CONCLUSIONS
1° Le premier chapitre de ce travail comprend l'exposé d’une: méthode qui permet d'étudier le mécanisme des actions de la lumière. Cette méthode est fondée sur l'existence d’une relation entre les propriétés absorbantes des corps et leuï: susceptibilité photochimique définie de la façon suivante : la vitesse » d’une transformation chimique, effectuée par un rayonnement dont la puissance incidente P, agit sur une couche infiniment mince de la substance photosensible ‘a pour expression si la réaction est d'ordre n : - | Npe=ocrP,
€ étant la concentration de la substance, et le coefficient s, la susceptibilité photochimique de la réaction. La fréquence de la lumière pour laquelle la susceptibilité photochimique est maxima est la fréquence active de la réaction. Cette fréquence correspond généralement à un maximum d'absorption de la substance ou du groupement moléculaire photosensible. IE est done possible, en combinant l’étüude des vitesses de réaction et des constantes d'absorption en fonction de la longueur d'onde, de chercher quelles sont les substances qui entrent en réaction quand-les procédés d'analyse chimique y sont impuissants. C’est le cas des actions biologiques de la lumière en général, celui de l'assimilation du carbone par les plantes vertes en particulier.
2 Le facteur qui règle la stabilité de la chlorophylle dans les leucites exposés à la lumière est l'oxygène. La présence’ des coHoïdes cellulaires ralentit l’arrivée de l'oxygène. jusqu'aux granules du pigment, et la teneur en eau plus ou moins grande. de cette enveloppe protectrice rend compte des différences, de stabilité de la chlorophylle chez les divers végétaux. Il résulte
de ces faits l'impossibilité d'admettre que le dégagement. d'oxygène, pendant la photosynthèse ait lieu au contact même du pigment. On est ainsi conduit à une hypothèse cohérente avec ce que l'on sait actuellement sur le mécanisme de l'assimilation chlorophyllienne. La réduction du gaz carbonique à lieu vraisemblablement dans le stroma incolore des leucites, aux dépens de l'énergie libérée par une réaction PRONERMRARS qui ‘se fait au niveau du pigment.
3° La seule modification chimique connue jusqu'ici, que l’on puisse observer sur la chlorophylle exposée à la lumière, est cette destruction par oxydation. Nous avons étudié la cinétique de cette réaction sur des solutions de pigment pur dans l’acé-, tone, et cherché comment varie la susceptibilité photochimique. en bon de la longueur d’ onde ef de la constante d'absorption K. Nous avons trouvé que la susceptibilité photochimique
varie avec À d’une façon sensiblement proportionnelle à K, sauf au voisinage du minimum d'absorption où elle décroit plus rapidement. Les radiations, dont les fréquences correspondent aux deux bandes principales rouge et violette de la chlorophylle, sont, à énergie absorbée égale, également actives.
Incidemment ces recherches permettent d'établir que les lipochromes exercent une action protectrice négligeable vis-à-vis de la photooxydation de la chlorophylle.
4 La même étude a alors été entreprise sur l'assimilation du carbone. Nous avons fait ces recherches sur une algue verte qui se prête remarquablement à des déterminations quantitatives : Ulva lactuca. Leur résultat à été le suivant : le rendement (rapport de l'assimilation à la quantité d'énergie absorbée) est maximum dans la région verte qui est celle de moindre absorption. Ce fait, en apparence paradoxal, est au contraire aisément en dans l'hypothèse que nous avons adoptée ; la réaction photochimique qui se fait au niveau du pigment, n’est que le premier terme de l'assimilation. Les produits de la réaction doivent être transformés par le protoplasme. La vitesse de l'assimilation doit done être d’autant-plus grande que, pour une même quantité d'énergie absorbée, la masse active du protoplasme est plus grande : ce qui a lieu dans les régions où une couche relativement épaisse est nécessaire pour absorber cette énergie.