physiologiques normaux ont lieu à l'abri d’une lumière intense. De même le pourpre, chez les oiseaux, caractérise la rétine des espèces nocturnes.
56. Conclusion. — Le rôle de la phycoérythrine ne paraissant plus douteux, il convenait de se demander à quel temps du processus photosynthétique il pouvait intervenir. Nous savons d'une part que le pigment se trouve dans les chromatophores, d'autre part qu'il est de nature protéique. La facile séparation de la chlorophylle par les solvants parle contre une liaison intime des deux pigments. Or on sait que les sensibilisateurs n’agissent qu'autant qu'ils sont fixés sur le corps qu’ils sensibilisent. On. est donc conduit à penser que le stroma du leucite est le siège de la transformation (réaction II de notre schéma) que la phycoérythrine accélère. Nous savions déjà que c’est au sein du stroma que se produit vraisemblablement l'acte essentiel de la photosynthèse : la réduction du gaz carbonique. L'étude de l'assimilation chez les algues rouges apporte donc en faveur de cette manière de voir un nouvel argument.